contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

lundi 28 février 2011

Réunion du CIRH

Ce lundi 28 février 2011, se tiendra la 5ème réunion du Conseil de la Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH).

Les coprésidents de la CIRH, le Premier Ministre d’Haïti Jean-Max Bellerive et l'ex Président Bill Clinton rencontreront les membres du Conseil d’administration de la CIRH pour discuter de 13 nouveaux projets qui seront soumis à leur vote ainsi que des projets déjà en cours d’approbation. D'autres thèmes seront abordés dont la mise en œuvre de la stratégie pour le reste du mandat de la CIRH, qui arrive à échéance en Octobre 2011, date à laquelle ses fonctions seront entièrement assumés par le gouvernement d'Haïti.

Ainsi que les contraintes à la réalisation des objectifs de la CIRH, la mobilisation des appuis parmi les intervenants et la sécurisation des ressources financières nécessaires à la reconstruction. Le 16 février dernier, les candidats Mirlande Manigat et Michel Joseph Martelly avaient participé à une session d'informations organisée par la CIRH. 


Lors de la réunion, le Premier Ministre Bellerive avait souligné aux candidats la nécessité que les travaux de reconstruction se poursuivre sans entrave au cours de la transition politique à venir et au-delà. Le Premier ministre avait également souligné la fonction de la CIRH, ses progrès à ce jour et son plan stratégique qui guidera les efforts futurs. Tandis que l’ex-Président Bill Clinton, avait souligné l'importance du prochain gouvernement pour assurer la pleine participation et l'engagement de la communauté internationale afin d'assurer un soutien permanent.

dimanche 27 février 2011

Reconstruction : De l'eau pour 2,5 millions de personnes

La Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) a retenu Suez Environnement pour les accompagner pendant trois ans dans un plan d'urgence pour réhabiliter les services d'eau potable et d'assainissement dans la région métropolitaine de la capitale Port-au-Prince.

La mission de réhabilitation lancée par les autorités d’Haïti s’appuiera sur les experts et le savoir-faire complémentaire des principales filiales française, espagnole et américaine du groupe : Lyonnaise des Eaux, Agbar et United Water.
* Lyonnaise des Eaux, spécialiste de la gestion des services d’eau et d’assainissement en France, assurera le pilotage et la coordination de l’ensemble du projet.
* AGBAR interviendra dans le domaine des Ressources Humaines et de la formation à une gestion durable du service et accompagnera la DINEPA pour développer le service clientèle et les Systèmes d’Information.
* United Water, spécialiste de la distribution de l’eau potable en Amérique du Nord, apportera son expertise dans la gestion du patrimoine.


Ensemble, ils apporteront leur savoir-faire dans les domaines de la qualité des services de production et de distribution, le suivi de la qualité de l’eau, de la protection de la ressource, la gestion administrative et financière et le suivi des investissements. Une équipe pluridisciplinaire composée de 5 experts avec une grande expérience internationale à des postes opérationnels dans des contextes similaires seront ainsi détachés pendant 3 ans des filiales de Suez Environnement. Elle accompagnera l’opérateur public d’Haïti dans la mise en place de solutions adaptées aux besoins d’urgence des 2,5 millions d’habitants de la région de Port-au-Prince et la gestion de long terme de ses services essentiels d’eau et d’assainissement. Les filiales du groupe permettront ainsi à la DINEPA d’inscrire cette reconstruction dans le cadre d’une gestion pérenne de ses services de l’eau.

A l’occasion de cette annonce, Jean-Louis Chaussade, Directeur général de Suez Environnement, a déclaré : « C’est une grande fierté de contribuer à ce projet de reconstruction mais nous avons également pleinement conscience de la responsabilité sociale et citoyenne qui incombe à Suez Environnement en s’engageant avec force dans ce défi. Les collaborateurs du Groupe mobiliseront toute leur énergie et tout leur savoir-faire pour réussir aux côtés des équipes de la DINEPA à reconstruire les bases d’un service d’alimentation en eau potable et d’assainissement de la Région Métropolitaine de Port-au-Prince à la mesure des attentes de la population haïtienne. »

Suez Environnement interviendra sous la forme d'un contrat d'assistance opérationnelle. Le financement des investissements nécessaires au projet sera assuré par la Banque Interaméricaine de Développement (BID) et l'Agence Espagnole de Coopération Internationale pour le Développement (AECID).

Compte tenu du contexte, le groupe renonce à tout bénéfice et reversera les primes éventuelles résultant de l'atteinte des performances et des objectifs fixés par les autorités locales au Fonds de dotation Suez Environnement Initiatives 1.

samedi 26 février 2011

Reconstruire la cathédrale, mais pas sans mission

Mgr Launay Saturné, évêque de Jacmel en Haïti, nommé le 28 avril par le pape Benoît XVI, a fait part de son désir de reconstruire la cathédrale de la ville, qui est un « lieu symbolique et d'unité », un lieu qui a été fortement endommagée par le tremblement de terre de janvier 2010.

Mgr Launay Saturné, a toutefois insisté sur le fait que la reconstruction physique des bâtiments n'était pas tout. Selon lui il n'y a « pas de reconstruction sans mission, sans évangélisation, sans prière, sans annonce de la Parole de Dieu », tout en ajoutant que « le fait que j'aie survécu me prouve que Dieu a encore besoin de moi et que j'ai une mission. En tant que berger de mon diocèse, je dis aux gens qui ont tout perdu : même si tout est perdu, Dieu nous a au moins laissé la vie. Nous avons donc pour tâche de travailler à un monde plus humain et réconcilié, et à un avenir meilleur ».

Le diocèse de Jacmel se trouve dans le sud-est d'Haïti et s'étend sur une zone de 2 700 km2. Il a presque 530 000 habitants, dont 65 % sont catholiques. Après Port-au-Prince, c'est le diocèse le plus durement frappé par le séisme du 12 janvier 2010. 


Mgr Launay Saturné est né le 14 janvier 1964 à Delatte (Petit-Goâve). Il a fait ses études au séminaire Notre-Dame d'Haïti. Il a été ordonné prêtre en 1991. Il a été successivement vicaire à Port au prince, directeur de la maison propédeutique à Jacquet. De 1998 à 2003 il a poursuivi ses études en théologie dogmatique (ecclésiologie) à Rome, obtenant une licence et doctorat à l'Université pontificale grégorienne, tout en étant aumônier à Saint-Louis-des-Français. Depuis son retour en Haïti il enseignait la théologie au séminaire et dans d'autres instituts et à l'université Notre-Dame d'Haïti. Il a aussi été responsable du Comité de pastorale mariale de l'archidiocèse de Port-au-Prince, et secrétaire national de la commission de la pastorale des jeunes.

vendredi 25 février 2011

Un expert de l'ONU souligne la nécessité de lutter contre l'impunité

L'expert indépendant de l'ONU Michel Forst a insisté jeudi sur la nécessité de lutter contre l'impunité en Haïti, au terme d'une mission de quatre jours dans le pays pour y évaluer la situation des droits de l'homme.

« Il y a une exigence de justice en Haïti et il est important que la lutte contre l'impunité passe par des voies judiciaires et un devoir de mémoire, d'éducation et de prise de conscience », a déclaré M. Forst au bureau de la Mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haïti (Minustah) en faisant allusion au retour récent de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier. Au cours de sa mission d'une semaine sur la situation des droits humains en Haïti, M. Forst a rencontré plusieurs responsables haïtiens et a été reçu par le président sortant René Préval avec qui il a évoqué la question du jugement de M. Duvalier revenu en Haïti après 25 ans d'exil en France. Il a rappelé que la haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme avait offert son expertise juridique aux autorités haïtiennes à propos de ce dossier et que cette proposition a été acceptée par le chef de l'Etat haïtien. M. Forst qui en était à sa septième mission en Haïti a rappelé que la réforme de la justice, et notamment l'indépendance du pouvoir judiciaire est bloquée depuis plusieurs années en Haïti. Il a ainsi invité les deux candidats dans la course à la présidence d'Haïti à « s'engager pour un plus grand respect des droits de l'homme et pour la réforme de la justice, la lutte contre l'impunité et l'accès de tous les Haïtiens aux service de base ».

jeudi 24 février 2011

Suez Environnement réhabilitera le réseau d'eau potable en Haïti

Le groupe Suez Environnement a été sélectionné pour reconstruire le réseau d'eau potable et d'assainissement de Port-au-Prince suite au séisme du 11 janvier 2010.

Suez Environnement vient d’être sélectionné afin de réhabiliter le réseau d’eau potable de la capitale haïtienne, Port-au-Prince, qui souffre de graves problèmes d'approvisionnement en eau depuis le séisme du 11 janvier 2010. 
Les 5 millions d’habitants que compte la capitale haïtienne, ne disposeraient que de 2 à 3 heures d’eau potable par semaine. 
Ce contrat va être payé grâce à des fonds versés par des organismes internationaux, et Suez Environnement a décidé de « renoncer à tout bénéfice ».

mercredi 23 février 2011

Un réseau de traite d'haïtiens démantelé en République Dominicaine

Les autorités de la République dominicaine ont annoncé, ce mercredi, avoir démantelé un réseau de traite de personnes qui aurait forcé des dizaines d'immigrants haïtiens à mendier dans les rues de la capitale.

Les 74 immigrants haïtiens illégaux, parmi lesquels 44 enfants, dont dix âgés de moins d'un an, ont été trouvés dans un édifice qui abritait autrefois une garderie, dans un quartier pauvre de l'ouest de Santo Domingo, a déclaré Sigfrido Pared, directeur de l'agence dominicaine des migrations. M. Pared a expliqué que les immigrants étaient envoyés chaque matin sur les coins de rue achalandés de la capitale afin de quémander de l'argent, laver les pare-brise des automobilistes ou effectuer d'autres menus travaux. À la fin de la journée, les trafiquants prenaient tout l'argent qu'ils avaient récolté. Dix présumés dirigeants du réseau, eux aussi des immigrants illégaux originaires d'Haïti, ont été arrêtés et sont soupçonnés de traite de personnes, a dit M. Pared.


Photo Eduardo Munoz : Un ressortissant haïtien vivant en République dominicaine vend des noix de coco dans une rue de Santo Domingo. Depuis le séisme dévastateur de 2010 et l'épidémie de choléra, les Haïtiens sont encore plus nombreux à traverser la frontière.



Les agences responsables de l'immigration et de la protection de l'enfance tenteront de réunir les enfants avec leurs proches en Haïti. L'idée est de trouver une solution humaine à la situation, a dit Cy Winter, de l'Organisation internationale pour les migrations. Des responsables ont souligné que dans la plupart des cas, les enfants victimes de réseaux de traite de personnes ont été donnés par leurs parents en échange d'une somme d'argent. Des centaines de milliers d'Haïtiens vivent illégalement en République dominicaine, fuyant la pauvreté de leur pays natal. Depuis le séisme dévastateur de 2010 et l'épidémie de choléra, les Haïtiens sont encore plus nombreux à traverser la frontière. En réponse à l'afflux de clandestins, les autorités dominicaines ont lancé des rafles contre l'immigration illégale, qui ont mené à des milliers de déportations cette année.

mardi 22 février 2011

Un procès contre Duvalier " pas possible ", selon ses avocats

Un procès contre l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, que ce soit pour crimes contre l'humanité ou corruption, n'est " pas possible ", ont déclaré ce mardi les avocats de l'ancien " président à vie ", revenu au pays après 25 ans d'exil.

Jean-Claude Duvalier, revenu en Haïti le 16 janvier, a dirigé le pays entre 1971 et 1986, date à laquelle il s'est exilé en France. Il est inculpé de corruption, détournements de fonds et association de malfaiteurs par la justice haïtienne. Des victimes de son régime ont déposé une vingtaine de plaintes contre lui. " Pour les mêmes faits reprochés aujourd'hui à M. Duvalier, et malgré la prescription, la justice haïtienne s'est déjà prononcée en 2001 et a innocenté l'ex-président ", a relevé Me Frizto Canton un de ses avocats s'appuyant sur un jugement qui, selon lui, aurait été rendu par la Cour de Cassation haïtienne. L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch a dernièrement appelé à la tenue en Haïti d'un procès équitable contre Duvalier. 


En photo : Les avocats de Jean-Claude Duvalier, Alex Aurelier, Reynold George et Fritzo Canton à Port-au-Prince le 22 février 2011.


" Je voudrais qu'on puisse laisser M. Duvalier en paix et qu'il puisse vivre tranquillement dans son pays ", a lancé l'avocat lors d'un point de presse pour présenter le dossier judiciaire de " Baby Doc ". Il a mis en garde contre toute tentative de " juger un homme à la place d'un régime "Rejetant les arguments avancés par le procureur d'Haïti pour poursuivre leur client pour crimes contre l'humanité, les avocats de M. Duvalier ont répondu que la législation haïtienne ne reconnaissait pas cette notion et que les conventions internationales en la matière n'ont pas été ratifiées par Haïti. " Un procès contre Duvalier pour crimes contre l'humanité n'est pas possible en Haïti, compte-tenu du fait que nous n'avons aucune législation " en la matière, a martelé Me Alix-Aurélien Jeanty. Reynold Georges, un troisième défenseur, a dénoncé " des persécutions " contre M. Duvalier, faisant allusion à un appel de victimes de son régime qui ont demandé au président René Préval et au ministre de la Justice de mettre l'ex-dictateur en prison. " Le gouvernement ne peut pas ordonner à la Justice d'incarcérer le président Duvalier. La justice est indépendante de l'Exécutif ", a-t-il soutenu.

lundi 21 février 2011

Aristide reste en exil en Afrique du Sud

Ira J. Kurzban l’avocat de l’ex-Président Jean-Bertrand Aristide en exil en Afrique du Sud depuis février 2004, affirme que son client ne peut pas retourner en Haïti sans la coopération des gouvernements des États-Unis et d'Afrique du Sud, même si le gouvernement d’Haïti a délivré un passeport à Aristide au début du mois.

Kurzban a manifesté son mécontentement, mettant en doute les déclarations du Gouvernement d'Afrique du Sud qui a déclaré récemment qu’il prenait des mesures pour assurer le retour de l'ancien Président Aristide en Haïti. Après avoir pris connaissance dans la presse, que le gouvernement d’Haïti affirmait n’avoir eu aucun contact avec les autorités Sud-Africaines, l’avocat a envoyé une lettre vendredi à Marie-Michèle Rey, Ministre haïtien des Affaires Étrangères lui demandant des explications. « (...) Vous avez déclaré que vous n’avez eu aucun contact avec vos homologues Sud-Africain (...) Je vous prie de me renseigner, si vous avez été contacté par le gouvernement de la République d'Afrique du Sud et quelles mesures vous avez prises, au nom du Gouvernement de la République d'Haïti pour assurer le retour immédiat du Président Aristide ».

dimanche 20 février 2011

Vers une transformation de la Minustah ?

La diplomate colombienne, María Angela Holguín, réunie cette semaine à Bogota avec le Sous Secrétaire Général adjoint du Département des opérations de Paix de l'ONU et le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haïti (Minustah), Edmond Mulet, ont anticipés l'ordre du jour d’avril prochain, lorsque la Colombie assumera la prochaine présidence du Conseil de Sécurité sur la situation en Haïti. 


La Colombie a envisagée, avec le Conseil de Sécurité, la possibilité de transformer la Mission de la Minustah en une opération de développement pour Haïti « Pour le gouvernement colombien, il est important de continuer dans le processus de stabilisation en Haïti, c'est une question d'intérêt pour l'Amérique latine et les Caraïbes » a déclaré María Angela Holguín. Toutefois, dans un communiqué, la diplomate confirme que cette possibilité de transformation de la Minustah sera débattu et soutenu par la Colombie à l’ONU au mois d’avril. Ce débat sera animé par le Président colombien, Juan Manuel Santos, précise le communiqué.

samedi 19 février 2011

Reconstruction : Le secteur privé des affaires, peu intéressé...

Ronald Baudin, le Ministre haïtien de l’Économie et des Finances, s’est exprimé cette semaine à Port-au-Prince, en marge de la 3ème réunion du groupe de travail sur la création du fond d’investissement Haïti-CARICOM.

« D’un montant initial de 100 millions de dollars, ce fonds pourrait atteindre le milliard de dollars », a précisé le ministre des finances. « Ce fonds doit permettre aux entreprises haïtiennes de bénéficier de capitaux pour se développer et créer beaucoup plus d’emplois »Pour sa part, Josseline Colimon Féithière, la Ministre du Commerce et de l’Industrie, a indiqué que les petites et moyennes entreprises (PME) haïtiennes, auront beaucoup à gagner dans l’implémentation de ce fonds d’investissement. Elle a fait savoir que le Centre de Facilitation des Investissements (CFI) aura une part active à jouer notamment aux côtés des entreprises haïtiennes, qui seront mobilisées a travers les différentes chambres de commerce.

L’ancien Premier Ministre de la Jamaïque, Percival James Patterson, l’Envoyé spécial en Haïti de la Communauté des pays de la Caraïbe (CARICOM) avait déclaré lors de la réunion précédente que « la plupart des fonds proviendront de membres de la CARICOM, d’ententes bi-latérales et d’organismes multilatéraux, du secteur privé et du secteur public, des donateurs privés de la diaspora haïtienne et des Caraïbes »Toutefois, lors de cette 3ème réunion, l’Envoyé spécial a déploré le manque d’implication du secteur privé des affaires, haïtien, dans la constitution du fonds Haïti-CARICOM. Le lancement officiel de ce fonds est prévu pour le 25 février sur l’île de la Grenade

vendredi 18 février 2011

Projet d'un architecte belge qui propose des bâtiments verts

Suite au séisme de 2010 qui a dévasté l'île d'Haïti, c'est aujourd'hui un pays entier qu'il faut repenser et reconstruire. L'architecte Vincent Callebaut propose un projet alliant urbanisme et nature.

Le projet Coral Reef a été pensé par l'architecte belge Vincent Callebaut pour accueillir les populations sinistrées en Haïti. Constitué essentiellement d'ossatures métalliques et de bois tropicaux, l'ensemble veut donner naissance à un village tridimensionnel et auto-suffisant en énergie. S'inspirant volontairement de la forme organique d’un récif corallien, l'ensemble des bâtiments sera complété de terrasses et de cascades végétales. Les toitures seront composées de panneaux photovoltaïques qui capteront l’énergie solaire. Elles seront pensées pour devenir des jardins biologiques ; une initiative écologique et économique qui permettra à chaque futur habitant de cultiver ses propres denrées alimentaires. Ce village futuriste résonne comme une belle invitation à la constitution d'un écosystème tropical conçu pour la faune et la flore locale, où chacun devient responsable et respectueux de son environnement. En proposant ces logements sociaux écologiques, Vincent Callebaut prouve que l'urbanisme n'est pas incompatible avec l'éco-système responsable.
Découvrez ce projet architectural en images sur Maxisciences.

jeudi 17 février 2011

Haïti, toujours dans les têtes

L'émotion est passée, mais l'on continue, en Flandre, à penser aux Haïtiens et à leurs difficultés, alors que la reconstruction est loin d'être achevée après le séisme qui a touché le pays le 12 janvier 2010. 

Lundi, ce sont les élus de la communauté de communes du pays des Géants qui ont voté une aide au Secours populaire : 2 500 €, pris en partie sur leurs indemnités. Aujourd'hui, le Secours catholique, à Morbecque, rouvre la discussion sur Haïti, un an après. Et demain c'est l'association Timoun d'Haïti qui évoquera Port-au-Prince avec la projection d'un film, à Hazebrouck. Un peu plus d'un an après, il est heureux de voir que les Flamands n'ont pas oublié les Haïtiens.
La Voix du Nord

mercredi 16 février 2011

L'envoyée de l'UNESCO défend une refondation du système d'éducation

L'Envoyée spéciale de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) pour Haïti, Michaëlle Jean, défend mardi devant la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH), la refondation complète du système éducatif haïtien qu'elle considérée comme « une urgence », à placer « en haut de la liste des priorités ».

« Il est impératif de mettre à exécution le Pacte national pour l'éducation qui a été développé par les instances haïtiennes du monde de l'éducation et endossé par le président de la République. Ce plan jette les bases de l'édification d'un système d'éducation accessible, universel et de qualité », a-t-elle déclaré avant de prendre part mardi à une réunion de la CIRH au cours de laquelle présentera la stratégie de l'UNESCO. L'organisation s'engage à épauler le Ministère haïtien de l'éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP) pour mettre en uvre le plan recommandé par le Pacte national pour l'éducation. L'objectif d'Haïti est notamment d'offrir à tous les enfants de 6 à 12 ans un enseignement gratuit et de qualité à compter de 2015. Avant le séisme du 12 janvier 2010, un enfant sur cinq seulement avait accès à l'école publique.

Le MENFP veut aussi accroître la proportion des étudiants qui poursuivent des études aux niveaux secondaire et universitaire et alphabétiser 2,5 millions d'habitants. L'UNESCO se tient aux côtés des autorités pour ce défi, notamment pour renforcer la qualité des enseignements, offrir des formations pour les professeurs ou élaborer les programmes scolaires. « Haïti doit pouvoir compter sur une main-d'uvre éduquée pour réaliser le Plan d'action pour le relèvement et le développement qui a été présenté par le gouvernement haïtien en mars 2010 et qui prévoit la refondation territoriale, économique, sociale et institutionnelle », a poursuivi Michaëlle Jean, avant d'estimer que la reconstruction ne serait possible « que si les citoyens disposent de tous les outils nécessaires pour s'attaquer aux défis de l'avenir ». « À ce chapitre, l'éducation est incontournable », a conclu l'Envoyée spéciale de l'UNESCO.

mardi 15 février 2011

Un nouveau système de purification d'eau sur remorque

H2O Innovation et 3M Purification ont travaillé de concert afin de fournir une unité mobile de traitement d'eau à l'association caritative Project HOPE, soutenant ainsi ses programmes d'aide humanitaire et de soins médicaux en Haïti.

Après avoir assuré sa conception et sa fabrication, H2O Innovation livrera un système de traitement d'eau mobile sur remorque qui permettra à Project HOPE de produire de l'eau potable à partir de multiples sources d'eau : de surface, souterraine ou saumâtre. 3M Purification a financé l'achat des composantes et de l'équipement nécessaires à la construction de l'unité, tandis que H2O Innovation offrira gracieusement la formation requise pour que le personnel local de Project HOPE puisse opérer l'unité. L'unité mobile de traitement d'eau de H2O Innovation doit arriver en Haïti au printemps 2011. Assemblée et manufacturée par H2O Innovation dans son usine de Ham-Nord au Québec, l'unité mobile de traitement d'eau est capable de produire assez d'eau potable pour assurer les opérations quotidiennes d'un hôpital de campagne, soit l'équivalent de 35 000 bouteilles de 500 ml par jour.

lundi 14 février 2011

La situation du choléra en Haïti


Un bilan du Ministère de la Santé Publique et de la Population précise que 225 668 personnes ont été infectées, 121 883 d’entre elles ont dû être hospitalisées et que 119 177 sont rétablies. 

Le nombre de personnes mortes à cause du choléra en Haïti s’est élevé à 4 452

Le rapport précédent, rendu public le 10 février faisait état de 4 334 décès, ce qui représente une différence de 118 morts. Artibonite, où le premier cas de choléra a été détecté, est la région la plus touchée avec plus de 683 victimes mortelles. La maladie, qui s’est étendue aux 10 départements haïtiens avant même la fin 2010, avait été éradiquée d’Haïti depuis plus d’un siècle. Malgré les efforts consentis pour freiner sa propagation, elle est arrivée en République Dominicaine, pays qui partage avec Haïti l’île de l’Hispaniola. Le nombre de cas dépistés en République Dominicaine s’élève à 325 et les morts se montent à 3. Il s’agit dans les trois cas de ressortissants haïtiens.

dimanche 13 février 2011

La situation des sinistrés haïtiens pourrait perdurer en 2011

La lenteur des travaux de reconstruction à Haïti va probablement conduire des centaines de milliers de victimes du tremblement de terre de continuer à vivre dans des logements de fortune en 2011, a déclaré vendredi l'Organisation internationale pour les migrations.


D'après l'OIM, 810 000 Haïtiens vivaient toujours dans des camps au mois de janvier, soit un an après le séisme, contre 1,5 million en juillet dernier. " Des centaines de milliers d'Haïtiens risquent d'habiter encore dans des camps à la fin de l'année de 2011 ", s'alarme Luca Dall'Oglio, chef de la mission en Haïti de l'OIM. " Beaucoup de personnes qui ont déjà quitté les camps n'ont pas pour autant trouvé un logement stable et vivent dans des tentes avec leurs amis ou leurs familles ", a-t-il ajouté. Le recul des dons et l'instabilité politique expliquent en partie la lenteur de la reconstruction dans l'île caribéenne. A ces problèmes s'ajoutent à présent des interrogations sur l'attitude des propriétaires des terrains où ont été installés les camps. Plus de la moitié des 1 152 camps se trouvent sur des terrains appartenant à des propriétaires privés. On estime aujourd'hui que 99 sont sous la menace d'une demande de restitution. " Si l'on contraint les gens de s'en aller sans leur proposer un nouveau toit, ils n'auront pas d'autres choix que d'aller s'installer dans des zones peu sûres et dangereuses et de vivre ainsi dans des lieux présentant des risques de glissements de terrain et d'inondations ", prévient Sara Ribeiro, responsable de la protection de l'OIM à Haïti.

samedi 12 février 2011

Marie Soleil si bien nommée







De l'eau photovoltaïque

De l’eau potable solaire... Bientôt pour tous ?

Fin 2010, la société BIO-UV spécialisée dans le traitement de l’eau, a développé une station d’eau potable (BIO-SUN) qui fonctionne à l’énergie solaire. Combinant une filtration très fine et une désinfection par rayonnement Ultra violet (UV), l’eau est purifiée et débarrassée de tous les micro-organismes pathogènes.

Cette borne autonome permet de produire de l’eau potable pour toutes les populations situées dans des zones ou l’accès à l’eau potable n’est pas disponible. La société BIO-UV installera gracieusement en Haïti, courant février, une borne de production d’eau potable photovoltaïque pour faire face à la pénurie d’eau potable et au développement des virus et infections véhiculés par l’eau, y compris le choléra. La société Lysa, spécialisée dans la gestion durable de l’eau, sera en charge de la mise en place de la borne, ainsi que de la formation des personnes sur place. Le principe est simple : Il suffit de remplir le réservoir avec l’eau (manuellement ou par raccordement à un réseau si existant) que l’on souhaite désinfecter. En quelques secondes l’eau est consommable pour les besoins vitaux. La capacité de cette borne permet de traiter l’équivalent de 500 litres/heure [avec 400 J/m² d’ensoleillement]. Compte tenu de son alimentation photovoltaïque, cette borne [en l’absence de soleil] a une autonomie de 3 jours à raison de 4 heures d’utilisation par jour [2 000 litres], ce qui permet dans cette situation de répondre au besoin journalier d’une centaine de personnes.

vendredi 11 février 2011

L’assassinat d’un journaliste en Haïti

En Haïti un journaliste a été assassiné mercredi en plein jour à Port-au-Prince. Il s’agit de Jean Richard Louis Charles, journaliste, reporter et présentateur de Radio Kiskeya. 
« C’est avec consternation et une profonde tristesse que nous avons appris le meurtre de l’un des fils de notre station », peut-on lire aujourd’hui sur le site internet de la radio. « A 29 ans, Jean Richard avait de grandes potentialités que beaucoup dans le public lui reconnaissaient », écrit encore Radio Kiskeya. Le jeune homme laisse derrière lui une femme et deux petites filles.
« Selon les premières informations, le journaliste a été abattu par un individu alors qu’il sortait d’une banque à l’angle des rues Capois et Romain », rapporte Le Nouvelliste. Le tueur aurait été ensuite abattu à son tour par un policier « qui était dans les parages ». Pour l’instant, « les déclarations restent floues sur des détails importants », constate le quotidien haïtien.
Dans ses colonnes, le secrétaire général de l’Association des journalistes haïtiens se demande « comment, en plein jour et à une heure de pointe, l’on a pu tuer ce journaliste, non loin du commissariat de Port-au-Prince, du ministère de l’Education nationale et de l’ambassade de France ? » L’organisation haïtienne SOS Journalistes exige, quant à elle, « que la justice fasse son travail en vue de rechercher, trouver et punir les auteurs de cet acte ».
La sécurité des journalistes s’était pourtant améliorée ces dernières années en Haïti. « Les journalistes ont vécu une période de détente sous l’administration de René Préval. Il n’y a pas eu de menaces ou d’attaques contre l’intégrité physique des journalistes orchestrées par un appareil d’Etat », reconnaît Le Nouvelliste. C’est pourquoi, « cette brutale et tragique disparition d’un jeune journaliste plein de promesses comme Jean Richard Louis Charles constitue un véritable désastre pour la station, pour la presse et pour le pays », déplore Radio Kiskeya.
Stefanie Schüler - RFI

jeudi 10 février 2011

Aberrant un hôpital moderne fermé

Cela dépasse l’entendement. Imaginez : après un tremblement de terre, la population du pays le plus pauvre des Amériques est aux prises avec le choléra. Pourtant, l’un des rares hôpitaux modernes, bien équipé, demeure fermé, fautes de fonds et de partenaires, en dépit d’annonces de millions de dollars en aide de la part des pays donateurs. Si un écrivain devait présenter un tel scénario à son directeur littéraire, il se ferait répondre que son histoire n’est pas « vraisemblable ». Les lecteurs pourraient difficilement y croire, tant la proposition manque de crédibilité.

Or, c’est pourtant ce qui se passe dans la réalité, en Haïti. Dans un reportage présenté le 2 décembre dans le cadre de l’émission Désautels à la Première Chaîne de Radio-Canada, Dorothée Giroux donne la parole à M. Reynold Savain, radiologue et fondateur du Centre de Diagnostic et de Traitement Intégré (CDTI), également appelé Hôpital Sacré-Cœur. Le Docteur Savain nous raconte son désarroi de constater que cet hôpital, qui a soigné plus de 12 600 personnes après le tremblement de terre, est inutilisé. Situé au cœur de Port-au-Prince, le CDTI est un hôpital privé, antisismique et offrant un équipement de pointe. Les 175 employés ont malheureusement dû être remerciés, car on n’a plus d’argent pour leur verser un salaire. Triste ironie que ce constat : la population de Port-au-Prince, notamment de nombreux enfants, a un besoin criant de soins, et l’hôpital le mieux équipé en ville n’est accessible à personne ! Le photojournaliste Renaud Philippe, ayant récemment séjourné en Haïti, affirmait d’ailleurs, lors d’une entrevue accordée à Claude Bernatchez de Radio-Canada le 6 décembre, que ce peuple souffrait comme jamais il avait « imaginé qu’un peuple pouvait souffrir ». Pour plusieurs personnes, plus fragiles, l’accès aux soins pourrait faire la différence entre vivre ou mourir. Des enfants qui souffrent, un hôpital fermé, comment peut-on tolérer une situation aussi aberrante, alors que 10 000 ONG sont présentes dans ce pays ? Alors que les promesses d’aide se chiffrent en termes de millions de dollars ? Les dernières élections présidentielles ont démontré, si l’on en doutait encore, à quel point ce pays est désorganisé. Le gouvernement haïtien n’est manifestement pas à même de gérer cet hôpital dans la situation actuelle. Pourquoi le Canada ne choisit-il pas de transférer les fonds déjà prévus pour la construction d’un hôpital en Haïti à une organisation non gouvernementale (ONG), sur place, qui pourrait en assumer la gestion, en attendant qu’un gouvernement haïtien soit élu et qu’une certaine accalmie soit revenue au pays ? Ce serait poser un geste bien concret, efficace, qui pourrait sauver des centaines de vies. Le temps presse.
Québec Hebdo - Jean-Denis Côté

mardi 8 février 2011

Le football haïtien se modernise

La Fédération Haïtienne de Football (FHF) est sur la voie de posséder son premier Quartier Général. Déprimée après la destruction de son siège social de l'Avenue Christophe, par le séisme de janvier 2010 qui a tué 33 des siens, la famille du football reprend espoir avec la concrétisation des démarches entreprises pour faire construire les nouvelles infrastructures qui permettront au Football Haïtien de disposer d'installations dignes de ce nom.

Ces travaux sont financés à 100 % par la FIFA, à partir d'un fonds humanitaire de solidarité voté au lendemain du séisme de l'année dernière. L’entreprise Tecina. S.A. est chargée des constructions et Habitat SA a signé un contrat avec la FIFA comme firme de supervision. La FIFA a récemment signé un contrat avec la firme hollandaise Edelgrass pour l'installation d'une pelouse artificielle de dernière génération au stade Sylvio Cator ; les travaux d'installation dureront trois mois.



C'est un moment qui marquera à tout jamais l'histoire du Football Haïtien. Les travaux pour la construction du nouveau Quartier Général de la FHF ont commencé vendredi dernier sur le site du « FIFA Goal Center Joseph Blatter » à Croix des Bouquets.


Le Quartier Général proprement d’une superficie de 350 mètres carrés, sera construit sur une ossature métallique capable de résister aux séisme et à toutes formes d'intempéries. La FIFA et la FHF veulent que ce bâtiment soit simple et fonctionnel d'autant qu'une partie des services de la FHF sera logée au stade Sylvio Cator où des aménagements débutent sous peu.

 La première phase des travaux concerne l'agrandissement et la modernisation de la cuisine, la réhabilitation du réfectoire, la réparation des vestiaires, le reconditionnement du terrain de football en pelouse naturelle et celle de la clôture endommagée par le séisme, la construction d'une voie d'accès annexe via Carrefour Marassa, le drainage du site et bien sûr la construction du nouveau Quartier Général.

La seconde  phase des travaux comprendra un Gymnase pour la musculation et une clinique de soins pour les sportifs blessés ainsi que l'installation d'un terrain artificiel pour l'entraînement.

Malgré la situation du pays, le Football Haïtien se solidifie et se modernise. Parallèlement à la FIFA , la compagnie téléphonique Digicel a entamé la rénovation des terrains de province des principaux centres de football. À Saint Marc, le stade a été doté d'un système d'éclairage pour les matches en nocturne. La Digicel, sponsor du football haïtien, va installer un système d'éclairage similaire au Cap Haïtien [travaux retardé par la Ville... le Maire et le Délégué veulent imposer leur propre compagnie pour effectuer les travaux alors que la Digicel a déjà signé avec une autre firme !] travaux qui auraient du être terminés depuis octobre 2010. Ensuite ce sera le tour des Cayes, Mirebalais, Carrefour, Léogane etc... cités bastion du football national.

lundi 7 février 2011

Passeport diplomatique pour Aristide

Un passeport diplomatique destiné à l’ancien président Jean-Bertrand Aristide a été remis à l’avocat américain de ce dernier, Me Ira Kurzban, qui a voyagé ce week-end à Port-au-Prince à cet effet.

L’avocat devait laisser le samedi 5 février la capitale, avec en poche le passeport diplomatique pour permettre à l’ancien président de revenir en Haïti à une date qu’il pourra lui même déterminer, indique l’hebdomadaire Haiti en Marche sur son site Internet. Maitre Kurzban était arrivé vendredi à Port-au-Prince avec tous les documents nécessaires, précise le journal. Le ministère des affaires étrangères a donné son OK et le ministère de l’Intérieur a procédé immédiatement à l’analyse des documents présentés par Me Kurzban, ajoute la même source. « Ils ont été considérés comme corrects. Et un passeport diplomatique remis », lit-on.

Alors que ses partisans ont enclenché depuis quelques semaines une série de mouvements en faveur de son retour, les autorités haïtiennes ont annoncé que Jean Bertrand Aristide était libre de retourner en Haïti quand il le souhaite. La semaine dernière encore, Maryse Narcisse, porte-parole de l’ancien chef d’État réitérait le souhait que « les gouvernements haïtien et sud-africain rentrent en contact pour faciliter rapidement le retour » d’Aristide. Dans une récente intervention, Jean Bertrand Aristide avait pour sa part nié toute volonté de faire de la politique si jamais il revenait dans son pays. Il avait plutôt évoqué des raisons de santé et le désir de s’investir dans l’éducation.

dimanche 6 février 2011

Une femme pour Haïti

Elle affrontera le chanteur Michel Martelly, le 20 mars prochain, lors du second tour de l'élection présidentielle. Gros plan sur Mirlande Manigat, une intellectuelle entrée récemment dans l'arène politique.

Soutenue par les classes moyennes et les intellectuels, Mirlande Manigat, professeure de droit constitutionnel et vice-rectrice de l'université Quisqueya de Port-au-Prince, souffre d'un handicap par rapport à ses rivaux, elle parle plus en juriste et en politologue qu'en " bête de meeting ".

Portrait


   

Mirlande Manigat a de sérieuses chances de devenir la première femme présidente d'Haïti
Fille d'un officier de l'Armée haïtienne, elle est issue d'une famille de la classe moyenne. Après des études à l'Ecole normale supérieure elle part pour Paris où elle décroche, en 1968, un doctorat en sciences politiques à la Sorbonne. C'est à Paris qu'elle épouse Leslie Manigat, de dix ans son aîné, qui deviendra brièvement président en 1988 entre deux coups de force militaires. En 2006, elle remporte un siège au Sénat mais renonce à siéger, à la demande de son mari, candidat malheureux à l'élection présidentielle remportée par René Préval.

Elle prend plus tard la tête du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP), parti démocrate-chrétien, sous la bannière duquel elle se présente à l'élection du 28 novembre, avec le soutien d'un groupe de parlementaires opposés au président Préval. Après avoir, au lendemain du scrutin, réclamé son annulation pour cause d'irrégularités, elle change d'avis, expliquant que les fraudes imputées au pouvoir en place au profit du candidat Jude Célestin semblent moins graves qu'attendu. Quatre jours plus tard, elle refuse, tout comme Michel Martelly arrivé en troisième position, et comme six ONG observatrices de l'élection, un nouveau recomptage des votes proposé par le conseil électoral. Ces dernier jours, Mirlande Manigat a rejeté l'idée d'un second tour à trois proposée par Michel Martelly.

La bataille de l'éducation

Admettant qu'elle fait partie des privilégiés, Mirlande Manigat déclare vouloir combattre les injustices sociales, par le biais de l'éducation, son cheval de bataille. Elle se dit particulièrement préoccupée par les jeunes: " Notre jeunesse est en train de se gaspiller ", écrit-elle sur le site du RDNP. Elle prône des changements constitutionnels, dont le retrait de l'interdiction de la double nationalité, et préconise la participation de la diaspora dans le développement et la vie politique du pays. Si elle est élue, Mirlande Manigat demandera le départ progressif de la mission de l'ONU en Haïti (Minustah), qu'elle a qualifiée de " force d'occupation "Elle est soutenue par le Collectif pour le renouveau haïtien, qui regroupe une centaine de parlementaires actifs ou ayant déjà siégé et jouit de la sympathie des organisations féminines qui espèrent voir pour la première fois une femme élue à la présidence.

Pragmatisme

Se disant attachée à la constitution, l'ex-première dame, a promis de travailler avec l'opposition et de cohabiter avec le parti Inite (" Unité ") de Jude Célestin, candidat du parti au pouvoir, si cette formation obtenait la majorité au Parlement. Son âge, 70 ans, n'est pas forcément une faiblesse pour l'électorat estime-t-elle : " Mon expérience me met à l'abri des vanités, des ambitions, surtout la richesse et la gloire ".

vendredi 4 février 2011

Duel entre Manigat et Martelly à la présidentielle

Le second tour du scrutin présidentiel haïtien opposera le 20 mars l'ancienne " première dame " Mirlande Manigat au chanteur populaire Michel Martelly, a annoncé jeudi le Conseil provisoire électoral.

Les résultats définitifs du premier tour, qui s'est déroulé de façon chaotique le 28 novembre dans un pays dévasté par le tremblement de terre de janvier 2010, écartent de la course le candidat du gouvernement, Jude Célestin, que les chiffres préliminaires, très contestés, donnaient en deuxième position. Ces résultats définitifs sont conformes à une recommandation de l'Organisation des Etats américains (OEA), appuyée par les Etats-Unis et des donateurs occidentaux. Dans les locaux du Conseil électoral protégés par des policiers de l'Onu et d'Haïti à Port-au-Prince, les journalistes locaux et étrangers avaient manifesté leur impatience durant la nuit, les autorités n'ayant pas tenu leur engagement d'annoncer les résultats mercredi. Mirlande Manigat, 70 ans, avait obtenu la plus grande part des suffrages au premier tour, mais en nombre insuffisant pour l'emporter d'emblée. Washington et les Nations unies ont fait pression sur les dirigeants et les autorités électorales d'Haïti pour qu'ils acceptent la recommandation en faveur de Michel Martelly, 49 ans. Des partisans du chanteur avaient violemment manifesté en décembre contre les résultats préliminaires du Conseil électoral, qui donnaient Jude Célestin en voie de qualification pour le second tour.

Tensions

Les experts de l'OEA avaient relevé, dans les décomptes préliminaires, des irrégularités nécessitant une révision. Ils avaient jugé que Jude Célestin devait être écarté du second tour au profit de Michel Martelly, initialement donné en troisième place avec moins de 7 000 voix de retard sur le candidat soutenu par le président sortant, René Préval. Mercredi, nombre de banques, d'écoles et de commerces avaient fermé plus tôt que d'habitude dans la capitale, de crainte de violences à l'annonce des résultats attendus. Les Nations unies et leurs agences ont recommandé la vigilance à leurs employés et aux habitants, de même que les ambassades. Dans ce climat de tensions politiques, l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud, a demandé au gouvernement un passeport diplomatique pour regagner Haïti. Plusieurs centaines de partisans d'Aristide ont manifesté mercredi devant le ministère des Affaires étrangères pour exiger qu'on lui délivre un passeport. Les Etats-Unis et les donateurs occidentaux, qui s'efforcent de maintenir le processus électoral sur les rails, redoutent qu'un retour d'Aristide n'enflamme les passions politiques. L'ancien prêtre catholique, dirigeant charismatique qui bénéficia en son temps du soutien de divers mouvements de gauche, a encore des partisans passionnés en Haïti. Devenu le premier président élu du pays en 1990, il avait été évincé en 2004 par un soulèvement armé. Le mandat de René Préval expire lundi, mais le parlement lui a donné son accord pour le prolonger si nécessaire jusqu'au 14 mai afin de pouvoir céder son poste à un successeur élu. Après le tremblement de terre de 2010, Haïti combat une épidémie de choléra qui a déjà fait plus de 4 000 morts.
Le Nouvel Obs - Avec Allyn Gaestel, Henri-Pierre André, Philippe Bas-Rabérin et Guy Kerivel pour le service français, édité par Gilles Trequesser

jeudi 3 février 2011

Le retour à l’école

Le tremblement de terre a détruit presque toutes les écoles de Port-au-Prince. En Haïti, plus de 4 000 écoles ont été détruites. 1 300 enseignants et 38 000 écoliers ont perdu la vie. « Immédiatement après une catastrophe, il faut bien sûr de l’eau et de la nourriture. Mais une des priorités est de rouvrir les écoles », dit Françoise Gruloos-Ackerman, représentante de l’UNICEF en Haïti.

Apprendre sous les tentes

Dès le 5 avril, des dizaines d’écoles ont rouvert leurs portes. L’enseignante Erna Lambert raconte : « Les enfants étaient très contents de retourner à l’école après ces mois passés dans les refuges ». Grâce à l’UNICEF et au travail des survivants, de grandes tentes ont été installées à la place des anciennes écoles. L’UNICEF a distribué plus de 3 000 tentes-écoles, ainsi que du matériel scolaire. Erna Lambert est ravie des nouvelles installations: « Les enfants avaient peur de retourner dans des structures de béton. Les tentes sont en plastique et n’ont qu’un seul étage. Ça rassure les élèves. Ensuite, il a fallu convaincre les enseignants de revenir. Les conditions de travail étaient très difficiles », dit madame Lambert. En effet, à la rentrée des classes, il faisait très chaud sous les tentes : il faisait parfois plus de 45 degrés Celsius et la pluie s’infiltrait lorsqu’il pleuvait. 


« Aussi, nous avons réuni trois classes différentes dans une seule salle. », explique Mme Lambert. Pour remplacer les tentes, l’UNICEF a commencé à construire des hangars en tôle, des écoles semi-temporaires, sans béton et à un seul étage. 30 sont déjà érigées et 200 autres sont prévues.
Binh An Vu Van

Haïti suspendu à l'annonce des résultats du 1er tour de la présidentielle

Des manifestants demandent l'annulation du scrutin de novembre, le 1er février 2011 à Port-au-Prince



Haïti est plongé dans une grave crise politique depuis la publication début décembre des résultats provisoires du 1er tour du scrutin du 28 novembre, selon lesquels l'ancienne Première dame Mirlande Manigat et le candidat du pouvoir Jude Célestin sont qualifiés pour le 2e tour désormais prévu le 20 mars. Ces résultats avaient provoqué des violences de la part des partisans du candidat arrivé troisième, le chanteur Michel Martelly. " Les résultats pourront être publiés en début de soirée ", a dit un responsable du Conseil électoral provisoire (CEP) sous couvert d'anonymat. " On a travaillé toute la nuit et continuons de travailler ce matin, mais on n'est pas encore prêts. On fait de notre mieux pour respecter la date (officielle du 2 février). La volonté et la disponibilité sont là ", a assuré le conseiller électoral Jacques Belzin. Les Haïtiens étaient ainsi suspendus au verdict du CEP et à la possibilité qu'il suive les recommandations de l'Organisation des Etats américains (OEA) en annonçant un 2e tour sans Jude Célestin, opposant M. Martelly et Mme Manigat. Inité, le parti au pouvoir, a pris la décision la semaine dernière d'écarter son candidat de la course, mais Jude Célestin n'a pas confirmé lui-même son retrait.

Mardi, des partis d'opposition et des organisations de la société civile ont demandé l'annulation du scrutin et la mise en place d'un " gouvernement provisoire " le 7 février, date à laquelle le mandat du président sortant René Préval arrive à échéance. Le chef de l'Etat a déjà annoncé qu'il resterait au-delà de cette date pour permettre au processus électoral d'aboutir. Le retour le 16 janvier en Haïti de l'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier, après 25 ans d'exil, a plongé encore un peu plus le pays dans la crise. Dans un entretien télévisé, M. Duvalier a assuré être revenu pour aider à la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier 2010 qui a fait 220 000 morts. Il s'est, au passage, targué d'avoir " lancé " le processus démocratique en Haïti. " Lorsque l'on me traite de tyran, ça me fait rire, parce que les gens souffrent d'amnésie ", a dit M. Duvalier, qui fait l'objet de plaintes pour crimes contre l'humanité. Ajoutant à la confusion, le gouvernement haïtien s'est dit prêt lundi à accorder un passeport à l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud après avoir été chassé du pouvoir par une insurrection armée en 2004.

mercredi 2 février 2011

L'ONU offre son concours pour poursuivre " Bébé Doc "

La Haut-Commissaire de l’Onu aux droits de l’homme, Navi Pillay, a dit, ce mardi, avoir proposé aux autorités haïtiennes une assistance technique, en vue de la poursuite des crimes commis sous le gouvernement de Jean-Claude Duvalier.

Des Haïtiens manifestent leur soutien à l'ancien président Jean-Bertrand Aristide à Port-au-Prince, le 2 février 2011
Navi Pillay a souligné qu’il n’y avait pas de prescription en droit international pour les violations graves des droits de l’homme, comme la torture, les exécutions extrajudiciaires, les disparitions forcées et les viols. Âgé de 59 ans, « Bébé Doc » qui vivait en exil en France depuis février 1986 a regagné Haïti le 16 janvier. Il y a été inculpé de corruption, vol, détournement de fonds et crimes contre l’humanité commis lorsqu’il était au pouvoir, de 1971 à 1986. « Haïti a l’obligation d’enquêter sur ces violations graves des droits de l’homme commises pendant le règne de M. Duvalier, et qui sont bien documentées. Haïti a également l’obligation de poursuivre ceux qui sont responsables », dit Navi Pillay. « De telles violations systématiques des droits ne peuvent rester sans réponse. Les milliers d’Haïtiens qui ont souffert sous ce régime méritent justice », ajoute-t-elle.

mardi 1 février 2011

Haïti prêt à laisser rentrer l'ex-président Aristide après 7 ans d'exil

Le gouvernement haïtien s'est dit prêt lundi à accorder un passeport à l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, pour lui permettre de rentrer au pays dont il a été chassé par une insurrection armée en 2004.

Si ce retour se confirme, M. Aristide, toujours très populaire dans les milieux défavorisés, serait le deuxième ex-président à regagner Haïti après Jean-Claude Duvalier. 


L'ancien dictateur " Baby Doc " a regagné Port-au-Prince le 16 janvier après 25 ans d'exil en France. Dans un communiqué, le ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales a indiqué qu'il était prêt à donner un passeport à l'ex-président Aristide, qui vit en exil en Afrique du Sud, si la demande en était faite. " Le gouvernement de la République donne l'assurance qu'aussitôt produite, une telle demande sera honorée avec célérité ", dit le texte, démentant au passage qu'une demande de passeport ait été refusée à M. Aristide. 


Selon un de ses avocats à Miami, Ira Kurzban, M. Aristide a écrit lundi à la ministre haïtienne des Affaires étrangères, Marie-Michèle Rey, pour lui demander de lui remettre immédiatement un passeport diplomatique. Dans le courrier, l'avocat demande que " les plans en vue de son retour débutent immédiatement ". " Je demande aimablement que le gouvernement de la République d'Haïti engage un dialogue avec le gouvernement de la République d'Afrique du Sud afin de garantir le retour immédiat du président Aristide ", peut-on lire dans la missive qui demande aussi que la " sécurité " de l'ex-président soit garantie.

Me Kurzban indique par ailleurs que M. Aristide se trouve toujours en Afrique du Sud. Dans un communiqué diffusé mi-janvier, l'ancien président avait expliqué vouloir rentrer au pays pour des raisons médicales et aussi " pour contribuer à servir mes frères et soeurs haïtiens en tant que simple citoyen dans le domaine de l'éducation ". " M. Aristide est un ancien président et comme tel, il a droit à un passeport diplomatique selon la loi et la Constitution ", a déclaré Maryse Narcisse, porte-parole de M. Aristide à Port-au-Prince. Mme Narcisse a dit qu'elle était prête à retirer dès que possible un formulaire de demande de passeport pour l'ancien chef d'Etat.

Jean-Bertrand Aristide, 57 ans, ancien opposant à la dictature duvaliériste (1957-86) et prêtre partisan de la " théologie de la libération ", a été élu une première fois à la tête du pays en 1990, avant d'être chassé du pays huit mois plus tard par un coup d'Etat militaire. Revenu à la tête de l'Etat en octobre 1994, grâce à une intervention militaire des Etats-Unis, il termine son mandat en 1996, laissant le pouvoir à son dauphin, l'actuel président René Préval. L'ancien prêtre des bidonvilles, relevé de ses vœux par une dispense vaticane pour pouvoir se marier, est réélu en novembre 2000. Mais il est contraint à l'exil en février 2004, sous la menace d'une insurrection armée conjuguée à des pressions internationales notamment des Etats-Unis et de la France qui lui reprochent son incompétence. Un retour de l'ex-président surprendrait Haïti en pleine crise politique : le président Préval doit se retirer le 7 février alors que les résultats définitifs du premier tour de la présidentielle ne seront connus que mercredi. Les résultats préliminaires annoncés début décembre ont provoqué des violences de la part des partisans du candidat arrivé troisième et donc exclu du deuxième tour. Le deuxième tour est désormais prévu le 20 mars.