contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

jeudi 30 septembre 2010

Haïti attend toujours l'aide américaine promise pour sa reconstruction

Près de neuf mois après le séisme dévastateur du 12 janvier, plus d'un million d'Haïtiens vivent toujours dans la rue entre les amas de décombres. Et à ce jour, pas un seul dollar sur les 1,15 milliard (845 millions d'euros) promis par les Etats-Unis pour l'aide à la reconstruction d'Haïti n'a été versé.

Cette somme avait été promise en mars par la secrétaire d'Etat Hillary Clinton dans le but de financer cette année des projets de reconstruction. Mais à moins d'une semaine de la fin de l'exercice budgétaire 2010 aux Etats-Unis, l'argent est toujours bloqué à Washington. En cause: la bureaucratie et un manque d'organisation et de sentiment d'urgence, a constaté l'Associated Press en interrogeant des responsables du département d'Etat, de la commission sénatoriale aux relations extérieures ou encore de la Maison Blanche. En attendant, Port-au-Prince, capitale haïtienne dévastée, enregistre un nombre croissant de décès et les rescapés continuent à souffrir de conditions de vie très dures. " Il y a vraiment des vies qui sont en jeu ", souligne John Simon, ex-ambassadeur américain auprès de l'Union africaine aujourd'hui membre du Centre pour le développement mondial, un cercle de réflexion de Washington. L'aide américaine est d'autant plus importante qu'Haïti n'a pas reçu beaucoup d'argent des autres donateurs internationaux. Sur les 8,75 milliards de dollars (6,43 milliards d'euros) promis pour la reconstruction par une cinquantaine d'autres pays et organisations, seulement 686 millions de dollars (504 millions d'euros) ont été effectivement versés jusqu'ici, soit moins de 15 % du total.

Le manque d'argent a failli interrompre les travaux menés sur le terrain par CHF International, agence américaine chargée de déblayer les décombres et construire des abris temporaires. Seulement 2 % des gravats ont été retirés et 13 000 abris temporaires construits, soit moins de 10% que le nombre prévu. Le 24 mars, le président Barack Obama avait demandé au Congrès 2,8 milliards de dollars (2,05 milliards d'euros) d'aide d'urgence pour Haïti. Les Etats-Unis ont déjà dépensé 1,1 milliard de dollars (808 millions d'euros) pour l'aide humanitaire post-séisme. Reste que le coeur de l'enveloppe demandée par Barack Obama étaient les 1,15 milliard de dollars pour la reconstruction. Six mois après, le texte de loi qui doit autoriser la distribution de cette aide est bloqué au Congrès par le sénateur républicain de l'Oklahoma Tom Coburn, a découvert l'AP. "Il bloque le texte parce que celui-ci prévoit inutilement un haut coordinateur pour Haïti", explique la porte-parole de l'élu, Becky Bernhardt.

Le projet propose effectivement la désignation d'un nouveau coordinateur chargé d'élaborer une stratégie de reconstruction en partenariat avec l'Agence américaine pour le développement (USAID). La création du poste coûterait cinq millions de dollars (3,6 millions d'euros) sur cinq ans, en incluant les salaires et frais d'une équipe de sept personnes. Faute d'approbation du texte, le département d'Etat tente de débloquer des fonds en contournant autant que possible le Congrès. Il a envoyé aux parlementaires un " plan de dépenses " le 20 septembre et a donné aux élus 15 jours pour l'examiner. S'ils ne le font pas, l'argent pourra être débloqué malgré tout pour des projets qui auront été approuvés. " Nous devons nous assurer que les besoins des Haïtiens ne sont pas sacrifiés à cause d'obstacles procéduraux et bureaucratiques ", a déclaré à l'AP le président de la commission sénatoriale aux relations extérieures, John Kerry. Presque neuf mois après le séisme, " des retards supplémentaires (...) ne sont pas acceptables ", ajoute-t-il. Le département d'Etat pense commencer à verser les fonds pour la reconstruction dans les semaines et mois à venir. A Haïti, beaucoup se sentent abandonnés. Mishna Grégoire, 22 ans, raconte avoir été heureuse de la tenue de la conférence des donateurs, en mars, pour aider son pays. Mais six mois plus tard, elle vit toujours dans un campement d'abris tendus de bâches avec 5.000 autres personnes à Pétionville, dans la banlieue de Port-au-Prince. " Je pensais qu'ils allaient faire quelque chose de sérieux", dit-elle. "Mais rien n'a été fait. "

mercredi 29 septembre 2010

Le Brésil signe dix accords de coopération avec Haïti

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, en visite officielle de deux jours en Haïti, a signé mercredi soir dix accords de coopération avec son homologue haïtienne Madame Marie Michèle Rey, appelés à renforcer les relations entre les deux pays. L'un de ces accords porte sur l'installation d'une usine hydroélectrique en Haïti d'une capacité de 32 mégawatts, a annoncé M. Amorim, qui a remis au président René Préval les études du projet réalisées par des techniciens brésiliens. Le Brésil a assuré Haïti d'une contribution de 40 millions de dollars sur ce projet d'un coût de 193 millions. M. Amorim a rappelé que son pays avait pris des engagements pour plus de 100 millions de dollars dans la reconstruction d'Haïti et a été le premier pays a contribuer au fonds de la Banque mondiale pour financer la reconstruction d'Haïti, ravagé en janvier par un violent séisme.

mardi 28 septembre 2010

Le Cnam ouvre en Haïti quatre cursus

Le Conservatoire national des arts et métiers (Cnam) va ouvrir en Haïti quatre cursus d'enseignement supérieur de niveau bac+2, entièrement gratuits, pour 600 étudiants haïtiens, 300 dès cette année et 300 autres à la rentrée 2011.

Ces cursus de deux ans ont été sélectionnés par les enseignants haïtiens pour répondre à court terme aux besoins du pays, touché en janvier par un terrible séisme : génie civil, gestion, informatique et environnement. A la mi-octobre, 300 jeunes haïtiens intégreront l'un des quatre cursus d'une durée de deux ans, avant une deuxième promotion de 300 à la rentrée 2011. Ces cursus seront proposés par l'université d'Etat d'Haïti à Port-au-Prince, à l'université Quisqueya et à l'université publique du Sud aux Cayes. Cette formation, d'un coût total de 400 000 euros, est entièrement gratuite pour les Haïtiens, financée à 80 % par le Cnam et à 20 % par la Guyane et l'Etat français. Elle a été présentée lundi en Haïti par l'administrateur général du Cnam, Christian Forestier. La première promotion a été baptisée "Abbé Grégoire" (1750-1831), une des principales figures de la Révolution française qui fut à la fois fondateur du Cnam (1794) et un protecteur de la jeune République d'Haïti.

lundi 27 septembre 2010

Les Haïtiens doivent se prendre en charge, selon Kouchner

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner, en visite officielle en Haïti, a souhaité dimanche que les Haïtiens prennent plus de responsabilités dans le reconstruction de leur pays ravagé par un tremblement de terre le 12 janvier.

" Je partage avec les Haïtiens la nécessité de prendre en charge leurs propres affaires. Plus vite la communauté internationale s'en ira et mieux ce sera. Cela voudra dire que les Haïtiens ont (pris) leurs responsabilités en main ", a déclaré Bernard Kouchner à l'occasion d'une conférence de presse avant de quitter le pays.

" Nous n'allons pas refaire l'histoire "

Au cours de son séjour en Haïti le ministre français a posé samedi la première pierre de la reconstruction de l'hôpital universitaire d'Haïti, cofinancé par la France et les Etats-Unis. Il a également signé trois conventions avec les autorités haïtiennes dont une aide budgétaire de 10 millions d'euros. La France accorde 20 millions au total en 2010 à Haïti pour permettre au gouvernement de payer les fonctionnaires. Dimanche, Bernard Kouchner a inauguré une nouvelle maison culturelle française en Haïti avant d'être reçu en audience par le président Préval pour un entretien d'une heure qui s'est tenu dans un bâtiment situé dans la cour du palais présidentiel, détruit lors du séisme. 


" Avec la France les relations sont très bonnes ", a déclaré le chef de l'Etat haïtien, rappelant la visite en février du président Nicolas Sarkozy, la première d'un chef d'Etat français dans cette ancienne colonie. Bernard Kouchner a reconnu des " liens sentimentaux entre la France et Haïti qui n'ont pas été suivis après l'indépendance de la première république noire ", mais a refusé de parler du remboursement de la dette payée à la France par Haïti pour son indépendance. " Nous n'allons pas refaire l'histoire. Je ne suis pas un colonisateur, vous n'êtes pas un colonisé ", a-t-il répondu à un journaliste haïtien.

" On ne peut pas reconstruire à l'identique "

Il a cependant reconnu un détachement " non mérité " de la France par rapport à Haïti, tout en appelant les Haïtiens à moins dépendre des autres et à faire plus pour eux-mêmes. A propos des critiques sur la lenteur de l'aide et des projets de reconstruction, Bernard Kouchner a indiqué que plus d'un milliard de dollars avaient été déjà dépensés ou engagés sur les 10 milliards promis en mars par la communauté internationale. "On peut très bien comprendre l'impatience des Haïtiens, mais il faut bien voir la réalité. La réalité c'est qu'on ne peut pas reconstruire à l'identique. Ce serait un très mauvais service à rendre aux Haïtiens si on faisait comme avant", a-t-il soutenu. " La reconstruction prend du temps, ça prend des investissements et des projets ", a de son côté répété le président René Préval après son entretien avec Bernard Kouchner. Un porte-parole du Quai d'Orsay a rappelé que depuis la visite du président français en Haïti, la France avait débloqué plus de 100 millions d'euros sur 360 millions promis pour la reconstruction.

Dommages considérables dans les camps

Un violent et soudain phénomène météorologique a frappé Port-au-Prince vendredi 24 septembre et les zones avoisinantes de Thomazeau, Ganthier, Fond Verettes, Gressier et des régions du Sud, comme Petit Goâve et Îles Cayimites. Il aura fallu moins de 30 minutes pour que la pluie et les vents violents transforment les camps de Port-au-Prince et de la région métropolitaine en un véritable désastre.

Les Nations Unies se sont immédiatement mobilisées pour répondre à cette situation. Plus de 40 équipes comprenant du personnel des Nations Unies, des agences humanitaires et du Gouvernement haïtien ont procédé à une évaluation des dégâts. 


Une mission de reconnaissance aérienne a été menée conjointement avec le Gouvernement haïtien. Les Casques bleus de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) ont été déployés sur l’ensemble de la ville de Port-au-Prince portant assistance aux personnes bloquées dans les décombres ou qui avaient besoin d’assistance médicale. Les ONG disposait fort heureusement de matériel sur place pour répondre aux différents besoins, y compris en bâches, matériel d’hygiène, couvertures et de nourriture. 


Ban Ki-moon, le Secrétaire général s’est dit attristé par les pertes en vies humaines et les dégâts matériels causés par la tempête soudaine qui s’est abattue sur Haïti le 24 septembre 2010. Il a présente samedi dans un communiqué ses sincères condoléances aux familles de ceux qui y ont perdu la vie.

Département de la Protection Civile (DPC) :
Le DPC, revoit ce dimanche son bilan légèrement à la hausse les intempéries ont fait 6 morts et 67 blessés. Le DPC rapporte 8,432 tentes ou abris endommagés ou détruits qui ne sont plus utilisables dans les zones touchées par la pluie et le vent. Les équipes d'évaluation à Cité Soleil ont rapporté que quelques maisons avaient subi des dommages et nécessitaient des bâches pour une réparation d'urgence et réduire l'exposition à la pluie. La Minustah a fourni l'aide de premier secours dans le transport des blessé les plus critique vers les hôpitaux. La coordination entre le DPC et l’OCHA (Office for the Coordination of Humanitarian Affairs) est en cours. Le Gouvernement d'Haïti dispose de 15 000 tentes et 600 matelas pour faire face aux pertes matérielles.

OCHA :
Dimanche 172 camps avaient été évalués par 22 équipes multi-sectorielles, déployées dans les camps touchés par le CCCM et la FICR entre autres, dont 77 membres du DPC, 21 sites prioritaires ont été identifiés. Une évaluation aérienne a également été menée en soutien. Le besoin prioritaire est le remplacement des abris, les partenaires du cluster Shelter procèdent à la distribution de 5.240 bâches, 150 tentes et 785 kits d'abris. La moitié des besoins étaient comblé samedi et le reste devrait l’être ce dimanche.

MINUSTAH :
La Minustah a dû apporter son soutien lors de visites d’évaluation des camps de Cité Soleil et du Champs de Mars pour des raison de sécurité. Les populations de ces camps étant en colère elles empêchaient le travail d’évaluation qui a pu finalement se faire avec succès. 20 casques bleu ont assuré la sécurité de la distribution de bâches, dans certains camps touchés. Des agent de la Formed Police Unit (FPU) ont été assignés à la sécurité des camps de déplacés, et poursuivent leurs patrouilles pour évaluer et faire rapport sur la situation. 559 UNPol et FPU assurent une présence policière permanente dans 6 camp principaux et 312 UNPol et FPU patrouillent dans les autres camps. Les effectifs de 550 soldats déjà stationné en permanence dans les camps de déplacés ont reçu en renfort 250 soldats pour assurer la sécurité dans les camps. Ce dimanche la situation est sous contrôle et reste «calme».


Humanitaire / Environnement / Hygiène / Santé :
La Fédération internationale des Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (IFRC) a distribué : 1 560 bâches, 780 Shelter kits au Camp Caradeux - 18 bâches, 5 Shelter kits à la La Piste (Ancien Aéroport Militaire) - 50 tentes, 150 bâches, 330 couvertures à la Piste au camps pour les personnes ayant une déficience auditive (110 personnes) - 182 bâches, 182 bois à Petit Place Cazeau / Parc Sainte Claire. Au total 985 familles ont été assistées par le HRCS/IFRC avec du matériel de secours pour les aider à se remettre des effets de la tempête.

Les routes dans les zones touchées sont maintenant déblayées. Aucun problème grave de logistique n’a été rapporté, malgré certains arbres tombés la plupart se sont révélés être des problèmes mineurs. Au camp corail l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) a relocalisé 111 familles dans des abris provisoires construits avant la date prévue. L’hôpital de la Paix est opérationnel. Au camp de Pétionville Golf (géré par l'acteur Sean Penn) l’hôpital de campagne a été détruit, mais les installations ont été remplacé par l'UNICEF et l’hôpital fonctionne de nouveau ce dimanche. La Direction Nationale de l'Eau Potable et de l'Assainissement (DINEPA) et les partenaire du cluster WASH ont conduit des évaluations. Des besoins mineurs ont été signalé dans 5 camps, essentiellement des douches, des latrines et des réservoirs d'eau endommagés. L’International Rescue Committee, et d'autres organismes d'aide ont distribué 750 kits d'hygiène. L'UNICEF a pré-positionné des jerrycans, des unité de stockage d'eau, des toilettes chimiques, des kits d'hygiène et de comprimés de purification de l'eau pour la distribution sur demande. Quatre équipes provenant de l’UNOPS, l’OIM et le DPC ont effectuées 12 évaluations à Delmas et Croix-des-Bouquets. Un camp a été identifié comme nécessitant un besoin urgent de drainage, le travail a commencer samedi selon la disponibilité des ressources. Les évaluations se poursuivront aujourd’hui.

dimanche 26 septembre 2010

La France signe 3 conventions et renfloue le budget du gouvernement

Le ministre français des Affaires étrangères Bernard Kouchner est arrivé samedi en visite officielle en Haïti où il a signé le même jour trois conventions avec les autorités haïtiennes.

L'une des conventions porte sur une aide budgétaire directe de 10 millions d'euros qui permettront au gouvernement de payer ses fonctionnaires. " La France fait partie de nos partenaires qui ont bien réagi au plaidoyer que nous avons fait pour obtenir de l'appui budgétaire. Elle a contribué en 2010 pour 20 millions d'euros au budget du pays ravagé en janvier par un violent séisme ", s'est réjoui le ministre haïtien des Finances Ronald Beaudin.

Les deux autres conventions portent sur une aide alimentaire de 1,4 millions d'euros et un support de 1 million d'euros pour la réorganisation du territoire haïtien et pour la sécurisation foncière, a-t-on annoncé. " Je remercie la France pour l'aide qu'elle nous a donnée et qui nous permet de terminer l'année dans des conditions raisonnables ", a ajouté M. Beaudin après la signature des documents avec le ministre français des Affaires étrangères. " C'est promesse tenue. Comment ne pas tenir ses promesses après des événements aussi catastrophiques que ceux que nos amis haïtiens ont vécus ", a répondu M. Bernard Kouchner qui a assuré le gouvernement haïtien d'une autre tranche de 20 millions d'euros d'aide budgétaire pour 2011. " Cette visite en Haïti est un geste très fort de la part de la France qui reste engagée dans l'effort de reconstruction d'Haïti à travers des projets concrets ", a souligné Bernard Valéro un porte-parole du Quai d'Orsay.

M. Kouchner a également posé samedi en Haïti la première pierre pour la reconstruction de l'hopital universitaire de Port-au-Prince dont l'essentiel des travaux sera cofinancé, par la France et les Etats-Unis. " J'ai été très touché par le témoignage d'un médecin de cet hôpital qui a traité des milliers de victimes du séisme du 12 janvier et je me réjouis que la France ait pu financer sa reconstruction avec les Etats-Unis ", a encore déclaré M. Kouchner qui doit avoir un entretien dimanche avec le président haïtien René Préval.

samedi 25 septembre 2010

Un policier haïtien exécuté par une foule en colère

Un poste de police d'une localité rurale d'Haïti a été incendié et un policier a été tué par une foule en colère, ont annoncé les autorités haïtiennes vendredi.

Un porte-parole de la police haïtienne, Frantz Lerebours, a affirmé que le policier Guillotau Hubert a tiré, jeudi, sur un homme non identifié qui venait de l'insulter dans la ville côtière de Cayes-Jacmel, à quelques kilomètres de la ville de Jacmel, dans le sud d'Haïti. Le policer a ensuite mis l'homme blessé en détention au poste de police. Des voisins en colère, armés de machettes et de pierres, ont alors attaqué le poste de police. Ils s'en sont pris à deux policiers, qu'ils ont attachés à des chaises avant de tuer M. Hubert à coups de machette. Ils ont ensuite mis le feu au corps du policier et au poste de police. La police a arrêté 20 personnes vendredi en lien avec cette attaque. La police haïtienne, qui peine à accroître ses forces et à asseoir sa crédibilité, a été éclipsée par la force de maintien de la paix des Nations unies déployée en Haïti depuis 2004.

Haïti frappé par les intempéries : au moins 5 morts et de nombreux dégâts

Au moins cinq personnes sont mortes et des dizaines blessées vendredi dans les camps de sinistrés du séisme de janvier en Haïti et des milliers d'abris détruits, suite aux intempéries qui ont frappé la capitale Port-au-Prince, ont annoncé les autorités.

" Nous avons enregistré au moins cinq morts dont deux fillette et une vieille dame de 93 ans dans les camps, tandis que des milliers de tentes ont été rasées tuant parfois leurs occupants ", a indiqué Madame Nadia Lochard responsable de la Protection civile d'Haïti. Les fortes pluies et les vents violents ont arraché des toitures de maisons, renversé des arbres et des pylônes électriques dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince submergés par des torrents d'eau qui se sont déversés sur la capitale en quelques heures. " Des milliers de tentes ont été détruites ou endommagées ou tout simplement emportées par des rafales de vent. Nous avons commencé à évacuer des personnes vers des établissements scolaires et dans d'autres abris. Les gens ont besoin de couvertures et des vêtements " a déclaré Madame Lochard.

Certaines villes de province ont été également touchées par les intempéries faisant craindre un bilan plus lourd.

A Port-au-Prince, les coups de vent ont provoqué de sérieux dégâts sur une grande place publique aux environs du palais présidentiel emportant des latrines qui se sont déversées dans les rues, a-t-on constaté. Des dizaines de résidents d'un camp de sinistrés du séisme de janvier qui a jeté à la rue plus d'1,3 millions d'Haïtiens, ont brièvement manifesté à quelques mètres du palais national haïtien également détruit par le séisme. " Nous n'avons pas pu entrer dans ce camp pour évaluer les destructions, les gens étaient en colère ", a expliqué un agent de la Protection civile. " Nous bénéficions de l'aide de Casques bleus, de policiers haïtiens et de l'ONU pour évacuer les personnes dont les abris sont détruits ou renversés par les coups de vent. Ils sont en train d'installer des tonnelles en plastic pour accueillir les déplacés ", ont encore indiqué les autorités haïtiennes. De nombreux blessés étaient soignés par des membres d'Organisations internationales ou transportés dans des hôpitaux de fortune, a indiqué un médecin étranger refusant de présenter un bilan des victimes des intempéries. " Nous sommes en train de compiler les informations avant de présenter un bilan définitif ", a ajouté le coordonnateur de la Protection civile haïtienne. La pluie s'est arrêtée sur Port-au-Prince mais pourrait recommencer durant les prochains jours, ont pour leur part indiqué les responsables du service météorologique.

vendredi 24 septembre 2010

Le ministre Evans Lescouflair au centre d’un présumé double scandale sexuel

Cinq Sénateurs de l’opposition pressent le Président René Préval d’autoriser la justice à interroger son ministre de la jeunesse et des sports accusé de pédophilie et viol par un adolescent de 16 ans et un homme qu’il aurait menacés de mort. Les parlementaires jugent inacceptable le mutisme de l’Exécutif face à une affaire aussi grave malgré une démarche entreprise par le parquet depuis environ un mois ; pas de réaction de M. Lescouflair ni du gouvernement pour l’instant

Cinq Sénateurs de l’opposition appartenant au groupe minoritaire à la Chambre haute ont appelé mercredi le Président René Préval à mettre à la disposition de la justice son ministre de la jeunesse et des sports, Evans Lescouflair, contre qui deux plaintes pour viol présumé sur un mineur et un homme ont été déposées au parquet de Port-au-Prince. Youri Latortue (AAA/Artibonite, nord), Mélius Hyppolite (OPL/nord-ouest), Edmonde Supplice Beauzile (Fusion/Centre), Jean William Jeanty (KORENIP/Nippes, sud-ouest) et Jean Willy Jean-Baptiste (AAA/Artibonite) ont adressé une requête au commissaire du gouvernement, Me Harrycidas Auguste, pour s’informer de l’avancement de la procédure judiciaire prévue en la matière. S’exprimant lors d’une conférence de presse à l’occasion de leur retour sur le site du Palais Législatif, détruit lors du séisme du 12 janvier, les parlementaires ont jugé anormale qu’aucune suite n’ait été donnée aux graves accusations portées contre le ministre Lescouflair par un adolescent de 16 ans et un homme d’une trentaine d’années. Ils ont été identifiés au cours de la conférence, mais nous tairons leurs noms pour des raisons d’ordre éthique. Au cours de présumés actes homosexuels séparés, l’officiel aurait brutalisé et menacé de mort les deux plaignants avant de les contraindre à avoir des relations intimes avec lui. “ Il faut que cette situation soit tirée au clair. Car, il est anormal que le pouvoir continue de garder le silence là-dessus ”, s’est emporté le Sénateur Youri Latortue révélant qu’une correspondance adressée au Président Préval, depuis le mois dernier, par le chef du parquet est restée sans réponse.

En vertu de la législation en vigueur, le parquet est tenu de solliciter l’autorisation du chef de l’Etat pour pouvoir interroger un membre de l’Exécutif et, éventuellement, exercer des poursuites judiciaires contre lui. Se félicitant du traitement réservé au dossier par le commissaire Harycidas Auguste, Youri Latortue soutient que les présumées victimes ont acheminé aux autorités judiciaires des pièces à conviction accablantes, dont des certificats médicaux et photos montrant les violences sexuelles caractérisées que M. Lescouflair aurait exercées contre elles. Très proche du chef de l’Etat, le ministre de la jeunesse, des sports et de l’action civique n’a pas encore réagi à ces accusations de pédophilie, viol et menaces de mort. Ses collaborateurs contactés mercredi ont affirmé qu’il séjourne actuellement à l’étranger. Pas de déclaration officielle non plus du gouvernement que cette affaire, vraie ou fausse, risque d’éclabousser.

jeudi 23 septembre 2010

L’agriculture sur la bonne voie, malgré des baisses de production, analyse l’Onu

Malgré des baisses de production sensibles, dans diverses filières, consécutives au séisme du 12 janvier 2010, l’agriculture en Haïti serait sur le point de se relever des impacts du tremblement de terre qui a poussé des milliers de personnes à se réfugier dans plusieurs villes et sections communales en province.

Telle est l’estimation faite, environ 9 mois après le séisme, par une mission conjointe d’évaluation de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (Fao) et du Programme alimentaire mondial (Pam), dans un rapport cité dans une dépêche, publiée sur le site de l’organisation des Nations Unies (Onu) et consultée par l’agence en ligne AlterPresse. Pour l’année 2010, la production agricole totale, qui a chuté par rapport à 2009, accuse environ 1,2 million de tonnes de racines et tubercules (baisse de 12 % par rapport à 2009), 503 600 tonnes de céréales (diminution de 9 %), 148 000 tonnes de légumineuses (régression de 20 %) et 313 200 tonnes de plantains (recul de 14 % par rapport à 2009), souligne le rapport de la mission conjointe Fao/Pam. Pour le printemps de 2010, la production d’haricots a reculé de 17 % par rapport à 2009, celle du maïs de 8 %, celle du sorgho de 45 % et de la banane plantain de 5 % par rapport aux rendements de 2009. Ces estimations sont basées sur « les prévisions conjuguant la récolte de printemps et le résultat escompté de la campagne d’été ».

Résultats malgré tout encourageants, aux yeux de la branche du Pam-Haïti

Malgré ce recul par rapport à 2009, ces résultats sont jugés encourageants par la directrice du Pam en Haïti, Myrtha Kaulard, en considérant l’ampleur des dégâts causés par le tremblement de terre du 12 janvier. « Ces bons résultats confirment que nous sommes sur la bonne voie pour donner aux Haïtiens un meilleur accès à des aliments nutritifs et accessibles », avance Kaulard. Le rapport conjoint Fao-Pam insiste sur une combinaison de facteurs qui tendraient à générer un possible relèvement de l’agriculture en Haïti, après le séisme. « La fourniture, en temps utile, d’aide alimentaire et d’intrants agricoles, ainsi que des conditions météorologiques convenables, ont permis de commencer à remettre sur pied l’agriculture », nuance Mario Zappacosta, économiste du système mondial d’information et d’alerte rapide pour l’alimentation et l’agriculture au sein de la Fao. « Les niveaux de production vivrière auraient pu être bien plus bas », dit Zappacosta. Le haut fonctionnaire onusien prévoit un accroissement de 15 % de la production de riz dans les zones irriguées touchées par le séisme où, fait-il remarquer, les disponibilités d’eau, d’engrais, de semences et de crédit sont meilleures qu’en 2009, grâce à l’assistance de la Fao et d’autres entités des Nations Unies. Les efforts conjoints ont permis de distribuer des intrants à 72 000 familles agricoles dans les zones affectées dans le tremblement de terre et les zones rurales, en vue de la campagne de semis de printemps qui représente 60 % de la production agricole en Haïti, souligne le rapport d’évaluation onusienne de la situation agricole pour 2010 dans la république caribéenne. Cette assistance a permis à plus de 360 000 personnes de produire leur propre nourriture et de vendre l’excédent pour couvrir les dépenses de santé et d’instruction. Durant la campagne de semis d’été, des outils, engrais, pompes à eau et semences de qualité ont été livrés à 80 000 familles rurales supplémentaires par le mécanisme onusien de coordination des efforts de reconstruction du secteur agricole, lequel implique également plus de 170 organisations non gouvernementales et internationales.

mercredi 22 septembre 2010

Quelque 160 étudiants haïtiens vont poursuivre leurs études au Sénégal

Environ 160 étudiants haïtiens vont intégrer l’enseignement supérieur sénégalais dans le cadre d’une action humanitaire initiée par les autorités sénégalaises pour l’année académique 2010- 2011.

Les 160 étudiants sont attendues au Sénégal au courant du mois d’octobre et seront accueillis par le président sénégalais Abdoulaye Wade. Le président Wade avait proposé en janvier le retour au bercail des Haïtiens en Afrique après le séisme intervenu dans ce pays au début de l’année. L’accueil des étudiants haïtiens a été confié à une commission qui s’est rendue en Haïti pour faire la sélection. La commission était composée d’officiers de la police et de la gendarmerie, d’un médecin militaire, du recteur de l’université Gaston Berger de Saint-Louis et de conseillers en éducation. Sur 2 058 demandes, 350 ont été présélectionnées avant que 160 ne soient définitivement retenues.

mardi 21 septembre 2010

Reconstruction : Réunion spéciale de la CIRH à New York

L’ex-Président Clinton a présidé une réunion spécial de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH) à New York, avec le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive. À cette réunion était présent la secrétaire d'État, Hillary Clinton et une douzaine de ministres des Affaires étrangères de différents pays dont la France, l'Espagne et l'Argentine. La réunion a examiné le processus de reconstruction, l'approche des prochaines élections et le renouvellement du mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah).

Lors de cette réunion CIRH, certains pays comme les États-Unis et la France a promis 25 millions de dollars, respectivement, pour aider à construire un hôpital de Port-au-Prince. Voir l'article.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères Miguel Angel Moratinos, a annoncé 45 millions d'euros (58,5 millions de dollars) pour le système d'assainissement de Port-au-Prince. Des sources diplomatiques espagnoles ont également noté que les autorités américaines avaient répondu positivement à la demande de soutien de Bill Clinton pour le secteur privé. Dans le cadre de cet appel l'Espagne a confirmé sa participation à hauteur de 50 millions d'euros (65 millions) à un fonds de développement du secteur privé de la Banque Interaméricaine de Développement (BID) pour Haïti. Tous les montants affectés lors de cette réunion à des projets spécifiques font partie des engagement de l’Espagne pris le 31 mars dernier

lundi 20 septembre 2010

Le plan national en matière de handicap

Organisé par la Secrétairerie d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées, sous le haut patronage de la Première Dame de la République, Elisabeth Débrosse Délatour, se tiendra au Caribe Convention Center, les 22 et 23 septembre un symposium international sur la problématique du handicap en Haïti sous le theme « Reconstruction et refondation d’Haïti dans ses liens avec l’inclusion et l’accessibilité »

Le violent tremblement de terre du 12 janvier 2010 s’est soldé par des conséquences catastrophiques considérables pour le pays en général et pour les grandes villes touchées. Le Secteur des Personnes Handicapées a payé, lui aussi, au prix fort sa contribution à ce désastre national. La plupart des établissements hébergeant ses institutions ont été détruits. De nombreux cas de mortalité ont été recensés parmi ses membres, des milliers de cas d’amputation aussi augmentant d’au moins 5 000 les 800 000 personnes handicapées enregistrées jusque-là sur 9 millions de personnes que compte la population haïtienne. La Secrétairerie d’Etat à l’Intégration des Personnes Handicapées (SEIPH), soucieuse d’une reconstruction inclusive, c’est-à-dire qui tient compte de l’apport et des intérêts de tout le monde sans exception, sans discrimination aucune, organise à cette occasion un symposium en vue de soumettre à ses partenaires et les organisations internationales son projet de Plan National en matière de handicap. Le symposium sera l’occasion pour les partenaires nationaux et internationaux d’exprimer leurs points de vue sur le Plan d’action et de s’engager concrètement dans l’action coordonnée et ordonnancée par la Secrétairerie d’État que promeut le document de travail.

Dans cette perspective, la SEIPH met l’accent sur les points suivants qui sont autant d’objectifs à atteindre :


* Sensibiliser les participants sur la situation des personnes handicapées avant et après le séisme du 12 janvier et la nécessité de renforcer les associations et institutions nationales œuvrant dans le domaine du handicap;
* Motiver le public en général et les bailleurs en particulier autour de l’application des normes internationales d’accessibilité des bâtiments, des voies publiques, des moyens de transport, etc… ;
* Inciter les intervenants à prendre conscience de la nécessicité d’une bonne coordination des actions au bénéfice des personnes handicapées ;
* Encourager les grandes ONG internationales travaillant dans le domaine du handicap à entreprendre des activités de collecte de fonds en vue de la constitution en Haïti d’un fonds de solidarité national pour l’intégration des personnes handicapées ;
* Présenter et dresser le profil de l’Institut haïtien de réadaptation à créer ;
* Recueillir des données dans la perspective du plan quinquennal d’intervention en matière de handicap.


La Secrétairerie d’État à l’Intégration des Personnes Handicapées compte sur le support effectif de ses partenaires tant nationaux qu’internationaux pour la réussite de ce symposium qui revêt une importance cruciale pour l’avenir de centaines de milliers d’Haïtiennes et d’Haïtiens.

dimanche 19 septembre 2010

Les Etats Unis retiennent encore Haïti sur la liste noire des pays narcotrafiquants

Haïti figure une nouvelle fois sur la liste de vingt principaux Etats d’Amérique Latine et des Caraïbes impliqués dans le trafic de drogue sur le plan international. Ces pays, dont treize se trouvent dans la région de la Caraïbes, ont été retenu par les Etats Unis d’Amérique pour leur rôle de « producteurs majeurs ou de plateformes de transit de stupéfiants » destinés principalement aux marchés américain et européen.

Selon le rapport annuel rendu public samedi par le Département d’Etat, c’est dans la catégorie des territoires de transit que se trouve Haïti avec sa voisine, la République Dominicaine. La Jamaïque, les Bahamas, le Costa Rica, l’Equateur, le Guatemala, le Honduras, le Nicaragua, le Panama et le Pérou font partie également de cette catégorie. Sont identifiés parmi les producteurs de drogue par l’administration américaine : le Venezuela, la Bolivie, la Colombie et le Mexique, l’Afghanistan, le Pakistan, la Birmanie (Myanmar), et le Laos ou encore l’Inde. La Maison Blanche a reprouvé particulièrement la Bolivie et le Venezuela pour n’avoir pas " respecté de manière évidente " leurs engagements. A ce sujet, le président américain Barack Obama a promis le maintien des programmes d’aide offerts aux différents pays concernés.

En Haïti, les autorités policières, comptant sur la collaboration de la MINUSTAH, ne cessent d’annoncer que des mesures permettant de contrôler le trafic de stupéfiants seront adoptées à travers le territoire afin de freiner ce phénomène.

samedi 18 septembre 2010

Des hommes d’affaires français attendus à Port-au-Prince dans les prochains jours

Une délégation d’hommes d’affaires français sera en visite à Port-au-Prince, la capitale haïtienne, du 26 au 30 septembre 2010, apprend AlterPresse d’un communiqué de l’ambassade de France en Haïti.

Ce déplacement s’inscrit dans la continuité des entretiens fructueux qui ont eu lieu, le 5 mai dernier, au siège du MEDEF (Mouvement des Entreprises de France), à Paris, entre des dirigeants d’entreprises françaises et haïtiennes faisant partie du Forum Économique du Secteur Privé, explique le communiqué. Le Forum Économique du Secteur Privé regroupe plusieurs associations patronales et chambres de commerce dont la Chambre Franco-Haïtienne de Commerce et d’Industrie (CFHCI). La délégation dirigée par le vice-président du MEDEF, Hugues –Arnaud Mayer, comprendra des dirigeants d’entreprises françaises opérant dans des secteurs variés, dont le bâtiment et les travaux publics, le transport maritime, l’ingénierie aéroportuaire, la production d’énergie, la distribution de produits pétroliers, les équipements électriques. Les membres de la délégation seront reçus en audience par le premier ministre Jean Max Bellerive et les plus hautes autorités économiques du pays, indique le communiqué. Ils rencontreront également de nombreux responsables d’entreprises haïtiennes afin de poursuivre les relations économiques et commerciales déjà établies, ou bien pour développer un nouveau courant d’affaires, précise le communiqué. En conclusion de sa mission, la délégation donnera une conférence de presse à laquelle participeront, le mercredi 29 septembre 2010, outre le vice-président du MEDEF, Hugues –Arnaud Mayer, l’ambassadeur de France en Haïti, Didier Le Bret, et le président de la CFHCI, Gregory Brandt.

vendredi 17 septembre 2010

En Haïti la justice est rendue sous des tentes

«  Avant le séisme, la situation de la justice n'était déjà pas simple mais là il faudra beaucoup de temps avant que nous puissions travailler dans des conditions à nouveaux normales . »...

Depuis le 12 janvier dernier, Gabrielle Domingue, juge d'instruction au tribunal de Port-au-Prince, rend la justice sous une toile de tente : «  Le palais de justice n'existe plus. Le tribunal de première instance, la cour d'appel et la cour de cassation y étaient hébergés ». Nombre de dossiers en souffrance s'accumulent sur le bureau des magistrats haïtiens qui s'inquiètent de «  l'insécurité grandissante du fait des détenus sortis à la faveur de la catastrophe et qui errent toujours dans les rues en ruine de la capitale  ». Face à l'ampleur des travaux à réaliser, le juge Domingue est optimiste : «  Dieu y pourvoira  ».

jeudi 16 septembre 2010

Le directeur de l'Ecole de la magistrature juge la justice paralysée en Haïti

Le directeur de l'Ecole de la magistrature d'Haïti (EMA), Lionel Bourgoin, a dénoncé ce jeudi à Bordeaux " une justice paralysée " dans son pays car, explique-t-il, le président René Préval n'a toujours pas nommé le président de la cour de Cassation. Lionel Bourgoin était jeudi matin au côté de Jean François Thony, directeur de l'Ecole nationale de la Magistrature (ENM) de Bordeaux, pour présenter la première promotion de vingt élèves magistrats haïtiens qui va être formée dans la capitale girondine durant les dix prochains mois.

Le directeur de l'EMA, qui a lui-même été élève de l'ENM de Bordeaux en 1997, a expliqué que " la justice (était) sinistrée en Haïti " depuis le séisme, avec notamment le tribunal de Port-au-Prince détruit et de nombreux magistrats décédés. Lionel Bourgoin a surtout déploré que " le président (René Préval) refuse de nommer le président de la cour de Cassation ", un haut magistrat qui est aussi président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) et président du conseil d'administration de l'EMA. Selon le directeur de l'EMA, en effet, le président n'a toujours pas avalisé la liste de personnalités composant ces instances, qui lui a été soumise en 2009. Il a rappelé que le président de la Cour de Cassation occupe par intérim les fonctions du président en cas d'empêchement de celui-ci. La situation actuelle, selon M. Bourgoin, " paralyse le fonctionnement judiciaire " et interdit " l'Etat de droit " en Haïti. En 2007 le parlement avait voté trois lois qui devaient définir un nouveau cadre à la justice haïtienne, l'une créant le CSPJ, équivalent du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), la seconde portant sur le statut de la magistrature et enfin la dernière fixant le statut de l'EMA qui est devenu un organisme autonome administratif. M. Bourgoin a salué "la solidarité agissante" de la France qui permet à vingt auditeurs de justice haïtiens d'intégrer la promotion 2010 de l'ENM aux côtés des 127 auditeurs français et des 38 élèves de 7 pays étrangers. L'accueil de ces 20 élèves et six formateurs haïtiens est financé par le Programme des Nations Unies-Haïti, la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti et le ministère des Affaires étrangères.

mercredi 15 septembre 2010

La course à la présidentielle la plus chère de l’histoire d’Haïti

Les experts estiment entre 3 et 6 millions de dollars américains les sommes nécessaires [par candidat] pour mener leurs campagnes électorales, un défit qui sera difficile à surmonter pour de nombreux candidats. Les analystes politiques quant à eux, estiment que les budgets pourraient atteindre entre 10 et 20 millions de dollars pour les meilleurs candidats. La course à la présidentielle dans cette perspective, pourrait être la plus couteuse de l’histoire d’Haïti pour les candidats.

Haïti était déjà chère avant le séisme mais alors que la campagne va démarrer tous les prix ont explosé, la demande dépassant l'offre. Selon des experts, les élections présidentielles et législatives pourraient très bien devenir un moteur de relance économique, soulignant que les campagnes des candidats vont générer des dizaines de milliers d’emplois. « Leslie Voltaire, qui envisage pour sa part d'embaucher 10 000 observateurs (à 20 dollars américain par personne et par jour). Il envisage aussi la location d’un hélicoptère (750 dollars de l’heure) pour se déplacer dans les zones difficiles d’accès. Il estime qu'il lui faudra entre 6 et 8 millions de dollars pour financer sa campagne. Il vient de passer 3 jours en Floride pour tenter de lever des fonds dans la diaspora « c’est coûts sont scandaleux [...] heureusement qu’il y a des gens prêts à les subventionner ». 


Un budget de campagne pour une visibilité minimale comprenant billboards, publicité dans les journaux locaux (1 000 dollars américains la page couleur, 450 dollars en noir et blanc), diffusions de spots audio de 30 secondes (entre 60 et 100 dollars par diffusion), T-shirts (29 à 35 dollars la douzaine) et posters, représentent déjà un montant d‘1 million de dollars, hors frais de production, de véhicules, de carburants, de nourriture etc... [pour mémoire lors de la campagne de 2006, René préval avait fait distribuer près de 1,5 millions de T-shirts] « Les véhicules sont difficiles à trouver en Haïti [essentiellement à cause de la pression excercée par les besoins des humanitaires] les locations, lorsqu’elles sont disponibles, sont passés de 150 dollars américains à 250 dollars par jour » a fait savoir le sénateur Joseph Lambert, coordonnateur national pour INITE ajoutant qu’il est plus avantageux d’acheter les véhicules pour la campagne que de les louer. Encore faut-il pouvoir le faire lorsque l’on sait qu’un petit véhicule Ford qui se vendait 30 000 dollars américain avant le séisme est introuvable aujourd’hui à moins de 40 000 dollars ! 


Mais le transport n'est pas le seul coût important, rappelle le Sénateur. Il faut aussi inclure les coûts de la fourniture d'électricité et de la nourriture lors des rassemblements de campagne, « Le peuple a faim, vous ne pouvez pas aujourd’hui, simplement les inviter à venir à une réunion et de ne pas les nourrir [...] cela est extrêmement cher ». Lambert refuse de parler du coût de la campagne d’INITE mais assure que le financement se fera à partir de fonds provenant du secteur privé. Précisant, que lui et d'autres sénateurs, seront attentifs à ce que les fonds des ministères ne soient pas utilisés pour financer des candidats, déplorant cette pratique courante. Steven Benoit, un ancien député, doute « avec l'absence d'un parlement fonctionnel, il sera difficile de surveiller les dépenses illégales » s’inquiétant des récentes décisions de M. Préval de prélever 100 millions de dollars du fonds PetroCaribe pour les routes et qui pourraient finir dans le financement de ses candidats. « Je suis convaincu que cet argent sera utilisé dans les élections pour acheter des votes ». Il est connu que des agences gouvernementales, dans le passé, ont été utilisées comme « boîtes noires » et ont payé des dépenses de campagne, une pratique interdite et illégale, mais rarement signalées. Étant donné le nombre d'anciens fonctionnaires du gouvernement parmi les candidats on ne sait pas si quelqu'un va recevoir des fonds publics autres que ce que le gouvernement prévoit officiellement.

Le financement des campagnes soulèvent inévitablement une autre préoccupation, l’utilisation des bénéfices de trafic de drogue, des rançons d’enlèvements et d'autres argent mal acquis dans le but de soutenir des candidats,d’acheter des voix ou de financer des désordres sociaux. « Le rôle du crime organisé est un grand sujet de préoccupation, nous craignons que des trafiquants profitent de la campagne pour essayer d’avoir une influence sur des politiciens » a déclaré Mark Schneider, un expert en Haïti a de la « Washington International Crisis Group». En Haïti, les experts internationaux rappellent que les organes électoraux n’ont pas la capacité de contrôler efficacement le financement des campagnes. Il est à craindre, malheureusement, qu’au delà des qualités des candidats, ce soit le ou la candidate qui disposera du plus de moyens financier qui aura la plus grande chance de l’emporter.
S/ Miami Herald/HaïtiLibre /LNC

mardi 14 septembre 2010

Haïti menacé par des intempéries

Les responsables haïtiens se préparent à déplacer des milliers de personnes vivant depuis le séisme du 12 janvier dans des camps de réfugiés au cœur de la capitale Port-au-Prince en raison des intempéries qui menacent le pays. Dimanche soir, la Protection civile d'Haïti a décrété " l'alerte orange " sur le pays indiquant que de nombreuses régions étaient susceptibles d'être inondées en raison des fortes averses prévues durant les prochaines 48 heures.

lundi 13 septembre 2010

Haïti reste sous les décombres


Neuf mois après le séisme meurtrier d’Haïti, seul 2 % des débris ont été ramassés. En cause le manque de moyens techniques mais aussi l’absence de titres de propriétés qui rend presque impossible les réattributions de terrains et de biens.

Explications de la directrice de mission d’USAID, Charleene Dei : “ Le déblaiement n’est pas qu’un déblaiement. Il ne suffit pas de tout ramasser à l’aveugle. C’est un long processus. D’abord il faut identifier le site, savoir qui est le propriétaire. On ne peut pas déblayer sans savoir à qui il appartient, et si le propriétaire souhaite nettoyer, quels sont ses projets pour ce site en particulier. ” Sur les 25 millions de mètres cubes de gravas, seuls 900 000 ont été ramassés jusqu’ici. Difficile dans ces conditions de reconstruire un pays en ruines, dont les habitants s’entassent dans des camps de fortune. Des citoyens qui devront tout de même voter dans trois mois pour élire leur nouveau président.

Lionel Jospin en mission à Haïti pour aider au renforcement de la démocratie

L'ancien Premier ministre français Lionel Jospin est arrivé dimanche soir en Haïti à la tête d'une délégation pour rencontrer les dirigeants et discuter du processus électoral et démocratique dans ce pays ravagé en janvier par un violent séisme, a-t-on appris sur place.

" M. Jospin entame une mission d'une semaine en Haïti spécifiquement focalisée sur les élections. Il rencontrera les acteurs politiques du pays avec qui il partagera son expérience afin d'aider au renforcement de la démocratie et des institutions politiques ", a indiqué à l'AFP un fonctionnaire européen à Port-au-Prince. Au cours de son séjour, l'ancien dirigeant socialiste français doit être reçu ce lundi par le président haïtien René Préval ainsi que le Premier ministre Jean-Max Bellerive, a-t-on également appris. Il doit également rencontrer les dirigeants du Conseil électoral haïtien, des responsables politiques et certains candidats à l'élection présidentielle prévue le 28 novembre. Il aura des entretiens avec les responsables de l'ONU en Haïti et le responsable de la mission d'observation électorale de l'OEA sur place.

L'appui du club de Madrid

M. Jospin est notamment accompagné de l'ancien ministre des Affaires étrangères du Chili Juan Gabriel Valdez qui a dirigé une mission de l'ONU pour la stabilisation d'Haïti et de deux fonctionnaires du Club de Madrid. Le Club de Madrid est une organisation indépendante d'anciens présidents et d'anciens chefs de gouvernement de plus de 50 pays, dévouée au renforcement des valeurs démocratiques et du leadership dans le monde à travers l'expérience de ses membres. Après le séisme du 12 janvier, l'organisation s'est engagée à soutenir les dirigeants d'Haïti dans la poursuite d'accords politiques généraux nécessaires pour réussir la reconstruction physique et la refondation institutionnelle du pays, selon un communiqué.

dimanche 12 septembre 2010

L’assassinat en Haïti d’un fonctionnaire américain, très commenté en Floride

La presse américaine s’est attardée mercredi sur l’exécution le week-end dernier à Port-au-Prince, au cours d’un rapt, de Ronald Chéry, un fonctionnaire américain d’origine haïtienne du ministère de l’intérieur des Etats-Unis. Ronald Chéry jouissait d’une grande notoriété dans la communauté haïtienne de Floride, selon ses amis ; la famille de la victime, en état de choc, tente de faire libérer une adolescente kidnappée.

" Il était là-bas en compagnie d’une partie de sa famille et il se trouvait au mauvais endroit, au mauvais moment ", a déclaré Chris Bentley, une porte-parole des services d’immigration, en guise de réaction officielle à la disparition brutale de M. Chéry, investigateur en fraude au Homeland Security depuis plusieurs années. " Ronald était très connu dans la communauté haïtienne du sud de la Floride ", a de son côté confié aux médias Parnel Duverger, ami proche de la victime et professeur à Broward College. Plus loin, il ajoute " malheureusement, ces choses (crimes) arrivent trop en Haïti. Pour beaucoup d’entre nous dans la communauté haïtienne, ces choses-là incitent au désespoir ".

Décrivant la façon dont le quinquagénaire a été tué vendredi dernier chez sa famille, à Pèlerin, un quartier de Pétion-Ville (banlieue est de la capitale), M. Duverger précise que les bandits qui avaient investi la résidence ont été conduits à l’intérieur par le gardien. Arrivé à Port-au-Prince tout juste une semaine auparavant, le fonctionnaire du gouvernement américain a été abattu d’une balle à la tête en tentant de contrer les kidnappeurs repartis avec une adolescente de 16 ans, Nadège Charlot. La mère de Ronald Chéry, Viola Semexant Zucker, et son frère ont été passés à tabac. " Je continue encore à trembler. Je ne peux pas dormir ", a affirmé effondrée la mère éplorée de retour aux Etats-Unis. La dépouille de la victime devait être rapatriée en Floride où seront chantées les funérailles. Avec l’aide du Département d’Etat américain, sa famille cherchait à obtenir jusqu’à mercredi la libération de la jeune fille conditionnée par ses ravisseurs au versement d’une forte rançon.

La police haïtienne n’a encore rien révélé dans le cadre de l’enquête criminelle qui devrait être diligentée sur cette affaire ainsi que sur l’enlèvement dimanche soir de sept personnes à Milot (nord d’Haïti) par des pirates de route armés.

samedi 11 septembre 2010

Raoul Peck : “ Le risque d'explosion en Haïti est imminent ”

Cinéaste citoyen (“Lumumba”, “L’Ecole du pouvoir”…), Raoul Peck fut aussi, brièvement, ministre de la Culture d’Haïti. Arte a présenté vendredi soir son “Moloch tropical”, une satire politique aux allures de pamphlet. Normal de la part d’un homme qui porte un regard tranchant sur le pouvoir de son pays… et sur l'aide humanitaire après le tremblement de terre.

Dans les jours qui ont suivi le tremblement de terre du 12 janvier dernier, il fut l'une des voix d'Haïti dans les médias, très critique envers l'aide internationale. Six mois plus tôt, Raoul Peck était revenu sur sa terre natale pour y réaliser Moloch tropical. Arte a diffusé le 10 septembre ce film-pamphlet sur la chute d'un président enivré d'un pouvoir corrompu, largement inspiré par Jean-Bertrand Aristide, leader populaire mû en despote. Moloch tropical est nourri de la colère retenue du cinéaste, qui fut aussi, le temps d'une parenthèse, sous la première présidence de René Préval, et d'une désillusion, ministre de la Culture...

Raoul Peck a quitté Haïti en 1963, à l'âge de 10 ans, pour suivre au Congo un père agronome menacé par la dictature de Duvalier. La violence et l'exil hantent ses premiers films (Haitian Corner, L'Homme sur les quais). Entre la France (où il préside la Fémis), les Etats-Unis et l'Afrique, il n'a jamais cessé de remettre en question le pouvoir et l'histoire récente, rendant hommage au leader de l'indépendance congolaise (Lumumba), revenant sur le génocide rwandais (Quelques jours en avril) ou interrogeant l'énarchie française (L'Ecole du pouvoir)... Avec Moloch tropical, le cinéaste militant tend un miroir satirique à une démocratie haïtienne vacillante, désormais aux prises avec une tragédie qu'il analyse avec lucidité, sans affect.

La question du pouvoir est au cœur de votre filmographie. Mais c'est la première fois que vous pénétrez dans l'antre de ce pouvoir, et au cœur même d'Haïti. Pourquoi ?
Ces trente ans d'histoire politique en Haïti ont été avalés sans qu'on ait le temps de regarder en arrière, de tirer des leçons. Ce film tente de faire réfléchir. Pour comprendre le glissement autoritaire d'un président élu démocratiquement, il fallait pénétrer le noyau du pouvoir, en saisir l'essence. Disséquer la structure de ce microcosme autiste. Le « modèle » Aristide (1) a été particulièrement déroutant. Un prêtre, un apôtre de la théologie de la libération, avec du charisme, de la bravoure devant les putschistes militaires et un discours marxisant qui défendait les pauvres... Le candidat parfait, que l'on n'attendait plus. D'ailleurs, le monde entier a été séduit. Nous sommes tous tombés dans le panneau.

Vous avez été ministre de la Culture d'Haïti en 1996 et 1997, puis vous avez démissionné avec plusieurs membres du gouvernement. Comment cette expérience a-t-elle nourri votre réflexion ?
Cette expérience douloureuse, que je ne regrette pas et qui m'a inspiré un livre (2), m'a permis de comprendre les difficultés d'un pouvoir dans le quotidien de la cité. Cela nettoie de tout idéalisme moral et sentencieux. Il n'y a pas de « tous pourris ! », mais un noeud très complexe de rapports de puissance. On perd aussi l'idée, belle, qu'une révolution ou qu'un homme peuvent tout changer. C'est plus long que cela et plus complexe. Une explosion peut crever l'abcès, mais après il faudra tout reconstruire... avec quasi les mêmes, car aucun pays n'a un peuple de rechange, des juges de rechange, des policiers de rechange. Beaucoup de politiciens de gauche en Haïti, en France aussi d'ailleurs, ont gardé une culture d'opposition et de militantisme et n'arrivent pas à faire la transition vers une démarche de prise de pouvoir, qui implique des alliances (voir Lula au Brésil)... et des compromis.
Propos recueillis par Isabelle Poitte
Télérama n° 3165

(1) L'ancien prêtre catholique a été élu en 1990 puis contraint à l'exil par un coup d'Etat. En 1994, il fait son retour au pouvoir grâce à l'intervention américaine puis cède en 1996 la présidence à René Préval, son ancien Premier ministre. Il sera à nouveau élu président en décembre 2000, puis poussé à l'exil par la rebellion de 2004.

(2) “Monsieur le ministre... Jusqu'au bout de la patience”, éd. Velvet, 1998. Epuisé.

vendredi 10 septembre 2010

Les droits humains doivent être placés au cœur de la reconstruction

Un expert indépendant des Nations Unies, Michel Forst, a recommandé jeudi que les droits humains soient placés au cœur de la reconstruction d'Haïti ravagé en janvier par un violent séisme qui a jeté à la rue plus d' 1,3 millions de personnes.

" C'est à partir de la question des droits humains qu'il faut réfléchir à la manière dont le plan de reconstruction va être mis en œuvre ", a soutenu M. Forst, en mission d'évaluation sur les droits humains en Haïti pour la deuxième fois depuis le séisme. L'expert français a regretté que les droits humains n'aient pas fait l'objet d'une attention suffisante lors de l'élaboration du plan de reconstruction. " Il faut qu'on montre à tous que la finalité du processus c'est de permettre aux Haïtiens de bénéficier de droits dont ils ont été trop longtemps privés. C'est le droit au logement, l'accès aux soins, aux services de base, à l'éducation pour tous et le droit de participer à une vie démocratique dans le pays ", a-t-il énuméré. M. Forst, qui a visité certains des 1 300 camps de déplacés, a déploré les conditions de vie des sinistrés du séisme. " Je demande à nouveau un moratoire sur les expulsions forcées de déplacés des camps établis sur des terrains privés. Au moins tant qu'une stratégie nationale ne sera pas mise en œuvre par le gouvernement d'Haïti ", a lancé Michel Forst. 

L'expert de l'ONU pour Haïti a d'autre part regretté le peu de progrès constaté dans l'établissement d'un état de droit dans le pays. " En matière d'état de droit, je regrette le peu d'évolution structurelle dans le domaine de la justice malgré des efforts ça et là du ministère de la justice ", a-t-il dit. M. Forst, qui doit être reçu par le président haïtien René Préval, compte lui demander à nouveau de combler le vide constaté à la tête de la Cour de cassation, sans président et amputée de cinq juges depuis plusieurs années en dépit des appels réitérés au chef de l'Etat. " La nomination de ces magistrats constitue la clé qui permet de déverrouiller l'ensemble des réformes de la justice en Haïti ", a-t-il souligné, assurant: " Je vais demander au président de faire ces nominations ". Dans le domaine pénitentiaire, M. Forst relève une tentation à remplir les prisons qui n'est " pas une réponse adéquate pour traiter la question de la détention préventive en Haïti ". Il a enfin dénoncé la surpopulation des centres de détention où des détenus sont " entassés dans des conditions inhumaines ". " Il faut que le système pénitentiaire en Haïti soit conforme aux exigences du droit international ", a-t-il recommandé aux autorités.

jeudi 9 septembre 2010

Des voleurs armés blessent un casque bleu

La mission des Nations unies en Haïti (MINUSTAH) a déclaré qu'un de ses casques bleus, ainsi qu'une femme haïtienne, ont été victimes d'une attaque à main armée menée par des voleurs à l'extérieur d'une banque de Port-au-Prince.

Le porte-parole de la police de la MINUSTAH, Jean-François Vézina, a affirmé que trois hommes armés sur des motos se sont approchés et ont tiré sur le soldat originaire du Yémen alors qu'il quittait la succursale de la banque Sogebank ce jeudi matin. Le casque bleu, qui n'était pas en service au moment de l'incident, ne portait pas d'uniforme. Les hommes armés ont volé au casque bleu une somme d'argent indéterminée. L'attaque est survenue à Pétionville, en périphérie de Port-au-Prince. M. Vézina a affirmé que le soldat était dans un état stable, avec une blessure par balle à l'épaule. Le femme haïtienne blessée dans l'attaque reçoit elle aussi des soins. Plusieurs vols à main armée à l'extérieur de banques et de bureaux de change ont été signalés récemment à Port-au-Prince.

mercredi 8 septembre 2010

Arrestation d'un chef de gang

Multirécidiviste, soupçonné de nombreux actes de banditisme, dont l’enlèvement en juin dernier de l’ancien Député Hugues Célestin, Willy Etienne a été arrêté lundi 6 septembre 2010 alors qu'il se trouvait à l'intérieur des locaux du Ministère des finances à Port-au-Prince.

Il devrait être transféré aujourd’hui par hélicoptère au Cap-Haïtien ou il sera interrogé sur les nombreux crimes dont il est accusé. Curieusement, Willy se serait montré coopératif en dénonçant plusieurs « complices » que la Police Nationale Haïtienne (PNH) a arrêté lundi soir a Port-au-Prince, à moins qu’il ne s’agisse d’un règlement de compte par force de l’ordre interposée ?

Au Cap-Haïtien, la population s’interroge et s’inquiète de la présence de ce criminel dans la ville gardant le souvenir de son évasion en 2008 ou il avait bénéficié de complicités dans la police, la justice et les agents pénitentiaires. La population reste convaincu que Willy Étienne dispose encore aujourd’hui de complices dans la ville prêt à l’aider. Une situation qui préoccupe aussi ceux qui ont collaboré avec la PNH et permit cette arrestation.

mardi 7 septembre 2010

Comment modifier l'image de la détresse

Corentin Fohlen et Guillaume Herbaut débattent des limites que chaque photographe doit se fixer pour respecter l’éthique journalistique sans négliger la forme. La retouche sur Photoshop permet de modifier si facilement la réalité.

Le directeur de Visa, Jean-François Leroy, a-t-il eu raison de mettre sur la place publique, cette année, le débat entre photographes sur la retouche par ordinateur ? N’eut-il pas mieux valu qu’il organisât une exposition didactique sur ce thème en montrant les documents bruts des uns et des autres, puis ceux finalement publiés ?

Avant l’été, les photos produites lors du séisme en Haïti lui faisaient écrire : « On accentue à l’excès, on dramatise les nuages, on joue avec les couleurs, on ajoute de la couleur. Et la réalité dans tout ça ? Vous connaissiez le ciel pourpre de Port-au-Prince strié de nuages roses ? Les gravats si blancs qu’ils en deviennent éblouissants ? Une réalité travestie, transformée, arrangée, pour satisfaire on ne sait quel esthétisme… ». Corentin dit « chercher à faire passer sa sensibilité sans intervenir sur le fond en sous-exposant parfois ses images pour que la matière soit dense ». Prenant l’exemple d’Haïti, il explique procéder à « des réglages de valeur pour faire ressortir ce que le numérique lisse et pour que le ciel ne soit pas cramé ». Guillaume, qui « se sent insulté par l’esthétisation à outrance de certains reportages sur la misère haïtienne, où l’on ne voit plus l’humilité du photographe », le félicite pour « la justesse » de son travail là-bas réalisé.

Tous les deux tombent d’accord pour dire que cette affaire soulève « un faux débat » et que fournir les fichiers bruts (raw) à Visa ou au World Press, comme il en est question, équivaudrait, à l’époque de l’argentique, à exiger le négatif avant l’intervention du tireur. « Les responsables de ce manque d’éthique sont les éditeurs. C’est à eux de ne pas laisser passer certaines images. Mais voilà, ils connaissent de moins en moins leur boulot », conclut Guillaume, qui estime que « le vrai débat, aujourd’hui, porte sur le fait de savoir comment les photographes vont continuer de produire ».

On trouvera également matière à réflexion dans le catalogue 2010 de Visa édité par les éditions Snoeck. Eugene Richards, notamment, y aborde avec pertinence ces questions.

lundi 6 septembre 2010

Une chèvre pour s'élever dans la vie

Dans le village de Limbé, dans les montagnes à l'est de Cap-Haïtien, une vingtaine d'enfants sont responsables chacun d'une chèvre. Ils ont même fondé une coopérative d'élevage sous l'acronyme KTVE (Kopérative timoun [enfants] Village de l'espoir).

Cette action concrète amène l'enfant à prendre des responsabilités, à développer son sens de l'organisation, à gérer des conflits pour en arriver à gérer sa propre vie. La coopérative a été fondée le 20 juillet 2009 grâce à la collaboration de l'ONG de Québec L'AMIE (L'aide internationale à l'enfance). Le 15 octobre, ça fera exactement un an que les enfants prennent soin de leur chèvre. Et quatre chevrettes sont nées et ont été confiées à d'autres enfants. Pour avoir droit de s'occuper de leur chèvre, les enfants doivent être membres de la KTVE et payer une petite cotisation. Ils doivent suivre une formation et se conformer aux instructions de l'agronome. Si la chèvre est malade, ils doivent savoir donner les premiers soins et en parler avec le vétérinaire lors de la visite mensuelle.

Est-ce difficile de s'occuper d'une chèvre ? Les enfants répondent en chœur : «Non.» Bien s'occuper de sa chèvre, ça se fait comment ? L'un répond que ce sera de l'attacher dans un endroit fiable où il y aura du bon fourrage. Pourquoi l'attacher ? Parce qu'une chèvre en liberté dans le jardin d'un voisin se fera couper la tête parce qu'elle mange ce qui ne lui appartient pas.

Chaque mois, l'enfant amène sa chèvre à l'école où Rémy Jean, l'agronome du projet, vérifiera les progrès de croissance de chaque animal. Si un enfant ne prend pas bien soin de son animal, on lui en retirera la garde jusqu'à ce qu'il démontre sa capacité de s'en occuper correctement. Après avoir donné deux petits à la coopérative, la chèvre devient la propriété de l'enfant qui pourra la faire accoupler pour quelques gourdes à l'un des boucs de la coopérative et ainsi continuer le cycle.

Un compte en banque

La chèvre devient donc une forme de compte en banque rapportant des intérêts avec ses gestations. Les chevreaux élevés pour la vente valent environ 5 000 gourdes, ou 125 $. Cela servira à payer les études et à aider la famille dans l'apprentissage de la prise de responsabilités. Les jeunes ont même aménagé un jardin devant l'école pour y faire pousser du maïs, des pois et du fourrage pour les chèvres en même temps que d'autres légumes. « L'objectif que nous voulons atteindre à moyen terme est d'avoir 175 chèvres pour les 175 élèves de l'école de la commune », explique la coordonnatrice du projet Elvie Maximeau. « En même temps, nous effectuons des croisements entre les chèvres des races Boer, Alpine et Nubienne pour obtenir une race plus résistante à la chaleur, qui donnera autant du lait que de la viande et qui pourra donner deux ou trois petits plus d'une fois par année. Et avec nos quatre boucs, nous assurons un suivi des croisements pour déterminer quel sera le meilleur. » Hyanique Maximeau, directrice de l'école, aide les enfants à mieux s'organiser dans ce projet. Elle s'assure que les enfants suivent les formations et que les membres du conseil d'administration, formé d'enfants, se réunissent chaque semaine et produisent leur rapport. Plusieurs parents accompagnent leur enfant dans cette démarche. Lors du passage du Soleil à Limbé, les jeunes ont tenu une assemblée générale devant une grande partie des élèves réunis pour rencontrer les visiteurs. Des parents ont pris la parole pour confirmer que le projet leur tenait à cœur. Et les enfants ne se font pas prier pour assister aux différentes rencontres. Une mère a même dit que les jeunes ne se sentent pas seuls, mais bien encadrés et méritent d'être encouragés dans la poursuite de leur projet collectif. Un autre projet devrait se réaliser sous peu avec la participation de L'AMIE et du ministère des Relations internationales. On construira un puits pour l'eau courante et l'irrigation des jardins de culture maraîchère.

dimanche 5 septembre 2010

La situation des détenus au pénitencier national


L’unité correctionnelle de la Minustah, dirigée par Mme Danielle Boisvert [en poste depuis le 1er juin 2010] est présentement composée de 32 experts en matière pénitentiaire provenant de 8 différents pays, ainsi que de 4 employés nationaux et 2 gestionnaires, entièrement engagée à appuyer et soutenir les responsables de la Direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP) dans leurs efforts à répondre à leur mandat et aux besoins des personnes placées sous leur charge.

Les 3 priorités de cette unité sont :

* Apporter un soutien technique à la DAP dans ses efforts de trouver des solutions pratiques au problème de surpeuplement carcéral d’Haïti.
* Apporter un soutien technique et l’appui d’experts à la DAP dans la gestion de programmes touchant au bien-être des détenus sous sa charge.
* Appuyer la DAP dans l’élaboration d’un cadre de politiques et de pratiques modernes et efficaces à la gestion d’un système pénitentiaire national.

Mme Danielle Boisvert qui s’exprimait au dernier point de presse de la Minustah a expliqué « d’après les données fournies par les membres de mon équipe, qui travaille chaque jour de la semaine dans les prisons d’Haïti, il y aurait 4 891 détenus en Haïti, dont 1 599 condamnés et 3 292 prévenus. Ces détenus normalement et d’après les normes internationales devraient jouir d’un minimum de 4,5 m2 d’espace de détention. En Haïti, cela n’est pas le cas à ce jour. En réalité, le nombre de détenus en Haïti dépasse sérieusement la capacité d’accueil de la DAP. En moyenne, chaque détenu a accès à moins de 1 m2 et dans certaines prisons tel que le Pénitencier National, ils ont moins de 0,5 m2. Dans moins d’un demi-m2 une personne ne peut pas dormir étendue ni même accroupie. [...] En ce moment, la Minustah ainsi que plusieurs partenaires concernés par cette situation dégradante, ont initié plusieurs projets de réfection afin d’apporter un certain soulagement à la souffrance des hommes, femmes et enfants d’Haïti, privés de leur liberté et de leur dignité humaine.

Parmi ces projets, citons les travaux de la Grande Bretagne qui réfectionne la Prison Civile d’Arcahaie, et le centre de rééducation des enfants en conflits avec la loi de Delmas 33. Il y a les travaux de la prison de Croix des Bouquets, financés par le Canada qui recevra environ 750 détenus ainsi que les grands travaux de réfection de la prison civile de St Marc financés par la Norvège en rapport avec le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui totaliseront environ 800 000 dollars. Et enfin, un projet multipartenaires se réalise à la prison civile de Port-au-Prince, qui réunit l’appui du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et qui réaménage deux blocs de détention : l’équipe de la réduction de la violence communautaire de la Minustah qui travaille sur un bloc de détention et un espace culturel et puis le PNUD qui sécurise le mur d’enceinte et les tours de garde. 


Les unités correctionnelle et de l’Etat de droit, les UNPOL et FPU ainsi que les contingents militaires particulièrement des Japonais, et les représentants de la DAP ont tous entrepris une partie de la réhabilitation de cette prison, en étroit partenariat avec la DAP afin d’ajouter suffisamment d’espace pour 700 détenus permettant de soulager un peu le problème. Il est à espérer que la grande majorité de ces projets seront terminés avant la mi-décembre. Cependant, certains projets tels que ceux de la Grande Bretagne ont déjà subi des retards dus au manque de main d’œuvre [?] et de matériaux de construction. L’ouverture de ces sites, auparavant prévus pour la fin juillet, est maintenant repoussée au mois d’octobre. De même, pour la prison de Croix-des-Bouquet qui est maintenant prévue de recevoir ses premiers détenus au mois de décembre.

En attendant que les projets de construction se terminent, l’unité de correction de la Minustah continue de travailler en étroite collaboration avec la DAP, M. Jean Roland Célestin et tous ses partenaires afin de répondre aux besoins urgents des détenus. Nous apprécions aussi la collaboration que nous recevons de la part du ministre de la Justice qui nous garde la porte ouverte et qui est prêt à discuter avec nous des questions pénitentiaires. Ensemble nous cherchons à répondre aux droits des personnes privées de leur liberté à tous les nivaux de la chaîne pénale et non seulement en élargissant l’espace de détention »

samedi 4 septembre 2010

Assainissement et de création d’emplois en Haïti

La Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) a annoncé vendredi le lancement de projets d’assainissement, de réhabilitation de canaux et de reboisement afin de créer des emplois et de réduire la violence communautaire.

Les équipes de l’Organisation mondiale pour la migration (OIM) sont en charge de mettre en œuvre le projet. Plus de 2 500 personnes seront recrutées pour effectuer des travaux de curage, de pavement et de maçonnerie dans la commune de Cap Haïtien. L’objectif est de réhabiliter les 500 mètres de canaux des quartiers de Goya, Terre maïs et Ti Rivière afin de réduire les risques d’inondation en période cyclonique. D’un montant de 569 353 dollars, ces projets sont entièrement financés par l’ONU.

Dans la commune de Milot, la MINUSTAH va lancer le 8 septembre prochain une opération de reboisement et d’installation de structures biomécaniques aux abords du Parc National.



L’objectif de ces projets est de réduire la vulnérabilité des populations face aux inondations, nombreuses au mois de septembre qui correspond à la saison des ouragans. Le but est également de créer des emplois et ainsi de limiter les tensions et la violence au niveau communautaire.