contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

samedi 30 avril 2011

Rencontre entre Martelly et Mulet

Le mercredi 27 avril 2011, le Président élu Michel Joseph Martelly a rencontré dans les locaux de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti (Minustah) à Pacot, le représentant du Secrétaire Général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Monsieur Edmond Mulet ainsi que d'autres membres importants de la Minustah.

L'objectif de cette rencontre était pour le Président Martelly d'avoir une meilleure compréhension de la mission des Nations Unies en Haïti et d'entamer les débats pour la restructuration et la préparation du départ de la Minustah du pays. Le Président Martelly a aussi profité de cette rencontre pour partager les feuilles de route du gouvernement concernant le renforcement de l'Etat de Droit et de la sécurité, particulièrement le renforcement des capacités de la Police Nationale d'Haïti (PNH) et l'instauration d'une force armée haïtienne. D'autres points importants soulevés furent la relance de l'économie et la situation politique actuelle, particulièrement la question des élus contestés du 2ème tour, les prochaines élections législatives, les élections locales de 2011 et l'amendement constitutionnel en cours. Le Président Martelly a également discuté de l'importance de la relocalisation des personnes vivant sous les tentes. Mr. Mulet a, de son côté, rappelé la mission principale de la Minustah qui est d'aider à garantir un certain niveau de stabilité et de sécurité dans le pays et l'importance d'une telle mission dans l'établissement de conditions sécuritaires propices pour attirer les investissements internationaux dans le pays, établir un état de droit et corriger les faiblesses institutionnelles, entre autres. Cette réunion initiale a permis aux deux parties d'avoir une meilleure compréhension des travaux déjà en cours et a permis au Président Martelly de clairement signifier les priorités de son gouvernement au représentant de l'ONU. Dès l'annonce des résultats préliminaires du 4 avril, annonçant sa victoire, le Président élu Michel Joseph Martelly s'est rapidement mis à l'œuvre et a initié une série de rencontres avec des membres influents des communautés nationales et internationales. Cette rencontre avec la Minustah fait suite à une tournée de 3 jours à Washington où le Président Michel Joseph Martelly a rencontré le Président du Fonds Monétaire International, celui de la Banque Mondiale, la direction de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la secrétaire d'état Hillary Clinton et des membres influents de la presse américaine.

vendredi 29 avril 2011

Deuxième journée d'échec au Sénat

Après l’échec ce mercredi, de la nomination des membres du nouveau bureau du Sénat, la session reportée à jeudi s’est conclue à nouveau sur un échec, faute de consensus. Malgré des heures de négociations agitées, le groupe majoritaire (INITE) et les Sénateurs minoritaires, ont été incapable de s’entendre sur l’ensemble des nomination du nouveau bureau.

Si Rodolphe Joazile à la Présidence, Francky Excius, premier secrétaire et Mélius Hyppolite, deuxième secrétaire sont majoritairement « accepté », c’est maintenant le poste de Vice-Président qui pose problème. Convoité par le Sénateur Andrys Riché (Alternative), Joseph Lambert, coordonnateur national de INITE et chef de la majorité, s’y oppose affirmant que son collègue, le Sénateur Jean Hector Anacacis a été désigné pour être le numéro deux du nouveau bureau. Le Sénateur Riché a dénoncé vigoureusement la volonté des représentants du parti au pouvoir, de vouloir continuer à « diriger le Sénat à leur profit personnel ». De plus, il a qualifié de « coup fourré intelligent » la décision d’INITE de soutenir la candidature à la questure du Sénateur Evallière Beauplan, en instance de dissidence du groupe minoritaire. Néanmoins, à l’issu de cette deuxième journée de négociations sans solution, le Sénateur Lambert a annoncé confiant, l’élection pour ce vendredi du nouveau bureau, qui sera suivi de la réunion des deux Chambres en Assemblée Nationale, en vue de l’ouverture de la première session ordinaire de la 49e législature, telle que prévue au calendrier parlementaire...

jeudi 28 avril 2011

19 élus soupçonnés de fraude

Une mission d'experts électoraux internationaux a recommandé ce jeudi aux autorités haïtiennes d'annuler la victoire lors des législatives de 19 candidats proches du parti au pouvoir, a indiqué une source diplomatique.

Sous couvert d'anonymat, une source diplomatique a révélé que le rapport de la mission d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (CARICOM) suggérait au Conseil électoral provisoire (CEP) d'annuler l'élection de 19 candidats soupçonnés d'avoir bénéficié de fraudes électorales. Dans 19 circonscriptions, les résultats ont été changés entre l'annonce des résultats préliminaires et la publication des résultats finaux, à chaque fois en faveur des candidats proches du président sortant René Préval et de son parti, Inité. Le rapport propose de s'en tenir aux résultats préliminaires dans ces 19 circonscriptions. « Nous avons remis le rapport ce matin au premier ministre Jean-Max Bellerive qui le remettra au Conseil électoral provisoire », a indiqué Colin Granderson, chef de la mission, en refusant de révéler le contenu du rapport. « Ce sera aux autorités haïtiennes d'en parler », a-t-il déclaré. Selon une source parlementaire, le Conseil électoral ne serait pas enclin à suivre les conclusions du rapport de l'OEA et du CARICOM et souhaiterait s'en tenir aux décisions qu'il a prises entre la diffusion des résultats préliminaires et finaux, favorables à Inité. Cette décision a été dénoncée par le président élu Michel Martelly qui a réclamé l'envoi d'une mission internationale d'évaluation. M. Martelly a également souhaité que la justice haïtienne puisse enquêter sur les allégations de pots-de-vin qui auraient été versés à des membres du CEP pour favoriser la victoire des candidats du pouvoir. Une conseillère électorale a démissionné lundi en dénonçant des changements apportés aux résultats préliminaires par le tribunal électoral favorisant des candidats du parti du pouvoir.

mercredi 27 avril 2011

Michel Martelly va taxer la diaspora pour financer l'éducation

Michel Martelly va devenir le 56e président de la République d’Haïti, succédant à René Préval, le 14 mai prochain. Mais avant de prendre le pouvoir, il veut déjà prouver à ses détracteurs qu'il n'a pas fait de promesses populistes pour se faire élire. Pour financer la scolarisation massive, Martelly souhaite taxer les plus aisés, par le biais des appels téléphoniques et des transferts d'argent.

Dans le pays où plus de la moitié des enfants ne sont pas scolarisés, le futur président de la République affirme pouvoir rendre l'école gratuite. Via des prélèvements obligatoires sur les appels internationaux et les transferts d'argent, Michel Martelly assure pouvoir trouver 8 millions et demi de dollars chaque mois : « Au niveau des compagnies téléphoniques, les personnes qui appellent Haïti depuis l'étranger, sur ces appels seront prélevés 5 centimes par minute. En faisant le calcul du nombre de minutes qu'Haïti reçoit par mois cela fait 3,5 millions de dollars que nous pouvons générer chaque mois pour l'éducation. Pour les compagnies de transfert, pour que nous puissions envoyer nos petits gratuitement à l'école, nous pensons que c'est un droit que nous avons de leur proposer que pour chaque transfert elles nous reversent un dollar. Ce dollar, poursuit Michel Martelly, si vous le multipliez par le nombre moyen de transfert qui est effectué chaque mois, cela peut générer 5 millions de dollars. S'il n'y a pas de loi qui est adoptée en ce sens, je crois qu'avec un arrêté présidentiel c'est possible. Je vais utiliser tout le pouvoir que j'ai en tant que chef suprême de la nation pour le bien-être du peuple ». Remplir au plus vite les caisses de l'Etat, Michel Martelly veut agir rapidement. Mais il pourrait trouver face à lui l'Assemblée et le Sénat, où la majorité est détenue par le parti de l'actuel président René Préval.
Amélie Baron correspondante à Port-au-Prince RFI.

mardi 26 avril 2011

La rentrée parlementaire a finalement eu lieu

La validation des pouvoirs et la prestation de serment des parlementaires, qui avait été annoncée comme reportée à finalement eu lieu. Le Gouvernement a publié lundi dans le journal officiel, « Le Moniteur » une liste d'élus issus du second tour des élections législatives, dont été provisoirement écartés, 19 parlementaires (17 députés et 2 sénateurs), suite aux victoires suspectes constatées dans les résultats définitifs du second tour des législatives, en attendant les résultats des investigations de la Mission conjointe OEA/CARICOM (MOEC) qui devrait, en principe, rendre ses conclusions aujourd’hui, mardi 26 avril 2011.

La 49e législature a donc tenue, lundi soir, sa séance inaugurale. Par groupe de six, les 79 Députés, ont prêté serment sous la présidence provisoire du député de Carrefour, Élie Blaise, le doyen d’âge [membre d’INITE]. Une cérémonie qui ouvre la voie à la convocation de la première Assemblée Nationale, prévue au calendrier parlementaire pour le 27 avril et qui devrait permettre, dans la période allant jusqu’au 9 mai 2011, la ratification de l'amendement de la constitution, qui concerne 50 articles, devant être votés séparément.  

La publication tardive dans le journal officiel des résultats définitifs, a nécessité le report à aujourd’hui de la validation des pouvoirs et la prestation de serment des 9 nouveaux Sénateurs, a confirmé Ariel Joseph, Secrétaire Général. Toutefois, la décision de publié une liste partielle, a permis l'entrée en fonction dès lundi soir des parlementaires de la chambre basse, pour les Sénateurs ce sera mardi a fait savoir Kély Bastien. Mardi, la Chambre des Députés tout comme le Sénat, vont élire leur premier bureau, qui devrait sans surprise, revenir à INITE qui, avec ses alliés, pourrait réunir au moins 17 Sénateurs et une cinquantaine de Députés. La session de la 49e législature, qui aurait dû débuter le deuxième lundi de janvier, s’ouvre finalement avec plus de 4 mois de retard. D’une durée initiale de 5 mois, cette législature, dans un délai très court, va devoir se pencher sur la proposition d’amendement de la constitution, laissée par la précédente législature et devra obligatoirement conclure, avant la fin de la session, soit le 9 mai prochain. La cérémonie de validation de ce 25 avril a été précédée de violentes manifestations près du Parlement où des manifestants ont incendiés quatre véhicules. La journée a également été particulièrement mouvementée dans le haut Plateau Central où la circulation automobile, a été paralysé à hauteur de la ville frontalière de Belladère et de Maïssade.

lundi 25 avril 2011

Irrégularités et fraudes


Suite aux allégations de fraudes, aux décisions surprenantes du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), l'instance de dernier recours dans le cadre des contestations électorales et à diverses irrégularités constatées tant au niveau du BCEN que du Conseil Électorale Provisoire (CEP), Ginette Chérubin, Conseillère électorale au CEP, a refusé de parapher les résultats. Elle explique sa décision dans un communiqué et rapporte quelques unes des irrégularités et fraudes justifiant sa position.

« Suite à la réunion extraordinaire du Conseil Electoral Provisoire tenue, le 20 mars 2011, en préalable à la publication des résultats des élections présidentielles et législatives (2010-2011), je tiens à signaler d’entrée de jeu, que je désapprouve le caractère informel et hâtif de ladite séance. Je ne désavouerai pas la totalité des résultats publiés puisque, dès la publication des préliminaires du second tour des élections, certains candidats avaient réussi sans qu’aucun recours ne soit exercé contre eux et que certains jugements ont été rendus en toute équité. Cependant, en dépit de ma volonté de respecter la décision majoritaire par observance des principes démocratiques, il ne m’a pas été possible de parapher les résultats pour les raisons suivantes :

• L’absence d’un rapporteur pour la rédaction du procès-verbal de séance, en dépit de mon insistance
• Le principe d’endos des résultats sans connaissance des jugements qui n’ont pas été présentés en séance
• Le constat fait au niveau d’un échantillon de jugements rendus (manque d’équité pour usage arbitraire et fantaisiste des critères d’analyse - absence de motifs ou incohérence dans certains dispositifs de jugement)
• Des procès-verbaux mis à l’écart pour les présidentielles et (ou) les sénatoriales ont été comptabilisés, selon les intérêts, par le BCEN. Dans un cas relaté, les membres d’un Bureau de Vote ont également signé pour d’autres Bureaux de Votes et les Procès-verbaux correspondants ont tous été comptabilisés
• Des duplicata dûment signés présentés au BCEN en vue de prouver l’erreur d’une mise à l’écart commise par Centre de Tabulation de Votes (CTV) pour prétendue insuffisance de signatures – selon données postées sur le site du CEP - ont été rejetés, d’un revers de main, par des Juges électoraux, sans vérification au Centre de Tabulation par avant-dire droit (Article 174.1 alinea 2 et 190)
• Des cas non considérés au CTV pour absence de Liste Électorale Partielle (LEP), faux numéros de cartes d'identification nationale ou remplissage avéré – le nombre de votants étant supérieur au nombre de signatures enregistrées sur la feuille d’émargement - ont été comptabilisés au niveau du BCEN. D’autres cas pourraient être relevés.

Enfin, compte tenu de la satisfaction quasi générale manifestée par les électeurs après les résultats préliminaires, il est impensable que le BCEN ait conduit à des changements aussi significatifs qu’il apparait dans le tableau des résultats. Ceci revient purement et simplement à désavouer le travail du Centre de Tabulation dont la rigueur obtenue à partir des recommandations de la Commission de l’OEA - sollicitée au premier tour des élections - et d’autres améliorations apportées par le CEP lui-même (Responsable du CTV assisté d’autres techniciens) a été reconnue et saluée, publiquement, par la plupart des concernés : partis politiques, candidats, électeurs, observateurs nationaux et internationaux. Ceci, au point que même la crédibilité du CEP si entachée depuis 2009, en a bénéficié et est entrée dans un processus de réhabilitation.

Pour toutes ces raisons, ma conscience citoyenne interpellée m’oblige à émettre les présentes réserves pour servir et valoir ce que de droit, au nom de la République. »

Ginette Chérubin, Arch. Membre du CEP


dimanche 24 avril 2011

Crise en vue avant l'entrée en fonctions des nouveaux élus

Un groupe de douze parlementaires de l'opposition au président sortant d'Haïti René Préval ont exigé samedi que les résultats des élections législatives déjà contestés par le président élu Michel Martelly ne soient pas officiellement publiés.

Nous condamnons fermement le détournement de la volonté du peuple et nous exigeons que les résultats de cette manipulation ne soient pas portés au journal officiel, écrivent les 12 sénateurs alors que les nouveaux élus doivent prêter serment lundi avant d'entrer en fonction. Selon des chiffres publiés par le Conseil électoral provisoire (CEP), le parti Inité de M. Préval a amélioré de moitié sa présence à la Chambre des députés, remportant 46 sièges sur 99, et 17 au Sénat, sur 30. Dénonçant ces résultats jugés " inadmissibles et ne reflétant pas la volonté populaire ", Michel Martelly a réclamé l'envoi en Haïti d'une mission internationale de vérification. Nous appuyons aussi l'exigence du président nouvellement élu d'une commission d'enquête indépendante constituée d'Haïtiens, poursuit le groupe de 12 sénateurs de l'opposition. Les résultats définitifs ont (...) suscité des doutes sérieux par rapport à la transparence et la légitimité du processus qui a abouti à leur publication, dénoncent pour leur part les Nations unies et les principaux bailleurs de fonds d'Haïti (Brésil, Canada, Espagne, Etats-Unis, France et Union européenne) dans un texte publié vendredi. Samedi, le département d'Etat a exprimé sa préoccupation concernant les résultats ainsi que les allégations de fraudes à l'encontre du Conseil électoral haïtien. Après avoir revu les résultats et les documents fournis par le CEP, nous n'avons pas trouvé d'explication au renversement de tendance concernant 18 sièges dans les résultats définitifs, écrit le département d'Etat. D'un autre coté, le parti au pouvoir Inité a présenté samedi après-midi 70 députés et 16 sénateurs composant le Groupe parlementaire du renouveau (GPR), comme la nouvelle force politique du Parlement haïtien. Nous sommes prêts à travailler avec l'exécutif pour faire avancer le pays, a promis le sénateur Joseph Lambert, coordonateur national du parti Inité. Les parlementaires haïtiens issus des élections devraient entrer en fonction lundi avant l'intronisation du président élu le 14 mai.

samedi 23 avril 2011

Martelly demande la non reconnaissance du résultat des législatives

Après avoir exigé une enquête sur de possibles fraudes lors des législatives, le nouveau président haïtien Michel Martelly a demandé officiellement ce vendredi soir à la communauté internationale de « ne pas reconnaître les résultats des législatives ».

Le camp de M. Martelly constate que ces résultats ont été « étrangement manipulés », estimant que des sénateurs et députés élus qui étaient largement en tête au premier tour sont « systématiquement écartés »Les Nations unies et les principaux bailleurs de fonds en Haïti ont exprimé dans la même journée de sérieux doutes sur les résultats des législatives et appellent à la transparence. « Les résultats définitifs ont (...) suscité des doutes sérieux par rapport à la transparence et la légitimité du processus qui a abouti à leur publication », ont dénoncé l'ONU et les principaux bailleurs de fonds d'Haïti (Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France et Union européenne) dans un texte publié vendredi. 


Les États-Unis, un des pays donateurs, se sont inquiétés des informations faisant état de fraudes lors des élections législatives et demandent aux autorités haïtiennes de fournir des explications sur le changement de résultats « non expliqué » dans 18 circonscriptions. « Les États-Unis appellent le gouvernement d'Haïti et le CEP [Conseil électoral provisoire] à fournir une explication publique et approfondie à ce changement de résultat », a indiqué le département d'État. C'est le parti Inité, de l'ex-président René Préval, qui est mis en cause. Selon des sources diplomatiques, la formation politique de René Préval aurait exercé d'importantes pressions sur le Conseil électoral provisoire pour modifier les résultats des élections législatives, dévoilés dans la nuit de mercredi à jeudi. Les mêmes sources estiment que ces manœuvres visaient à obliger le nouveau président Michel Martelly à composer avec le parti de Préval.

Le parti de Préval majoritaire au Parlement

Selon les résultats, le parti Inité apparaît comme le grand gagnant des législatives avec une majorité d'élus, en raflant 13 sièges à la Chambre basse au premier tour et 33 sièges au second tour. Cela lui donne un total de 46 députés sur 99. Ces résultats font du parti de Préval la première force au Parlement. Le président Michel Martelly, élu avec 67,57 % des votes, ne détient pour sa part que 3 sièges à la Chambre.

Tension

Sur le terrain, les Casques bleus sont en alerte maximale après les affrontements qui ont suivi la publication des résultats. Au moins un homme a perdu la vie jeudi. Vendredi, un manifestant mécontent de la défaite de son candidat a ouvert le feu sur la foule dans le centre du pays, blessant quatre personnes, selon une porte-parole de la mission de l'ONU en Haïti (Minustah), Sylvie Van Den Wildenberg. Dans d'autres zones rurales, des routes ont été bloquées par des barrages de pneus enflammés. Des maisons ont été brûlées jeudi et un hôpital envahi par la foule en colère.

vendredi 22 avril 2011

Demande d'une enquête au sujet des fraudes aux législatives

Le nouveau président haïtien, Michel Martelly, a exigé jeudi soir la tenue d'une enquête indépendante pour faire la lumière sur les allégations de fraudes électorales lors des législatives.

« Les résultats de la présidentielle correspondent à la volonté du peuple. Mais les résultats pour la chambre des députés et le sénat semblent mauvais. Le vote du peuple ne semble pas respecté, parce que le peuple a manifesté partout », a déclaré M. Martelly dans un discours diffusé sur Facebook et les radios locales.
 

Manipulation du scrutin
 

Grand gagnant des législatives Haïtiennes avec une majorité d'élus, le parti Inité de René Préval a été accusé jeudi par des élus locaux et des diplomates étrangers d'avoir manipulé le résultat du scrutin afin de contrôler le président Martelly. « Il y a au moins 17 députés qui étaient en première position (lors des résultats préliminaires diffusés il y a deux semaines) qui ont finalement perdu, 17 députés qui devaient passer, mais qui ne sont pas passés », a ainsi accusé le nouveau président. 

D'après ces résultats, Inité a raflé 13 sièges à la Chambre basse au premier tour et 33 sièges au second tour, lui donnant un total de 46 députés sur 99 (contre une trentaine dans la précédente législature). Ce score fait ainsi d'Inité la première force de cette assemblée. Au Sénat, le parti de l'ex-président Préval dispose désormais de 17 élus (14 auparavant), sur un total de 30. Des manifestations violentes ont secoué le pays jeudi, faisant au moins un mort. Face à ces troubles, le nouveau président a lancé un appel au calme à ses concitoyens : « La victoire finale sera celle du peuple. La justice va faire la lumière sur ce qu'il s'est passé dans le pays, pour la démocratie ». Michel Martelly, ancien chanteur populaire, doit prendre ses fonctions le 14 mai.
Radio-Canada

Violences après les résultats des élections

L'annonce des résultats électoraux a suscité des violences dans plusieurs villes hier en Haïti. Le porte-parole de la police de l'ONU a fait état de maisons et de véhicules incendiés par des jeunes contestant les résultats des législatives qui ont vu triompher le parti du président sortant René Préval. Les radios locales ont annoncé hier deux morts et plusieurs blessés. La capitale a été épargnée par les violences.

Le parti de Préval accusé de fraudes

Des sources diplomatiques concordantes ont affirmé que le parti Inité du président sortant René Préval avait exercé d'importantes pressions pour modifier à son profit le résultat des élections législatives haïtiennes et accroître sa représentation au Parlement.

" Il n'y a pas photo, il y a eu beaucoup de pressions " sur le Conseil électoral provisoire (CEP) qui a dévoilé dans la nuit de mercredi à jeudi les résultats des élections présidentielle et législatives, a dit une source européenne. " On imagine que ça a pu être le dernier combat (d'Inité) pour limiter la casse et obliger (le président-élu) Michel Martelly à composer ", a ajouté cette source, tout en soulignant qu'après avoir réuni sur son nom 67,5 % des suffrages, l'ex-chanteur est protégé par " le fort soutien des électeurs ".

Le nouveau président élu Michel Martelly n'a fait élire que trois députés de sa formation au Parlement. Le parti au pouvoir a par contre augmenté de moitié le nombre de députés, passant d'une trentaine à 46, sur 99 en tout, ce qui le place en position de force face au président-élu. " La communauté internationale est surprise de la différence entre les résultats préliminaires et ceux dévoilés hier ", a dit jeudi un autre observateur proche du dossier. Les résultats de 18 circonscriptions de députés " ont été renversés " par rapport aux résultats provisoires, et surtout à l'avantage du parti au pouvoir, a dénoncé cette source diplomatique. La publication des résultats finaux a été accompagnée de violents incidents en province, faisant au moins un mort. Une porte-parole de l'Organisation des Etats Américains (OEA) a indiqué en outre qu'un communiqué de presse serait diffusé dans la soirée " à propos des résultats des législatives ". Pour le diplomate européen, " tout cela est fâcheux, car on aurait pu avoir quelque chose de beaucoup plus propre, mais en même temps ce n'est pas dramatique car il y a eu recomposition ".

Les sources interrogées ont par ailleurs salué " la sagesse " de Michel Martelly dont l'équipe s'est abstenue de tout commentaire pour le moment, ce qui, selon elles, démontre son souhait de ne pas mettre davantage le feu au poudre dans un pays sous tension. Cela témoigne également de " son respect des institutions ", ont-elles souligné. Toute la journée, de nombreuses voix ont dénoncé sur les radios locales ces fraudes. Le leader de la plate-forme Alternative (deuxième parti au Parlement), Serge Gilles, a notamment parlé sur les ondes de la station Quisqueya " d'assassinat politique " mené par " des anti-nationaux " en vue de replonger Haïti dans le chaos.

jeudi 21 avril 2011

La victoire de Michel Martelly désormais officielle

Le long épisode électoral en Haïti est terminé. La commission électorale a enfin communiqué ce jeudi 21 avril 2011 les résultats officiels et définitifs de l'élection présidentielle et des législatives. La victoire à la présidentielle de l'ex-chanteur populaire Michel Martelly est désormais officielle.

Michel Joseph Martelly va devenir le 56e président de la république d’Haïti. Il prendra la succession de René Préval le 14 mai prochain. Cette annonce n’est pas une surprise. Sa victoire sans appel avec 67,57 % des suffrages n’avait pas été contestée par sa concurrente Mirlande Manigat. Michel Martelly a d’ailleurs déjà endossé la fonction présidentielle. Depuis mardi, il est en visite officielle à Washington où il a rencontré les présidents de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

L'heure est au rassemblement

L’ancien chanteur populaire a désormais pour tâche la formation de son gouvernement. Il devra composer avec le parlement qui vient d’être renouvelé et où le parti de Michel Martelly, Repons peyizan, est loin de disposer d’une majorité. 


Mais cela ne devrait pas poser problème car les principales formations politiques lui ont déjà assuré leur plein soutien. Le terme « opposition » est en effet pour l’heure banni du vocabulaire des responsables politiques d’Haïti. L’heure est au rassemblement car les défis sont immenses, avec en priorité le relogement des centaines de milliers de sinistrés du séisme de janvier 2010.

mercredi 20 avril 2011

Nouveaux foyers de choléra

De nouveaux foyers de choléra ont été identifiés dans des zones rurales haïtiennes, a indiqué mercredi le directeur-général de la Santé publique du pays, Gabriel Timothé, soulignant toutefois que l'épidémie apparue il y a six mois continuait à reculer. "Des foyers résiduels" sont apparus dans quelques régions, comme le Nord, le Plateau-central et le sud-est, "mais ils ne constituent pas un pic de la maladie", comme le laissent entendre des médias locaux, a déclaré Gabriel Timothé.

" Ce sont des foyers résiduels pour lesquels nous devons mener des activités ponctuelles ", a-t-il dit, insistant sur le fait que " la tendance est à la diminution ". Les derniers chiffres publiés par les autorités haïtiennes font état de 4 856 décès depuis l'apparition de cette maladie liée à la pauvreté, qui avait été éradiquée du pays il y a un siècle. Pour marquer les six mois de lutte contre l'épidémie, le président sortant René Préval a reçu au palais national en fin de journée les différents acteurs impliqués - locaux, internationaux et non-gouvernementaux - pour les remercier. A moins d'un mois de la fin de son mandat, il a exhorté ses concitoyens à ne pas baisser la garde et à continuer à suivre les consignes d'hygiènes.

mardi 19 avril 2011

Premier déplacement à l'étranger du président élu Michel Martelly

Le président élu d'Haïti, Michel Martelly, effectue son premier déplacement à l'étranger en se rendant mardi aux USA où il doit s'entretenir avec la secrétaire d'état Hillary Clinton, a-t-on appris lundi soir dans la capitale haïtienne.

Au cours de ce voyage de trois jours, M. Martelly, dont la proclamation officielle de la victoire aux urnes sera annoncée mercredi par le conseil électoral, aura également des entretiens avec des représentants des institutions internationales, a indiqué son bureau de communication. Il rencontrera notamment le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, et le président du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. 


" Durant ces rencontres le Président discutera de la coopération existant entre ces institutions financières et Haïti, ainsi que de sa vision pour la coopération future entre ces dernières et Haïti, axée sur la création d'emplois, l'éducation, la sécurité, la reconstruction du pays et la santé ", lit-on dans un communiqué du bureau de M. Martelly. 


" Ce séjour permettra aussi au président élu Michel Joseph Martelly de réitérer le message que son gouvernement focalisera ses efforts et son énergie à la reconstruction du pays, à la relance de l'économie et à assurer qu'un maximum d'enfants haïtiens aura accès à une éducation de base ", poursuit le communiqué. Il interviendra aussi au National Press Club à Washington. Michel Martelly, un chanteur populaire de 50 ans a remporté l'élection présidentielle en Haïti avec 67,57 % des suffrages au second tour face à son rival l'ex-Première dame Mirlande Manigat. Il devrait entrer en fonction le 14 mai prochain.

lundi 18 avril 2011

Apprendre la magistrature en France pour aider à la reconstruction d’Haïti

Péguy Cinord est un avocat haïtien, en stage à Belfort comme auditeur de justice. Il est venu apprendre le métier de magistrat, afin de contribuer à la reconstruction de son pays.

Après le séisme de janvier 2010 à Haïti, la communauté internationale s’est mobilisée pour aider les Haïtiens à reconstruire leur île. Avec la participation du gouvernement français, l’École nationale de la magistrature haïtienne a organisé un concours à travers le pays pour recruter des futurs magistrats. Péguy Cinord a passé le concours et fait partie des 20 Haïtiens qui suivent une formation de 10 mois en France. En septembre dernier, il a intégré la promotion 2010 de l’École nationale de la magistrature à Bordeaux, pour cinq mois de cours théoriques. Il est ensuite venu à Belfort début février afin de poursuivre sa formation, sous forme de stage au tribunal de grande instance.

Le manque de rigueur dans les institutions

« Intégrer la promotion bordelaise, composée de plus d’une centaine de Français n’était pas facile, raconte Péguy Cinord. Il m’a fallu quelque temps pour m’adapter, notamment à la méthodologie et aux façons de faire françaises. » L’homme de 32 ans s’est senti plus à l’aise dans le cadre de son stage. « Les gens sont très agréables à Belfort, et la pratique permet de comprendre plus rapidement les choses. En une heure de débat au tribunal, j’ai compris des choses que j’avais étudiées pendant un mois dans les livres. » Péguy Cinord a choisi de venir à Belfort car un de ses proches vit à Besançon. Ce descendant de, Toussaint Louverture voulait également voir où était mort un de ses ancêtres. « J’aime aussi l’enseignement et si je finis professeur un jour, je pourrais dire à mes élèves que je suis venu ici et que j’ai vu ! » Outre le froid hivernal qu’on ne retrouve pas à Haïti, Péguy Cinord a été marqué par le développement des infrastructures en France : « En Haïti, nous avons beaucoup moins de routes, les bâtiments sont plus petits, moins perfectionnés, avec moins de technologies. C’est très différent d’ici. » Ce manque d’infrastructures est une des raisons des problèmes du pays, selon l’auditeur de justice. « Il y a des choses qui manquent de rigueur et d’organisation, comme par exemple l’état civil. Certaines personnes sont inscrites plusieurs années après leur naissance et donnent des informations approximatives. Des choses comme cela nuisent à l’efficacité des mesures sociales. »

Avec de l’organisation, les choses peuvent s’arranger à Haïti

Péguy Cinord évoque aussi les problèmes de corruption, d’inégalité, ou la barrière de la langue : alors que la majorité de la population parle créole, tout ce qui s’écrit l’est en français, une langue que les créolophones ne comprennent pas forcément : « Cela empêche notamment la population de connaître les lois, et de les appliquer ». De plus, la justice haïtienne a beaucoup souffert du séisme, avec la destruction de plusieurs tribunaux et la disparition de nombreux magistrats. L’avocat souhaite « donner un souffle de développement au pays », grâce à ce qu’il aura appris en France. « Si on arrive à faire la part des choses, à organiser et planifier, la situation peut s’arranger. » Ainsi la formation qu’il reçoit n’est pas seulement théorique. Même s’il observe beaucoup auprès du procureur, du tribunal pour enfant, du juge d’instruction, ou encore à la police, Péguy Cinord prend également part à la pratique, grâce à une circulaire qui donne les mêmes droits aux 20 stagiaires haïtiens qu’aux auditeurs de justice français. 


Péguy Cinord a même prêté serment. « Je prends quelques dossiers, je fais des réquisitions. J’ai des tâches à accomplir auxquelles je donne beaucoup d’importance. » Le Haïtien profite également de sa présence en France pour entamer une réflexion sur la justice : « Comprendre ce qu’est le justiciable, les droits, le respect de la personne humaine, etc. Ce sont des points fondamentaux pour administrer la justice. » Les différences entre les deux pays permettent « de prendre du recul pour voir ce qu’il manquait à Haïti, et quelles mesures on peut mettre en place pour y remédier. »

Péguy Cinord retournera à Bordeaux fin juin pour une cérémonie et afin de remettre aux professeurs son rapport de stage. Il retournera ensuite à Haïti suivre six mois de formation spécifique à la justice de son pays. Après cela, il débutera officiellement dans ses fonctions de magistrat. Péguy Cinord, passionné par son pays, souhaite incarner une vitrine de l’île haïtienne : « Je veux montrer qu’Haïti n’est pas seulement une terre de désolation comme on l’a vu dans les médias au lendemain du séisme. C’était la plus riche des colonies françaises », tient à rappeler Péguy Cinord. Comme preuve, l’auditeur de justice cite plusieurs joyaux de l’île des Caraïbes, de la richesse de la peinture ou de la poésie haïtienne, aux plages de sable fin et de palmiers.

dimanche 17 avril 2011

Environnement : Remplacer le charbon de bois par du méthane

Dans un pays où la population haïtienne cuisine quasi exclusivement en se servant de charbon de bois, remplacer ce mode de combustion par du méthane, où la déforestation massive dû à l’utilisation de ce combustible traditionnel, atteint 98 % du territoire est un véritable défi.

L'idée n’est pas nouvelle et a déjà fait ses preuves en Chine et en Amérique centrale mais commence juste à être développée en Haïti : il s’agit de produire du gaz méthane servant à la cuisine, en recyclant les excréments humains. Appelée « biodigesteur », cette invention requiert peu d'infrastructures : des toilettes, sèches ou non, raccordées à un puit hermétique fait de briques, lui-même relié à un bassin. Sans air, les bactéries contenues dans les déchets humains décomposent naturellement 85 % de ceux-ci, en produisant du gaz méthane, explique l’hydrologue Martin Wartchow qui travaille pour l’ONG brésilienne Viva Rio « Les 15 % restants de déchets organiques sont rejetés avec de l'eau dans une zone végétale où ils seront dégradés [...] l'eau recueillie est totalement propre [...] On peu même élever des poissons dedans » précise l’hydrologue. « Les Nations unies ont payée de nombreuses d’études pour trouver des solutions pour remplacer le charbon de bois, alors qu’il suffisait d'aller voir au Nicaragua ou en Chine » commente avec ironie Martin Wartchow qui rappelle que « 70 000 biodigesteurs ont été construits en Amérique centrale... et mille fois plus en Chine ! » En Haïti, seulement 70 biodigesteurs ont été construits par Viva Rio et autant de projets sont en cours de réalisation. Mais une fois construit, tout n'est pas gagné, comme le montre l'exemple du camp de Santos 17, en banlieue de Port-au-Prince où des biodigesteurs ont été installés en février dernier aux côtés des nouveaux abris transitoires. Une sinistrée désignant un réchaud au méthane installé dans son abri avoue ne pas très bien comprendre l’utilité de « la chose » d’autant comme elle le déclare « moi je cuisine avec du charbon...» Pour que ce projet soit un succès en Haïti, il faudra bien plus que du méthane, il faudra simultanément éduquer la population et la conscientiser au respect de l’environnement, pour qu’elle abandonne le charbon de bois traditionnel au profit d’un gaz bon marché et inépuisable.

samedi 16 avril 2011

Le résultat des élections une nouvelle fois reportée

L'annonce des résultats définitifs des élections présidentielle et législatives en Haïti prévue lundi a été reportée samedi, une nouvelle fois, à mercredi, repoussant d'autant le sacre annoncé de l'ex-chanteur populaire Michel Martelly à la tête de l'Etat caribéen.

" Compte tenu du nombre élevé de contestations à traiter, le Conseil électoral provisoire est amené à reporter au mercredi 20 avril 2011 la proclamation des résultats définitifs ", a indiqué le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP). Initialement prévue samedi, l'annonce des résultats avait été une première fois reportée à lundi. Selon les résultats préliminaires des élections publiés le 4 avril, Michel Martelly, dit " Sweet Micky ", a remporté la présidentielle avec 67,57 % des suffrages, loin devant sa rivale Mirlande Manigat avec 31,74 %. La victoire de M. Martelly n'est pas contestée par Mme Manigat, qui a toutefois dénoncé un " hold-up politique ".

Les législatives ont en revanche donné lieu à de nombreuses contestations dans plusieurs régions où des partisans de candidats manifestent chaque jour pour réclamer la victoire. Vendredi, le président sortant René Préval a reçu dans sa résidence privée, dans les hauteurs de Port-au-Prince, Michel Martelly pour le premier entretien entre les deux hommes depuis le lancement du processus électoral. Rien n'a filtré de la rencontre, mais un proche du président élu a confié que la formation des équipes de transition pour préparer la passation du pouvoir était en cours. Arrivé troisième du premier tour du 28 novembre, M. Martelly a pu affronter le 20 mars Mirlande Manigat grâce à l'éviction du candidat du pouvoir Jude Célestin. La qualification de ce dernier avait été en effet accompagnée de fraudes électorales, qui avaient déclenché une vague de violences. 


La véritable surprise des résultats définitifs qui seront annoncés mercredi résidera dans l'ampleur des fraudes, mais surtout dans la composition du Parlement.


Une source onusienne a indiqué que " les législatives sont très serrées ". " Les résultats peuvent avoir pour conséquence une majorité d'Inité (le parti du président sortant) au Parlement, ce qui compliquerait le choix de M. Martelly pour son Premier ministre et ses ministres stratégiques ", observe Jean-Robert Simonise, professeur au Centre d'études diplomatiques et internationales de Port-au-Prince. " Des informations laissent croire que cela va être le cas ", note le politologue. Parmi les noms qui circulent, celui du Premier ministre Jean-Max Bellerive revient régulièrement. Une telle éventualité, soulignent les observateurs, assurerait une continuité dans la reconstruction du pays, frappé par un séisme dévastateur le 12 janvier 2010. Quoi qu'il en soit, ce choix pose à l'ex-chanteur, plébiscité entre autres car ne sortant pas de l'establishment haïtien, son premier défi présidentiel. " Les promesses de rupture avec le passé, de changement et d'obligation de résultats ne constitueront-ils pas un handicap pour Michel Martelly dans le choix du tout nouveau Premier ministre ? ", soulignait mercredi le quotidien de Port-au-Prince Le Nouvelliste. Si M. Martelly fait face à un parlement dominé par Inité, il pourrait être gêné dans la rupture promise, pense M. Simonise : " La population attend la lumière sur les dépenses des fonds d'urgences, entourées d'opacité, et certains ne veulent pas que de nouveaux arrivants s'y intéressent "La transition doit s'achever au plus tard le 14 mai. M. Martelly s'installera alors dans des tentes jouxtant le palais présidentiel en ruines, face à un immense camp où des milliers d'Haïtiens s'entassent depuis le séisme.

vendredi 15 avril 2011

Des victimes de la dictature déterminées à juger Duvalier

Des victimes du régime de l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole de l'ONU, ont de nouveau appelé jeudi la justice du pays à organiser le procès de l'ancien président de retour d'exil.

Organiser un procès contre Duvalier, ce serait un signe de la fin de l'impunité en Haïti. Reconstruire Haïti, c'est reconstruire l'Etat donc un système judiciaire équitable ", a déclaré Michèle Montas, expulsée d'Haïti sous Duvalier, lors d'une conférence de presse organisée à Port-au-Prince par Human Rights Watch (HRW). L'organisation de défense des droits de l'homme apporte un soutien technique dans la perspective de l'organisation d'un éventuel procès contre Duvalier. " On est encore loin d'un procès, beaucoup de choses restent à faire, mais nous avançons ", a estimé l'avocat international Reed Brody de HRW qui a commencé à réunir des preuves montrant la responsabilité personnelle de M. Duvalier dans les crimes commis sous son régime. Une vingtaine de plaintes pour arrestations illégales, emprisonnements et tortures ont été déposées contre l'ex-dictateur également poursuivi pour crimes contre l'humanité, détournements de fonds et corruption. 


En photo : L'ancien président haïtien, Jean-Claude Duvalier, le 29 mars 2011 à Port-au-Prince. L'ancien dictateur est rentré en Haïti en janvier après 25 ans d'exil en France.


" Notre démarche va au-delà de la vingtaine de plaintes déposées, c'est toute la société qui doit dire qu'elle ne veut plus vivre dans un système pareil ", a lancé Robert Duval incarcéré sous le régime. " Aujourd'hui encore, je ne peux pas dépasser ce qui m'est arrivé sous Duvalier. J'ai vu 180 personnes mourir dans la cellule où j'étais enfermé pendant 17 mois ", a-t-il témoigné, estimant qu'il n'était pas trop tard pour juger l'ancien président. Le juge chargé du dossier de M. Duvalier a récemment émis contre lui une ordonnance d'assignation à résidence limitant ses déplacements et ses visites, mais ses avocats ont fait appel de cette décision. " Duvalier continue de circuler librement dans le pays, c'est une insulte contre toutes les victimes de son régime et de celui de son père ", s'est insurgé Michèle Montas.


jeudi 14 avril 2011

L'annonce des résultats reportée au lundi 18 avril

L'annonce des résultats définitifs des élections législatives et présidentielle haïtiennes, prévue samedi, est reportée au lundi 18 avril, ont indiqué mercredi des sources concordantes.



Une source proche du gouvernement a expliqué que les conditions n'étaient pas remplies pour présenter samedi les scores réalisés par les prétendants à la présidence, Mirlande Manigat et Michel Martelly (donné vainqueur par les résultats préliminaires divulgués la semaine dernière). 

Selon les résultats préliminaires, M. Martelly a recueilli 67,57 % des suffrages aux dépens de sa rivale Mirlande Manigat 31,74 %.

mercredi 13 avril 2011

Les Etats-Unis inquiets pour Haïti, à l’approche de la saison cyclonique

Le sous-secrétaire américain à la défense pour les opérations spéciales, Garry Reid, affirme qu’après le séisme dévastateur de 2010 le pays ne sera pas en mesure d’affronter un ouragan au cours d’une saison cyclonique qui s’annonce très agitée et qui s’ouvrira le 1er juin pour prendre fin officiellement le 30 novembre.

L’administration Obama a exprimé mercredi ses préoccupations face aux conséquences que pourrait avoir pour Haïti le passage d’un important ouragan à cause de la lenteur du processus de reconstruction post-séisme alors que près d’un million de sinistrés sont toujours sans logis. Intervenant lors d’une audition de la sous-commission chargée des menaces émergentes au sein de la commission des forces armées du Sénat américain, le sous-secrétaire à la défense pour les opérations spéciales, Garry Reid, a estimé que dans la situation actuelle Haïti ne serait pas en mesure de faire face à un cyclone. " Nous étions très chanceux au cours de la saison cyclonique précédente qui avait été marquée par l’absence d’un grand ouragan. Mais, maintenant, nous sommes très préoccupés ", a déclaré le responsable du Pentagone. Les météorologues de l’université du Colorado ont annoncé des prévisions alarmantes pour la prochaine saison cyclonique dans l’Océan Atlantique qui pourrait engendrer 16 tempêtes tropicales dont neuf pourraient se convertir en ouragan et cinq en super ouragan. Evoquant la situation d’Haïti, Garry Reid a ainsi opiné : " La question principale est la reconstruction du gouvernement. Comme société, comme gouvernement, ils ont un défi interne énorme à relever et nous autres, nous prêtons beaucoup d’attention à leurs besoins pour nous assurer que nous pouvons réagir si nécessaire ".
Radio Kiskeya

mardi 12 avril 2011

Grève dans la téléphonie

Les employés de la Nationale communication (Natcom) observent depuis le début de cette semaine un arrêt de travail « illimité » pour revendiquer des responsables des dédommagements pour leur licenciement annoncé.

« Nous n’entendons pas mettre fin à notre mouvement tant que nous ne recevons pas de la part des dirigeants notre chèque de dédommagement évalué à 36 mois », déclarent des grévistes rencontrés dans les locaux de la Natcom à Delmas 41 (périphérie nord). Très furieux, les dizaines de grévistes qui se présentent, pour la plupart, comme des employés de la Téléco (devenue Natcom) depuis plus de vingt ans, menacent de maintenir leur mouvement jusqu’à la semaine prochaine pour contraindre les responsables à prendre en considération leur revendication. « Si les concernés continuent de faire la sourde oreille nous allons poursuivre notre grève et elle sera moins pacifique la semaine prochaine, car nous ne voulons plus travailler au sein de cette institution. Nous réclamons des dédommagements comme convenu avec les nouveaux dirigeants de la Natcom », insistent-ils. Entre-temps, des abonnés de la compagnie, qui avaient des installations en cours demeurent sans services. La Natcom a pris la succession de l’ancienne compagnie nationale de télécommunications (Téléco) en mai 2010, lorsque le gouvernement haïtien a cédé 60 % des actions à la compagnie vietnamienne Viettel. Le « contrat de modernisation » paraphé entre la Banque Centrale et Viettel s’élève à un montant de 59 millions de dollars. Lors de la cérémonie de signature, le président de la Banque Centrale, Charles Castel, avait soutenu que l’Etat n’avait pas d’autre choix, la Teleco étant depuis des années déficitaire. La Banque Centrale aurait par exemple déboursé jusqu’à 675 millions de gourdes pour réduire le personnel de cette entreprise jugé trop nombreux. La Plateforme de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) avait pris le contre-pied de ces déclarations, affirmant que la Téléco transférait peu avant sa privatisation des sommes au Trésor public.

lundi 11 avril 2011

Deux journalistes révoqués

La ministre de la culture et de la communication, Marie Laurence Jocelyn Lassègue, appelle le directeur général de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH), Pradel Henriquez, à dialoguer avec les journalistes qu’il a renvoyés au lendemain de la proclamation des résultats préliminaires des dernières élections.

Deux des journalistes révoqués, Eddy Jackson Alexis et Josias Pierre, ont déclaré que le directeur général de la chaine publique a décidé de les renvoyer pour leur « position politique » non favorable au nouveau président Michel Martelly. Henriquez, de son coté, évoque comme motif de licenciement « l’insubordination » des ex employés. Lassègue, affirmant avoir été absente au moment du « scandale », appelle Henriquez à faire preuve de « grandeur d’âme » et à discuter avec les journalistes. Le pays, croit-elle, « a besoin de tous les professionnels »« J’étais absente durant 5 jours … et il n’y a eu aucune consultation ni information », indique Marie Laurence Lassègue qui dirige le ministère de tutelle de la TNH. Des rencontres informelles ont eu lieu entre les journalistes renvoyés et la ministre qui dit attendre de constituer un dossier avant de prendre position des le début de la semaine prochaine. « Je crois que nous (la TNH) devrions donner l’exemple plutôt que de faire parler de nous dans des scandales, dans des mésententes ici et là », souligne t-elle, ajoutant qu’en tant qu’ancienne journaliste elle se sent touchée. Plusieurs organisations, dont l’Association des Journalistes Haitiens (AJH) et Reporters Sans Frontières (RSF) ont demandé la réintégration rapide des trois journalistes qui semblent “ payer leur préférence politique ” En aucune circonstance, leurs convictions n’ont entaché la qualité de leur travail et ont brouillé leur objectivité. Cette affaire ressemble à une persécution politique. Il s’agit là d’une très mauvaise entrée en matière pour Michel Martelly, élu président il y a une semaine, juge RSF. L’organisation souligne que Eddy Jackson Alexis et Josias Pierre ont dénoncé une campagne de propagande que la direction de la télévision aurait orchestrée durant toute la campagne du second tour en faveur du président élu et au détriment de sa rivale, Mirlande Manigat.

dimanche 10 avril 2011

Les promesses doivent suivre

Hier s'est achevé la 6e réunion de travail de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH) autour du thème « Accélérer le progrès à travers l'atteinte des objectifs de la reconstruction ». Cette rencontre avait comme objectif de faire le bilan du travail réalisé jusqu'à présent. Jean-Max Bellerive co-président de la CIRH a indiqué que « le bilan n'est pas négatif » ajoutant que « nous devons passer à une autre étape [...] maintenant nous rentrons dans une étape d'appropriation par les institutions nationales de l'effort de coordination et de l'effort de préparation [...] et de l'implémentation de ces programmes et des projets ».

M. Jean-Max Bellerive considère que le plus grand défi de la CIRH est l'indisponibilité des fonds nécessaires « Nous avons un plan bien préparé et une série de programmes clés qui sont prêts à être mis en œuvre. Mais nous ne pouvons reconstruire qu'au rythme des décaissements de fonds ».


Un point de vu partagé par l'ex-Président américain et co-Président de la CIRH, Bill Clinton qui exhorte de Communauté Internationale à décaisser plus d'argent pour la reconstruction d'Haïti, signalant que « la Commission est toujours en avance sur les donateurs... » et ajoutant « Oui, il est important que les donateurs internationaux honorent leur promesse, oui il est important que tout le monde aide. Mais en fin de compte, l'avenir du peuple haïtien est entre ses mains ».

samedi 9 avril 2011

Haïti, encore et toujours


« Fracture ouverte » : ce titre, à lui seul, confirme effectivement que rien n’est réglé, ni à Port au Prince, ni dans le reste du pays.


La photo choisie pour ouvrir le dossier dans le nouveau numéro de Polka Magazine marque cette douleur. Elle tranche avec ce qu’on a beaucoup vu depuis janvier 2010. Il s’agit en effet d’une fresque dans un stade de la capitale. Un haïtien nous regarde comme, pendant des années, il a en quelque sorte regardé des milliers et des milliers de spectateurs venus applaudir ou siffler leur équipe, bref venus vibrer et oublier un quotidien souvent très difficile. Seulement voilà la peinture, immense, est comme brisée. Juste au sommet de ce beau visage le mur s’est ouvert en deux. On pense forcément à un écorché vif, à l’image d’un peuple meurtri.



Haïti, encore et toujours regarde avec insistance, un monde –en l’occurrence le nôtre, celui des nantis- qui l’a, c’est vrai, beaucoup aidé pendant plusieurs mois mais qui aujourd’hui l’oublie. Petit rappel. La légende de cette photo précise que, dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre, la plupart des terrains de foot du pays ont rapidement été transformés en camps pour réfugiés. Aujourd’hui rien n’a changé. Il y a par exemple 500 familles dans les stades de Bois Neuf et celui de Drouillard. Ce reportage de Stanley Greene est très récent. Janvier dernier, et on comprend immédiatement qu’élection Présidentielle ou pas, le pays qui a sûrement soif de démocratie a d’abord besoin d’une aide réelle. Les millions de dollars ne se sont pas tous transformés en systèmes sanitaires et en abris réellement efficaces alors qu’on le sait, un jour ou l’autre, il y aura à nouveau de nouvelles secousses et des cyclones. Malgré tout, de quoi espérer : Une petite fille vient se laver les mains à un robinet. Nous sommes dans un camp de la Croix Rouge qui a pu regrouper des dizaines de familles. Avant elles n’avaient aucun endroit où se fixer. Mais la mort n’est jamais bien loin. Sur la Route N°1 on avait pris l’habitude de donner une sépulture aux victimes des Tontons Macoutes. Il a fallu trouver de la place au même endroit, pour les morts du séisme. Comme le dit le magazine il y a là plusieurs « couches de misère ». Au pied des croix, des restes de couronnes et des rubans bleus, blancs ou violets. Souvent le vent les a poussés un peu plus loin. Impossible de dire qui a été ainsi honoré, qui n’a pas été oublié. Et comme parfois les photos, même les meilleures, ne disent pas tout, il faut lire le journal de Stanley Greene. Pendant deux semaines il a tout noté. C’est un récit qui nous fait parfaitement comprendre que tout reste à faire dans le pays qui est et restera longtemps le plus pauvre de l’hémisphère Nord.
www.polkamagazine.com

vendredi 8 avril 2011

Michel Martelly veut changer en profondeur l'image d'Haïti

Le président élu haïtien, Michel Martelly, souhaite faire sortir son pays du tiers monde pour en faire une " success story " des Caraïbes.

" Avec mes talents de communicateur, j'espère être en mesure d'inspirer la population pour la guider sur la bonne voie ", a-t-il déclaré dans une interview à Reuters. Ce musicien de 50 ans, surnommé " Sweet Micky ", a remporté le second tour par un raz-de-marée le 20 mars face à Mirlande Manigat, selon les résultats préliminaires communiqués lundi. Dès le premier jour de son mandat, qui devrait commencer en mai, Martelly souhaite faire oublier la " mauvaise image " d'Haïti : pays victime de catastrophes naturelles, dépendant de l'aide extérieure, qui peine à se remettre du séisme de janvier 2010. " Nous avons l'intention, dès les premiers jours de notre mandat, de donner une nouvelle image de Haïti ", a dit Martelly dans l'interview, accordée mercredi soir à son QG de campagne. Martelly, pour lequel Haïti est " un pays riche, qui reste encore inexploité ", s'est engagé à rétablir la confiance des Haïtiens dans leur propre pays et la confiance de la communauté internationale. Ce n'est pas une mince tâche pour l'un des pays les plus pauvres de la planète, qui porte comme sobriquet celui de " république des ONG " en raison de sa dépendance chronique vis-à-vis de l'aide d'organisations non gouvernementales. 


" Par le passé, l'Etat a exploité la population. Les fonctionnaires se sont enrichis. Ils ont perdu le sens du service de la nation. La fonction publique signifie être au service de la population ", a dit Martelly dans cette interview. Le président élu, devenu lui-même riche en commençant comme chanteur dans les casinos, assure vouloir favoriser les investissements créateurs d'emplois. " La solution la plus simple est que si un important projet d'investissement voit le jour, qui crée beaucoup d'emplois, et s'il y a conflit sur le terrain envisagé pour cet investissement, l'Etat déclare qu'il fait partie du domaine public. Le gouvernement facilitera l'établissement de l'entreprise ", dit-il.
Eric Faye pour le service français de l'Express

jeudi 7 avril 2011

Ban Ki moon appelle le prochain président à faire de l'état de droit sa priorité

Alors que les résultats préliminaires du second tour de l'élection présidentielle en Haïti ont été publiés lundi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé le prochain président à ériger la consolidation et la réforme de l'état de droit comme priorité.

L'état du palais présidentiel symbolise la situation présidentielle actuelle
" L'état de droit doit être la priorité pour le prochain président d'Haïti. Le peuple d'Haïti attend que les prochains gouvernement et parlement agissent. Comme signal d'engagement pour le changement, le nouveau parlement doit terminer le processus d'amendement de la Constitution avant que le prochain président ne soit investi. La communauté internationale doit également saisir l'opportunité d'effectuer un nouveau départ. L'assistance doit autonomiser les acteurs haïtiens et les institutions, et non pas prolonger leur dépendance ", a déclaré mercredi le secrétaire général de l'ONU lors d'une présentation de la situation du pays devant les membres du Conseil de sécurité. 




Pour Ban Ki-moon, la reconstruction est l'une des priorités les plus importantes. A ce jour, plus de 20 % des 10 millions de mètres cubes de gravats ont été déblayés. Le nombre de personnes dans le besoin suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 a diminué, passant de 1,5 million de personnes en juillet dernier à environ 680 000 personnes actuellement, a-t-il indiqué. " Cependant, uniquement des investissements de grande ampleur dans le domaine de l'eau et de l'assainissement pourront protéger Haïti contre les épidémies. Et le retrait d'agences humanitaires des centres de traitement du choléra et des camps risquent de créer un manque dans les services de santé ", a expliqué Ban Ki- moon en soulignant que l'appel de fonds humanitaire pour le choléra est financé à 45 % et que l'appel de fonds général pour Haïti n'a réceptionné que 10 % des fonds nécessaires. " Des fonds supplémentaires sont nécessaires immédiatement. Une bonne coordination entre les agences de l'ONU, la Commission intérimaire du rétablissement d'Haïti et le nouveau gouvernement sera également crucial ", a-t-il estimé. Le chef de l'ONU a aussi noté que  l'économie haïtienne était à genoux. Des millions d'Haïtiens restent dépendants de l'assistance des organisations non gouvernementales afin de satisfaire leurs besoins essentiels. Trop de femmes et de jeunes filles ont peur des violences sexuelles. Sans état de droit, la paix et la prospérité resteront exclusives. Les Nations Unies vont continuer de travailler côte-à-côte avec le gouvernement haïtien et le peuple dans son travail noble et pour un futur plus juste et prospère ".

Mercredi, après l'annonce des résultats des élections, la MINUSTAH a invité " tous les candidats ayant des contestations relatives à ces résultats préliminaires à les introduire dans le strict respect des prescrits de la Loi électorale. Considérant le large écart entre les deux candidats et alors que ces résultats préliminaires peuvent faire l'objet de contestations, il semble difficile d'imaginer que le processus de contestation des voix puisse inverser ce résultat provisoire ", a indiqué mercredi la porte-parole de la MINUSTAH, Sylvie Van Den Wildenberg, au Centre d'actualités de l'ONU.

mercredi 6 avril 2011

Un ex-ambassadeur dominicain en Haïti célèbre la défaite de Mirlande Manigat

Alberto Despradel estime que le peuple haïtien a mis en échec Mirlande Manigat qui serait farouchement hostile à la république voisine, comme son époux, Leslie Manigat

Un chanteur bientôt président ?
L’ancien ambassadeur dominicain en Haïti, Alberto Despradel, a présenté ce mercredi la victoire de Michel Martelly aux élections présidentielles du 20 mars comme un revers que le peuple a infligé à " une candidate profondément anti-dominicaine " que représentait aux yeux du diplomate Mirlande Hyppolite Manigat. " Manigat représentait une tendance profondément anti-dominicaine ", a poursuivi Despradel qui croit que la démocrate-chrétienne a hérité ses idées de son mari, l’ancien président Leslie Manigat (février-juin 1988). Ce dernier est décrit comme un homme " profondément anti-dominicain "" Ce qui s’est passé il y a deux semaines, lors des élections en Haïti, c’est que le peuple a rejeté les propositions d’une aristocrate ", a indiqué en des termes très peu diplomatiques l’ex-ambassadeur qui participait à l’émission " Le boulevard avec Pablo McKinney " une production de Canal 37 pour le réseau CDN. 


Enfin, Alberto Despradel, qui s’est révélé être un chaud partisan du futur président haïtien, attribue la victoire de Michel Martelly à une adaptation du carnaval à la politique en expliquant que cette fête représentait dans notre pays un vecteur de pouvoir populaire. D’aucuns soupçonnent celui pratiquement assuré de succéder à René Préval, le 14 mai prochain, d’avoir des liens privilégiés avec les milieux d’affaires en République Dominicaine.
Radio Kiskeya

mardi 5 avril 2011

L'idole des jeunes deviendra président le 14 mai

De la scène à la présidence d'Haïti, il n'y a qu'un pas que s'apprête à franchir Michel Martelly.

Crâne lisse, costumes croisés et sourire à toute épreuve, Michel Martelly, âgé de 50 ans, s'est glissé sans peine dans les habits d'un animal politique, finissant par décrocher plus de 67 % des voix au deuxième tour de la présidentielle haïtienne. Il prendra ses fonctions le 14 mai après la proclamation des résultats définitifs le 16 avril. 


Jusqu'ici surtout réputé pour ses danses chaloupées, Martelly a profité du soutien des jeunes et du renfort de la star mondiale du hip-hop, Wyclef Jean, ex-membre des Fugees. « Sweet Micky », qui s'autoproclame président du « compas », la musique populaire d'Haïti, a mené une campagne agressive à l'encontre de sa rivale, l'universitaire et ancienne première dame Mirlande Manigat. « Je n'ai jamais été impliqué dans la politique. J'ai les mains propres », clame Michel Martelly, qui se veut le candidat de la rupture. Rejetant les critiques qui soulignent son inexpérience en politique, il réclame une place pour une nouvelle génération au pouvoir. C'est ainsi qu'il a conquis les quartiers pauvres de la capitale en revendiquant du travail pour les jeunes.

Administration amputée

En succédant à René Préval, Michel Martelly dont la femme a joué un grand rôle dans la gestion de sa carrière et pendant sa campagne, va prendre la tête d'une administration amputée après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010 qui avait fait près de 250 000 morts. Comme un symbole, le palais présidentiel détruit par le séisme n'a toujours pas été reconstruit. Il trouvera aussi un pays qui fait face aux démons du choléra qui a fait près de 5 000 morts et à ceux de ses anciens présidents de retour d'exil. « Ce ne sera pas facile mais avoir un leader qui est aimé, adulé, en qui le peuple a confiance, ça aidera déjà beaucoup », commentait ce tribun sur la page d'accueil de son site.
Le Télégramme

lundi 4 avril 2011

Michel Martelly a remporté l'élection présidentielle haïtienne

Sa victoire était attendue. Le chanteur populaire Michel Martelly a remporté l'élection présidentielle haïtienne avec 67,57 % des voix, a annoncé ce lundi le conseil électoral provisoire.

Le second tour du scrutin, qui s'est déroulé le 20 mars, l'a opposé à l'ancienne première dame Mirlande Manigat, âgée de 70 ans. Il avait été marqué par une forte participation. 


L'annonce du résultat, qui ne deviendra définitif qu'après l'examen d'éventuelles contestations, a été suivi de scènes de liesse dans les rues de Port-au-Prince. « Nous allons œuvrer pour tous les Haïtiens. Ensemble, nous pouvons y arriver », a déclaré le président élu.

Rejet de l'establishment

La longue attente de l'issue de ce second tour sans précédent dans l'histoire haïtienne a fait craindre une reprise des troubles. 


Le premier tour, le 28 novembre dernier, avait été marqué par des accusations de fraude et des manifestations parfois émaillées de violences. Agé de 50 ans, « Sweet Micky » est un musicien très connu, star de la Kompa qui mêle les rythmes afros et latinos. Parfois fantasque et provocateur sur scène, ce néophyte en politique a attiré des foules importantes à ses meetings, notamment parmi les jeunes. Le futur chef de l'Etat est issu du parti Repons Peyizan, dont le message aux accents populistes et anti-establishment prône la justice sociale, ce qui a un grand retentissement dans la population, surtout après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010.