contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

dimanche 31 octobre 2010

Violence quotidienne

Hier samedi, le corps d'un homme de 47 ans, portant des impacts de balles a été retrouvé à Fontamara 27. D’après les premiers indices, les enquêteurs pensent qu’un dangereux chef de gang surnommé « Tou Tou » serait impliqué dans cet assassinat. Avant-hier, à Delmas 33 une femme, qui avait été kidnappé le 27 Octobre 2010, a été libérée. La victime a déclarée qu'elle a été abusée sexuellement par ses ravisseurs. Une enquête est ouverte.
Le même vendredi, au camp Accra (Delmas 32), un homme non-identifié a tenté de violer une fillette de 11 ans. Le suspect a réussit à s’enfuir. La jeune victime a été transportée à l'hôpital pour des analyses médicales et un suivi psychologique. Entre le 27 et le 28 octobre, la police a arrêté 3 évadés à Croix-des-Bouquets, Carrefour et Pétionville. Les 3 repris de justice, âgés respectivement de 27, 37 et 34 ans sont détenus dans divers commissariats pour suite judiciaire.

samedi 30 octobre 2010

L'épidémie de choléra serait en recul

Le nombre de décès et d’hospitalisations dus à l’épidémie de choléra est en chute libre, selon le Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP).

305 personnes sont mortes depuis l’apparition de la maladie dans le pays il y a une semaine. 4 649 cas de diarrhée ont été recensés dans les hôpitaux des zones affectées, mais tous n’ont pas subi des tests confirmant le choléra, précise le Ministère. « En terme global de nombre de décès nous sommes passés de 68-69 à 8 par jour », explique le directeur général du MSPP, Gabriel Timothé. « Cela ne signifie pas que nous sommes arrivés au pic de l’épidémie … Nous ne sommes pas encore às une phase ou nous pouvons affirmer avoir atteint un degré total de stabilisation et de contrôle », souligne t-il.

De plus, un cas suspect a été recensé à Bainet dans le département du Sud-Est, mais le ministère attend confirmation, a fait savoir Gabriel Timothé. Par ailleurs, le gouvernement haïtien souhaite prendre le contrôle de la coordination de la réponse. Un cluster réunissant tous les acteurs nationaux et internationaux impliqués dans la lutte contre l’épidémie sera mis en place au ministère de la santé dès vendredi, annonce le directeur général. Les autorités sanitaires rappellent à la population qu’elle peut continuer à consommer les fruits de mer sans aucun danger pourvu que les mesures d’hygiène de préparation soient respectées. Elles mettent en garde cependant contre la prise d’antibiotiques et de sérum oral en guise de prévention contre le choléra

vendredi 29 octobre 2010

Des casques rouges pour Haïti ?

Avec une superficie inférieure à 30 000 kilomètres carré, à peine 10 millions d'habitants et un PIB annuel d'un peu plus de 7 milliards de dollars, Haïti pouvait difficilement espérer attirer un jour l'attention du monde entier. Il y a dix mois de cela, qui savait que l'on parlait Français en Haïti ? Qui connaissait le nom de sa capitale ? Qui savait que Sidney Poitier, Will Smith, Alexandre Dumas, Beyoncé étaient d'origine haïtienne ? Il aura fallu qu'un terrible tremblement de terre frappe de plein fouet l'Ouest de l'île pour qu'Haïti fasse la "une" de tous les journaux télévisés.

Souvenons-nous de ce 12 janvier 2010… Après un séisme de magnitude 7, Port-au-Prince s'est transformé en véritable champ de ruines. Des dizaines de milliers de victimes ont péri sous les décombres, d'autres ont tenté de résister en attendant l'arrivée de secours lointains. Les survivants se sont tant bien que mal installés dans des camps de fortune, pour une durée, à ce jour encore indéterminée. Emue par l'ampleur de la catastrophe, la communauté internationale s'est mobilisée instantanément. Des tonnes de matériel ont été acheminées. On dit même que plus de 10 000 ONG se sont retrouvées sur place. Du côté de l'opinion publique, la réaction ne s'est pas non plus faite attendre. Les mouvements de solidarité ont émergé spontanément des quatre coins de la planète. Appel aux dons, rassemblements populaires, concerts… Les cris de soutien de la population mondiale sont parvenus jusqu'en Haïti, tentant de réconforter un peuple meurtri.

Puis il y a eu le Chili et le Pakistan, la crise financière, le volcan islandais Eyjafjöll, les incendies en Russie, les coulées de boue en Hongrie…, le début de l'oubli pour Haïti. Près d'un an après la catastrophe, alors que vient l'heure du premier bilan, Haïti est toujours plongé dans le chaos et la désolation. Nous aurions pu croire que grâce aux 14 milliards de dollars promis par les Etats membres de l'ONU, les familles seraient aujourd'hui relogées à Port-au-Prince, le peuple mangerait à sa faim, les enfants seraient retournés sur les bancs d'écoles… Au risque d'étonner, si l'heure de gloire médiatique d'Haïti est passée, la crise humanitaire demeure et l'opinion mondiale doit rester plus que jamais en alerte. Nous n'avions pas retenu les leçons du Tsunami. Il nous faut nous souvenir de celles d'Haïti. C'est impératif, pour accompagner la phase de reconstruction notamment en cette période d'épidémie de choléra, mais aussi en mettant en œuvre tous les moyens dont nous disposons pour garantir le droit au secours aux victimes des prochaines catastrophes naturelles. En pensant à demain en somme.

Un nouveau mode de gouvernance humanitaire

Rappelons-le s'il le fallait, par manque de coordination dans les premières heures de la catastrophe haïtienne, nous avons perdu du temps, de l'énergie mais surtout de trop nombreuses vies humaines. C'est pourquoi le président haïtien René Préval, à la fois témoin d'une mobilisation internationale sans précédent mais aussi de la plus grande désorganisation des secours de ces dernières années, m'a rejoint dans mon combat pour la création d'une force internationale humanitaire de réaction rapide, placée sous l'égide de l'ONU : les "casques rouges". Et c'est ensemble que nous avons défendu ce projet auprès de Ban Ki-moon, après que René Préval ait déclaré à la tribune de l'Assemblée générale de l'ONU, dans son discours d'ouverture de la Conférence internationale des pays donateurs pour Haïti : " La Générosité des nations doit se discipliner. L'aide internationale doit être coordonnée en amont si elle doit exprimer toute son efficacité "Puis nous avons été suivis par le Vatican, qui a sollicité la "volonté politique des Etats", dans son quotidien L'Osservatore Romano. L'Union africaine, par la voix de son président Jean Ping, a également voulu prendre part au débat en lançant un appel pour des "casques rouges" à l'ONU. Plus récemment, c'est la Francophonie, représentant un tiers des votes à l'ONU, qui s'est intéressée aux "casques rouges". Après avoir été sollicités par leur secrétaire général, Abdou Diouf, réélu d'ailleurs à l'unanimité ces derniers jours, ce sont les présidents du Gabon, du Mali, du Liban, du Togo, du Burkina Faso ainsi que le roi du Cambodge qui nous ont apporté leur soutien.

Le constat est simple : la communauté humanitaire n'est plus assez forte pour relever seule les défis imposés par les bouleversements environnementaux. Nous n'avons pas besoin d'un acteur supplémentaire : les ONG et les agences intergouvernementales accomplissent déjà un travail considérable. Encore moins d'une nouvelle philosophie. Il n'y en a qu'une qui vaille : sauver des vies. Le monde humanitaire a besoin de préparation, d'encadrement, de coordination, de régulation, de structuration, de veille… Il lui faut une "intelligence humanitaire" pour anticiper et unifier son action.

Du XIIIe Sommet de la francophonie à Montreux aux prochains G8 et G20, il n'ait pas de discours qui ne plaide les mérites d'une nouvelle gouvernance mondiale. Pourquoi ne pas ouvrir la voie par un consensus sur un nouveau mode de gouvernance humanitaire, sur la création de "casques rouges" à l'ONU. Une façon de ne pas oublier Haïti.
Nicole Guedj, ancien ministre et président de la Fondation casques rouges

jeudi 28 octobre 2010

Jacmel se prépare au choléra

L’Agronome Arcène Bastien, directeur départemental du Ministère de l’environnement du Sud-Est, à la tête d’une délégation, composée des représentants du Ministère Sanitaire, du représentant de l’Exécutif de la Mairie et de la Police régionale se sont rendus sur la route de Lamitier de Jacmel, mercredi matin 27 octobre dans le cadre du lancement officiel d’une « campagne de Surveillance » visant à protéger la population du Sud-Est contre l’épidémie de choléra.

Une opération d’inspection et de désinfection a été lancée à travers tout le département du Sud-Est. Les autorités sanitaires ont procédé à la désinfection des pneus des véhicules et questionné les passagers sur leur provenance. Du personnels de santé sera mis en place sur la route de Lamitier, à l’entrée de la ville de Jacmel, en vue d’accompagner d’éventuelles personne infectée. Cette opération devrait durer un mois. L’Agronome Arcène Bastien, Directeur départemental de l’environnement a indiqué que « des mesures provisoires sont prises au niveau du département pour interdire que les produits venant des zones touchées par le choléra, notamment l’Artibonite, pénètrent dans le département ». Tous les moyens seront utilisés pour que ces mesures soient respectées. Ces contrôles resteront en vigueur pour au moins les 15 prochains jours.



Ramilus Bolivar, Délégué départemental a sollicité l’aide et la compréhension de la population pour l’application et le respect de toutes les consignes préventives mises en place par les autorités sanitaires. Lors d’une visite effectuée dans certains campements de la ville de Jacmel, les sinistrés ont exprimé leur inquiétude face à cette maladie. « 9 mois après le séisme nous sommes toujours livrés à nous-même et nos conditions de vie restent inchangées, nous sommes installés sous des tentes déchirées sous un soleil de plomb » a déclaré, Calixte Rubens, un sinistré du camp de Pinchinat. « Dieu seul peut nous épargner du choléra » a indiqué une dame, mère de 4 enfants. Certains sans abris, interrogés dans un camp situé dans la localité de Fond Alexis II, se sont dit très préoccupé par cette épidémie. « Les autorités sanitaires nous ont demandé de consommer de l’eau traitée, nos moyens économiques ne nous le permettent pas » ont-ils précisé. Cette épidémie de choléra qui a couté la vie à plusieurs centaines d'haïtiens dans le département de l’Artibonite et du Plateau Central, a plongé la population de Jacmel dans la peur.

mercredi 27 octobre 2010

Une épidémie de choléra est à craindre à Port-au-Prince

Après le séisme qui a ravagé Haïti le 12 janvier, l'île caraïbe est aujourd'hui menacée par le choléra en raison de la mauvaise qualité de l'eau potable. Apparue dans la région de l'Artibonite, au nord de la capitale, Port-au-Prince, dans la semaine du 18 octobre, la maladie a fait, selon un dernier bilan diffusé lundi par les autorités sanitaires, 259 morts et 3 334 cas avérés. L'épidémie serait cependant en recul, avec seulement six nouveaux cas mortels enregistrés ces dernières 24 heures.

Si la ministre haïtienne des affaires étrangères, Marie Michèle Rey, a assuré dimanche que la maladie semblait "contenue jusqu'à nouvel ordre", les organisations humanitaires redoutent une propagation à tout le pays, et notamment aux immenses "camps de toile" installés dans la capitale pour les déplacés du tremblement de terre du 12 janvier. Guillaume Le Duc, responsable de programmes de l'organisation d'urgence médicale Alima, présente en Haïti depuis janvier, a assisté à une réunion organisée lundi midi au ministère de la santé haïtien afin de préparer et de coordonner la réponse à l'épidémie à Port-au-Prince.

Pourquoi cette réunion : les craintes sont-elles réelles aujourd'hui de voir l'épidémie de choléra se propager à Port-au-Prince ?

Port-au-Prince en tant que telle n'est pas encore touchée par l'épidémie. Cinq cas ont été confirmés samedi, qui sont le fait de personnes originaires des régions d'où est partie l'épidémie. C'est clair qu'il y aura une épidémie à Port-au-Prince, au vu des conditions de vie dans lesquelles vivent encore aujourd'hui les gens, entassés dans les camps ; aussi parce qu'il n'y a pas eu d'épidémie de choléra en Haïti depuis plus de cent ans donc il n'existe pas au sein de la population d'immunité à la maladie ; et finalement parce que le système d'eau et d'assainissement est très mauvais.

Or, c'est une des maladies les plus contagieuses qui soit. Le bacille se transmet par les selles, les vomissements. Un patient contaminé qui se déplace peut transmettre la maladie à une ville tout entière. C'est pourquoi on se trouve face à un taux d'attaque sur une population donnée très élevé et qui le sera d'autant plus à Port-au-Prince où la densité de population est importante. Les camps de déplacés accueillent des centaines de milliers de personnes, entassés dans des abris de fortune. Les camps ici sont pire que des bidonvilles et l'accès est rendu difficile par une topographie vallonnée et le nombre de débris qui n'ont pas été déblayés. Et, en ce moment, c'est la saison des pluies.

Toute la question aujourd'hui est de savoir quelle sera la réponse du gouvernement et des ONG, sachant qu'il faut aller très vite. Aujourd'hui, il est fait état de cas suspects un peu partout dans le pays, dans les départements du Sud également. Il est difficile de faire des estimations et je ne voudrais pas m'avancer, mais c'est une épidémie qui pourrait atteindre une fourchette très haute, entre 50 000 et 100 000 cas. D'autre part, le taux de létalité de la maladie est élevé : samedi soir, il y avait environ 3 000 cas et 300 décès, soit un taux de létalité de 10 %. C'est assez élevé, mais ça peut baisser s'il y a une meilleure prise en charge.

Quel était l'ordre du jour de cette réunion au ministère de la santé haïtien et quelles actions préparez-vous actuellement ?

Etant donné que le traitement d'une épidémie de choléra dépend en grande mesure de l'isolement des patients, nous travaillons actuellement à l'identification de sites où traiter les patients, où déployer les tentes dont nous disposons en coordination avec les autorités sanitaires locales. Le ministère de la santé, avec qui nous travaillons en partenariat, nous aide à identifier des lieux. Dans un deuxième temps, nous effectuerons les commandes médicales. Nous essayons de nous coordonner et de préparer les appels aux dons, aux ressources humaines et le développement de partenariats locaux et internationaux. L'Etat haïtien n'a pas beaucoup de moyens, mais les autorités locales font toute la coordination et gèrent la mobilisation communautaire et la diffusion de messages de sensibilisation. Elles aident également en terme de personnel médical, mais dans la mesure du possible car la population a été décimée par le séisme et notamment le personnel qualifié.

Tout le monde est en train de se préparer, certaines ONG ont déjà monté des centres de traitement. La Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge, Médecins sans frontières, Médecins du monde et toutes les autres ONG médicales sont en branle-bas de combat. Certaines sont déjà sur les lieux où s'est déclarée l'épidémie. Les autorités sanitaires et les personnels de santé sont complètement dépassés dans l'Artibonite. Il existe déjà cinq centres de traitement prêts à fonctionner à Port-au-Prince et, chaque jour, de nouveaux sont mis en place.

Quels sont les problèmes qui se posent plus spécifiquement pour enrayer la propagation de l'épidémie en Haïti ?

Le premier problème est que la population ici n'est pas habituée à ce type d'épidémie, comme le sont les populations de pays comme le Congo par exemple. Il y a donc une certaine peur au sein de la population, qui n'est pas préparée à gérer ce type de situation. Même pour nous, ça ne faisait pas partie des facteurs de risques que nous avions évalués après le séisme. Des messages de sensibilisation sont donc diffusés sur toutes les radios pour inviter les populations à se laver les mains, à boire de l'eau potable et à venir dans les centres de traitement en cas de déshydratation. Il y a une grosse mobilisation des autorités et grâce au séisme, les gens ont appris à compter sur la coordination.

Un des avantages de cette épidémie est que le traitement est très simple. Il s'agit de réhydrater car le choléra entraîne des diarrhées et des vomissements : on donne des sels de réhydratation orale sinon on procède à une réhydratation par perfusion, et dans de rares cas, il faut passer au traitement antibiotique. On dispose de stocks pour commencer à répondre à l'épidémie mais le problème tient à l'ampleur et à la rapidité de la propagation.

Par contre, la lutte contre l'épidémie repose en grande partie sur l'hygiène et la désinfection au chlore de tous les lieux, dont les latrines, par lesquels la personne contaminée est passée. Les centres de traitement peuvent ainsi devenir des foyers de contamination. Or, à Haïti, le système sanitaire avant le séisme était déjà en deçà des normes internationales et des besoins. Avant cette épidémie, l'Etat était déjà sous perfusion en termes humanitaires. C'est une catastrophe qui s'abat désormais, une catastrophe qui pourrait être comparable aux épidémies de choléra telles qu'en Angola, à Luanda. Ça peut durer longtemps.
Le Monde - Propos recueillis par Hélène Sallon

mardi 26 octobre 2010

L'OMS pessimiste pour le choléra

L'épidémie de choléra en Haïti durera des années avant d'être éradiquée, a averti lundi à Washington un responsable de l'Organisation panaméricaine de la santé (OPS), émanation régionale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). " La progression rapide du nombre de cas se réduira mais il y aura probablement de nouveaux cas à l'avenir, maintenant que la bactérie s'est installée dans l'environnement ", a indiqué le directeur adjoint de l'OPS, Jon Andrus. Les autorités sanitaires et les associations d'aide doivent " s'organiser en conséquence, mobiliser des moyens et développer leurs capacités de réaction en ces sens afin d'aider les Haïtiens sur la durée ", a-t-il ajouté. L'épidémie de choléra en Haïti semblait marquer le pas lundi avec une baisse du nombre de nouveaux décès, mais les Nations unies ont dit redouter une crise sanitaire d'ampleur nationale qui ferait des dizaines de milliers de malades.

lundi 25 octobre 2010

L'Espagne efface enfin la dette d'Haïti

« Les bonnes nouvelles prennent plus de temps que les mauvaises » a déclaré Yolette Azor-Charles l'ambassadeur d'Haïti auprès de l'Espagne en signant vendredi avec le gouvernement espagnol l’accord définitif effaçant la dette de 40 millions de dollars due par Haïti à l’Espagne.

Rappelons que ce projet d’accord d’exemption de la dette, avait été envoyé par Haïti au gouvernement espagnol en Octobre 2009. Le processus de négociation avait été interrompu suite au séisme de janvier dernier. Ce n’est que le 10 juin 2010 qu’un accord de principe avait été signé entre Yolette Azor-Charles et le second vice-président et Ministre de l’Économie espagnol, accord qui fut rendu public le 23 juin 2010 dans un communiqué du ministère espagnol des Affaires étrangères. Avec cette signature finale, 13 mois plus tard, tout est rentré dans l’ordre, l’Espagne a effacé officiellement la totalité des 40 millions de dette du gouvernement d’Haïti.

L’hôpital du Sanatorium à Léogane aura de l’eau

L'Ambassade du Japon en Haïti a signé jeudi dernier le contrat du « Projet de Forage de puits et d'alimentation en eau de l'Hôpital du Sanatorium de Sigueneau » à Léogane. Cette cérémonie s'est tenue dans les locaux de l'Ambassade du Japon en présence de M. le Chargé d'Affaires de l'Ambassade du Japon en Haïti, Kentaro Minami ; Mme. l'administratrice de l'Hôpital du Sanatorium de Sigueneau, Sr. Eveline Moliney ; Sr. Akiko SUDD, consultante au Sanatorium de Sigueneau; M. le Directeur Médical du Sanatorium de Sigueneau, Mozart Bélizaire (représentant du MSPP) et M. le Chef-Adjoint du Contingent Japonais, Yoshihito Hatakeyama ;

Ce financement, d'un montant 99 545 dollars, destiné à l'exécution du projet de Forage de puits et d'alimentation en eau de l'Hôpital du Sanatorium de Sigueneau, entre dans le cadre du programme d'Aide sous forme de Dons aux Micro-Projets Locaux contribuant à la Sécurité Humaine (APL) du gouvernement japonais.

Dans le cadre de l'alimentation en eau du Sanatorium ce financement permettra :
* le forage d'un puits de 60 mètres;
* l'élévation d'un réservoir d'eau;
* l'acquisition d'une génératrice et d'une pompe submersible qui assurera l'alimentation en eau a tous les bâtiments du campus;
* la construction de deux fontaines situées de part et d'autre sur le campus du Sanatorium.

dimanche 24 octobre 2010

Les nourritures préparées en Haïti interdites de vente en République Dominicaine

Annonçant d’autres mesures restrictives et une veille sanitaire extrême, le ministre dominicain de la santé, Bautista Rojas Gòmez, certifie qu’aucun cas de choléra n’a encore été enregistré en république voisine.

Les autorités dominicaines ont ordonné samedi l’interdiction de la vente d’aliments cuits provenant du marché binational de Dajabòn (ville frontalière dominicaine) à titre de mesure préventive visant à empêcher l’entrée en territoire voisin de la très meurtrière épidémie de choléra qui sévit en Haïti. Selon la presse dominicaine, le ministre de la santé, Bautista Rojas Gòmez, qui en a fait l’annonce lors d’une conférence de presse à Santiago (nord), a aussi fait savoir que la vente dans cette ville d’eau et de jus préparés à la maison n’est plus autorisée. Durant sa deuxième visite en 48 heures dans la zone frontalière, le responsable gouvernemental a souligné que beaucoup des plats de la restauration rapide vendus au marché binational les lundi et vendredi sont préparés en Haïti. Par ailleurs, il a indiqué que l’eau potable sera distribuée les jours où se tient le marché binational à travers des unités mobiles de production d’eau qui permettront aux gens de se laver les mains avant de consommer des aliments. Une vendeuse haïtienne s’est plainte de ces mesures qui, dit-elle, vont affecter plusieurs dizaines de compatriotes vivant des activités commerciales interdites. Le ministre Bautista Rojas Gòmez a voulu rassurer les dominicains en affirmant qu’aucun cas de choléra n’avait encore détecté de l’autre côté de la frontière. Il a aussi confirmé que l’état de veille sanitaire décrété était passé à son niveau extrême à travers l’activation des commissions d’urgence dans tout le pays surtout face à la " mobilité constante des haïtiens ". Une impressionnante circulation de biens et de personnes se fait chaque jour dans les deux sens le long de la ligne frontalière de quelque 400 km qui sépare les deux pays. Samedi soir, un dernier bilan officiel se chiffrait à 208 morts et près de 3 000 cas d’hospitalisation.

5 cas de choléra à Port-au-Prince

Cinq premiers cas de choléra ont été signalés cette nuit dans la capitale haïtienne. Un constat qui renforce les craintes d’une propagation de l’épidémie dans les camps où s’entassent les rescapés du tremblement de terre du 12 janvier.

“ Nous avons cinq cas confirmés à Port-au-Prince... Ils ont été très vite diagnostiqués et placés en isolement ” a déclaré Imogen Wall, la porte-parole des services humanitaires de l’Onu en Haïti.
Quelques jours après son apparition, la catastrophe sanitaire née dans plusieurs régions du nord de l’île semble s’approcher de la capitale. Les cinq personnes décédées venaient de l’Artibonite. Il n’y aurait pas de foyer de l’épidémie à Port-au-Prince. " La situation est sous contrôle, la population ne doit pas céder à la panique ".
Photo de Félix Evens

samedi 23 octobre 2010

La souche O1 responsable du choléra est la plus dangereuse

Les autorités haïtiennes et les organisations humanitaires sont en état d'alerte maximale pour tenter de juguler l'épidémie de choléra qui a tué au moins 135 personnes ces derniers jours dans le nord du pays. L'apparition de la maladie a été confirmée hier matin par le ministre haïtien de la Santé Alex Larsen, qui a indiqué qu'il s'agissait d'une souche O1 de choléra, le « type le plus dangereux ».

Cette variante de la maladie est à l'origine de la majorité des flambées de la maladie dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « Nous sommes en état d'urgence sanitaire, c'est un nouveau malheur qui frappe le pays qui n'avait jamais connu cette maladie dans le passé », a déclaré le ministre, qui a mobilisé toutes les structures de santé du pays afin de faire face à cette situation.

Le pire scénario

L'épidémie de choléra qui a tué au moins 135 personnes ces derniers jours dans le nord d'Haïti constitue " le pire scénario " que pouvait connaître le pays caribéen après le séisme de janvier, s'est inquiétée vendredi Mirlande Manigat, favorite à la succession de René Préval.

" C'est le pire scénario. (...) C'est le scénario catastrophe. On ne sait pas quelle est la cause " de l'apparition de la forme la plus virulente de cette maladie, a déclaré à la télévision publique Radio-Canada la candidate à l'élection présidentielle de novembre, de passage à Montréal. La souche de la maladie a été localisée dans le département de l'Artibonite et dans le fleuve du même nom qui traverse cette région qui a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d'hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier. En plus de faire au moins 135 morts, l'épidémie a entraîné l'hospitalisation d'au moins 1 500 personnes. " Sans être très férue d'épidémiologie, je sais que s'il s'agit de choléra, la propagation est très rapide. Autrement dit, est-ce qu'on va arriver à colmater, à circonscrire? ", a-t-elle poursuivi. Ancienne première dame d'Haïti, Mme Manigat, 69 ans, est donnée favorite de la course à la présidence par deux récents sondages, au coude-à-coude avec Jude Célestin, présenté comme le dauphin de René Préval. Bien qu'en voyage au Canada, elle a dit suivre la situation de près en restant en contact avec son équipe du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP). " Or, nous n'avons pas d'équipement qui nous permette de donner l'assistance sous forme de sérum à des adultes et le sérum oral aux enfants ", a-t-elle déploré. " Ce que je crains, ce que je redoute, c'est la rapidité de la propagation ", a conclu l'épouse de Leslie Manigat, ancien président qui avait été renversé en 1988 par un coup d'Etat militaire après quelques mois de pouvoir. Lors de la présidentielle de 2006, Leslie Manigat était arrivé deuxième, derrière M. Préval, dont il avait contesté les conditions d'élection.

vendredi 22 octobre 2010

Le choléra progresse en Haïti : 135 morts

Photo ci-contre : Saint-Marc (Haïti), jeudi 21 octobre. Des patients et leurs familles attendent des soins à l'extérieur de l'hopital Saint-Nicolas, à Saint-Marc, à une centaine de kilomètres au nord de Port-au-Prince.

Une épidémie de choléra a fait 135 morts ces derniers jours dans le nord d'Haïti, tandis que près de 1 500 personnes sont affectées par cette maladie, vraisemblablement due à la mauvaise qualité de l'eau potable. Selon les analyses effectuées en laboratoire, il s'agit bien du choléra, a confirmé jeudi Claude Suréna, président de l'Association médicale haïtienne. Le nord du pays a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d'hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier. Le directeur général du ministère de la Santé, contacté par téléphone, a annoncé une réunion d'urgence du gouvernement, mais a refusé de confirmer le chiffre des victimes.

Les hôpitaux de la région sont débordés

Plus tôt jeudi, les autorités haïtiennes avaient indiqué que plus de cinquante personnes étaient mortes ces derniers jours dans différentes villes du pays et que des centaines avaient été hospitalisées suite à ce qui avait été identifié jusque là comme une épidémie de diarrhée liée à la mauvaise qualité de l'eau potable. Plusieurs médecins avaient alors fait état de plusieurs dizaines de morts. Le docteur Ariel Henry, directeur de cabinet du ministre haïtien de la Santé, avait parlé de « 51 ou 52 décès le long du fleuve de l'Artibonite ». Le Dr Jean-Robert Pierre-Louis, qui travaille au centre de santé de Drouin, avait décompté 27 morts et 300 hospitalisations dans cette localité du nord d'Haïti. « Les hôpitaux et centres de santé sont débordés dans les régions touchées. Plusieurs centaines de personnes sont hospitalisées et nous sommes en train d'évacuer des malades vers d'autres centres » moins engorgés, a indiqué Gabriel Timothé, directeur général du ministère de la Santé. Certaines personnes seraient également décédées à leur domicile dans la région de l'Artibonite et dans le centre d'Haïti, selon plusieurs sources médicales.

Une maladie qui peut tuer en quelques heures

Le choléra est une maladie hautement contagieuse, qui peut tuer en quelques heures, dont la propagation est favorisée par les défaillances des réseaux sanitaires et l'absence d'hygiène et de soins. Après une incubation de quelques jours, la maladie débute par de violentes diarrhées vidant littéralement l'organisme de son eau. En l'absence de réhydratation immédiate, cette déperdition de liquides est souvent mortelle. Présentes en nombre dans le pays depuis le séisme, qui a fait plus de 250 000 morts et 1,5 million de déplacés, les ONG se mobilisent. Depuis la catastrophe du 12 janvier, les ONG ont fait part de leurs craintes de voir apparaître des épidémies en raison des mauvaises conditions sanitaires dans lesquelles vit la population et l'accès difficile à l'eau potable.

jeudi 21 octobre 2010

Une épidémie de diarrhée provoque au moins 40 morts

Au moins 40 personnes sont mortes durant ces deux derniers jours dans les régions Nord et Est d’Haïti par suite d’une épidémie de diarrhée dont l’origine n’est pas encore déterminée par les autorités sanitaires, rapportent les correspondants locaux.

Des personnes de diverses tranches d’âge se trouvent parmi les victimes, répertoriées dans quelques régions de l’Artibonite (Nord) et la commune de Mirebalais (Est). Dans l’Arbibonite 30 morts ont été jusqu’à présent dénombrés, tandis qu’environ 150 autres personnes seraient touchées, rapportent des journalistes sur place. A Mirebalais, le nombre de morts s’élève à 10 et 60 autres personnes seraient affectées. Les autorités sanitaires locales ont demandé aux riverains d’observer des précautions d’hygiène et des tests sont en cours afin de déterminer les causes de cette diarrhée foudroyante.

Des conditions inacceptables

Madame Catherine Bragg, la sous secrétaire générale aux affaires humanitaires de l'ONU qui était hier en visite en Haïti a estimé " inacceptables et effroyables ", les conditions de vie dans certains camps de réfugiés du séisme de janvier qui a fait près de 1,5 million de déplacés.

" Les conditions de vie sont très difficiles dans certains camps, voire même effroyables. J'ai vu de mes propres yeux quelles étaient les conditions de vie sous les tentes où il fait une chaleur insupportable ", a révélé Mme Bragg qui est également coordonnatrice adjointe des secours d'urgence de l'ONU après avoir visité des camps d'hébergement de personnes déplacées. Elle a dénoncé l'insécurité qui sévit dans les campements ainsi que le manque de perspective économique. 


" Tout ceci n'est pas acceptable ", a-t-elle jugé. Cependant, Mme Bragg a estimé que les objectifs humanitaires ont été atteints en Haïti où il n'y a pas de tension sociale ni d'épidémie, s'engageant à poursuivre le travail pour aider les survivants du séisme. 


Dressant un bilan de l'action humanitaire en Haïti depuis le séisme du 12 janvier, elle révèle que 4,3 millions d'Haïtiens ont été nourris, 1,5 millions d'abris d'urgence ont été distribués, des cliniques de santé ont été déployés pour soigner les déplacés et 2 millions de mètre cube de débris enlevés. Elle a plaidé pour la construction de maisons et la création d'emplois en accélérant le processus de reconstruction du pays afin d'envisager une stratégie de sortie de l'action humanitaire. Elle a toutefois assuré du maintien de l'effort humanitaire au cours de l'année 2011.

mercredi 20 octobre 2010

Pluie torentielles

La Protection civile haïtienne annonçait qu’au moins 12 personnes avaient péri, noyées ou emportées par des torrents de boue après les pluies diluviennes qui sont tombées ce week-end dans la région de Port-au-Prince.

Lundi, une coordonnatrice de la Protection civile de Port-au-Prince a fait état d’au moins 12 morts et trois disparus, après que des orages et de fortes pluies se sont abattus sur les montagnes entourant la capitale haïtienne, provoquant des coulées de boue et transformant les rues en torrents. Une carrière de sable s’est effondrée dans l’ouest de la ville, ensevelissant huit personnes dont plusieurs enfants en bas âge. Deux autres se sont noyés ailleurs dans la capitale. Une coulée de boue a fait encore deux victimes dans un camp de sinistrés à l’ouest de Port-au-Prince. Dans la ville de Léogane, à 32 km au sud de la capitale, " plus de 4 000 familles vivant sous des tentes sont affectées et 270 maisons ont été inondées ", dit la Protection civile. Depuis le séisme du 12 janvier, qui avait fait plus de 250 000 morts, une grande partie de la population vit dans des conditions précaires. Interdit par le gouvernement depuis le tremblement de terre, le ciment de mauvaise qualité issu du sable des collines continue néanmoins d’être utilisé. Cet automne, au moins 25 personnes ont déjà péri à cause des fortes pluies.

mardi 19 octobre 2010

Crise humanitaire en Haïti

« Neuf mois après le tremblement de terre, Haïti vit toujours une profonde crise humanitaire qui affecte directement les droits fondamentaux des personnes déplacées par la catastrophe », a indiqué mardi le Représentant de l’ONU sur les droits des personnes déplacées, Walter Kaelin, de retour d’une visite dans ce pays.

« Près de 1,3 million d’Haïtiens ayant perdu leurs maisons lors du séisme, auxquels se sont ajoutés tous ceux qui ont fui des conditions de vie aggravées par le tremblement de terre, vivent aujourd’hui dans des camps dans et autour de Port-au-Prince », a souligné l’expert indépendant de l’ONU, qui a visité « certains des quartiers les pires de la capitale », ainsi que d’autres « taudis en dehors » où le sort de ceux qui y vivent « est moins visible, mais non moins grave »« Les gens dans les camps ont des besoins spécifiques, notamment pour se loger, qui devraient être traités au niveau des camps », a poursuivi Walter Kaelin, appelant à un changement d’orientation des opérations humanitaires. Selon lui, « la population des camps, mais aussi les pauvres d’Haïti, ont d’autres besoins urgents tels que l’accès à la santé, l’eau, l’assainissement et l’éducation, qui devraient faire l’objet d’une approche par quartier, de manière à ce que toute la population ait accès à ces services en fonction de ses besoins au lieu d’être laissée dans des camps non pérennes ». Il a également appelé au lancement plus rapide du processus de reconstruction. « C’est une crise humanitaire qui a besoin d’une solution de développement. Le gouvernement haïtien a besoin d’établir et de présenter publiquement un plan précis sur la manière dont il entend fournir des solutions durables aux personnes dans les camps », a-t-il ajouté. 


« En attendant, si les bailleurs de fonds assurent des financements flexibles, la reconstruction de quartier à plus petite échelle peut avancer et donner beaucoup plus de cet espoir si nécessaire », a déclaré Walter Kaelin, avant d’exhorter les pays donateurs à continuer de financer l’aide humanitaire et les activités de protection des déplacés, tant qu’aucun progrès substantiel vers des solutions durables n’est fait.

L’expert de l’ONU a par ailleurs mis en avant l’importance de développer une approche fondée sur les droits des personnes déplacées. « Le droit au retour est un principe clé ; lorsque les zones d’habitation d’origine se sont révélés dangereuses, le déplacement volontaire ou la réinstallation ailleurs sont des options, à condition que les moyens de subsistance et l’accès aux services de base soient assurés », a-t-il rappelé. Soulevant aussi le problème croissant des expulsions forcées de terrains privées, Walter Kaelin a rappelé qu’« il ne devait pas y avoir d’expulsion forcée sans procédure régulière ou recherche de solution alternative raisonnable »« Le gouvernement doit publiquement défendre ce principe », a-t-il demandé, rappelant que « le droit de propriété doit être mis en balance avec les droits économiques et sociaux des victimes du tremblement de terre ». Préoccupé également par le niveau de violence à l’égard des femmes et des enfants dans les camps, il a estimé que « les viols étaient un grave problème, à l’intérieur et l’extérieur des camps ». « J’encourage la Police nationale haïtienne et la Mission de l’ONU pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à accroître leur présence et leurs patrouilles dans les camps, même si ce n’est qu’une partie de la solution ».

Pour conclure, Walter Kaelin a appelé le gouvernement haïtien à envoyer « un signal clair à la police et au système judiciaire, pour mettre un terme à l’impunité généralisée, c’est une priorité », a-t-il déclaré. De son côté, la Sous Secrétaire générale des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnatrice adjointe des secours d’urgence, Catherine Bragg, a entamé lundi une visite de trois jours en Haïti. Dès son premier jour dans le pays, elle s’est rendue dans des camps pour personnes déplacées, a indiqué le Bureau de la Coordination des affaires humanitaires.

lundi 18 octobre 2010

Emeute meurtrière dans une prison de Port-au-Prince

En Haïti, trois détenus sont morts lors d'une émeute survenue dimanche au Pénitencier national de Port-au-Prince, la plus grande prison du pays. Le Pénitencier national de Port-au-Prince compte environ 1 500 détenus.

Les détenus se seraient emparés d'armes de gardiens et de militaires. Un long échange de coups de feu aurait ensuite eu lieu. Au moins un incendie a éclaté dans la prison. Selon le porte-parole de la police de l'ONU, Jean-François Vézina, au moins 7 personnes, dont des Casques bleus et des membres du personnel pénitencier, ont brièvement été prises en otages par les détenus. Elles souffrent de blessures mineures. Les causes du soulèvement sont pour l'instant inconnues. Des informations non confirmées par des sources officielles laissent entendre que les violences auraient débuté lorsque deux détenus auraient tenté de s'évader. En soirée, le calme était revenu dans la prison. Plusieurs policiers étaient toujours sur place. 

dimanche 17 octobre 2010

Un hôpital en containers construit pour durer

Un hôpital « en dur » vient d'être inauguré à Léogâne, une ville particulièrement touchée par le séisme de janvier dernier. Edifié en cinq mois, il est prévu pour durer plusieurs années. La ville de Léogâne, la plus proche de l'épicentre du séisme qui a dévasté Haïti le 12 janvier dernier dispose désormais d'un hôpital flambant neuf. Construit avec des containers préfabriqués, il dispose d'une capacité d'accueil de 120 lits. Les équipes MSF, qui dispensaient jusque là leurs soins sous tentes, y ont transféré l'ensemble de leurs patients au mois de septembre.

« Nous devions terminer le plus vite possible pour éviter la saison des cyclones. Normalement, il faut au moins une année pour faire aboutir un tel projet », explique Guillaume Queyras, responsable de la logistique à MSF. Au final, le chantier aura duré cinq mois. Les containers offrent une surface de 1 700 m2, 120 lits, deux blocs opératoires, un service de radiologie, sept salles de consultation... Le bâtiment est autonome en eau et en énergie. La structure pourra aussi être adaptée selon les besoins. La construction aura coûté 2 millions de dollars et les frais de fonctionnement sont estimés entre 7 et 8 millions de dollars par an, ce qui comprend les salaires des 400 collaborateurs.

Le seul hôpital de la région

Malgré les destructions provoquées par le séisme, le quotidien a rapidement regagné ses droits dans la région de Léogâne. Depuis le mois de mars, les hospitalisations ne sont plus directement liées au tremblement de terre. Une fois les routes déblayées, le trafic a repris. Les accidents aussi. « Nous recevons trois ou quatre accidentés par jour. Les gens se déplacent beaucoup à moto. Les blessures sont donc très graves. Quand un bus est impliqué, nous avons des dizaines de blessés », explique Stéphane Reynier de Montlaux, le chef de la mission MSF à Léogâne. Toutefois, les accouchements et les éventuelles complications constituent le cœur des activités de MSF. Ils représentent 80 % des admissions d'urgence. L'hôpital de Léogâne prend aussi en charge les victimes de violences sexuelles et dispose d'un service de planning familial. « Avant le séisme et notre arrivée ici, cela faisait deux ans qu'il n'y avait plus aucune structure de santé dans la région, indique Stéphane Reynier de Montlaux. Il existait une clinique privée à Léogâne. Malgré les besoins énormes, elle a fait faillite faute de clients. Ce qui n'est pas étonnant quand on sait que 70 % de la population haïtienne vit avec moins de deux dollars par jour et qu'une césarienne coûte environ 125 dollars, rien que pour l'acte médical. »

Construit pour durer

La durée de vie de l'hôpital est estimée à cinq ans minimum. Dix ans si la structure est bien entretenue. MSF espère que les autorités haïtiennes reprendront les containers ou construiront un nouvel hôpital sur le même site. « Nous avons eu des discussions informelles avec le gouvernement. Il y a un intérêt. Mais les négociations ne font que commencer et nous insisterons pour que les soins continuent d'être gratuits », conclut Stéphane Reynier de Montlaux.

samedi 16 octobre 2010

La menace d'autres violents séismes

Une récente étude scientifique a prouvé l'existence d'une faille sismique le long du territoire haïtien. Cette faille aurait été la principale responsable du violent séisme du 12 janvier 2010.

Une équipe de chercheurs internationaux ayant réalisé des investigation ont conclu que la surface de la nouvelle faille était inconnue. Les donnes collectées n'ont pas permis d'identifier la faille de la presqu'île du sud comme la cause de la secousse tellurique du 12 janvier. Dans une étude publiée cette semaine dans la prestigieuse revue scientifique Nature Geoscience, les chercheurs ont soutenu que toute l'énergie accumulée dans cette nouvelle faille n'aurait pas encore été libérée. Selon United States Geological Survey (USGS) les nouvelles informations permettent d'envisager que le territoire haïtien pourrait être frappé par d'autres violents séismes au cours des prochains mois ou années. Alors qu'il est impossible de prévoir la date d'un nouveau tremblement de terre, les chercheurs précisent qu'ils ne disposent pas d'une bonne connaissance de la structure géologique d'Haïti. La découverte de nouvelles failles faisant partie d'un système changerait les prédictions sismiques pour la zone. Les experts devront intégrer les nouvelles découvertes afin de préparer de nouvelles théories. Eric Fielding, un expert de la Nasa s'est dit surpris de constater sur les images diffusées par les satellites prouvent que le séisme du 12 janvier n'avait pas été provoqué par une rupture de la faille de la Presqu'Île du sud dite Enriquillo. Des experts de l'USGS, de California Institute of Technology, de l'University of Texas et de Nagoya University (Japon) ont collaboré à l'enquête.

vendredi 15 octobre 2010

Selon ACF la situation alimentaire se détériore

Les cas de malnutrition sont en nette augmentation au niveau de la capitale haïtienne, c'est ce qu'a révélé l'organisation internationale Action Contre la Faim (ACF).

Intervenant à la rubrique le point sur Radio Métropole, Pierre Tripon, Lucie Grosjean et Gwenaelle Garnier membres de cette ONG qui intervient en Haïti, depuis plus de 25 ans, ont indiqué que l'ACF vient en aide chaque mois à plus de 300 enfants atteints de malnutrition aiguë. Ils ont fait remarquer que 16 % des enfants reçus par l'ONG, souffrent de malnutrition. L'action contre la faim estime que la situation est toujours préoccupante neuf mois après le séisme du 12 janvier. Toutefois l'organisation internationale promet de travailler d'avantage afin de pallier ce problème. Les responsables de cette organisation, affirment que l'insécurité alimentaire qui était déjà préoccupante avant le séisme s'est accrue. Par ailleurs, ils annoncent un ensemble d'activités à l'occasion de la journée mondiale de l'alimentation célébrée chaque année, le 16 octobre. La célébration de cette journée a pour objectif de faire mieux connaître les problèmes alimentaires dans le monde et de renforcer la solidarité dans la lutte contre la faim, la malnutrition et la pauvreté.

jeudi 14 octobre 2010

La circulation des armes à feu

Se montrant préoccupée concernant les affirmations relatives à la distribution d’armes à feu dans le pays, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a publié hier mardi un communiqué de presse dans lequel elle invite tous les candidats aux élections présidentielle et législative à « réfléchir inclusivement à l’avenir d’Haïti, avec les Haïtiens, et à faire campagne sur leur vision du futur, leurs capacités, et sur des programmes efficaces pour redonner espoir aux Haïtiens ».


La mission onusienne a pris cette position au moment où les récentes révélations bouleversantes de l’ex-Premier ministre Jacques Edouard Alexis relatives à la distribution d’armes à feu dans le pays à l’approche des scrutins du 28 novembre prochain défrayent encore la chronique. En effet, après le candidat à la présidence sous la bannière de MPH, le sénateur Edmonde Supplice Beauzile (Fusion, Centre), c’est au tour de l’ex-journaliste Abel Descollines, candidat à la députation (LAVNI, Mirebalais), de confirmer la circulation d’armes lourdes dans plusieurs communes. « Pour être honnête, je dois avouer que je n’ai pas vu de mes propres yeux quand la distribution a été faite, a vite précisé M. Descollines, dans une interview accordée à un média de la capitale. Cependant, les sympathisants qui m’ont rapporté ces faits disposent des images prises via leur téléphone cellulaire dans les localités de Marché Canard et de « Kay Petyon » où des armes à feu ont été distribuées. » Alors que la plateforme INITE est mise en accusation dans le cadre de cette affaire, la MINUSTAH estime qu’il manque davantage de précisions. « Ces allégations qui reviennent à chaque élection sans davantage de précisions, font de nouveau surface », a indiqué Edmond Mulet, chef de la mission onusienne. En tout cas, la MINUSTAH invite toute personne qui serait en possession de telles informations à les partager avec la Police nationale d’Haïti (PNH), la Police des Nations Unies (UNPOL) et avec la Mission d'Observation électorale OEA/CARICOM. Il s’agit, selon la mission, de faire la lumière sur la provenance et la destination de ces armes.

mercredi 13 octobre 2010

Un collaborateur de Caritas Suisse abattu en Haïti

Un collaborateur local de Caritas Suisse a été tué vendredi à Port-au-Prince. Le jeune homme de 27 ans venait de retirer un chèque de 2 000 dollars sur mandat de l'association dans une banque de la capitale haïtienne quand il a été abattu dans sa voiture par un inconnu. Le collaborateur a succombé à ses blessures peu après à l'hôpital. Une enquête policière a immédiatement été ouverte, indique Caritas Suisse dans un communiqué publié ce mardi. L'association "regrette la perte de son cher et loyal collaborateur". Ce drame ne remet toutefois pas en cause son engagement de plusieurs dizaines d'années en république d'Haïti. Depuis le tremblement de terre de janvier, Caritas apporte son aide aux enfants et aux familles dans la détresse. Elle vient de commencer la reconstruction de 1 700 maisons dans la région de l'épicentre du séisme à Gressier, à l'ouest de Port-au-Prince.

mardi 12 octobre 2010

Bilan d'une rentrée ratée

Une grande partie des élèves n’a toujours pas pu reprendre le chemin de l’école, huit jours après la réouverture des classes, alors que les manifestations en faveur de la scolarisation se sont soldées par un mort, l’enseignant Jean Philibert Louis, mortellement blessée par la police le 8 octobre.

Une fois de plus, peu d’élèves ont été remarqués dans les rues de la capitale ce lundi, même si les activités scolaires ont paru plus importantes au début de cette semaine que durant les jours précédents. « La réouverture officielle des classes se fait dans des conditions difficiles », constate la Plateforme des Organismes Haitiens de Défense des Droits Humains (POHDH). La plupart des édifices scolaires effondrés lors du puissant séisme du 12 janvier ne sont toujours pas déblayés. Des établissements encore debout sont occupés par des sans abri qui n’ont trouvé aucune alternative de logement. Cette situation a soulevé la colère d’un certain nombre d’élèves, en particulier ceux du Lycée Toussaint Louverture, encore occupé par des personnes déplacées. A ces jeunes manifestants qui ont crié à plusieurs reprises leur désarroi devant le ministère de l’éducation nationale, se sont joints des enseignants, dont la plupart n’ont pas été rémunérés depuis plus de deux ans. Une manifestation conduite le 8 octobre par l’Union des Normaliens Haitiens (UNOH) a été brutalement dispersée par la Police et l’enseignant Jean Philibert Louis, 35 ans, a été atteint d’un projectile à la tête. Transporté d’urgence à l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH), le Philibert Louis est décédé dans la matinée du samedi 9 octobre 2010.

Les enseignants étaient encore dans la rue ce lundi pour condamner ce crime et réclamer justice en faveur de la victime. L’UNOH envisage de porter plainte, confie Josué Mérilien, coordonnateur de l’organisation. « Cet acte est totalement inacceptable et anti-démocratique », déclare pour sa part la POHDH, qui « dénonce énergiquement les répressions de la police » contre les manifestants du 8 octobre. De son coté, le ministère de l’éducation nationale et à la formation professionnelle (MENFP) invite les élèves et les enseignants manifestants à faire preuve de compréhension et affirme prendre acte de leurs différentes revendications. Dans un communiqué, le ministère se dit disponible à dialoguer avec tous les acteurs, autour des préoccupations relatives au bon fonctionnement du système éducatif. Le ministère affirme avoir déjà entrepris des négociations pour l’évacuation des occupants et la construction de hangars. Des structures pouvant accommoder 24 salles de classes sont maintenant en cours de construction, informent les autorités de l’éducation, sans indiquer pourquoi ces dispositions n’ont pas été prises pendant les deux mois écoulés. Quant aux revendications des professeurs, le ministère déclare que l’État a déjà pris un ensemble de mesures dans le cadre de la Stratégie Nationale d’Education pour tous. En ce qui concerne les parents, ils continuent de dénoncer des responsables d’écoles qui décident d’augmenter le prix de l’écolage et confient qu’à cause de leur situation économique actuelle, ils se trouvent dans l’impossibilité de faire face à leurs obligations pour la rentrée. Ils exigent des autorités la promulgation de la loi sur les frais scolaires, votée au parlement dans l’objectif de diminuer les charges annuelles consenties par les familles en Haïti.

Les besoins financiers et matériels qui concernent les élèves, les parents et les établissements scolaires sont estimés institutionnellement à 500 millions de dollars américains. Le système éducatif haïtien a été gravement touché par le tremblement de terre du 12 janvier. les pertes se chiffrent officiellement à 38 000 élèves, 1 400 enseignants, 150 membres du personnel du ministère tués et 4 200 écoles détruites.

lundi 11 octobre 2010

Des millions de dollars de provenance inconnue dans le système bancaire haïtien

La circulation dans le système bancaire haïtien de millions de dollars de provenance inconnue, inquiéterait des autorités financières internationales, selon Edouard Paultre du Conhane Il réclame le contrôle du financement des partis et candidats et dénonce l’utilisation du programme humanitaire « Cash For Work » à des fins électorales.


Huit cent millions de dollars, dont la provenance est inconnue, circulent depuis janvier 2010 dans le système bancaire haïtien, a révélé samedi sur les ondes de Radio Kiskeya M. Edouard Paultre, coordonnateur du Conseil National Haïtien des Acteurs Non Etatiques (Conhane), un regroupement d’organisations de la société civile. M. Paultre déclare détenir cette information d’un haut responsable de la communauté internationale qu’il n’a pas identifié et qui aurait exprimé la préoccupation des autorités financières internationales à ce sujet, lors d’une rencontre la semaine dernière avec des représentants d’organismes d’observation électorale. Le responsable du Conhane justifie par cette information ses appréhensions face au risque que des secteurs mafieux liés à la criminalité internationale investissent le champ des élections dans un pays aussi vulnérable qu’Haïti. Il estime de ce fait indispensable que le financement de la campagne des partis et candidats soit contrôlé. « Il faut qu’on sache si le financement de la campagne provient de l’Etat, de Pétro Caribe, du secteur privé ou de l’étranger. Il convient aussi d’en connaitre le montant », ajoute M. Paultre, rappelant en ce sens que la Loi électorale exige qu’une déclaration en bonne et due forme soit faite dès que le montant du financement dépasse cent mille gourdes. Outre le risque de l’introduction de « l’argent sale », M. Paultre dénonce avec véhémence l’utilisation de l’aide humanitaire à des fins électorales, notamment par les candidats officiels. Il fait référence en ce sens au programme « Cash For Work » (argent contre travail) qui aurait été accaparé par ces derniers au profit des organisations qui les supportent. Le coordonnateur du Conhane a enfin mis l’accent sur la nette disproportion de moyens entre les candidats officiels et ceux des autres partis, « suffisamment visible à travers les photos affichées dans tout le pays ».

dimanche 10 octobre 2010

200 interprètes pour la Minustah

En réponse à une question posée jeudi 8 octobre, lors du point de presse du bureau du porte parole du Secrétaire général de l’ONU, concernant les interprètes pour les éléments de la police de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah), il a été confirmé qu’il existait une disposition pour environ 200 interprètes dans le prochain budget de la Mission qui sera présenté à l’Assemblée générale dans quelques semaines.

Au sujet également de la question du besoin d’augmentation de personnel, il n’y a actuellement aucun plan pour déployer des troupes de police supplémentaires. Le déploiement de 2 180 hommes de la police de l’ONU, autorisé par le Conseil de sécurité après le séisme, est toujours en cours. Ce déploiement a déjà contribué à accroître de façon significative la présence policière à l’intérieur et aux alentours des principaux camps de Port-au-Prince et de ses environs. Cependant, étant donné qu’il y a environ 1,5 million de personnes déplacées, dispersées à travers 1 300 camps, il est quasiment impossible d’assurer une couverture complète de tous les camps en même temps. La police nationale haïtienne, qui comprend environ 10 000 officiers, a la responsabilité première d’assurer la sécurité de la population, y compris des personnes déplacées à l’intérieur.

samedi 9 octobre 2010

L'agriculture est la priorité pour Oxfam

Dans son nouveau rapport rendu public cette semaine, l'organisation internationale, Oxfam, appelle les instances concernées à accorder la priorité aux investissements dans le secteur agricole dans le cadre du plan de reconstruction du pays, dévasté par le tremblement de terre du 12 janvier.

Oxfam exhorte les pays donateurs à financer le plan d'agriculture du gouvernement estimé à un montant de 772 millions de dollars. Ils doivent aussi abandonner la politique commerciale consistant à subventionner certains produits de consommation dont le riz et à éliminer les barrières à l'exportation des produits haïtiens. « Les images poignantes des maisons effondrées montrent à quel point la capitale et les villes avoisinantes sont frappées par le tremblement de terre. Cependant, elles n'informent pas quant aux effets du tremblement de terre sur les communautés rurales. Le séisme a eu des effets néfastes sur la production agricole, ce qui a affecté tout le pays où environ 60 % de la population vivaient dans l'insuffisance alimentaire, bien avant la catastrophe du 12 janvier », a dit Philippe Mathieu, directeur pays de Oxfam. Dans ce rapport, Oxfam appelle la communauté internationale à adopter une politique qui supporte le développement économique en Haïti. Par exemple, l'exonération des taxes sur les produits haïtiens qui entrent sur le marché américain serait l'une des mesures pouvant favoriser la lutte contre la pauvreté en Haïti. « Il y a un paradoxe qu'il faut prendre en compte. Le riz importé des USA est subventionné et cela nuit aux producteurs haïtiens, parallèlement, le gouvernement américain investit dans le développement de la production nationale en Haïti. La communauté internationale doit abandonner ses politiques d'aide et de commerce contradictoires, dans l'objectif de supporter la croissance de l'économie rurale assez fragile en Haïti », a commenté Philippe Mathieu. Le gouvernement haïtien a élaboré un projet d'agriculture ambitieux dans le cadre du plan de reconstruction du pays qui s'articule autour d'un montant de 772 millions de dollars. Il consiste à mettre l'emphase sur l'amélioration des infrastructures, l'augmentation de la production et l'amélioration de l'accès aux services en milieu rural. Pourtant, jusqu'à cette date la communauté internationale n'a pas encore manifesté aucun intérêt à supporter ce plan.

vendredi 8 octobre 2010

Inquiétude sur les élections

Les élections présidentielles, sénatoriales et législatives en Haïti auront lieu le 28 novembre 2010. Près de neuf mois après le séisme, le pays est toujours en proie à une importante crise humanitaire mais la poursuite du processus électoral est désirée par l'ensemble de la population et des acteurs nationaux et internationaux. Néanmoins des inquiétudes persistent quant à la transparence de ce vote. Mais le Conseil électoral provisoire a tenu, jeudi 7 octobre 2010, à rassurer l’ensemble des candidats.

Ce jeudi, le Conseil électoral provisoire (CEP) a invité candidats et partenaires internationaux à une réunion de sensibilisation sur le déroulé du scrutin. Gaillot Dorsinvil, le président du conseil a tenu à souligner l’importance de ces élections. « J’affirme avec confiance que nous sommes capables de mettre en veilleuse nos intérêts particuliers pour nous hisser à la hauteur de la responsabilité historique qui est la notre en ce moment. Une responsabilité partagée qui engage le CEP et les forces politiques de ce pays : vous, délégués des partis, vous, candidats à la présidence de la République ». Première source d’inquiétude : les possibilités de fraude. Mais à ce sujet la conseillère électorale Ginette Chérubin a rappelé que le bon déroulement du scrutin dépendrait de l’honnêteté de tous. « Le CEP s’engage à faire ce qu’il faut, mais d’abord vous êtes candidats des partis politiques, il faut donc commencer à vouloir la vérité. C’est cet engagement que nous tous nous devons prendre. Ne demandez pas au CEP de le prendre seul. Tout le monde ne gagnera pas ». Le CEP s’est voulu rassurant mais les partis politiques craignent toujours des manipulations. Tous redoutent aussi les intimidations venant des supporters de leurs adversaires car déjà des armes à feu commenceraient à être distribuées dans la capitale.

Le FMI salue le redémarrage de l'économie

Le directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn a salué hier le redémarrage de l'économie d'Haïti dans les mois qui ont suivi le séisme meurtrier du 12 janvier.

" Beaucoup a été fait, probablement pas assez " après ce séisme qui a dévasté la capitale Port-au-Prince, a affirmé le dirigeant de l'institution multilatérale, lors d'une rencontre avec des représentants de la société civile dans le cadre de l'assemblée annuelle du Fonds. " Dans la situation terrible qui était celle de l'après-séisme, l'économie tout entière était bloquée à cause de l'incapacité de la banque centrale à fournir des billets de banque ou des services aussi simples que cela ", a-t-il souligné. " Donc il nous a fallu rebâtir la capacité de l'économie à tourner, et cela s'est fait assez rapidement, ce qui a permis un lent et timide redémarrage ", s'est félicité M. Strauss-Kahn. " Nous avons fait tout ce que nous pouvions faire, en annulant toute la dette ancienne d'Haïti, ce qui n'est pas facile pour une institution comme le FMI puisque l'argent doit venir de quelque part. L'argent qui a été prêté à Haïti, comme aux les autres pays, vient des Etats membres. Donc les Etats membres doivent donner leur accord à une annulation ", a-t-il rappelé. Le FMI, qui faisait partie des principaux créanciers de ce pays parmi les plus pauvres du monde, a annulé en juillet 268 millions de dollars de dette et accordé un nouveau prêt de 60 millions de dollars sur trois ans. Selon ses estimations, les dégâts causés par le séisme ont représenté 120 % du produit intérieur brut du pays en 2009.

jeudi 7 octobre 2010

Rentrée scolaire difficile

Sous la tente ou des hangars, les écoliers ont fait leur rentrée cette semaine dans les zones sinistrées d'Haïti mais en petit nombre, neuf mois après le séisme qui a détruit ou gravement endommagé près de 80% des établissements de la région de Port-au-Prince. Dans une vaste cour où deux écoles détruites sont fusionnées, des hangars ont été installés par l'Unicef afin d'accueillir les enfants qui doivent s'habituer à des salles de classe ouvertes et à une difficile cohabitation. « Nous accueillons deux classes dans le même espace. Il n'y a pas assez de places pour les enfants, mais on doit s'y faire », se résigne une enseignante. De nombreux professeurs et élèves ont péri lors du tremblement de terre du 12 janvier qui a fait plus de 250 000 morts et plus d'un million de sans-abri.

Très peu d'enfants se sont présentés lundi pour la première journée de classe dans la cour qui réunit l'Ecole Célie Lilavois et l'Ecole nationale du Brésil. Flonise, 14 ans, a répondu présent, mais elle est la seule de sa famille. « Mon frère et ma petite soeur vont encore attendre jusqu'au mois de décembre, quand ma maman pourra peut-être payer les frais scolaires. Moi, je suis chanceuse, on m'a donné des uniformes », dit l'adolescente qui n'a pas encore atteint la fin du primaire. « La crise économique et les conditions de vie des familles handicapent la rentrée. Elle sera de toute façon progressive », commente Miloudy Vincent, une fonctionnaire du ministère de l'Education. Dans les camps de sinistrés qui pullulent d'enfants, la rentrée se fera plus tard, quand les moyens seront réunis.


En photo ci-dessus : Le gouvernement cubain a distribué des livres aux enfants haïtiens qui vivent toujours dans les camps de réfugiés, neuf mois après le séisme dévastateur du 12 janvier dernier.

L'Unicef a distribué des manuels et des uniformes à des milliers d'écoliers issus de familles sinistrées, mais en nombre insuffisant par rapport aux besoins. Le Fonds des Nations unies pour l'enfance a promis d'appuyer 2 000 établissements scolaires et plus de 700 000 enfants ainsi que des enseignants qui recevront des fournitures, précise Nathalie Hamoudi, une fonctionnaire de l'Unicef. Luckerson Pierre, 8 ans, aborde un peu perdu sa première année de scolarisation mais il sait déjà qu'il veut devenir enseignant. « J'ai perdu ma soeur Emmanuela lors du séisme. Je découvre l'école aujourd'hui grâce aux bienfaiteurs qui m'ont fourni l'uniforme et des livres », raconte-t-il. Ailleurs dans Port-au-Prince, des salles de classe installées sous des tentes abimées ne facilitent pas l'enseignement en cette saison d'intempéries, où les abris de fortune sont balayés par des coups de vents violents, les inondations et les éboulements qui ont fait la semaine dernière de nouvelles victimes dans le pays. « Après le séisme, la chose la plus importante pour les jeunes c'est l'école », a répété le ministre de l'Education, Joel-Desrosiers Jean-Pierre, en venant assister à la rentrée dans les deux écoles fusionnées.

Sur fond de manifestations de lycéens et d'enseignants mécontents du manque de moyens, le ministre a prié près de 200 personnes réfugiées dans un des lycées de la capitale de laisser la place aux étudiants. « L'objectif de l'État est d'amener tous les enfants de Haïti à l'école. Cette fois, l'éducation universelle doit devenir une réalité dans un pays où plus de 300 000 enfants sont en dehors du système », a promis le ministre. « Les professeurs sont prêts pour la rentrée, mais ils sont aussi des parents qui doivent assurer la scolarisation de leurs enfants », remarque Yolaine, une enseignante avec 20 ans de carrière à son actif.

mercredi 6 octobre 2010

La première rentrée scolaire après le séisme

Depuis le 4 octobre, les enfants haïtiens ont officiellement repris le chemin de l’école. Neuf mois après le séisme, l’évènement était très attendu. Cette rentrée des classes revêt une importance encore plus particulière à Cité Soleil où le père Zucchi, directeur des écoles des prêtres Salésiens, soutenues par Caritas, rappelle à quel point la promotion de l’éducation est essentielle dans cette banlieue défavorisée de Port-au-Prince. 


Un entretien avec le Père Zucchi, en photo ci-contre célébrant la rentrée scolaire dans son école "Soleil 4" dans la Cité Soleil de Port-au-Prince.

Quelle est la situation de l’éducation à Cité Soleil ? Pourquoi la réouverture des écoles est-elle si importante ici ?

A Cité Soleil, on compte plus de 400 000 habitants, dont près de 90 % sont analphabètes. C’est un réel problème. Ici, à l’heure actuelle, pas plus d’un enfant sur deux ne va à l’école ; et la plupart du temps, essentiellement pour pouvoir bénéficier de la nourriture qui leur est distribuée. Sans parler de ce que l’on appelle le « taux de persévérance » des enfants à l’école, extrêmement faible dans la zone. Beaucoup d’élèves abandonnent en cours de route.

Comment lutter contre ce phénomène ?

Il faut commencer avec les parents. En Haïti, et plus particulièrement à Cité Soleil, les parents ont tendance à ne pas assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leurs enfants. Surtout une fois qu’ils nous les confient. Ils se déchargent alors entièrement sur nous. C’est pourquoi il faut les sensibiliser, les amener à s’investir davantage dans l’éducation de leurs petits en leur faisant comprendre qu’à terme, ils seront les premiers à en bénéficier. Nous travaillons beaucoup en ce sens, et ça marche. Mais il faut provoquer un vrai changement dans les mentalités ! Parce qu’il faut bien savoir qu’en Haïti, et à Cité Soleil plus qu’ailleurs, on ne s’adresse pas à l’enfant. Celui-ci n’a pas de place à lui au sein du nucleus familial. Comment peut-on éduquer un enfant si l’on ne s’adresse pas à lui ? Un phénomène qui se trouve amplifié par le fait que les parents sont souvent analphabètes… C’est pourquoi il faut absolument démarrer avec les enfants tant qu’ils sont très jeunes. Sécuriser, préparer l’environnement de l’enfant pour favoriser son éveil, sa capacité de parole et l’aider à s’épanouir. C’est ce que nous nous employons à faire.

Cité Soleil est un des quartiers les plus sensibles de Port-au-Prince. Les ONG ont du mal à s’y implanter et y démarrer des programmes éducatifs. Quelles sont les difficultés auxquelles vous devez faire face ?

Tout d’abord, il faut préciser que les prêtres Salésiens sont engagés à Cité Soleil depuis des décennies. Nous avons accompagné les gens à Cité Soleil, nous sommes les premiers à leur avoir apporté la religion, le logement, et surtout l’éducation. Ce qui n’est pas le cas des autres organisations. Souvent, celles-ci arrivent sans connaître le pays et ont tendance à avoir une approche qui n’est pas forcément adaptée à Cité Soleil ni aux besoins de la population. Ceci étant, les choses sont difficiles pour tout le monde. Le principal problème, c’est que le gouvernement ne coordonne et ne soutient aucune de ces initiatives. Dans un tel contexte, il devient encore plus complexe d’obtenir les résultats espérés, à savoir former les gens. Et en vivre. Et puis, il faut aussi garder à l’esprit que Cité Soleil est une zone de grand banditisme, un repère de chimères (bandes armées constituées sous le régime du président Aristide) et de « vagabonds », comme on appelle ici les voyous. Ils ne sont pas nombreux, une poignée seulement, mais nous ne pouvons pas faire sans eux. Violences, menaces, intimidation… Ils exercent une pression extrêmement forte sur la zone et ralentissent significativement les projets. Moi-même, j’ai été victime d’attentats à trois reprises. Il faut pouvoir faire face à cela.

Avec près de 40 000 élèves et 1 400 enseignants tués, plus de 4 000 écoles détruites en Haïti, l’impact du séisme a été particulièrement lourd sur le système éducatif haïtien. Qu’en est-il dans vos écoles à Cité Soleil ?

Avec le séisme, nous avons perdu la moitié de nos professeurs. Quant aux élèves, le recensement est difficile à faire mais beaucoup ne sont jamais revenus. La plupart de nos bâtiments se sont retrouvés à terre ou sont devenus inutilisables. Sans parler du pillage des écoles au lendemain du séisme, où les gens ont tout emporté. Souvent des parents d’élèves d’ailleurs… Et puis il y a les chimères, toujours. Et le gouvernement ne nous aide en rien. Aucune subvention, aucun coup de pouce. Avec l’aide de Caritas, nous avons passé des mois à raffermir les salles de classe, reconstruire les murs d’enceinte des écoles, monter des baraques alternatives en bois pour accueillir les enfants, trouver des fournitures. C’est un début mais il faut continuer, reconstruire à neuf pour redémarrer vraiment. Pour cela, il faut des financements.

Quel est votre message pour le futur ?

En dépit des difficultés, des pressions et des menaces, il ne faut jamais démissionner. Si nous partons, c’est terminé. Il est indispensable de créer une base sur laquelle travailler. C’est pour cela qu’il est aussi important d’insister sur l’éducation des enfants dès leur plus jeune âge. Pour faire en sorte que les jeunes aient d’autre alternative que celle de s’enrôler dans un gang pour survivre.

Propos recueillis par Mathilde Magnier.

mardi 5 octobre 2010

Des étudiants exigent de meilleures écoles

Des étudiants ont affronté les casques bleus de l'ONU et la police haïtienne lundi à Port-au-Prince, exigeant que leur école endommagée par le séisme du 12 janvier soit réparée ou qu'on leur attribue un autre édifice.

Alors que la rentrée des classes débutait lundi en Haïti, au moins 30 manifestants se sont rassemblés devant le ministère de l'Éducation pour exiger la remise en état de leur école. Certains manifestants ont bloqué des rues et ont lancé des pierres sur les voitures. Les autorités ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. L'ambassade des États-Unis a conseillé aux citoyens américains d'éviter le quartier où la manifestation a eu lieu. Ailleurs dans la capitale, de nombreux parents peinaient à réunir les fonds nécessaires à ce qui est censé être la première année scolaire entière depuis le séisme dévastateur du 12 janvier. Le tremblement de terre a détruit plus de 80 pour cent des infrastrucures scolaires de Port-au-Prince, en majorité détenues par des intérêts privés.

Presque toutes les écoles ont été fermées après le séisme et n'ont rouvert que plusieurs mois plus tard.

Mais même avant le tremblement de terre, le système éducatif haïtien était un échec. En moyenne, au fil des années, seulement la moitié des enfants haïtiens sont scolarisés, la plupart dans des écoles privées établies dans des constructions peu sécuritaires. Plus d'un an avant le séisme, un école à flanc de colline s'est écroulée dans un bidonville de Pétionville, faisant 100 morts. Par ailleurs, avant le séisme, seul un enseignant haïtien sur dix était qualifié, et le tiers n'avait pas complété une neuvième année de scolarité, selon la Banque interaméricaine de développement. « Mes enfants ne vont pas à l'école parce que je n'ai pas d'argent pour les y envoyer, ni même pour payer un taxi pour y aller », a affirmé Alicia Louis, une mère de cinq enfants vivant dans un camp de sans-abri de Pétionville. La Banque interaméricaine de développement s'est engagée à amasser 500 millions $US pour reconstruire et améliorer le système scolaire haïtien.