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Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

jeudi 31 mars 2011

La crainte du chaos

Dans les jours qui ont suivi le terrible séisme qui a frappé Haïti en janvier 2010, le gouvernement canadien a craint que le pays ne soit déstabilisé de nouveau, mais cette fois, par des soulèvements populaires, selon des documents secrets obtenus par La Presse Canadienne.

Au moment même où les Haïtiens attendent les résultats des présidentielles, ces documents émanant du ministère des Affaires étrangères font état des profondes inquiétudes qui existaient à l'époque en ce qui a trait au leadership assuré par le gouvernement au cours des deux mois qui ont suivi la catastrophe. Dans ces rapports, on évoque le « no man's land constitutionnel » haïtien et la nécessité d'opérer un « véritable changement de paradigme » au sein du gouvernement. Ainsi, la réaction du gouvernement canadien aux lendemains du séisme aurait été fortement influencée par ces préoccupations d'ordre politique, selon les documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information. Le soutien qui devait être apporté aux autorités haïtiennes était nécessaire « afin de maintenir la confiance de la population d'Haïti et pour contenir les risques de soulèvements populaires », peut-on lire dans les documents. Le gouvernement canadien a éventuellement déployé environ 2 000 soldats afin de participer aux opérations de secours.

Et déjà, à l'époque, Ottawa s'inquiétait du retour d'un ancien président.

« La précarité de la situation politique (...) a alimenté la rumeur selon laquelle l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, qui est présentement en exil en Afrique du Sud, souhaite organiser son retour au pouvoir », prévient une note de synthèse secrète. Un peu plus tôt ce mois-ci, les craintes du Canada se sont matérialisées. Jean-Bertrand Aristide est effectivement rentré au pays, et ce, alors que la période électorale en vue du second tour des présidentielles battait son plein. Son retour a succédé à celui d'un autre personnage controversé, l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier. Plusieurs acteurs de la communauté internationale ont prévenu que leur présence pourrait perturber le processus électoral. 


La formation politique du président déchu Jean-Bertrand Aristide, le Fanmi Lavalas, - qui est toujours populaire auprès des citoyens pauvres de l'île - a été bannie des élections. Mais la position d'Ottawa à cet égard a de quoi surprendre les critiques de la politique du gouvernement canadien en Haïti: le Canada a plaidé pour le retour du Fanmi Lavalas sur la scène politique haïtienne, toujours selon les mêmes documents. La stratégie visait à « permettre au Fanmi Lavalas de participer aux élections législatives et présidentielles », ce qui l'aurait directement opposé à la formation politique du président sortant, René Préval. Au final, le portrait de la situation haïtienne qui est brossé par le ministère des Affaires étrangères est peu reluisant. « Haïti ... est confronté à un vide politique qui le rend vulnérable à un nombre important de menaces comme les groupes criminalisés ou les manipulations politiques ». Une fois le nouveau gouvernement élu, Haïti devra « créer une société plus inclusive, plus forte et plus engagée », ce qui est fondamental pour bâtir un pays « plus fort et plus prospère à long terme », disent les documents.
Jonathan Montpetit - La Presse Canadienne, Montréal

14 % de fraudes aux élections

En Haïti, le Conseil électoral provisoire (CPE) fait état d'un pourcentage de fraude de 14 % au deuxième tour des élections législatives et présidentielles du 20 mars.

Pour le scrutin présidentiel seulement, ce sont 1 518 procès-verbaux envoyés par les différents bureaux de scrutin qui ont été « jugés visiblement frauduleux » et mis à l'écart, en attendant une décision du tribunal électoral. Le CPE ne dit pas si cette situation pourrait compromettre le vote. L'annonce des résultats provisoires, qui devaient être faite jeudi, avait été reportée au 4 avril, en raison d'un haut niveau de fraudes et d'irrégularités. Le deuxième tour de l'élection a opposé Michel Martelly, 50 ans, à Mirlande Manigat, 70 ans. Le scrutin, marqué par une forte participation, s'est déroulé dans un calme relatif. Le premier tour, qui a eu lieu le 28 novembre, a été entaché par des violences et des irrégularités.

mercredi 30 mars 2011

La publication des résultats de la présidentielle retardée

La publication des résultats préliminaires du second tour de la présidentielle haïtienne, qui s'est tenue le 20 mars, a été repoussée à lundi prochain, a annoncé mardi le porte-parole de la commission électorale provisoire, Pierre Thibault Junior. Ces résultats préliminaires étaient à l'origine attendus dans la journée d’hier, mardi.

mardi 29 mars 2011

L'Union européenne octroie 15 millions d'euros

La délégation de l'Union européenne en Haïti a annoncé aujourd'hui la signature d'un accord de don de près de 15 millions d'euros, en vue de renforcer le système national de gestion des risques et des catastrophes de ce pays, frappé en 2010 par un violent séisme.

L'accord signé entre le ministre haïtien de l'Intérieur, Paul-Antoine Bien-Aimé, et l'ambassadrice de l'UE, Lut Fabert, prévoit notamment de doter Haïti de matériels et d'équipement de première urgence et de secours, ainsi que d'un centre opérationnel d'urgence. " Ce programme vise aussi à renforcer la capacité du gouvernement haïtien à faire face aux catastrophes naturelles et aux désastres ", a-t-elle déclaré. Au total, l'UE prévoit d'engager 50 millions de dollars pour la gestion des crises en Haïti. Plus de 300 conteneurs d'équipements seront ainsi prépositionnés dans les différentes régions d'Haïti à l'approche de la saison cyclonique tandis que plus d'un millier de volontaires seront formés dans les dix départements pour être prêts à intervenir en cas de catastrophe. " L'Union européenne a décidé d'aider la population que l'on voyait courir au secours des victimes du séisme, qui était en général démunie de moyens et qui ne possédait pas la technique, en lançant ce programme qui consiste à renforcer le système national de gestion des risques et des désastres ", a indiqué le coordonnateur du programme, Alain Damit. Dans le cadre de ce programme, quatre experts européens travailleront à la formation des personnels de secours, dont une trentaine de sapeurs-pompiers, et à la mise en place d'un dispositif d'alerte.

lundi 28 mars 2011

A Calgary on discute d'Haïti

Luis Alberto Moreno, président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a déclaré, que bon nombre de projets de l'organisation internationale en Haïti sont en cours. Il a fait cette déclaration à l'occasion de la Session annuelle de la BID à Calgary (Canada), auquel participent du 25 au 28 mars les plus hauts responsables gouvernementaux des 48 pays membres de la Banque, dont quelques ministres des finances et présidents de banques centrales.

Moreno, qui a pris part à un forum sur les modèles d'affaires innovants en Haïti, a également déclaré qu'il est confiant que le nouveau gouvernement haïtien sera en mesure de parvenir à un consensus pour le développement du pays, en rappelant que les membres de l'institution qu'il dirige se sont engagés à injecter 200 millions de dollars par an en Haïti et ce sur une période de dix ans, en plus d'avoir annuler les 484 millions de dollars de la dette du pays. 


Le président précise que la BID se concentrera sur le développement agricole, les infrastructures, l'eau et l'assainissement, l'énergie, l'éducation et la santé. 


Moreno en a profité pour rappeler à l'assistance que la BID, en janvier de cette année a annoncé un projet de création d'un parc industriel dans le nord de Haïti, auquel participent également le gouvernement américain et une entreprise sud-coréenne [Sae-A Co. Ltd.], précisant que ce dernièr va générer 15 000 emplois au cours de son opération [un projet qui pourrait se traduire à plus de 50 000 emplois à long terme]. Il a également souligné l'implication du secteur privé dans la reconstruction d'Haïti et a cité l'exemple de Coca-Cola et de la société Aguas de Barcelona. Dans le premier cas, la société américaine, en collaboration avec le Fonds Multilatéral d'Investissement de la Banque Interaméricaine de Développement (MIF) a créé une boisson à base de jus de mangue, un fruit produit en abondance en Haïti. Les bénéfices de la boisson, actuellement commercialisé aux États-Unis et au Canada sous le nom de « Haiti Hope Mango Lime-AID » retournent à Haïti signale Moreno. Dans le second cas , ​​la société espagnole « Aguas de Barcelona » fournira une assistance technique pour l'approvisionnement en eau de Port-au-Prince. Concernant la situation politique, Luis Alberto Moreno a déclaré que les Haïtiens « ont eu l'occasion de s'exprimer dans les urnes dimanche dernier » ajoutant que « nous allons voir quand on connaîtra finalement les résultats. Mais de toute évidence ce sera une situation très difficile qui forcera la création d'un consensus national et j'espère que le prochain gouvernement aura cette capacité ».

Jacques Rogozinski, directeur général de la Société Interaméricaine d'Investissement (IIC) a pour sa part déclaré que « la vitesse du redressement d'Haïti dépendra du rythme de la reconstruction de son infrastructure ».

dimanche 27 mars 2011

Le bureau de performance et de lutte contre la corruption

Dans un communiqué la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) informe que son Bureau de performance et de lutte contre la corruption (BPLC) a commencé ses opérations depuis le 14 mars dernier. Le BPLC jouera un rôle essentiel au sein de la Commission en mettant en place des outils et mécanismes en vue d’assurer que les opérations restent transparentes et éthiquement exemplaires et en constante amélioration. Le BPLC est dirigé par M. Pedro J. Roballo, comptable certifié M.B.A. avec une carrière qui l’a conduit en Uruguay, Suisse, Angola, Guinée Equatoriale et République du Soudan.

Lors de la réunion du Conseil du 28 février, les deux coprésidents de la CIRH, le Premier Ministre Bellerive et le Président Clinton, avaient annoncé qu’une firme indépendante, PricewaterhouseCoopers (PwC), avait été sélectionnée à la suite d’un processus approfondi pour fournir un appui technique au nouveau bureau. Le BPLC sera impliqué tout au long du cycle de vie des projets et remplira trois fonctions essentielles au sein de la CIRH :
* Promouvoir la transparence et l’imputabilité dans le cycle de vie du projet et des procédures internes
* Identifier les défis de mise en œuvre, les obstacles et les réussites et les communiquer par les voies appropriées
* Contribuer au renforcement de la capacité du gouvernement d'Haïti pour suivre et évaluer l'éventail des activités de développement actuellement en cours.


« La transparence est primordiale à la CIRH », a déclaré le directeur exécutif, Gabriel Verret. « Je suis heureux d’avoir maintenant à bord la nouvelle équipe du BPLC, qui sera appuyée par PricewaterhouseCoopers (PwC), firme pionnière dans le domaine de suivi de projets de développement et de reconstruction. La présence de ces experts va nous aider à mesurer notre rendement de manière plus efficace. Cet élément est essentiel, car il nous permettra d’améliorer nos opérations et nous aidera à mieux mesurer l'impact de notre portefeuille de projets et à accomplir plus efficacement ce travail de reconstruction dont nous ont chargé le peuple et les autorités haïtiens. »

À propos de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti

La Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti, (CIRH) a été créée par un arrêté présidentiel en date du 21 avril 2010, à la suite du tremblement de terre dévastateur qui a frappé Haïti le 12 janvier 2010. La commission a pour but d’entreprendre, dans les meilleurs délais, la planification, la coordination et la mise en marche des projets et des priorités de développement, y compris les projets et les programmes de révision et d’approbation, ainsi que les programmes financés par les donateurs bilatéraux et multilatéraux, les organisations non gouvernementales (ONG) et le secteur privé. La commission est co-présidée par le premier ministre haïtien, Jean Max Bellerive et l’ex-président des États-Unis William J. Clinton, et dirigée par le Conseil qui inclut des haïtiens et des étrangers dans les travaux de reconstruction.

samedi 26 mars 2011

Recrudescence d'agressions sexuelles

Les femmes des camps de réfugiés du séisme du 12 janvier 2010 en Haïti, sont victimes d'une recrudescence d'agressions sexuelles, ont témoigné aujourd'hui plusieurs responsables d'ONG devant la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) à Washington. Il existe une " épidémie incessante de violences sexuelles et (un climat) d'impunité ", a affirmé Lisa Davis, responsable de l'organisation de défense des femmes Madre, lors de cette audience. Plus de 800 000 Haïtiens vivent toujours dans des conditions d'insalubrité totale dans les camps de réfugiés du séisme.

En décembre 2010, la CIDH avait exhorté le gouvernement haïtien à prendre des mesures pour mettre fin aux violences sexuelles dont sont victimes les femmes et filles dans ces camps. Mais depuis, " les progrès ont été minimes ", a déploré Mme Davis vendredi. L'organisation Kofaviv a relevé 465 viols dans ces camps 2010. Au cours des deux premiers mois de cette année, 90 cas ont été répertoriés. Dans de nombreux camps, les femmes n'ont pas accès aux salles de bain et toilettes qui leur sont réservés et doivent bien souvent se laver en plein air. Après un viol ou une agression, les femmes n'ont pas accès à des soins médicaux. En outre, lorsqu'elles souhaitent porter plainte, elles sont tenues de présenter un certificat médical.


Ce certificat est très souvent difficile à obtenir, a précisé Eramithe Delva, co-fondatrice de Kofaviv et victime elle-même d'une agression sexuelle. Mais, selon Natacha Clerge, qui représentait le ministère haïtien à la Condition féminine et aux droits des femmes, " il n'y a pas eu d'augmentation considérable des viols " après le tremblement de terre. Mme Clerge a assuré que le gouvernement haïtien avait pris des mesures afin d'améliorer les conditions de vie dans les camps. Les organisations de défense des droits des femmes ont invité une délégation de la CIDH à se rendre en Haïti pour constater la véracité des faits exposés.

vendredi 25 mars 2011

La date de publication des résultats électoraux sera respectée

La date du 31 mars pour la publication des résultats provisoires de la présidentielle haïtienne « sera respectée », a annoncé vendredi le porte-parole du Conseil électoral provisoire (CEP), soulignant que presque tous les procès-verbaux étaient parvenus à la capitale.

Comme prévu, « le Conseil électoral provisoire publiera des résultats préliminaires au plus tard le 31 mars », a déclaré Richard Dumel lors d'un point de presse organisé au centre de tabulation des bulletins de vote, installé dans un hangar proche de l'aéroport de Port-au-Prince. 


« La date sera respectée », a-t-il insisté. Après la publication des résultats préliminaires, les résultats définitifs devraient être connus au plus tard le 16 avril, selon le calendrier électoral. 



Des techniciens engagés par le Conseil poursuivaient vendredi la saisie des données derrière des dizaines d'ordinateurs sous le regard d'une quinzaine d'observateurs internationaux et de représentants des deux candidats. Photo : Thony Bélizaire.



Le chanteur populaire Michel Martelly alias Sweet Micky, 50 ans, était opposé au deuxième tour du scrutin du 20 mars à la constitutionnaliste Mirlande Manigat, 70 ans. Des techniciens engagés par le Conseil poursuivaient vendredi la saisie des données derrière des dizaines d'ordinateurs sous le regard d'une quinzaine d'observateurs internationaux et de représentants des deux candidats. M. Dumel a indiqué que la quasi-totalité des procès-verbaux étaient déjà parvenus à la capitale pour être saisis avant d'être comptabilisés. « Avec 34 % des procès-verbaux saisis, aucune indication sur le gagnant de la présidentielle n'est pour l'instant disponible », a-t-il dit. Les représentants des deux candidats se sont plaints du manque de transparence des opérations de saisie des procès-verbaux. « Nous ignorons ce qui se passe dans le processus », a déclaré un représentant de Michel Martelly. Le premier tour de la présidentielle haïtienne, le 28 novembre, avait été entaché de violences et d'irrégularités.

jeudi 24 mars 2011

" Baby Doc " hospitalisé

L'ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier, alias " Baby Doc ", a été hospitalisé ce jeudi  à Port-au-Prince, a annoncé son avocat. Il a plusieurs problèmes. Il souffre de l'estomac et a des douleurs au thorax. Cela fait plusieurs jours qu'il a mal a déclaré son avocat Renaud Georges. " Il reste hospitalisé car cela lui permet de se reposer et de se remettre sur pied. Ca devrait aller ", a confié l'un de ses proches, l'ancien colonel Christophe Dardompre. Jean-Claude Duvalier, 59 ans, est rentré à Haïti le 16 janvier après 25 ans d'exil en France. Il est inculpé de corruption, torture et crimes contre l'humanité commis lorsqu'il était au pouvoir, de 1971 à 1986. Duvalier est en outre accusé d'avoir accumulé une fortune évaluée entre 200 et 600 millions d'euros en détournant les fonds publics pendant sa présidence. Début février, les autorités suisses avaient fait part de leur intention d'ourvir une procédure de confiscation de ses avoirs. Haïti attend la semaine prochaine les résultats du second tour de l'élection présidentielle qui a opposé dimanche dernier Michel Martelly à Mirlande Manigat.

mercredi 23 mars 2011

Wyclef Jean a été blessé par balle

Le rappeur et producteur Wyclef Jean s'est fait tiré dessus alors qu'il était en Haïti ce week end.

Wyclef Jean était en Haïti ce week end pour participer à un meeting organisé pour le candidat à la présidentielle, Michel Martelly. Il a été blessé par balle juste avant l'ouverture du scrutin présidentiel. Sa porte-parole raconte qu'il s'est fait tiré dessus, alors qu'il sortait de son véhicule pour passer un coup de fil. Le rappeur explique ne pas avoir vu le tir et dit ignorer s'il était la cible des coups de feu. Il a immédiatement été emmené à l'hôpital, d'où il est ressorti quelques heures plus tard. Il a été blessé à la main, mais la blessure est superficielle.
« J'ai reçu une éraflure consécutive à un tir. Je n'en veux à personne. Beaucoup de gens me demandent si j'en veux à l'opposition. Non », a expliqué Wyclef Jean au moment de glisser son bulletin dans l'urne pour l'élection présidentielle. 


De son côté, la police haïtienne a annoncé l'ouverture d'une enquête pour déterminer les circonstances de l'incident et retrouver les agresseurs. D'origine haïtienne, Wyclef Jean avait envisagé de se présenter à la présidentielle l'année dernière, mais sa candidature n'avait pas été validée, sous prétexte qu'il n'avait pas résidé suffisamment en Haïti. Il dirige, par ailleurs, la fondation Yele Haïti qui aide le pays à se remettre du tremblement de terre qui l'a frappé l'année dernière.

mardi 22 mars 2011

Tentative d'enlèvement du directeur de l’Académie de Police

Un agent de la Police nationale d’Haïti (PNH) a perdu sa vie ce mardi soir à Santo, dans la commune de Croix-des-Bouquets, lors d’une attaque armée. Cet incident s’est produit quand des individus non identifiés, qui tentaient de kidnapper le directeur de l’Académie de Police Miguelite Maxime, ont ouvert le feu sur la voiture de ce dernier. Le policier a été abattu, le directeur Maxime s’est échappé de justesse et les bandits ont pris la fuite en emportant le véhicule.

lundi 21 mars 2011

Forte participation au second tour

Les Haïtiens se sont rendus en nombre dans les bureaux de vote dimanche pour élire un nouveau président lors d'un scrutin globalement calme. Le chanteur Michel Martelly, 50 ans, était opposé à l'ex-première dame Mirlande Manigat, 70 ans. De récents sondages donnaient une légère avance à M. Martelly. Même si le dépouillement a débuté immédiatement après la fermeture des bureaux de vote, les résultats préliminaires ne seront pas communiqués avant dix jours, le 31 mars, comme le veut la loi électorale. 


Les résultats définitifs doivent être annoncés le 16 avril. Le président du Conseil électoral provisoire s'est félicité de la forte participation à ce premier second tour d'une élection présidentielle dans l'histoire du pays caraïbe.


Les cris de joie ont coloré les dernières heures de l’élection présidentielle en Haïti.

Dans les rues de Port-au-Prince, plusieurs citoyens ont pris d’assaut la rue pour manifester leur satisfaction quant au déroulement de la journée du scrutin. Une journée que plusieurs observateurs internationaux et le personnel électoral ont qualifiée d’historique. « C’est une journée historique en Haïti par rapport à l’engouement des électeurs à aller voter », a mentionné le porte-parole du Conseil électoral provisoire, Richardson Dumal. Aux environs de 14 heures, le Conseil électoral se disait confiant de dépasser le taux de participation du premier tour de scrutin du 28 novembre 2010, estimé à 23 %. « On estime que le taux de participation devrait osciller autour des 60 % », a renchéri le porte-parole du conseil. Le second tour de l’élection présidentielle haïtienne a débuté à 6 heures. 



Dès les premières heures du scrutin, plusieurs irrégularités ont perturbé le déroulement du vote. Dans certains secteurs du pays, principalement dans la zone métropolitaine du Nord, les Centres de votation ont ouvert avec plus de deux heures de retard. Une situation causée par la difficulté dans l’acheminement du matériel électoral. « Il y a eu des erreurs dans l’acheminement du matériel. Il manquait des urnes dans certains secteurs ainsi que des marqueurs d’encre indélébile afin d’identifier les électeurs qui avaient voté », a expliqué M. Dumal. Face à la situation, les intervenants à la radio haïtienne ont appelé les électeurs à faire preuve de patience et de tolérance. La présence policière et militaire était également très visible dans les zones qualifiées de rouges sur le plan des tensions possibles. Pour éviter les débordements ainsi que les attroupements, le gouvernement et le Conseil électoral provisoire avaient mis en place plusieurs mesures. Les véhicules de transport public ainsi que les motos taxis avaient interdiction de circuler. La vente d’alcool a également été prohibée toute la journée de l'élection. Du côté des deux équipes candidates à la présidence, Mirlande Manigat et Michel Joseph Martelly, la consigne était claire : éviter tout appel à la manifestation partisane dans les rues. Une règle respectée tout au long de la journée par les différentes formations. 


En milieu d’après-midi, le Conseil électoral provisoire a lancé un appel à prolonger l’heure d’ouverture des Centres de votation à 17 heures dans les zones qui ont connu des retards. Une mesure qui a réjoui les électeurs, nombreux à faire la file pour voter. Le décompte des bulletins de vote a eu lieu dès la fermeture des Centres de votation et un procès-verbal des résultats a été remis aux mandataires des deux candidats en lice, ce qui pourrait permettre de déceler rapidement une tendance dans le scrutin. La publication des résultats préliminaires est prévue pour le 31 mars. Après une période de contestation, le Conseil électoral publiera les résultats finaux le 16 avril. La passation du pouvoir est prévue pour le 14 mai.

Trois morts 

La police et des responsables locaux ont déclaré que les violences électorales avaient fait trois tués, deux dans la région centrale d'Artibonite et un autre à Mare Rouge, dans le Nord-Ouest. Les casques bleus de la MINUSTAH, la mission des Nations unies dans le pays, sont intervenus à plusieurs reprises lors d'incidents disséminés. Ils ont tiré en l'air pour séparer des partisans des deux camps. Mais en dépit de retards initiaux à Port-au-Prince, où certains bureaux ne disposaient pas du matériel nécessaire, les observateurs internationaux ont déclaré que le scrutin semblait s'être déroulé de manière bien moins chaotique que le premier tour le 28 novembre, marqué par des accusations de fraude.

dimanche 20 mars 2011

La fin du marathon électoral

Les Haïtiens votent enfin pour le second tour de l’élection présidentielle quatre mois après le premier tour. Entre temps, le pays a vu le retrait du candidat du pouvoir, les retour de l’ex-dictateur Jean-Claude Duvalier et de Jean-Bertrand Aristide. Selon un sondage publié la semaine dernière, Michel Martelly serait en tête des intentions de vote avec 50,8 % contre 46,2 % à Mirlande Manigat. 


Quel sera le favori pour la présidence du pays ?


Un chanteur novice en politique ou une universitaire peu rompue au terrain ? Il est le candidat sauvé de justesse après deux mois crise électorale. Michel Martelly a été " repéché " par le Conseil électoral après la modification des résultats du premier tour entachés de fraudes. " Sweet Micky ", comme le surnomment ses partisans, est certain que la présidence est acquise. Le chanteur populaire a la jeunesse dans sa poche. Il a fondé son discours de campagne sur la fin du " vieux système ". Son objectif : constituer une équipe " d’experts " issus de la société civile pour rénover les institutions. Mirlande Manigat, universitaire de 70 ans, plaide elle pour une stratégie plus raisonnable adoptant la posture de la constitutionnaliste réfléchie et posée.


Un personnage de taille s’est invité à la veille du scrutin : l’ancien président Jean-Bertrand Aristide rentré au pays vendredi après sept années d’exil en Afrique du Sud. Les partisans de l’ex-prêtre ont dressé de larges banderoles sur la route de Tabarre, où l’ex-dictateur a sa demeure. Laquelle a été fraîchement repeinte pour son retour. Michel Martelly dans ses derniers meetings de campagne n’a jamais prononcé le nom d’Aristide…
France Info

samedi 19 mars 2011

Premières réactions au retour d'Aristide

Le retour de Jean Bertrand Aristide en Haïti où il a été élu président de la République à deux reprises (en 1991 et 2001) suscite encore peu de réactions dans les milieux politiques, à la veille du second tour des présidentielles et législatives de ce 20 mars.

Evans Paul, responsable de la Confédération Unité Démocratique (KID, parti membre de la plateforme Alternative, composée de formations politiques opposées au pouvoir d’Aristide) dit réagir « normalement » à ce retour. Jean Bertrand Aristide « dans le contexte actuel, ce n’est pas la même personne », relève Evans Paul, « il ne peut avoir d’agenda politique personnel… et je doute qu’il puisse orienter les choses comme il le souhaite », affirme t-il. Évoquant la division à l’intérieur du parti Fanmi Lavalas transformé selon lui en multiples « petites chapelles », Paul affirme s’interroger « sur la capacité d’Aristide à asseoir ses ambitions politiques » dans un contexte dominé par « l’opportunisme »La sénatrice Edmonde Supplice Bauzile, de la Fusion des Sociaux Démocrates (également d’Alternative) a elle aussi signalé la division au sein de Fanmi Lavalass. « Je crois qu’il aura à restructurer son parti émietté depuis son départ … s’il croit à la démocratie », déclare Bauzile, ajoutant : « J’ose croire qu’il pourra modifier sa vision d’un parti politique qui n’est pas une boutique »Jean Bertrand Aristide s’est défendu avant son retour de vouloir refaire de la politique en Haïti. A son arrivée à Port-au-Prince, il a prononcé une allocution où il évoque à nouveau la contribution qu’il souhaite apporter dans le domaine de l’éducation.

Comment décoder le premier discours d’Aristide

Edmonde Supplice Beauzile avoue avoir suivi le premier discours d’Aristide et s’être un peu perdue dans « le cours de biologie » de l’ancien président, qui au fil de sa prise de parole a fourni des détails sur le fonctionnement du cerveau humain. « Je crois que c’est un citoyen qui revient chez lui. Je pense qu’il devra se remettre à redécouvrir ce pays », souligne Beauzile qui croit que l’heure n’est pas « aux discours populistes et faciles »Evans Paul signale pour sa part qu’Aristide est resté « évasif sur des questions fondamentales comme les élections ». « Aristide c’est quelqu’un qui parle en utilisant des images. Il faut toujours décoder ce qu’il dit », rappelle le responsable de KID. Dans ce discours, Aristide a notamment parlé de l’exclusion de Fanmi Lavalass et plaidé pour l’inclusion. Des paroles qui ont retenu l’attention d’Evans Paul. « Si on interprète, on peut dire qu’Aristide a rejeté les élections, sans utiliser le mot élections », suggère t-il. Par ailleurs, des pratiques du pouvoir d’Aristide à partir de 2001 ont été sévèrement critiquées et il a été chassé du pouvoir dans un contexte de prise d’armes par des groupes qui lui sont hostiles et de ras le bol de divers secteurs de la société, face à des actes arbitraires, l’intolérance de ses partisans et la montée de l’insécurité. Evans Paul dont le parti a été incendié durant le régime d’Aristide, affirme n’avoir « aucune intention de poursuivre quiconque » et souhaite en revanche « la manifestation d’une prise de conscience collective pour faire face aux grands problèmes de ce pays »Edmonde Supplice Bauzile affirme en revanche  « qu’il faut que la justice puisse lever tout doute » concernant certains faits reprochés à l’ancien président Aristide ainsi qu’à l’actuel chef d’Etat, René Préval, notamment la mort du journaliste Jean Dominique.

vendredi 18 mars 2011

Les USA s'inquiètent d'un retour d'Aristide avant la présidentielle

L'ex-président haïtien Jean-Bertrand Aristide s'est dit jeudi " ravi de rentrer " en Haïti après sept ans d'exil en Afrique du Sud, à l'aéroport de Lanseria près de Johannesburg, d'où il devait s'envoler dans la soirée. Son avion privé devait quitter l'Afrique du Sud vers minuit (22 h GMT).


" Le grand jour est arrivé. Le moment de dire au revoir avant de rentrer chez soi ", a déclaré devant des journalistes Aristide, docteur en langues africaines de l'Université d'Afrique du Sud (Unisa), qui s'exprimait en zoulou. " D'un côté nous sommes tristes de quitter nos chers amis mais de l'autre nous sommes ravis de rentrer chez nous après sept ans ", a-t-il estimé en son nom et en celui de sa femme Mildred, non sans remercier le gouvernement sud-africain, le président Jacob Zuma, l'ex-président Thabo Mbeki, " notre cher Madiba " (Nelson Mandela) et ses " frères et sœurs d'Afrique du Sud "" Nous n'oublierons jamais ces sept années " d'exil, a-t-il insisté, rappelant les liens entre les Africains et les Haïtiens, qui sont descendants d'esclaves africains. " En Haïti, ils sont aussi très contents, parce qu'ils nous attendent, et ils attendent notre retour le plus tôt possible. C'est normal, leurs rêves vont se réaliser ", a-t-il ajouté.

Jean-Bertrand Aristide, 57 ans, avait été évincé du pouvoir en février 2004 sous la pression conjuguée d'une insurrection armée, des Etats-Unis et de la France, et vivait depuis en Afrique du Sud. Ancien prêtre se réclamant de la " théologie de la libération ", il reste très populaire auprès des plus humbles grâce à un discours populiste, même s'il a par deux fois été chassé de la présidence haïtienne. Washington et Paris lui ont demandé, en vain, de différer son retour pour ne pas perturber le second tour de l'élection présidentielle de dimanche, qui opposera l'ancienne Première dame Mirlande Manigat et le chanteur populaire Michel Martelly. Son retour devrait donner l'occasion à ses partisans, et singulièrement à son parti " Fanmi Lavalas " (" La famille Lavalas ", en français) de se faire entendre, eux qui ont été exclus du scrutin. Le parti a d'ores et déjà appelé ses sympathisants à un grand rassemblement vendredi devant l'aéroport international de la capitale haïtienne pour l'accueillir.

jeudi 17 mars 2011

Haïti se sent oublié

À quatre jours du deuxième tour de l’élection présidentielle, les habitants de la capitale se sentent abandonnés par leur gouvernement et la communauté internationale, la reconstruction étant trop lente à leurs yeux.

Dans les rues de Port-au-Prince, les citoyens discutent de ce qui s’est passé au Japon. Assis devant un téléviseur, les Port-au-Princiens regardent, attentifs, les images dévastatrices du tsunami qui a endeuillé le Japon. À voix basse, ils se consolent de n’avoir connu qu’un tremblement de terre le 12 janvier 2010, et pas un tsunami. En guise de solidarité avec le peuple nippon, à la une du quotidien Le Nouvelliste, on pouvait lire jeudi : « Tous Japonais ». Dans un autre quotidien, Haïti en marche, un article présente les différences entre le séisme du Japon et celui d’Haïti. Et pourtant, plus d’un an après le tremblement de terre, rien n’a véritablement changé dans la capitale haïtienne. 


« Les Haïtiens doivent eux-mêmes mener une réflexion sur le manque d’action dans tout le pays. La reconstruction ne se fera pas toute seule. La situation demande que le peuple accepte de prendre son destin en main », lance Joseph-Gabriel Miracle, responsable de l’organisation à la Centrale autonome des Travailleurs haïtiens. Devant le palais présidentiel en ruine, on retrouve près d’une trentaine de plans prévus pour la reconstruction du pays. Des images qui font rêver la population du camp de déplacés érigé juste devant. « Ce n’est pas pour nous ! », lance une jeune mère dans le camp visiblement incapable de croire à l’amélioration de sa qualité de vie proposée par le gouvernement haïtien et la communauté internationale. Des Haïtiens plus chanceux ont eu droit à la construction d’une petite maison. « Si tu peux prouver que tu es le propriétaire de ton terrain, et que tu as payé tes taxes, on vient te construire une maison », explique Donny Daublasse, un jeune père de famille. Une initiative d’un programme américain administré par la USAID. L’aide apportée par le Canada est à peine visible dans les rues de Port-au-Prince. Et pour dire, selon le dernier bilan financier, le gouvernement n’aurait investi que 31,6 % de l’aide financière promise en 2010. Les grandes organisations d’aide internationale ont également réduit leur déploiement dans la capitale, ce qui a provoqué une baisse des coûts de certains produits et services. Les jeunes embauchés par les organisations internationales pour déblayer les débris ont également disparu des ruines. Ils ont été remplacés partiellement par de l’équipement motorisé. « Ils ne travaillaient pas vraiment de toute façon », critique Donny Daublasse. Dans le secteur de l’aéroport, près du camp de déplacés de La Piste, le ministère de l’Intérieur en partenariat avec la Fédération de la Croix-Rouge, dont la Croix-Rouge canadienne, a construit 357 petites maisons. Ces abris colorés ont été distribués en priorité aux personnes handicapées. « Le plan prévoit une école et un terrain pour faire du sport », indique Pierre-Marie Gérard, responsable technique des installations. Dans les rues de la capitale, les Haïtiens sont nombreux à accuser la communauté internationale d’avoir fait de fausses promesses. D’autres estiment que les ratés de l’élection présidentielle ont été un prétexte pour ne pas investir les sommes promises. Devant les événements du Japon des derniers jours, certains se demandent maintenant si leur malheur ne va pas perdre en importance sur le plan mondial.

mercredi 16 mars 2011

Le choléra pourrait affecter 800 000 personnes

Huit cent mille personnes pourraient être affectées par le choléra cette année en Haïti, soit le double de l'estimation faite par les agences de l'Onu, et 11 000 en mourir, indique une étude publiée par la revue scientifique médicale britannique The Lancet mercredi.

" Les estimations mondiales actuelles de l'épidémie sont basées sur la supposition que l'épidémie va attaquer quatre pour cent de la population, mais il s'agit essentiellement d'une supposition ", indique l'étude, menée par une équipe américaine conduite par Jason Andrews, de l'Ecole de santé publique de Harvard. Les estimations précédentes ne sont " basées sur aucune donnée " et ignorent " les caractéristiques des épidémies de choléra, tel que le lieu où les gens ont été infectés par le choléra, comment ils ont été immunisés et le rôle des interventions humaines en matière notamment de distribution d'eau ou de vaccination ", ajoute l'étude. Les résultats, publiés par la version en ligne de la revue, laissent supposer qu'une combinaison d'accès à de l'eau potable, de vaccination orale et d'usage accru d'antibiotiques pourrait sauver des milliers de vie. Les chercheurs ont développé une série de modèles mathématiques pour prédire les différents résultats lorsque les trois variables sont modifiées. Ceux-ci ont permi d'estimer qu'il y aurait 779 000 cas de choléra dont 11 000 pourraient être mortels entre le 1er mars et le 30 novembre 2011. Si les trois variables étaient appliquées, les prévisions seraient de 170 000 cas et 3 400 morts. Le nombre de morts du choléra a atteint 4 672 cinq mois après que l'épidémie s'est déclarée dans le pays, a indiqué la semaine dernière le ministère haïtien de la santé.

Aristide de retour demain, jeudi, en Haïti

L'ancien président haïtien Jean Bertrand Aristide est attendu dès jeudi à Port-au-Prince, trois jours avant le deuxième tour de l'élection présidentielle, a assuré hier, mardi, une source proche de l'ex-président. " M. Aristide est attendu ce jeudi à Port-au-Prince ", sans donner plus de précision, a déclaré cette source.

Les USA ont appelé lundi M. Aristide à différer son retour en Haïti, après sept ans d'exil, pour ne pas perturber le processus électoral en cours pour la tenue d'un second tour. En refusant de donner une date exacte de retour, sa porte-parole en Haïti, Maryse Narcisse a assuré que " le retour du président Aristide n'a rien à voir avec l'élection ". " Il aurait dû être ici longtemps avant cette date ", a-t-elle ajouté. " Il arrivera avant le 20 mars en Haïti et nous sommes en train de finaliser les préparatifs ", a ajouté Mme Narcisse. " Le jour et l'heure seront communiqués en temps opportun ", s'est-elle contentée d'ajouter.

mardi 15 mars 2011

Quand l’État et l’argent font la différence

C’était le 12 janvier 2010 : une secousse estimée à 7,3 sur l’échelle de Richter frappe Haïti au cœur. C’est le pire séisme enregistré dans les Amériques en 200 ans. Une grande partie du pays, et surtout de la capitale Port-au-Prince est détruite. Le bilan humain est estimé à 230 000 morts, mais il reste incomplet, de nombreux corps étant, un an plus tard, toujours coincés sous les gravats.

Ce 11 mars 2011, c’est le Japon qui enregistre le tremblement de terre le plus puissant de son histoire : 8,9 sur l’échelle de Richter. Certes, il y a eu des destructions, le bilan ne cesse de s’alourdir, mais ce sont surtout les nombreux tsunamis qui ont emporté les vies de centaines, peut-être de milliers de Japonais. Car le Japon était aussi prêt qu’il est possible de l’être pour ce séisme. Le tremblement de terre de 1923 (100 000 morts) avait sonné le début d’une mobilisation générale. Et celui de Kobe, en 1995, avait été une piqûre de rappel. Aucune construction n’est autorisée si elle ne respecte pas les normes antisismiques, et des technologies sophistiquées ont été mises au point. La population est drillée, dès l’enfance, sur les strictes mesures de sécurité à respecter.

Si Haïti avait pu bénéficier de toutes ces procédures, elle ne serait pas plongée dans ce cauchemar qui semble inextricable, où une catastrophe s’ajoute à une autre. Mais pour que les immeubles et les écoles ne s’écroulent pas sur leurs occupants, il faut une volonté politique forte, des technologies innovantes, des moyens financiers importants et une absence de corruption, cette corruption qui a tué les écoliers chinois du Sichuan en 2008.

Le Japon remplit toutes ces conditions, Haïti aucune.
Il reste un élément non maîtrisable : la force de la nature. Les technologies japonaises les plus pointues en matière d’alerte aux tsunamis n’ont pas suffi face à l’extrême violence, à la brutalité soudaine du séisme. Au pays d’Hokusai et de sa célèbre vague, c’est la mer qui a balayé bateaux et maisons, voitures et ponts, laissant derrière elle une désolation comparable à celle des Haïtiens. Mais les plaies japonaises seront sans doute plus rapidement guéries.
Véronique Kiesel - Le Soir

lundi 14 mars 2011

Dernière ligne droite avant le second tour dimanche prochain

C'est dans une semaine tout juste, le 20 mars 2011, que doit se tenir le deuxième tour de l'élection présidentielle en Haïti. Près de quatre mois après le premier tour de scrutin, le vote opposera Mirlande Manigat, une universitaire de 70 ans, à Michel Martelly, chanteur populaire de 49 ans. Ce dernier, en tête des sondages, a reçu le soutien de 5 des 18 anciens candidats à la présidence.

Jamais Haïti n'a connu de deuxième tour pour une élection présidentielle aussi les alliances entre anciens concurrents sont-elles une nouveauté, et ce jeu tourne pour le moment à l'avantage de Michel Martelly. Cinq candidats Jean Chavannes Jeune, Josette Bijou, Génard Joseph, Wilson Jeudi et Eric Smarcki Charles ont officialisé leur soutien à leur ancien adversaire. Un appui qui ne pèse pas très lourd : au premier tour ces cinq personnalités n'ont obtenu au total que 5 % des suffrages. Mais cet appel au vote renforce la position de Michel Martelly qui prône l'ouverture. Outre le soutien de la star du hip hop Wyclef Jean, Michel Martelly a à ses côtés le secteur privé, attiré par son programme de libéralisation économique. Pour sa part, Mirlande Manigat est très appréciée par le milieu universitaire et les intellectuels mais aucune personnalité ne lui a encore expressément apporté son soutien. 


A une semaine du vote les sondages donnent Michel Martelly vainqueur mais avec la fin de campagne, la tension monte. Les deux candidats multiplient les déplacements pour convaincre la grande majorité de l'électorat qui reste indécise.

En photo : Un vendeur de chaussures devant les affiches électorales des candidats Martelly et Manigat à Port-au-Prince, le 12 mars 2011.
Amélie Baron, correspondante à Port-au-Prince pour RFI

dimanche 13 mars 2011

Cinq candidats appuient Martelly

Cinq candidats du groupe des douze réclamant l'annulation des élections du 28 novembre, ont dans une note décidé d'appuyer la candidature de Michel Joseph Martelly pour les prochaines élections qui se tiendront le dimanche 20 mars 2011.

Il s'agit de Josette Bijou « Indépendant » représentant lors des résultats préliminaires du premier tour 10 782 votes soit 1 %, Eric Smarcki Charles « Parti de l'Evolution Nationale Haïtienne (PENH) » (2 597 votes soit 0,24 %), Wilson Jeudy « Fòs 2010 » (6 076 votes soit 0,57 %), Génard Joseph « Groupement Solidarité » (9 164 votes soit 0,85 %) et Jean Chavannes Jeune « Alliance chrétienne citoyenne pour la reconstruction d'Haïti (ACCRHA) » (19 348 votes soit 1,80 %).

Aujourd'hui nous, anciens candidats à la Présidence, Dr Josette Bijou, Eric Smarcki Charles, Jean Chavannes Jeune, Wilson Jeudy et Genard Joseph. Face au complot du 28 novembre dernier, nous continuons de croire que la meilleure solution pour la démocratie dans le pays aurait été d'annuler la mascarade qui a eu lieu ce jour là. Cependant quand nous considérons que le peuple haïtien dans tous les départements a accepté d'aller aux élections parce qu'on lui a fait comprendre que c'est la seule condition pour qu'il puisse sortir de la misère et de dessous les tentes où il est depuis le 12 janvier 2010. Quand nous considérons l'esprit d'ouverture que le candidat Michel Joseph Martelly a manifesté et son programme, il nous parait plus apte à établir, avec lui et à ses côtés la démocratie, une des conditions du développement durable du pays et ceci sans démagogie. Nous, leaders conséquents, qui n'ont pour seule ambition que le changement des conditions de vie de la population, aujourd'hui nous avons également la responsabilité d'orienter le peuple pour qu'il prenne le meilleur chemin possible. 


C'est pourquoi, nous, anciens candidats à la présidence, qui apposons notre signature au bas de cette prise de position, avons décidé d'appuyer la candidature de Michel Joseph Martelly pour les prochaines élections qui se tiendront le dimanche 20 mars 2011. Pour cela, nous demandons à tous nos partisans et sympathisants dans tous les coins et recoins du pays de sortir et voter en masse pour que Michel Joseph Martelly devienne le cinquante sixième président dès la première heure le dimanche 20 mars prochain. Le mot d'ordre c'est : « Priez, Votez, Veillez ! Assez c'est assez ! Le complot ne passera pas cette fois ci ! »

samedi 12 mars 2011

Minustah : L'Amérique latine forme une commission de dialogue

Le Conseil de la Défense sud-américain (CDS), un organisme de l'Union des nations sud-américaines (UNASUR), a tenu une réunion jeudi à Montevideo dans le Centre de formation pour l'intégration régionale (CEFIR), étaient présent les ministres de la défense de 12 pays du continent Sud Américain, ainsi que Luis Almagro, Ministre des Affaires Étrangères de l'Uruguay et son homologue Argentin Héctor Timerman.

Lors de cette réunion il a été décidé de former une commission de dialogue composée de six pays (Uruguay, Argentine, Brésil, Chili, Pérou et Colombie), qui se chargera de recueillir les avis qu'a la société haïtienne sur la Mission de stabilisation des Nations Unies (Minustah). La mission ira rencontrer les nouvelles autorités haïtiennes, après les résultats définitif des élections du 20 mars. Une fois les informations recueillies par la commission de dialogue, les membres du conseil de la Défense sud-américain (CSD) se réuniront à nouveau afin de déterminer leurs propres décisions qu'en à l'avenir de la Minsutah en Haïti. Luis Rosadilla, Ministre de la Défense de l'Uruguay a signalé que tous les pays qui ont des troupes en Haïti ont besoin d'échanger leurs idées, attentes et expériences, puisqu'un changement de gouvernement approche à grands pas ce « qui signifie un tournant dans ce processus ».

vendredi 11 mars 2011

L'ancien président Jean-Bertrand Aristide va rentrer en Haïti

L'ancien président Jean-Bertrand Aristide va rentrer en Haïti dans les prochains jours, après sept ans d'exil, a annoncé vendredi un responsable sud-africain.

Ce responsable du ministère des Affaires étrangères a précisé que M. Aristide arriverait en Haïti avant le deuxième tour du scrutin présidentiel, prévu le 20 mars prochain. L'ancien prêtre des quartiers pauvres demeure très populaire en Haïti, et plusieurs craignent que son arrivée ne perturbe le vote. En Haïti, un représentant du parti Lavalas a confirmé que le retour de Jean-Bertrand Aristide était imminent, mais a refusé de préciser comment et quand l'ancien président reviendrait. « C'est un événement important pour le peuple haïtien parce que ça fait longtemps qu'il attend ce retour », a affirmé Maryse Narcisse, présidente du conseil exécutif du parti Lavalas. « Il ne voyagera pas incognito, les gens vont savoir qu'il s'en vient ».

Le parti Lavalas a été exclu de l'élection présidentielle et des milliers de partisans d'Aristide ont manifesté le mois dernier, menaçant de perturber les élections s'il ne rentrait pas au pays. Pour les États-Unis, la présence de l'ex-président serait une distraction fâcheuse pour les Haïtiens et pourrait perturber le cours du scrutin. Le porte-parole du département de l'État américain, Mark Toner, a déclaré vendredi qu'il revenait au gouvernement haïtien de régler ce problème. « La priorité des États-Unis demeure d'aider Haïti à réaliser une transition de pouvoir paisible et démocratique et de faire en sorte que le deuxième tour de l'élection, prévu le 20 mars, reflète la volonté du peuple haïtien », a-t-il déclaré. Plusieurs Américains influents ont fait campagne pour que Jean-Bertrand Aristide puisse mettre un terme à son exil en Afrique du Sud. En janvier, une annonce pleine page demandant son retour immédiat avait été publiée dans The Miami Herald et signée par des personnalités politiques comme Jesse Jackson, l'envoyé spécial des Nations unies en Haïti Paul Farmer, le chanteur Harry Belafonte et l'acteur Danny Glover. M. Glover et neuf autres personnes ont également écrit une lettre au président de l'Afrique du Sud, Jacob Zuma, pour l'exhorter à aider Jean-Bertrand Aristide à organiser son retour en Haïti. Prenant la parole au nom des Haïtiens les moins nantis, Aristide avait contribué au soulèvement populaire qui a mis fin aux 29 ans de dictature de la famille Duvalier. Il a été le premier président élu de manière démocratique en Haïti, remportant les élections de 1990 en dépit de la désapprobation de l'armée et de l'élite du pays. Chassé une première fois d'Haïti par le coup d'État de 1991, il est revenu au pouvoir en 1994 à la suite de l'intervention militaire des États-Unis. À l'époque, des dizaines de milliers de personnes s'étaient rassemblées autour du Palais national pour le voir arriver à bord d'un hélicoptère de l'armée américaine. Dix ans plus tard, Jean-Bertrand Aristide quittait de nouveau Haïti à bord d'un avion américain alors que des rebelles approchaient de la capitale. Il a ensuite accusé les diplomates américains de l'avoir kidnappé, accusation niée par Washington.

jeudi 10 mars 2011

Un sondage met le chanteur Martelly dit " Sweet Micky " en tête

Le chanteur populaire Michel Martelly est en tête des intentions de vote pour la présidentielle haïtienne du 20 mars avec 50,8 % contre 46,2 % à son adversaire Mirlande Manigat, selon un sondage publié mercredi.

Le 20 mars, 4,7 millions d'électeurs haïtiens sont appelés à élire le président de la République et un nouveau Parlement. Le sondage sur les intentions de vote des électeurs a été réalisé en direct entre le 3 et le 6 mars auprès de plus de 6 000 personnes de 18 ans et plus dans l'ensemble du pays, selon la firme BRIDES (Bureau de recherche en informatique et en développement économique et social) qui a reçu un financement du secteur privé haïtien. Le même organisme avait pronostiqué l'arrivée de Mirlande Manigat en tête du premier tour. Selon le sondage, l'électorat de Michel Martelly est plus masculin que celui de Mirlande Manigat: 59,8 % des électeurs se disant prêts à voter pour lui sont des hommes et 40,2 % sont des femmes, contre respectivement 54,7 % d'hommes et 45,3 % de femmes pour Mme Manigat. Michel Martelly, 50 ans, est un chanteur populaire mieux connu sous son nom d'artiste de " Sweet Micky ".

Mirlande Manigat, 70 ans, est une intellectuelle qui a été brièvement la première dame d'Haïti en 1988 sous l'éphémère présidence de son mari, Leslie Manigat. L'un des deux succédera à René Préval, à qui la constitution interdit de prétendre à un troisième mandat. Les résultats préliminaires seront annoncés le 31 mars et les résultats définitifs le 16 avril.

mercredi 9 mars 2011

Assassinat de trois militants

Trois jeunes hommes qui collaient des affiches de la candidate à l'élection présidentielle d'Haïti Mirlande Manigat ont été retrouvés morts, ont annoncé aujourd'hui les familles des victimes.

Les corps mutilés des trois colleurs d'affiches de la candidate à la présidence ont été découverts ce matin par leurs familles qui les recherchaient depuis leur disparition. " Mon mari et deux autres camarades ont été emmenés samedi par une patrouille policière alors qu'ils collaient des photos de Mirlande Manigat non loin du palais présidentiel. Nous avons retrouvé leurs cadavres à la morgue de l'hôpital général ", a déclaré l'épouse d'une des victimes.

" Torturés et exécutés "

Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) a condamné des " exécutions sommaires " menées par la police haïtienne (PNH). " La police ne peut arrêter pour tuer, elle doit déférer des prévenus à la justice. Il s'agit d'exécutions sommaires. Ces jeunes ont été torturés et exécutés ", a déclaré Marie-Yolaine Gilles du RNDDH, qui a demandé aux responsables de la PNH d'ouvrir rapidement une enquête. " Le véhicule de la police est identifié, le policier en charge de la patrouille est connu ", a-t-elle indiqué. On ignore si les trois victimes étaient des militants ou de simples colleurs d'affiches rémunérés pour cette tâche. Le bureau de campagne de la candidate n'a pas pu donner de précisions dans l'immédiat. Un juge de paix de Port-au-Prince a constaté le décès des trois jeunes, mais n'a pas souhaité faire de déclarations. " Mardi matin, nous avons retrouvé les cadavres, les os brisés par des coups de matraques ", a indiqué en pleurs une jeune femme se présentant comme une sympathisante de la candidate Mirlande Manigat. Le deuxième tour des élections est prévu le 20 mars en Haïti, les résultats de la présidentielle doivent être publiés le 14 avril, selon les autorités électorales.

mardi 8 mars 2011

Peu d'enthousiasme au carnaval

Les festivités carnavalesques de cette année, les premières depuis le terrible tremblement de terre du 12 janvier 2010, ont peu d’envergure en comparaison aux années précédentes.

Les activités ont débuté timidement le dimanche 6 mars en milieu d’après-midi et doivent durer jusqu’au 8 mars en cours, autour du thème « Ann selebre la vi (Célébrons la vie) ». 
Des milliers de fêtards ont quand-même occupé les rues en dansant et chantant, certains d’entre eux munis de photos des deux candidats à la présidence (Mirlande Manigat et Michel Martelly) donnant une allure électorale aux festivités. Contrairement aux années antérieures, de rares chars allégoriques ont été remarqués sur le parcours et les groupes les plus représentatifs des différentes tendances musicales d’Haïti n’étaient pas au rendez-vous. 


Le décor est le même que pour les dimanches pré-carnavalesques : une dizaine de bandes à pied, quelques Dj et divers groupes musicaux constitués de jeunes défilent de la Mairie de Port-au-Prince (Bicentenaire, cote ouest de la capitale) vers le stade Sylvio Cartor (centre) en passant par les rues des Casernes, de la République et Oswald Durand. Des pluies inattendues annonçant l’arrivée prochaine du printemps n’arrangent pas les choses. La première journée s’est terminée prématurément vers 9 heures du soir (heure locale), tandis que la clôture était prévue à minuit. 

Le gouvernement, via le Ministère de la Culture et de la Communication (MCC), a décaissé 50 millions de gourdes pour la réalisation du carnaval sur l’ensemble du territoire. La moitié de cette somme est allée à la commune de Port-au-Prince. De l’avis de certains citoyens qui ne voient pas d’un bon œil la réalisation de cette fête populaire dans le contexte de l’après-séisme, ces fonds devraient de préférence être utilisés à améliorer les conditions de vie des victimes du cataclysme qui vivent actuellement dans des camps de fortune. C’est aussi l’avis de plusieurs groupes musicaux comme Ram, T-Vice, Djakout Mizik, Kreyol La, Carimi et tant d’autres qui n’ont pas répondu au rendez-vous. Plus de 800 000 Haïtiens, selon un rapport de l’ONU, vivent encore sous les tentes dans les environs de Port-au-Prince, notamment au Champ de Mars, haut-lieu du carnaval haitien.

lundi 7 mars 2011

Regard sur le système judiciaire haïtien

C'en est devenu une farce cruelle pour Danny Pye : les autorités l'informent presque chaque semaine ce missionnaire américain qu'il sera libéré « la semaine prochaine » de sa cellule haïtienne, que l'homme qui voulait prendre soin d'Haïtiens orphelins pourra retourner voir sa propre fille et sa femme enceinte « la semaine prochaine ».

Les semaines s'écoulent et presque rien n'a changé depuis que l'homme s'est brusquement retrouvé en prison en octobre dernier. Selon ce qu'il a raconté à l'Associated Press, sa libération devait avoir lieu à chaque semaine depuis les cinq derniers mois. Aucune accusation n'a été déposée contre le pasteur de 29 ans. Il avait tout d'abord été emprisonné pour 90 jours en attendant une enquête concernant des allégations de vols. Cet ordre a surpris même les responsables de la communauté religieuse qui croyaient en avoir fini avec cette affaire. M. Pye a été temporairement libéré à la veille de Noël, mais alors qu'il marchait vers sa voiture avec sa femme, un policier s'est approché, lui a tendu un mandat, et l'a ramené en cellule, menottes aux poings. Les autorités ont alors contesté la validité de son permis de résidence. 


Le détenu, qui patiente dans une cellule de trois mètres par trois mètres et demie partagée avec une trentaine hommes, trouve la situation kafkaïenne, affirmant qu'il n'y a pas d'accusations, et encore moins d'explications. L'homme est connu en Haïti. À la suite du tremblement de terre du 12 janvier 2010, M. Pye est devenu une personne ressource pour le personnel médical, les collègues missionnaires et les journalistes arrivés en Haïti. Les autorités haïtiennes avaient peu de choses à dire sur M. Pye. Aucune date d'audience n'a été déterminée.

Le système judiciaire haïtien donne une importante marge de manœuvre aux juges pour détenir des individus sous enquête. En fait, la majorité des prisonniers du pays n'ont pas été reconnus coupables. Plusieurs d'entre eux attendent un procès depuis plus longtemps que la durée de la peine qu'ils pourraient devoir purger, une situation qui est depuis longtemps source de critiques de la part de groupes de défense des droits de la personne en Haïti et à l'étranger.

dimanche 6 mars 2011

Un carnaval pour exorciser les maux d'Haïti

Certains dansent pour les victimes du séisme du 12 janvier 2010, d'autres se déguisent en " Mme choléra " : les Haïtiens fêtaient ce dimanche le retour du carnaval à Port-au-Prince en tentant d'exorciser les catastrophes qui ont frappé leur pays au cours de l'année écoulée. L'édition précédente avait été annulée en raison du tremblement de terre.

" Nous allons danser pour offrir à la population l'occasion d'oublier ! ", promet Jocelyne, une adolescente de 13 ans, le visage couvert de paillettes multicolores. En raison des décombres, des maisons détruites, le parcours traditionnel a été modifié : les défilés passeront dans les rues du centre, avant de rejoindre la place du Champs de mars, transformée en camp de déplacés depuis le séisme. " Nous somme contents de participer à cette grande fête, nous allons donner du plaisir aux gens qui sont sous les tentes ", assure Sarafina, 15 ans, dont le frère a perdu une jambe après avoir passé plusieurs jours sous les décombres de la maison familiale. Malgré le manque de moyens, des nombreux groupes de musique se sont mobilisés pour faire danser la foule. " Nous danserons pour toutes les victimes et nous souhaitons que jamais plus le pays ne vive une telle catastrophe ", dit Wilnerson, bien décidé à donner corps au thème choisi cette année pour le carnaval : " Célébrons la vie "Malgré l'envie de faire la fête, les Haïtiens ne veulent pas oublier le séisme, qu'on retrouve ici et là évoqué sur les déguisements des participants.

Autre thème : l'épidémie de choléra, qui a fait plus de 5 000 morts en Haïti depuis la mi-octobre, traitée sous forme de sketch. Gary, vêtu de noir, et son ami Jean-Jude, en blanc, représentent ainsi " M. Propre " et " Mme Choléra ", afin de rappeler aux Haïtiens les règles d'hygiène à observer pour éviter la propagation de la maladie. " Je représente le choléra qui continue de faire des ravages dans le pays, lui c'est la vie. Nous allons mimer une lutte entre l'épidémie et les règles de propreté ", expliquent les deux jeunes sous leur masque.

Le groupe des " avocats marrons " jouera de son côté des scènes parodiant des plaidoiries d'avocats, pour dénoncer une justice haïtienne qui " se vend au plus offrant ", dit Reynald Merzier, étudiant en informatique. " La justice n'existe pas pour les pauvres. Ceux qui ont la responsabilité de protéger les démunis sont ceux qui les exploitent ", lâchent ces jeunes étudiants dont les costumes sont affublés de noms rappelant ceux de responsables haïtiens. " C'est une façon pour nous de dire que la justice ne marche pas bien ", dit un membre du groupe se faisant appeler " commissaire "La politique est aussi présente dans le carnaval et, entre deux morceaux de musique, des groupes font retentir les messages des deux candidats au second tour de l'élection présidentielle, prévu le 20 mars.

samedi 5 mars 2011

Le 20 mars approche

À deux semaines du second tour de la présidentielle haïtienne, Mirlande Manigat a fait campagne, vendredi, au Canada à Montréal. Où elle a plaidé pour la restauration de la souveraineté de son pays.

Sur une de ses affiches électorales, Mirlande Manigat, coiffée d'une casquette, serre une jeune femme dans un geste protecteur. Une image qui fait contraste avec la dame au collier de perles qui a enchaîné les entrevues, vendredi, dans un restaurant de Montréal. La photo a été prise à Solino, quartier populaire de Port-au-Prince, où la candidate à la présidence d'Haïti a lancé sa campagne à la mi-février. Mirlande Manigat se souvient très bien du moment où l'adolescente a pris sa main et lui a lancé: « Je suis une jolie fille, pourquoi je ne peux pas aller à l'école ? ». « J'ai compris que, ce qu'elle voulait dire, c'est qu'elle pourrait se prostituer pour pouvoir payer l'école », explique la candidate. Alors, Mme Manigat a craqué : elle lui a offert de payer ses études. 


Ça, c'est une facette de Mirlande Manigat : la grand-mère de 70 ans qui n'a pu résister à un criant appel à l'aide. Mais il y a aussi l'autre facette : celle de la juriste et fine politicienne qui pèse bien ses mots et slalome entre les écueils. De passage à Montréal, où elle fait campagne auprès de la diaspora haïtienne, Mme Manigat a expliqué que, même si Haïti ne reconnaît pas la double citoyenneté et que les Haïtiens naturalisés au Canada ne peuvent pas voter pour elle, ils peuvent néanmoins influencer leurs proches restés au pays. Du coup, elle leur a promis de changer la Constitution haïtienne pour permettre la double nationalité.

État court-circuité

C'était l'engagement électoral le plus concret qu'elle avait à offrir, vendredi. Pour le reste, son programme, rempli de bonnes intentions, occulte un peu les principaux enjeux auxquels Haïti doit faire face. Ainsi, le programme de Mme Manigat passe sous silence la reconstruction du pays, dévasté par le séisme du 12 janvier 2010. Il faut dire que cette reconstruction est entre les mains de la communauté internationale, qui s'était engagée à verser 11 milliards de dollars en 5 ans pour remettre Haïti sur pied. L'argent n'arrive pas au rythme prévu, déplore la candidate. Mais ce qui la dérange encore davantage, c'est que les sommes recueillies par la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti transitent par la Banque mondiale - et court-circuitent donc l'État haïtien. « Ce fonctionnement met en cause la souveraineté d'Haïti. L'argent de la reconstruction doit être versé au gouvernement », plaide la candidate. Si elle est élue présidente, Mirlande Manigat entend changer les règles du jeu. Elle en a déjà glissé un mot à Bill Clinton, l'un des deux présidents de la Commission. Mais encore faudra-t-il convaincre les donateurs internationaux que l'État haïtien, qui s'est montré totalement déficient au lendemain du séisme, est capable de reprendre les rênes de la reconstruction.

La quadrature du cercle

C'est ce à quoi Mirlande Manigat s'attellera durant les 100 premiers jours de son mandat, si elle est élue le 20 mars. « Nous devrons montrer que nous sommes sérieux et que nous voulons vraiment changer les choses », dit-elle. Quels gestes ferait-elle, une fois élue, pour bien montrer ce désir de changement ? Ici, Mme Manigat se fait évasive : « Nous travaillons là-dessus », dit-elle. Avant de constater que, au bout du compte, le futur président d'Haïti devra résoudre une sorte de quadrature du cercle: « Nous avons besoin d'assistance massive pour nous moderniser, mais nous devons déclencher cette modernisation avant d'avoir reçu cette aide ».

Une juriste contre un chanteur

Le premier tour des élections législatives et présidentielle en Haïti s'est déroulé le 28 novembre dernier. Il a été marqué par des fraudes massives visant surtout à favoriser le candidat du régime, Jude Célestin. Selon les résultats officiels, Mirlande Manigat est arrivée première, avec 31 % des voix, contre 22 % pour Jude Célestin. Le dépouillement judiciaire réclamé n'a finalement pas eu lieu, mais sous la pression, ce dernier s'est retiré, cédant la place au chanteur Michel Martelly. Ce dernier est particulièrement populaire auprès des jeunes Haïtiens. Dans un pays où la moitié de la population a moins de 21 ans, c'est un atout de poids. Mais si Martelly peut compter sur le soutien d'un autre chanteur populaire, Wyclef Jean, Mirlande Manigat a récemment reçu un appui-surprise du groupe rap Barricade Crew... Comment éviter que le second tour soit lui aussi entaché par la fraude ? Mirlande Manigat affirme avoir tiré la leçon du 28 novembre. Son parti s'organisera pour mieux surveiller les bureaux de scrutin, notamment. Mais elle reconnaît que le vote du 20 mars risque d'être « hypothéqué » par la faible participation et un éventuel déficit de crédibilité.
Agnès Gruda - La Presse