contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

lundi 31 janvier 2011

L'impasse électorale haïtienne

La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton a exhorté dimanche les dirigeants haïtiens à adopter la solution proposée par l'Organisation des Etats américains (OEA) pour régler le différend électoral menaçant la stabilité du pays.

Hillary Clinton est arrivée à Port-au-Prince pour des discussions avec le président sortant René Préval et avec les principaux candidats à la présidence. Elle a expliqué que Washington souhaite que les autorités haïtiennes appliquent les recommandations de l'OEA selon lesquelles Jude Célestin, candidat soutenu par Préval, devrait être écarté du second tour au profit de Michel Martelly, chanteur populaire que des résultats préliminaires controversés créditaient de seulement 7 000 voix de moins que Célestin. Le second tour opposerait ainsi l'ancienne première dame, Mirlande Manigat, arrivée en tête du premier tour, à Michel Martelly. 


Outre les Etats-Unis, les Nations unies et les principaux donateurs occidentaux tels que la France, la Grande-Bretagne et l'Union européenne, se sont déclarés favorables à la proposition de l'OEA. Mais en dépit de ces pressions internationales et de la décision du parti au pouvoir, Inite, de retirer sa candidature, Célestin ne s'est pas officiellement retiré de la course. Le Conseil électoral provisoire haïtien a dit qu'il annoncerait mercredi les résultats des élections. L'annonce le mois dernier des résultats préliminaires avait provoqué des émeutes de partisans de Martelly qui dénonçaient des fraudes. Une vingtaine de protestataires ont manifesté dimanche à l'aéroport en brandissant des pancartes disant en anglais: " Secrétaire d'Etat Clinton, Haïti n'a pas eu d'élection libre et honnête ".
Le Nouvel Obs - Arshad Mohammed et Nicole Dupont pour le service français

dimanche 30 janvier 2011

Alerte aux excréments à Port-au-Prince

En pleine crise du choléra, le seul endroit destiné à recueillir les excréments humains de Port-au-Prince et de ses environs, est sur le point de déborder.

Quelques mois après le séisme, une fosse a été creusée d'urgence à même la décharge de Truitier, située aux abords du village de Duvivier, non loin du bidonville de Cité-Soleil. Quelque 300 familles vivent carrément sur la décharge ou à moins de 300 mètres des ordures. Des dizaines d'hommes et de jeunes garçons, vêtus de haillons, ratissent chaque jour le dépotoir à la recherche de morceaux de métal, de bouteilles de plastique et de tout autre objet revendable. Ils jouent du coude devant chaque camion qui y entre pour décharger ses poubelles, question d'être le premier à mettre la main sur un potentiel trésor. Depuis que l'immense lac de merde est apparu dans le paysage, la population de Duvivier s'inquiète. Le mois dernier, les résidants ont organisé des manifestations durant lesquelles il y a eu un mort. 


« Dans quel autre pays du monde jette-t-on les matières fécales à l'endroit même où vivent les gens ? » lance à La Presse Jean Mauriliome Adély, qui a participé au soulèvement populaire. « Lorsque les vents partent de la mer, l'odeur est insupportable », ajoute un autre manifestant, Jean-Bernard St-Jusmé.

La mairie de Cité-Soleil partage la même inquiétude. « Avec l'apparition du choléra, la population qui vit près de la décharge pense que sa vie est en danger. On a le même pressentiment », dit le maire adjoint de la commune qui englobe Duvivier, Benoît Gustave. La fosse a été agrandie une première fois, car elle menaçait déjà de déborder en septembre dernier. « Personne n'avait l'intention que ce lieu demeure si longtemps le seul à pouvoir recueillir les excréments humains », explique la conseillère en santé environnementale de l'Organisation mondiale de la santé, Sally Edwards. L'OMS travaille notamment avec l'UNICEF et les autorités locales pour tenter de trouver une solution. Du point de vue de la santé publique, même si le problème de la fosse est urgent, la situation qui avait cours avant le séisme du 12 janvier 2010 n'était guère mieux, fait valoir l'experte de l'OMS. Les excréments ont toujours été mélangés aux déchets solides dans la décharge, alors qu'il vaut mieux une fosse destinée uniquement à recevoir des excréments humains, insiste-t-elle. Seul un Haïtien sur cinq a accès à des toilettes ou des latrines, selon une étude réalisée avant le tremblement de terre. Ici, on appelle «toilettes volantes», l'habitude des Haïtiens de faire leurs besoins dans un sac de plastique ensuite balancé dans la rue ou dans un canal.

Projet d'une station d'épuration stoppé

Autre aspect décourageant : un projet de station d'épuration permanente, financé par la coopération espagnole, est présentement sur la glace en raison d'un litige lié au registre foncier. En Haïti, l'absence de registre foncier est un frein majeur à la reconstruction du pays. En voici le dernier exemple. La construction de la station en banlieue de Port-au-Prince, au coût de 2 millions de dollars américains, était finalisée à 80 %, lorsqu'un homme d'affaires ou un groupe (La Presse a tenté sans succès d'obtenir son identité), se disant propriétaire du terrain, l'a fait stopper ce mois-ci. La municipalité de Croix-des-Bouquets, où est situé le terrain de 15 hectares, avait pourtant rassuré tout le monde en soutenant qu'il était propriété de l'État. « Cet imbroglio est difficile à résoudre. On souhaite que ça se règle dans les prochaines semaines, les prochains mois », a expliqué à La Presse d'un air découragé Émilie Chapuis, responsable des communications de l'agence haïtienne responsable de l'assainissement de l'eau (DINEPA). D'ici là, tout le monde croise les doigts pour que la fosse de Truitier ne déborde pas. « Les entreprises privées qui ramassent les ordures et les excréments vont continuer d'y décharger leurs camions. Quand il n'y a pas de capacité de gestion, le contrôle est dur à faire », reconnaît Mme Chapuis de la DINEPA.

Une éventuelle contamination de la nappe phréatique en préoccupe plusieurs. La décharge de Truitier est située juste au-dessus de la nappe du Cul-de-Sac, une des principales sources d'eau de la région métropolitaine. Pour l'instant, la nappe phréatique est intacte, selon Mme Edwards de l'OMS, citant une récente étude de la Banque mondiale. « Si la fosse déborde, il y a un risque. L'idée, c'est de trouver rapidement un lieu pour creuser une seconde fosse d'urgence en attendant que le projet de la station débloque », conclut la spécialiste de la santé environnementale. Encore faut-il qu'une ville ou un propriétaire foncier soit suffisamment préoccupé par l'épidémie de choléra, qui a fait près de 4 000 morts depuis octobre, pour accepter de recevoir ces tonnes d'excréments au nom de la santé publique.
Caroline Touzin - La Presse

samedi 29 janvier 2011

Haïti aura un nouveau président le 16 avril

Le conseil électoral provisoire haïtien a annoncé vendredi que le deuxième tour des élections présidentielle et législatives aura lieu le 20 mars et que les résultats du premier tour seraient officialisés d'ici le 2 février.

Cette nouvelle planification a été rendue publique après de nombreux retards et modifications d'horaires. Des copies ont été distribuées aux médias. Le deuxième tour des élections haïtiennes, qui devait se tenir plus tôt en janvier, a été retardé par des conflits internes et des manifestations publiques quant aux résultats préliminaires du scrutin de novembre dernier. Selon ces données, le candidat du pouvoir, Jude Célestin, aurait dû affronter l'ancienne première dame Mirlande Manigat au cours du second tour des élections. Mais l'Organisation des États américains (OEA) a affirmé que les résultats ajustés, selon des estimations des fraudes orchestrées par le parti de M. Célestin, montraient que son nom ne devrait pas se retrouver sur le bulletin de vote du second tour et que le candidat Michel Martelly pouvait légitimement réclamer cette place. Washington a fait pression sur le gouvernement haïtien et sur son président sortant, René Préval, afin qu'ils acceptent les recommandations de l'OEA. Le soutien américain à Haïti dépend de cette décision, ont indiqué les États-Unis.

Les leaders du parti au pouvoir avaient annoncé, mercredi, que le successeur désigné du président René Préval se retirait du second tour, face aux multiples pressions. Mais Jude Célestin lui-même n'a pas voulu confirmé son retrait des bulletins de vote. La campagne électorale devrait donc recommencer le 17 février et se terminer le 18 mars, le scrutin ayant lieu deux jours plus tard. Les résultats devraient être publiés le 31 mars. Si tout se déroule comme prévu, Haïti devrait officiellement avoir un nouveau président le 16 avril prochain.

vendredi 28 janvier 2011

Dany Laferrière : à Haïti, le séisme n'a pas gagné

L'écrivain haïtien signe l'acte de renaissance de son île, avec Tout bouge autour de moi.

On se souviendra de la photo de Dany Laferrière à Port-au-Prince, dans la cour de l'hôtel Karibe, le visage serré, carnet de notes à la main. La capitale haïtienne venait d'être secouée par un séisme qui avait décidé de frapper le 12 janvier 2010… à 16 h 53. Un horaire à faire pâlir de jalousie les compagnies de transport ferroviaire. Laferrière était là, à cette heure précise. Une année auparavant il avait publié L'Énigme du retour (Grasset, prix Médicis 2009), son roman le plus ambitieux, dans lequel il retraçait la quête intérieure du père disparu sans avoir «passé le témoin» à son fils devenu un des écrivains d'expression française de premier plan.

Refus du misérabilisme

C'était le livre du poète, du migrant, de l'exilé, et surtout la réponse de la «deuxième génération» d'Haïtiens, cible de la dictature des Duvalier. Et nous entrions en Haïti avec une émotion infinie, guidés par l'auteur qui tenait à nous montrer le moindre recoin de sa jeunesse évanouie, à nous présenter les peintres naïfs, la vie quotidienne, avant de nous proposer comme déjeuner un avocat préparé par sa mère, femme plus que jamais debout, torche inextinguible dans les ténèbres d'une nation qui détient le record mondial des coups d'État.

Laferrière nous ramène une fois de plus dans son île avec Tout bouge autour de moi. Certains liront ce livre comme un « bloc-notes » destiné à ceux qui n'ont pas vu ou vécu « ça ». L'époque est aux raccourcis et au voyeurisme, la tragédie humaine étant un des ingrédients les plus prisés. Laferrière le sait et son écriture à la fois sublime et apaisée s'oppose au misérabilisme pour nous offrir non pas une comptabilité des dégâts mais l'acte de renaissance d'une terre encore démantibulée et dont les habitants préservent jalousement la dignité. Le séisme n'a pas gagné, sinon pourquoi le béton est-il tombé pendant que les fleurs ont résisté ? C'est au fond le peuple qui a dicté ce livre. Le « je » de Laferrière devient collectif. Personnages principaux, les Haïtiens - disparus ou rescapés du séisme, amis, parents ou inconnus croisés dans la rue - s'expriment tandis que l'auteur prend conscience de son rôle secondaire. C'est un livre de vie, de rencontres, de murmures, de dialogues. On revoit la mère de Laferrière telle qu'on l'avait laissée dans L'Énigme, et on l'entend dire à son fils:

« J'aurai tout vu dans ce pays: des coups d'État militaires, des cyclones à répétition, des inondations dévastatrices, des dictatures héréditaires, et maintenant un tremblement de terre. » N'en déplaise au neveu de ­Laferrière - un des personnages et écrivain en herbe - Tout bouge autour de moi devrait se lire comme le roman d'Haïti, ce roman qui, comme le souligne l'écrivain, se passe en un lieu (Haïti), en un temps (16h53) et met en scène plus de deux millions d'Haïtiens. Sans oublier, bien sûr, celles et ceux qui, de près ou de loin, sont venus à la rescousse de la première République noire.

Tout bouge autour de moi de Dany Laferrière. Grasset, 192 p., 15 €.

Le nombre de cas de choléra se stabilise

Le nombre de décès dus au choléra en Haïti se stabilise, a assuré jeudi un porte-parole de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), soulignant toutefois que la stabilisation du nombre de cas, également observée, pouvait n'être que temporaire.

" Ce qui se passe et qui est positif c'est que le taux de mortalité baisse de manière tout à fait nette pour atteindre maintenant quelque 2 % alors qu'au début il était dans certains cas de 9 % ", a indiqué Daniel Epstein, porte-parole de l'OPS, émanation de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Quant au nombre de cas, il " se stabilise un peu mais cela pourrait simplement représenter une baisse temporaire ", a-t-il souligné. " Nous saurons si le pire est passé uniquement lorsque le nombre de cas aura commencé à baisser et pour l'instant ce n'est pas le cas ", a ajouté le porte-parole joint au téléphone. L'épidémie de choléra en Haïti a fait depuis la mi-octobre 4 030 morts, indique le dernier bilan du ministère de la Santé haïtien daté du 24 janvier. Depuis l'éclosion de la maladie, 209 034 personnes ont été officiellement infectées dans le pays, dont 117 930 hospitalisées. M. Epstein s'est félicité du fait que " les gens sont de mieux en mieux soignés ", mais a souligné que le " problème restait de traiter à temps les personnes vivant dans les zones les plus isolées du pays ". " Le nombre d'Haïtiens mourant du choléra s'est stabilisé dans l'ensemble des dix départements touchés par l'épidémie et connaît même dans certains une tendance à la baisse ", précise de son côté le Bureau de la coordination des Affaires humanitaires de l'ONU (OCHA). " Il reste toutefois difficile de savoir si l'épidémie a atteint son pic ", ajoute l'agence onusienne dans un communiqué. Par ailleurs, l'OPS enquête sur quatre cas de paralysie, dont trois mortels, survenus à Port-de-Paix (nord), chez des personnes qui avaient eu le choléra. " La polio a été l'une des premières hypothèses considérées ", indique dans un communiqué l'OPS. Toutefois, M. Epstein a indiqué qu'il y avait " 99 % de chances que ce ne soit pas la polio ". Les décès " pourraient être dus à un empoisonnement (...) ou au traitement reçu à l'hôpital, ils ne savent vraiment pas ", a-t-il ajouté.

jeudi 27 janvier 2011

La tension monte entre haïtiens et dominicains

Un incendie a détruit hier une maison de six chambres occupées par environ 60 travailleurs haïtiens dans le secteur de la Hoya del Caimito à Santiago, selon un rapport du service des incendies. Selon Rafael Monsanto, le porte parole des pompiers, quatre unités de pompiers sont intervenues pour éviter la propagation de l’incendie à d'autres maisons situées à proximité. Yamilka de León, le sous-intendant a fait savoir que le sinistre n’a fait aucune victime et qu’une enquête avait été ouverte pour déterminer l'origine de l'incendie. L’hypothèse d’un acte criminel n’est pas écartée...

Plusieurs cabanes appartenant à des haïtiens, ont été incendiées lundi à Barahona provoquant la mort d’un enfant haïtien de 3 ans. Selon le chef de police plusieurs des incendiaires auraient été identifiés, il s’agirait de Aquino Rivas (dominicain) et de Marzo Eliza et Johnny Pierre (descendants d’haïtiens). Selon le responsable de la police, Melvin Pierre, le père de la jeune victime, aurait attaqué précédemment, Victor Matos (42 ans) un gardien de ferme, d’origine dominicaine, pour lui voler son fusil. Les incendiaires auraient mis le feu à titre de représailles. Carlos Morales Troncoso, le Ministre dominicain des Affaires étrangères a qualifié cet acte de méprisable et incompatible avec la politique du gouvernement dominicain. Entre dimanche et lundi, au moins 160 haïtiens sans papiers, ont été rapatriés en Haïti, arrêtés par les membres du CESFRONT, de l’armée Nationale et d’agents de l’immigration, alors qu’ils tentaient de s’infiltrer sur le territoire dominicains. Les membres de la défense civile, la police et les pompiers ont récupéré dans la rivière Yaque au Nord de Santiago et à Bocas de Mao (Esperanza), les corps de deux immigrants d'origine haïtienne, un homme et une femme apparemment noyés. Une enquête a été ouverte. L’une des victime a pu être identifié, il s’agirait d’un haïtien répondant au nom de Jean Eole, âgé de 25 ans.

Les sociologues dominicains Bridget Wooding et José Antinoe Fiallo Billini considèrent que la multiplication des incidents observés ces derniers jours en République Dominicaine, sont graves et ne contribuent nullement au bonnes relations entre les deux pays, mais qu’au contraire ils crées plus de tensions et d’inquiétude. Pour José Antinoe Fiallo Billini « Les problèmes fondamentaux des deux pays ne s'arrêtent pas aux situations qui se présentent avec un immigrant, c’est la structure même de la société dominicaine, d’oppression et d’exclusion, qui est en cause. Ces incidents pourraient avoir des répercussions internationales sur divers intérêts du pays. » Les deux sociologues jugent urgent que le pays prennent des mesures pour prévenir l’augmentation de tels actes, qui démontrent l’importance au niveau politique, de maintenir la Paix entre les deux pays.

mercredi 26 janvier 2011

Probable second tour vers le 20 mars

Le second tour des élections présidentielles et législatives pourrait se tenir aux alentours du 20 mars prochain.

Le Conseil Électoral Provisoire (CEP) dispose à présent d’une ébauche de calendrier à mettre en œuvre pour la réalisation du second tour, ajoute la même source, qui confirme également la publication des résultats du premier tour au cours de la première semaine de février. Cette information concorde avec l’annonce faite le 24 janvier par le chef de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti (MINUSTAH), Edmond Mulet. Ce dernier s’est adressé à la presse après avoir rendu visite aux membres du CEP en compagnie de plusieurs diplomates, dont l’ambassadeur américain Kenneth Merten et des représentants de l’Union Européenne, l’Espagne et le Brésil.

Les résultats attendus par la communauté internationale supposent un second tour entre Mirlande Manigat et Michel Martelly, écartant le candidat du pouvoir Jude Celestin, tel que recommandé par la mission d’évaluation de l’OEA. Par ailleurs, on apprend que la Mission d’experts juridiques de l’Organisation des États Américains (OEA) pour l’accompagnement de la phase contentieuse de l’élection présidentielle est présente en Haiti. Arrivée le 22 janvier en Haiti, la mission s’est réunie le 24 janvier avec le CEP afin de discuter des modalités de son travail, informe l’OEA. Composée de quatre experts juridiques en provenance du Canada, du Chili, du Mexique et de l’Uruguay, la mission assistera aux auditions du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN) portant sur l’élection présidentielle pour évaluer le processus, faire les observations et les recommandations correspondantes et, au besoin, fournir une assistance technique juridique sur la phase contentieuse à la demande du CEP.

mardi 25 janvier 2011

Retrait du candidat du pouvoir

Le candidat du pouvoir à la présidentielle haïtienne, Jude Célestin, accusé d'avoir bénéficié de fraudes au premier tour, va retirer sa candidature, a déclaré ce mardi un sénateur de son parti, après deux mois de crise post-électorale.

Jude Célestin " va écrire au Conseil électoral provisoire (CEP) pour lui signifier son retrait ", a indiqué à l'AFP Moïse Jean-Charles, sénateur du parti Inité ("Unité" en créole) du président sortant René Préval. L'annonce officielle de M. Célestin devrait être faite dans un communiqué à un moment non précisé. Le parti au pouvoir a prévu d'organiser une conférence de presse mercredi après avoir dans un premier temps prévu de la réunir mardi. Depuis le premier tour de la présidentielle du 28 novembre, Haïti est plongé dans une crise politique liée à la qualification pour le second tour, aux côtés de l'ex-Première Dame Mirlande Manigat, du candidat du pouvoir, selon les résultats préliminaires diffusés par le Conseil électoral. Ces résultats ont été contestés, parfois violemment, sur fond d'accusations de fraude, par les partisans de Michel Martelly, candidat arrivé troisième, à quelques milliers de voix seulement de Jude Célestin. Une mission d'experts internationaux de l'Organisation des Etats américains (OEA), chargée d'examiner le processus électoral, a recommandé d'écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly. Mais ni le Conseil électoral, ni M. Préval n'ont encore tranché la question, empêchant l'organisation du second tour qui devait se tenir le 16 janvier. Et le retour récent et mystérieux de l'ex-dictateur Jean-Claude Duvalier après 25 ans d'exil n'a fait qu'ajouter à la confusion et aux spéculations.

Mardi matin, un autre sénateur du parti au pouvoir, Joseph Lambert, coordonnateur national du parti présidentiel, a annoncé le premier le retrait de M. Célestin. " Nous envisageons le retrait de la candidature de M. Célestin quels que soient le cas de figure et les résultats qui seront publiés par le Conseil électoral ", a-t-il déclaré à Radio Métropole. M. Lambert a d'autre part indiqué que sa formation politique pourrait appuyer l'un ou l'autre des candidats admis au second tour. " De toutes les façons, nous sortirons gagnants, car Inité va remporter les législatives et le prochain président devra cohabiter avec nous ", a-t-il soutenu. Cette sortie d'un des leaders du parti au pouvoir intervient au lendemain d'un appel lancé par des représentants de la communauté internationale, emmenés par Edmond Mulet, représentant en Haïti du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, pour que le Conseil électoral disqualifie Jude Célestin au profit de Michel Martelly. Si ce retrait se confirme, le second tour opposera M. Martelly, un chanteur populaire mieux connu sous son nom d'artiste de " Sweet Micky ", à l'ex-première Dame septuagénaire Mirlande Manigat.

Resterait à fixer la date de cette échéance. Alain Le Roy, chef des forces de maintien de la paix de l'ONU, a déclaré il y a quelques jours que les résultats définitifs du premier tour seraient probablement annoncés le 31 janvier, " de manière à organiser le second tour à la mi-février ". Le mandat de M. Préval s'achève théoriquement le 7 février. Le Conseil électoral s'est réuni mardi pour examiner les recours déposés contre les résultats du premier tour. Une nouvelle mission de l'OEA arrivée à Port-au-Prince pour appuyer ce processus s'est entretenue lundi soir avec les membres du Conseil électoral.

lundi 24 janvier 2011

Le président Préval veut que Duvalier réponde de ses actes

L'ancien dictateur Jean-Claude Duvalier doit répondre de ses actes devant la justice, a affirmé le président haïtien René Préval lors d'une visite surprise en République dominicaine voisine, au moment où Haïti est plongé dans une grave crise politique.

" La constitution (haïtienne) dit que toute personne doit répondre de ses actes devant la justice. Le gouvernement a déjà fait ce qu'il devait faire, maintenant nous attendons que la justice fasse son travail ", a déclaré le président haïtien, censé quitter le pouvoir le 7 février. Un des avocats de M. Duvalier, Me Reynold Georges, a réagi en assurant que M. Duvalier avait bien l'intention de " répondre aux questions de la justice ". Mais " cela ne veut pas dire qu'il est coupable ", a-t-il ajouté. M. Duvalier, 59 ans, chassé après quinze ans de pouvoir dictatorial par un soulèvement populaire en 1986, a débarqué inopinément en Haïti le 16 janvier. Six plaintes individuelles pour violation des droits de l'homme ont été déposées contre lui. Par ailleurs, il est poursuivi par la justice haïtienne pour corruption, détournement de fonds publics et association de malfaiteurs. Me Georges a assuré que M. Préval était " derrière (le) complot qui vis(ait) à traumatiser " son client. " M. Préval doit aller en prison pour tous ses méfaits, pour les millions volatilisés. Et il le sait très bien ".

M. Duvalier, qui s'était autoproclamé " président à vie ", affirme être revenu au pays pour " aider " Haïti, mais il semble surtout vouloir récupérer ses avoirs bloqués en Suisse. " Ce que (Duvalier) aimerait faire avec les fonds suisses c'est contribuer à la reconstruction du pays ", a reconnu vendredi un autre de ses avocats, Me Edwin Marger. " C'est une des raisons pour laquelle il est revenu (...). Il ne demande pas que quoi que ce soit lui soit rendu personnellement "Selon des experts et des associations de défense des droits de l'homme, M. Duvalier, alias " Baby Doc ", serait revenu en Haïti dans le cadre d'une manoeuvre qui lui permettrait de retrouver les quelques 5,7 millions de dollars déposés par sa famille sur des comptes en Suisse.

Mais, la justice haïtienne lui a interdit cette semaine de quitter le pays.

" Ce n'est pas mon rôle de dire si je suis d'accord (avec le retour de Duvalier) ", a encore dit M. Préval, rappelant que la constitution " interdit l'exil et établit que tout Haïtien a le droit de revenir dans son pays "M. Préval s'est rendu samedi avec son Premier ministre Jean-Max Bellerive à Saint-Domingue, où il a rencontré son homologue dominicain Leonel Fernandez pour parler de la crise politique en Haïti. Le tribunal électoral haïtien enregistre depuis vendredi les contestations nées du premier tour de la présidentielle du 28 novembre. Une mission d'enquête de l'Organisation des Etats américains (OEA) a conclu que des fraudes avaient faussé les résultats et recommandé d'exclure du second tour le candidat du pouvoir Jude Célestin et de qualifier le chanteur Michel Martelly pour un duel avec l'ex-Première dame Mirlande Manigat arrivée en tête.

Le Conseil électoral haïtien devrait annoncer les résultats définitifs du premier tour le 31 janvier.

Dimanche, une manifestation à l'appel d'une douzaine de candidats malheureux à la présidentielle demandait l'annulation pure et simple du premier tour. " Nous voulons des élections sans fraude ! ", " A bas la corruption, nous sommes fatigués ! ", pouvait-on lire sur les pancartes brandies par une grosse centaine de manifestants défilant dans les rues de la capitale Port-au-Prince.
Une femme devant un mur où il est inscrit " A bas les élections, à bas l'OEA, à bas Préval ", le 23 janvier à Port-au-Prince.

dimanche 23 janvier 2011

Appel à la manifestation de douze candidats à la présidence

Douze candidats à l'élection présidentielle haïtienne, qui demandent l'annulation du scrutin en raison des fraudes lors du premier tour, ont appelé la population à manifester dimanche dans la capitale Port-au-Prince.

En haut, Jacques-Édouard Alexis, Mirlande Manigat et Jude Célestin. En bas: Michel Martelly, Charles-Henri Baker et Jean-Henry Céant

Un de ces douze candidats, Charles Henry Baker, a déposé vendredi devant le tribunal électoral chargé de recueillir les contestations de l'élection du 28 novembre une demande d'annulation du scrutin, selon ses avocats, estimant qu'il avait été « truffé de fraudes et marqué par des irrégularités »« Il n'y a qu'une seule voie c'est l'annulation totale de l'élection », a affirmé un autre de ces douze candidats, Jean-Henry Céant. Le parti « Respect » de M. Backer, dont les appels sont suivis par les douze candidats demandant l'annulation du scrutin, demande dans un communiqué à « ses partisans, le secteur privé, la société civile, ainsi qu'à toute la population de porter leur soutien à une marche pacifique qui sera organisée ce dimanche »« Venez en nombre pour demander l'annulation totale et capitale de l'élection frauduleuse du 28 novembre 2010 », ajoute le communiqué, précisant que le rassemblement est prévu à partir de 9h.

Le tribunal électoral a commencé vendredi à écouter les premières contestations du scrutin, avant la publication des résultats définitifs du premier tour qui doivent désigner les deux candidats qui s'affronteront lors d'un second tour. La publication début décembre des résultats préliminaires donnaient l'ancienne Première dame Mirlande Manigat en première position suivie du candidat du pouvoir Jude Célestin. Ces résultats avaient déclenché la colère des partisans du chanteur populaire Michel Martelly, arrivé tout juste derrière M. Célestin et donc non qualifié pour un second tour. Après trois jours d'émeutes, le président sortant René Préval avait demandé à l'Organisation des Etats américains (OEA) de dépêcher une mission d'experts sur place afin d'évaluer le processus électoral. Le rapport des experts, publié la semaine dernière, qui a constaté des fraudes, suggère d'écarter M. Célestin du second tour au profit de M. Martelly.

samedi 22 janvier 2011

L'opposant haïtien Martelly menace de mobiliser ses partisans

Michel Martelly, candidat à la présidence d'Haïti, a prévenu vendredi qu'il enverrait ses partisans dans les rues si le conseil provisoire électoral ne le réintègre pas dans la course, ainsi que le demandent les Nations unies et l'Organisation des Etats américains (OEA).

D'après les résultats préliminaires du premier tour, le 28 novembre dernier, remporté par Mirlande Manigat, Michel Martelly a été écarté de la course pour moins de 7 000 voix au profit de Jude Célestin, candidat soutenu par le président sortant, René Préval. Mais une commission d'experts de l'OEA, invoquant des " irrégularités " dans ces résultats préliminaires, a demandé aux autorités haïtiennes de corriger ces scores et de retenir pour le second tour Mirlande Manigat et Michel Martelly. L'Onu, les Etats-Unis et l'Europe ont endossé ces conclusions. "Si le conseil provisoire électoral prend une autre décision, Haïti pourrait bien être confronté à une crise constitutionnelle, avec le risque de désordres considérables et d'insécurité", prévenait jeudi devant le Conseil de sécurité des Nations unies le chef de la mission de l'Onu en Haïti, Alain Le Roy. Michel Martelly, dont les partisans ont déjà manifesté violemment après la publication des résultats préliminaires, le 7 décembre, a déclaré vendredi que sa présence au second tour n'était pas négociable. " Nous disons que le conseil électoral doit appliquer les recommandations des experts (de l'OEA). Nous sommes prêts à nous battre jusqu'au bout ", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince. " Si elles ne le sont pas, la population est prête à descendre dans les rues et nous les accompagnerons pour défendre leurs voix ". Le conseil électoral pourrait proclamer les résultats définitifs du premier tour à la fin du mois. Des représentants de l'Onu espèrent que le second tour pourra avoir lieu à la mi-février.

vendredi 21 janvier 2011

Une époque à ne pas oublier

Dossiers complets sur les prisonniers politiques en Haïti sous Jean Claude Duvalier

jeudi 20 janvier 2011

L'épidémie de choléra se ralentit avec un total proche de 4 000 morts

L'épidémie de choléra en Haïti continue de ralentir, avec huit décès par jour la semaine dernière, pour un total de 3 889 morts au 16 janvier, indique le dernier bilan du ministère de la Santé haïtien divulgué mercredi.

Depuis l'éclosion de l'épidémie à la mi-octobre, 194 000 personnes ont été officiellement infectées dans le pays le plus pauvre de l'hémisphère nord, dont 109 000 ont été hospitalisées. La progression enregistrée entre le 12 et le 16 janvier a été la plus lente en trois mois, souligne un graphique des autorités. Quelque trois décès ont été comptabilisés le 15 janvier, soit le chiffre le plus faible depuis la mi-octobre, contre plus de 70 le 27 décembre et plus de 105 le 19 décembre, selon le document.

Les intentions floues de Jean-Claude Duvalier

Les Haïtiens ont été surpris par le retour de Jean-Claude Duvalier, qui avait succédé en 1971 à son père François Duvalier et que les Haïtiens surnomment " Baby Doc ". L'incertitude régnait mercredi 19 janvier soir sur d'éventuels objectifs politiques de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier après son retour surprise dimanche dans le pays, où des plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées à son encontre.

Jean-Claude Duvalier dément

Jean-Claude Duvalier a indiqué mercredi qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir dans le processus électoral en cours en Haïti, démentant des déclarations faites plus tôt dans son entourage. " Je démens, de la manière la plus formelle qui soit, toutes déclarations politiques (...) qui me seraient imputées par un prétendu porte-parole, et faisant tout particulièrement allusion à des scénarios en relation avec le processus électoral en cours en Haïti ", a déclaré Jean-Claude Duvalier dans un communiqué portant sa signature et transmis à par sa compagne Véronique Roy. Ces propos contredisent les déclarations d'Henri-Robert Sterlin, ancien ambassadeur d'Haïti à Paris et qui faisait office de porte-parole. Henri-Robert Sterlin avait expliqué que le retour de " Baby Doc ", après 25 années d'exil en France, visait à provoquer l'organisation d'une nouvelle élection présidentielle, les résultats du premier tour du 28 novembre étant contestés. " Il faut tout bouleverser pour qu'on annule les élections ", a-il déclaré. " Et qu'après il y ait de nouvelles élections générales où Jean-Claude Duvalier se présente. Et là, bingo " (il est élu). Un avocat de François Duvalier, Me Reynold Georges, avait pour sa part indiqué mercredi matin qu'il " fera de la politique ". Au-delà du processus électoral en cours, Jean-Claude Duvalier ne précise pas dans son communiqué s'il exclut de jouer un rôle politique à l'avenir en Haïti. Il s'était borné jusqu'ici à déclarer qu'il était venu " pour aider " les Haïtiens.

Plaintes pour crimes contre l'humanité

L'ancien dictateur, 59 ans, est tenu responsable par des organisations internationales de défense des droits de l'homme de la mort de milliers d'opposants sous sa présidence (1971-86). Mercredi, quatre plaintes pour crimes contre l'humanité ont été déposées contre lui devant la justice haïtienne. La journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, a annoncé avoir porté plainte pour " séquestration arbitraire, exil, destruction de biens privés, torture physique et morale, violation des droits civils et politiques ". Baby Doc est déjà inculpé depuis mardi de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs.

mercredi 19 janvier 2011

Duvalier inculpé de corruption et détournements de fonds

L'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier a quitté " libre " le Palais de justice de Port-au-Prince hier en fin d'après-midi tout en restant " à la disposition de la justice ", après avoir été inculpé de corruption, un de ses avocats. Duvalier est ressorti de sa comparution sans menottes, accompagné de sa femme Véronique Roy.

Lorsqu'un journaliste lui a demandé comment il se sentait, l'ancien président a répondu " bien ". Le couple s'est ensuite engouffré dans une voiture, escortée par des véhicules de la police. Jean-Claude Duvalier, alias " Baby Doc ", a été inculpé de corruption et de détournements de fonds commis sous sa présidence (1971-86) lors de son audition. L'ancien président était revenu inopinément dimanche à Port-au-Prince après 25 ans d'exil en France.

Pas de passeport pour Aristide

L'ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide, exilé en Afrique du Sud, a tenté d'obtenir un nouveau passeport des autorités de son pays pour retourner en Haïti mais sa demande a été rejetée, a affirmé un avocat suivant le dossier de près.

M. Aristide, qui a quitté le pouvoir en 2004 suite à un coup d'Etat, " a demandé un renouvellement de son passeport ", afin de pouvoir retourner en Haïti, a indiqué l'avocat, Brian Concannon. " Le gouvernement haïtien s'est opposé à ce renouvellement ", a ajouté Me Concannon, en outre directeur de l'Institut pour la Justice et la Démocratie en Haïti, basé à Boston (nord-est des Etats-Unis). " Aristide a le droit de retourner dans son pays, mais on lui interdit (..). Aux dernières nouvelles, il est en Afrique du Sud sans passeport pour pouvoir revenir ", a souligné l'avocat lié à l'ancien président.

Le jardin d'enfants en construction avec Timoun d'Haïti


Heureux contraste par rapport aux informations très répandues, des associations travaillent concrétement sur le terrain. Pourquoi ne pas montrer davantage ce qui se passe positivement en Haïti ?




mardi 18 janvier 2011

Duvalier est-il le bienvenu ?

Logé à l’hôtel Karibe, l’un des hôtels les plus chics du pays, sur les hauteurs de Pétion-Ville, le « président à vie », comme il s’est nommé lui-même à l’époque, savoure son « coup ». Il ne lui a pas échappé que parmi les gens venus le saluer à l’aéroport se trouvaient des sympathisants des trois principaux candidats à la présidence, Mirlande Manigat, Michel Martelly et Jude Célestin, le dauphin de l’actuel président René Préval. D’ailleurs certains observateurs politiques se demandent si l’arrivée de Duvalier n’a pas été orchestrée par Préval, d’autant que l’oncle de Célestin, Rony Gilot, a été ministre de l’Information sous Jean-Claude Duvalier. Or, Jude Célestin est justement le candidat que l’Organisation des Etats américains (OEA) recommande d’écarter au deuxième tour, au profit du chanteur populaire Michel Martelly.

Un justiciable comme les autres ?

Sur les ondes des radios haïtiennes, beaucoup de gens interrogés dans la rue se réjouissaient du retour de « Baby Doc ». Mais d’autres rappelaient à la population l’héritage sombre des années Duvalier (1971-1986). Parmi eux, la veuve du journaliste Jean Dominique, assassiné en 2000. Des organisations de défense des droits de l’homme ont d’ailleurs appelé les autorités haïtiennes à traduire en justice l’ancien président. Ainsi, le RNDDH (Réseau national de défense des droits humains, une organisation haïtienne), souhaite que Jean-Claude Duvalier réponde devant la justice des nombreux crimes et des vols qu'il a commis durant son règne.

Pour l’instant, le gouvernement haïtien ne s’est pas encore prononcé sur ce sujet sensible. Seul commentaire lapidaire du Premier ministre Jean-Max Bellerive à propos de la venue de Duvalier : « C’est un Haïtien et il ne va pas déstabiliser le pays ».

Une nostalgie des années Duvalier

Il est difficile à croire cependant que « Baby Doc » a choisi la date de son retour par pur hasard, le jour même où l’OEA s’apprêtait à finaliser les résultats du premier tour en accord avec le président Préval. Mais quel rôle jouera-t-il dans le processus électoral ? On en saura plus dans les jours qui viennent. Ce qui est sûr c’est que beaucoup d’Haïtiens ressentent une certaine nostalgie du gouvernement Duvalier. « Au moins, à l’époque, les rues étaient propres, on pouvait se promener en toute sécurité et les services publics fonctionnaient correctement », remarque un diplomate européen qui vit à Port-au-Prince depuis trente ans. Reste à savoir comment les jeunes Haïtiens (50 % de la population a moins de 18 ans), qui n’ont connu que les coups d’Etats et la précarité, accueilleront l’ancien président. Chevalier blanc ou vieux fantôme du passé ? Jean-Claude Duvalier n’a pour l’instant donné aucune indication sur le rôle qu’il envisage de jouer sur la scène politique de son pays. Selon l’ambassade française à Port-au-Prince, l’ancien président haïtien possède un billet de retour pour la France le 20 janvier.

lundi 17 janvier 2011

L'école de Jacmel devrait bientôt rouvrir ses portes

Le poète de la route de Roubia veut « rendre intelligible l'âme des lieux en Haïti en matière de coopération internationale ». D'importantes sommes (11 milliards en tout) avaient été récoltées en mars 2010. Les Lézignanais avaient répondu nombreux à l'appel lancé et rempli l'urne posée à cet effet à la mairie. Ils se demandent où en est la reconstruction de l'école de Jacmel, la ville natale de René Depestre. C'est ce projet qui avait surtout guidé leur générosité, parce que René Depestre est citoyen d'honneur de la ville et qu'ils en sont fiers.

Depuis son « Havre de paix », l'écrivain franco-haïtien reste en contact étroit avec Gérard Borne, directeur du centre culturel Alcibiade Pommayrac, qui gère lycée, collège et école primaire. Cette école, où René Depestre a appris à lire et à écrire, voici 80 ans, s'est effondrée lors du séisme du 12 janvier 2010. Elle est maintenant reconstruite, (aux normes antisismiques) et va ouvrir sous peu. Depuis un an, les élèves étudient sous une tente. Les autres établissements culturels de Jacmel n'ont pas été touchés.

La culture avant tout

Malgré le chaos qui règne sur l'île, les enseignants ont continué leur travail. Les choses de l'esprit sont essentielles dans un pays riche en intellectuels de valeur : « La culture est debout », affirme René Depestre. Un pays, précise-t-il, qui doit « être refondé, plus encore que reconstruit ». Il faut commencer par l'instruction. C'est pourquoi les écoles sont prioritaires dans la longue liste des travaux urgents. Le palais, la cathédrale, les maisons d'habitations restent encore en ruine. « La manne financière tarde à être versée, car les donateurs veulent envoyer les fonds à des Haïtiens sérieux, crédibles. Les aides sanitaires et alimentaires ont été apportées. Pour le reste, on attend les élections, avec l'espoir, pour moi, que Mirlande Maniga, qui est sortie en tête du premier tour, soit élue. Elle saura s'entourer de gens compétents. Je l'ai eue récemment au téléphone. Elle me demandait d'être son conseiller, mais à bientôt 85 ans, ce n'est pas possible pour moi ! J'ai une grande confiance en elle. Elle saura prendre à bras le corps la tragédie haïtienne ».

Deux ouvrages de René Depestre vont sortir

En attendant, les critiques fusent en direction de la communauté internationale : « On parle même de déshonneur, devant le fait que Port-au-Prince, se trouve, un an après, dans l'état où le séisme l'a laissé. Or, pouvait- on verser ces sommes énormes à des interlocuteurs aussi peu valables que les membres de l'actuel gouvernement ? Les donateurs ne voudront investir durablement dans un pays sans état à sa tête ! », souligne René Depestre, qui reste cependant optimiste. Haïti en a vu de toutes les couleurs, depuis qu'elle s'est libérée de l'esclavage. (D'ailleurs, elle n'a été réellement indépendante que quelques lustres !) Et elle s'est toujours relevée de ses multiples catastrophes. Dans son livre Souci d'un Haïti debout, qui va paraître avant l'été, inspiré par le drame de son pays natal, il veut « rendre intelligible le chaos permanent, de 1692 à nos jours ». Un autre ouvrage, écrit avant le séisme, sortira aussi prochainement : Une gomme pour le crayon du Christ. René Depestre utilise son arme favorite, l'écriture. Comme tous les intellectuels de son « île naufragée », il espère qu'enfin ils auront une influence effective sur la société civile et le monde politique. Il souhaite que « les atouts actuels - la présence d'Obama à la Maison Blanche, les progrès de la civilité et de la solidarité mondiales - permettront à Haïti de créer un vrai état, capable de coordonner les actions des 10 000 ONG, qui y sont présentes, et de fixer des tâches à chacun. » Mais, réaliste, il ajoute : « Il faudra bien une génération entière pour y parvenir ! »
Le Midi libre - Noëlle Diamant-Berger

dimanche 16 janvier 2011

25 ans après avoir été renversé, Jean-Claude " Baby Doc " Duvalier revient en Haïti

Un quart de siècle après avoir été contraint à l'exil par une révolte populaire, l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier est revenu à Port-au-Prince dimanche 16 janvier. Le retour surprise de " Baby Doc ", qui a longtemps vécu en exil sur la Côte d'Azur, va encore compliquer la situation en Haïti. Ravagé par un tremblement de terre dévastateur il y a un an, frappé par une épidémie de choléra, ce pays est plongé dans une crise politique à la suite d'élections entachées de fraudes à la fin novembre. A sa descente d'avion, l'ancien " président à vie " âgé de 59 ans a déclaré être revenu " pour aider le peuple haïtien et lui témoigner sa solidarité "Arrivé avec sa compagne française Véronique Roy, il a été accueilli par quelques centaines de partisans massés devant l'aéroport. Aucune autorité n'avait réagi dimanche soir à son retour. Il y a trois ans, M. Duvalier avait envoyé un message à plusieurs radios haïtiennes faisant part de son souhait de rentrer en Haïti et demandant " pardon au peuple haïtien pour les erreurs commises durant son règne ". Le président René Préval avait répliqué qu'il devrait répondre à la justice pour les assassinats d'opposants politiques et le détournement de millions de dollars.

Accusé d'avoir détourné plus de 100 millions de dollars

" Baby Doc " était arrivé au pouvoir en 1971, à l'âge de 19 ans, à la mort de son père le dictateur François Duvalier. Surnommé " Papa Doc ", François Duvalier avait créé une milice, les Tontons macoutes, qui faisait régner la terreur. Des milliers d'opposants ont été torturés, assassinés ou contraints à l'exil. Sous la pression du président américain Jimmy Carter, " Baby Doc " a adouci la répression et entrepris une timide libéralisation du régime. Mais les exactions des Tontons macoutes ont continué, la corruption s'est étendue.


Le mariage de Jean-Claude Duvalier avec Michèle Bennett, une riche mulâtresse, a marqué la fin des mesures d'ouverture. L'ancien couple présidentiel est accusé d'avoir détourné plus de 100 millions de dollars de fonds publics. Le reliquat de ces sommes, 6,2 millions de dollars, placé dans des banques suisses, a été gelé par un tribunal de Genève en 2007. En février 2010, la justice suisse est revenue sur sa décision, autorisant la famille Duvalier à disposer de 4,6 millions de dollars.

Flou électoral

Le retour de Jean-Claude Duvalier pourrait précipiter celui de Jean-Bertrand Aristide, l'ancien président exilé en Afrique du Sud depuis 2004. Le deuxième tour des élections, qui devait avoir lieu ce dimanche, a été reporté sine die, après les violences et les contestations qui ont suivi l'annonce des résultats provisoires du premier tour. Le conseil électoral avait annoncé que le deuxième tour de la présidentielle serait disputé par la juriste Mirlande Manigat et le poulain du président Préval, Jude Célestin, provoquant la colère des partisans du chanteur Michel Martelly, placé en troisième position.

Une mission d'experts de l'Organisation des Etats américains a recommandé d'écarter Jude Célestin du deuxième tour, au profit de M. Martelly. Ni le président Préval, ni le conseil électoral ne se sont encore prononcés sur cette suggestion. Alors que son mandat prend fin le 7 février, M. Préval a laissé entendre qu'il pourrait rester à son poste jusqu'en mai prochain.
Le Monde - Jean-Michel Caroit

samedi 15 janvier 2011

Le rapport sur les fraudes électorales embarrasse le pouvoir

L’Organisation des Etats américains a rendu un rapport qui préconise le retrait au second tour de la présidentielle de Jude Célestin. Les fraudes importantes constatées par les experts de l’OEA semblent le disqualifier.

Le rapport présenté jeudi au président haïtien est plus qu’embarrassant pour le parti au pouvoir. Son candidat officiel, Jude Célestin, ne serait parvenu à se hisser au second tour que grâce à des « fraudes importantes ». La candidate Mirlande Manigat était arrivée en tête le 28 novembre dernier, suivie par Jude Célestin. Un résultat surprenant, puisqu’il a exclu le chanteur Michel Martelly que les premières estimations donnaient présent au second tour. Le rapport de l’OEA n’a pas encore été rendu officiellement public, mais les fuites orchestrées dans la presse indiquent qu’il préconiserait d’annuler 17 000 voix en faveur de Jude Célestin. Or, celui-ci précède Michel Martelly d’une petite avance de 7 000 voix. Cela revient donc à éliminer du second tour le candidat du pouvoir pour le remplacer par le très populaire chanteur de Compas, « Sweet Micky », alias Michel Martelly.

Embarras du gouvernement

Ceci explique sans doute pourquoi le président haïtien René Préval a déjà émis des réserves sur les conclusions de ce rapport. Sa réaction illustre l’embarras du gouvernement et les difficultés du processus électoral, pour l’instant bloqué dans l’attente de la publication officielle des résultats du premier tour par le Conseil électoral provisoire. « Notre espoir est que chacun comprenne que les conclusions du rapport de l’OEA, quels qu’ils soient, vont assurer la transparence nécessaire et que nous pourrons ainsi avancer dans le processus électoral et redonner confiance au peuple haïtien, a déclaré Kenneth Merten, l’ambassadeur des Etats-Unis en Haïti. Le rapport, pour ce que j’ai pu en lire dans la presse, donne des recommandations sur les points importants qui doivent être réglées avant le prochain tour des élections. » Le prochain tour des élections a été repoussé à une date indéfinie. Il est donc peu probable qu’il puisse y avoir un nouveau président le 7 février prochain. Le président sortant, René Préval, a annoncé qu’il resterait en place tant que le processus électoral n’aura pas été conduit à son terme.
Auteur : Jean-Michel Bos/ Edition : Philippe Pognan

vendredi 14 janvier 2011

Le candidat du pouvoir serait écarté du deuxième tour

Le rapport des experts de l'Organisation des Etats américains (OEA) sur le premier tour contesté de l'élection présidentielle haïtienne du 28 novembre a été remis officiellement jeudi au président sortant René Préval, a indiqué la présidence.

" Le rapport est remis par une délégation des experts de l'OEA au président René Préval accompagné du Premier ministre Jean-Max Bellerive ", a expliqué la présidence haïtienne, sans se prononcer sur le contenu du document. Selon une copie du rapport, les experts recommandent d'écarter le candidat du pouvoir Jude Célestin, arrivé en deuxième position à l'issue du premier tour, au profit du chanteur populaire Michel Martelly. Les résultats préliminaires publiés par le Conseil électoral provisoire haïtien avaient provoqué des manifestations violentes de partisans de M. Martelly qui avaient dénoncé des fraudes massives en faveur de M. Célestin.

Un groupe de douze candidats à la présidence continue d'exiger l'annulation des élections, entachées, selon eux, de fraudes. L'ex-première dame d'Haïti Mirlande Manigat était arrivée en première position dans la course présidentielle. Il y a peu de chances pour que le deuxième tour de la présidentielle ait lieu dimanche comme prévu. En début de semaine, René Préval avait indiqué qu'il ne pourrait pas quitter le pouvoir comme prévu " le 7 février parce qu'il n'y aura pas un président élu " pour le remplacer.

jeudi 13 janvier 2011

Un monument à la mémoire des victimes

Le 12 janvier 2011 a été essentiellement marqué à Port-au-Prince par des moments de prière et de recueillement. Et les places publiques ou les ruines des églises et cathédrale sont servi de cadre pour ces différentes cérémonies au nombre desquelles, la pose de la première pierre de la « Place du 12 janvier ».

Pour graver à jamais ce moment tragique de l’histoire, le président René Préval, a voulu l’érection d’un monument à la « Place du 12 janvier 2010 ». Un monument à la mémoire des quelque 230 000 victimes du séisme, parmi lesquelles 18 000 employés de la fonction publique. Le 12 janvier 2011 a donc eu lieu, sur le site abritant naguère la Direction Générale des Impôts (DGI), la pose de la première pierre dudit monument. 


Le choix de cet espace comme lieu de recueillement et de méditation se justifie par le fait que « plusieurs employés, dont le directeur général de la DGI, Jean Frantz Richard, et le Porte-parole Lustin Murray junior, y ont trouvé la mort alors qu’ils étaient encore au travail »


Autre justificatif, la DGI devra être « un symbole de la vie économique du pays », comme l’a indiqué le président Préval dans son discours, en présence de l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU en Haïti, Bill Clinton. L’occasion pour le chef de l’Etat d’appeler ses compatriotes à faire preuve de courage pour reconstruire le pays, et la communauté internationale à maintenir la solidarité dont elle a fait particulièrement montre au cours de l’année dernière. Pour sa part, le Directeur général de la DGI, Robert Joseph, a mis l’accent sur la nécessité de « s’engager en vue d’éviter que d’autres éventuelles catastrophes naturelles n’aient autant d’ampleur et de travailler à l’amélioration de notre existence de peuple ».

Autre moment fort de la journée, la messe qui a été célébrée dans les ruines de la cathédrale de Port-au-Prince. Et au nombre des personnalités et membres de la classe politique présentes se trouvaient le Premier ministre Jean Max Bellerive, la Première dame Elizabeth Préval, la candidate à la présidence Mirlande Manigat et la star internationale, Wyclef Jean. Y ont aussi pris part des représentants du corps diplomatique accrédités en Haïti, notamment l’ambassadeur de France, Didier Lebret.





Le peuple haïtien, protagoniste de son avenir

Dans un message d’« espérance » adressé à la population haïtienne, dans les ruines de la cathédrale, par son envoyé spécial, le Cardinal Robert Sarah, le Pape Benoit XVI a souhaité que le peuple haïtien soit « le premier protagoniste de son histoire actuelle et de son avenir »Dans un pays où « la joie de vivre semble avoir été brisée », le Pape a invité les Haïtiens de quelque secteur que ce soit à œuvrer en vue du « bien commun » et à rejeter l’indiscipline morale, le désordre politique, la corruption et la violence qui représentent « des obstacles à l’essor économique et social ». « Il faut que quelque chose change dans ce pays », a aussi insisté le président du Conseil pontifical du Vatican, reprenant le message adressé à Port-au-Prince, en mars 1983, par feu le pape Jean Paul II.

Quant à la jeunesse, il l’a exhortée à ne pas se laisser entrainer par des politiques « avides de pouvoir ». « Votre champ de bataille c’est l’école et les centres de formation universitaire et professionnelle » et non les rues, a soutenu le cardinal Sarah. Estimant qu’il était temps de reconstruire en Haïti, « non seulement les structures matérielles mais surtout la cohabitation civile, sociale et religieuse », le représentant du Pape Benoit XVI a invité la communauté internationale à maintenir son aide à la nation haïtienne. « Haïti a encore énormément besoin de l’aide et de la solidarité internationale », a-t-il souligné en présence de quelque centaines de fidèles. La veille, le président René Préval avait déposé une couronne de fleurs devant les milliers de croix noires plantées dans la zone de Saint Christophe, sur la nationale #1, où furent inhumées, dans une fosse commune, des dizaines de milliers de victimes.
Rédaction : Pierre Jérôme Richard



mercredi 12 janvier 2011

Une société textile sud-coréenne va investir à Haïti et créer 20 000 emplois

Une société textile sud-coréenne, Sae-A Trading, va construire une usine à Haïti et créer jusqu'à 20 000 emplois, devenant ainsi le plus important employeur du secteur privé, a-t-elle indiqué mercredi, un an jour par jour après le séisme qui a ravagé le pays.

Sae-A Trading, basée à Séoul, va investir 78 millions de dollars US dans le North Industrial Park, un vaste complexe textile qui sera construit sur la côte nord de l'île. Ce parc industriel, d'un coût total de 2,5 milliards de dollars US, sera développé par les gouvernements haïtien et américains (à hauteur de 120 millions USD pour ce dernier) et la Banque de développement inter-américaine (pour 50 millions USD), a précisé la société coréenne. " Nous voyons cela comme une immense opportunité pour investir et croître. Nous espérons que nos exportations doubleront le volume total des exportations textiles de Haïti d'ici les huit prochaines années " , a déclaré le PDG de la firme, W.K. Kim.

Le projet comprend également la construction de routes et de ports

Dans un communiqué séparé, le département d'Etat américain a affirmé que cette société sud-coréenne deviendrait le plus important employeur du secteur privé en Haïti. Sae-A fabrique des vêtements notamment pour les firmes américaines Wal-Mart, Target et Gap, les espagnols Mango et Zara et le japonais Uniqlo. Il possède une suine au Nicaragua et en construit d'autres en Indonésie et au Vietnam. " Former quelque 20 000 personnes ne sera pas un petit défi. Cela va créer de nouvelles opportunités pour le secteur de la formation ", a ajouté M. Kim. Le centre industriel est prévu pour entrer en activité au premier trimestre 2012 et emploiera à terme environ 65 000 personnes. En 2009, les exportations textiles de Haïti vers les Etats-Unis se sont élevées à 512 millions USD, représentant 90 % des exportations totales du pays et 10 % de son produit intérieur brut.

Un an après le séisme, Haïti toujours en ruines

Rien n'a changé ou presque à Port-au-Prince, un an après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010. On ne saurait imaginer symbole plus tragique du malheur haïtien que le palais national, au coeur de Port-au-Prince. Frappé, à l'instar de centaines de bâtiments de la capitale, par le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l'édifice d'inspiration Renaissance s'est partiellement affaissé, comme un soufflé trop cuit. Depuis, rien n'a changé. Un an plus tard, les pelouses qui entourent la résidence du chef de l'État sont toujours soigneusement entretenues, mais la ruine est restée telle quelle.


Et tout Port-au-Prince est à l'unisson : ravagé et laissé en l'état, comme si le séisme avait aussi arrêté le temps. On s'est contenté de ceinturer la cathédrale, ou ce qu'il en reste, de grillages. Les gravats des maisons qui se sont effondrées n'ont que rarement été déblayés. Les immeubles qui ont basculé sur leur base continuent à dresser leur silhouette de tour de Pise du pauvre en attendant la démolition, tout comme ceux qui, en apparence, sont intacts mais dont la structure irrémédiablement fragilisée ne résisterait pas à une nouvelle secousse et qui ont donc été désertés.

Un an sous une tente

Les raisons de cet effarant attentisme sont multiples : désorganisation des services officiels, disparition des propriétaires ou destruction des documents administratifs dans la catastrophe, incapacité des habitants à assumer les frais de déblaiement, arrivée tardive des fonds promis par la communauté internationale etc. Et comme il ne saurait être question de reconstruire avant que les ruines soient évacuées, les habitants de Port-au-Prince attendent depuis un an sous leur tente de fortune avec le fatalisme de ceux à qui on ne la fait plus.

Selon l'organisation internationale pour les migrations (OIM) 810 000 personnes réparties dans quelque 1 100 camps vivent ainsi sous des bâches fournies par l'ONU ou des ONG. Jardins publics, parkings ; tous les espaces libres ont été mis à profit, à commencer par le Champ de Mars, la place principale qui fait face au palais national. Il faut imaginer, à Paris, la place de la Concorde, les jardins du Luxembourg, l'esplanade du Trocadéro, les bois de Boulogne et de Vincennes, saturés de campeurs malgré eux, pour imaginer ce que vivent depuis le début de l'année dernière ceux des habitants de Port-au-Prince qui ont perdu leur logement.

Survivre est un but en soi

Dans cette ville enfiévrée par la promiscuité, la chaleur, le manque d'hygiène et l'oisiveté, survivre est déjà un but en soi pour ceux qui ont tout perdu. Ils n'y parviennent bien souvent que grâce à l'aide internationale, l'État haïtien étant impuissant face à l'ampleur de la tâche. De la lutte contre le choléra à la scolarisation des enfants en passant pas la distribution de nourriture pour les plus démunis, les organisations humanitaires financent à peu près tout, mais leur action relève toujours du domaine de l'urgence. La plupart des experts sont d'ailleurs d'accord sur un point : il ne faut pas espérer un retour à un semblant de normalité avant au moins dix ans.

Et pendant ce temps-là, la guerre des âmes fait rage. Dans ce pays profondément religieux, où le catholicisme et le culte vaudou ont fini par cohabiter tant bien que mal, les églises évangéliques et méthodistes américaines se livrent à un prosélytisme effréné pour conquérir ce qui semble s'apparenter à leurs yeux à de nouvelles parts de marché. Succès garanti auprès d'un peuple qui ne sait plus à quel saint se vouer.
Le Point - Yves Cornu

mardi 11 janvier 2011

Un message de Yolette à la veille de l'anniversaire du séisme


" Je voudrais profiter de cette occasion pour vous souhaiter encore TOUT CE QU'IL Y A MEILLEUR POUR 2011. Je veux aussi vous remercier pour votre accueil chaleureux lors de mon passage en France. A mon retour ici je suis tombée dans le marasme des évènements incroyables occasionnés par les élections frauduleuses et je n'ai pu savourer vraiment mes bons souvenirs de ce séjour parmi vous. OUI JE ME SOUVIENS ET ME SOUVIENDRAI TOUJOURS DES BONS MOMENTS de cette visite, car en plus de pouvoir maintenant marier noms et visages, je peux aussi sans aucune crainte évoquer avec les autres ici la générosité, le souci d'aider et la grande amitié que vous nourrissez pour nous en Haiti. Merci pour l'accueil, merci de nous comprendre et merci de manifester le désir de continuer le chemin avec nous. La vie n'est pas facile ici, mais sachant avec quel dévouement vous vous battez pour nous, nous donne la force d'avancer. "




En photo le Conseil d'administration de Timoun d'Haïti réuni le soir même a pris connaissance du message de Yolette et qui est de tout cœur avec elle et tous les Haïtiens à la veille du terrible anniversaire.