contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

mardi 31 août 2010

Insécurité en Haïti : Une situation instable et dangereuse

L'ONU a averti que le calme relatif en Haïti, huit mois après le tremblement de terre le 12 janvier, est menacé par l'instabilité politique avant les prochaines élections de novembre, par l'augmentation de l'influence des réseaux de trafic de drogue et par la criminalité.

Dans un rapport présenté à l'Organisation des Nations Unies Conseil de sécurité, le Secrétaire général, Ban Ki-moon, dit qu’Haïti « entre dans une période de changement qui sera crucial pour la stabilité future ». Ce rapport s'inscrit dans le cadre des préparatifs de la réunion du Conseil de sécurité sur Haïti qui se tiendra le 13 Septembre 2010. M. Ban souligne aussi que le plus grand défi pour le pays, après la reconstruction, sont les prochaines élections législatives et présidentielles du 28 Novembre « Ces élections doivent être crédibles et légitimes pour avoir un président et un gouvernement doté d'un mandat clair et indiscutable pour mener à bien la reconstruction » a déclaré M. Ban dans le document, car à son avis, « la stabilité politique est indispensable pour la récupération et la reprise du progrès économique ». Il souligne également que la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (Minustah) a constaté une augmentation du nombre d'armes en circulation dans le pays, en particulier dans les zones de la capitale traditionnellement touchées par le crime et craint que la campagne électorale soit financée par l'argent d’organisations criminelles [...] la période électorale pourrait apporter de nouveaux risques pour la stabilité » indique le rapport. « La situation de la sécurité en Haïti reste généralement calme mais fragile [...] La sécurité dans les camps de personnes déplacées, en particulier la vulnérabilité des femmes et des enfants et l'étendue des violences sexuelles demeure un motif d'inquiétude, en particulier dans les camps qui jouxtent les zones traditionnelles de bidonvilles comme Cité Soleil et Martissant », ajoute le document. L'ONU souligne encore que « les conditions de vie dans les camps, y compris ceux qui sont surpeuplés ont contribué à des incidents sécuritaires, y compris des violences sexuelles ».

Frantz Leurebourg le porte-parole de la Police Nationale d’Haïti (PNH) avait pourtant déclaré « nous contrôlons la situation sécuritaire, notamment dans les camps de déplacés » soulignant qu’avec l’appui des casques bleus de l’ONU,« il y a une présence permanente dans les grands camps peuplés de 50 000 à 70 000 réfugiés. Des patrouilles sont également organisées dans les autres camps pour sécuriser les habitants ». De plus, les cas d'évictions forcées, violentes et parfois violentes meurtrière [conflits terriens] sont devenus de plus en plus courants au cours des derniers mois, avec les propriétaires voulant récupérer leur propriété [...] Les incidents liés aux activités criminelles, notamment les kidnappings pour obtenir des rançons, ont augmenté depuis le tremblement de terre, relève encore le rapport. La PNH déclarait mercredi à Port-au-Prince « la situation sécuritaire du pays est sous contrôle et qu’il n’y a pas lieu de s’alarmer ». [Il existe un décalage certain entre le discours internationale et le discours national, qui dit vrai ? Néanmoins au delà d’un message qui se veut plus rassurant que la réalité, Frantz Leurebourg rappelait « qu’il n’y a aucun endroit dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince qui soit totalement exempt d’actes de banditisme. mais, les forces de sécurité sont en mesure d'y faire face ».

À voir le nombre de croissant de kidnappings, de violences, de hold up et d’assassinats ont peu se demander ce que veut dire « être en mesure d’y faire face ». Une affirmation qui n’est certainement pas partagé par les victimes de plus en plus nombreuses de ces actes criminels.

lundi 30 août 2010

Le maire de Jacmel interdit la construction d'abris

Au cours de la réunion du Cluster Abris/NFI (1), le 18 août 2010, Edwin Zenny, le marie de Jacmel (photo ci-contre) a produit une lettre (datée du 11 août 2010), interdisant formellement la construction d’abris transitoires avec une structure en plastique et en bois dans la commune de Jacmel.


Sur le court terme, les constructions en plastique sheeting permettaient aux déplacés de quitter les tentes. Ces dernières sont en fin de vie et aucun stock de renouvellement n’est actuellement disponible. l’Organisation Internationale pour la Migration (IOM) et la Fédération de la Croix-Rouge proposent de remplacer les prélats uniquement. D’autre part, le remplacement et/ou l’amélioration des abris en plastique existants et futurs demande une souplesse de la part des bailleurs de fonds qui n’est pas garantie, ont-ils précisé. Claudy Bélizaire, à rencontré le maire pour en savoir plus sur cette interdiction. Le maire lui a confirmé avoir émis cette lettre interdisant la construction d’abris transitoires avec des structures en plastique ou en bois dans la commune de Jacmel. Selon Edwin Zenny, la mairie a un plan standard concernant le type de logements, plan qui a été soumis aux ONG. Les logements devront être construit en blocs, avec une toiture en tôle et comprendre 2 chambres, 1 cuisine et toilette. Sans nul doute qu’entre une maison en blocs et une habitation transitoire, la première option est plus conforme aux attentes des réfugiés. Mais s’agit-il d'un choix lorsque les besoins en abris transitoires de Jacmel sont évalué à 8 700 unités et que seulement 14 % ont été construit en date du 23 août 2010 ? Une lettre d’interdiction formelle lié au projet du maire n’est plus une demande mais une exigence.

Les réfugiés de Jacmel n’ont pas plus de privilèges que n’importe quel réfugié qui vit dans des conditions inacceptables à travers le pays. Le stock de tentes pour remplacer celles devenues inutilisables n’est pas disponible et les ONG se trouvent maintenant dans l’impossibilité d’améliorer les conditions de vie de nos concitoyens qui vont devoir vivre encore plus longtemps dans les mêmes conditions. En plus de la non disponibilité de fonds pour ce type de construction, que se passera-t-il si demain toutes les municipalités touchées par le séisme imposent ce genre d’interdiction? Il y a des étapes, des désirs et des réalités, aujourd’hui nous sommes toujours dans une situation d'urgence, passer des tentes à des abris transitoire est une étape pas un choix. De plus qu’adviendra-t-il du projet de 1 500 abris transitoires annoncé le 5 août dernier par l’IOM, dont une partie a Jacmel ? Dans une interview exclusive accordée à Haïtilibre, Mr Raynald Blouin, le représentant l’OIM pour le Sud’Est avait précisé que « 1 500 abris transitoires allaient être construits dans certaines sections communales du département du Sud’Est. Ces travaux s’inscrivent dans le cadre d’un projet de développement et de construction d’abris transitoires. D’autre part, à moyen terme, « Diakonie Katastrophenhilfe » une ONG internationale allemande d’aide humanitaire, a confirmé qu’elle disposait de fonds pour la construction de 500 maisons permanentes destinés aux locataires victimes séisme, mais que la mairie n’avait pas encore rendu disponible de terrain (3 carreaux minimum). L’ONG à déjà construit et réhabilité 176 maisons à Jacmel.

Claudy Bélizaire, d’HaïtiLibre à demandé au maire de Jacmel (le 28 août 2010) ce qu’il en était sur la non disponibilité de ces terrains. Concernant les projets de Diakonie et du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), Mr Zenny a indiqué qu’il en avait été informé par certains riverains, tout en confirmant que Jacmel avait besoin d’un tel projet, il a affirmé à notre journaliste, que ni Diakonie ni le PNUD n'avaient jusqu’à présent fait de demande écrite ni envoyé aucun document à la mairie de Jacmel [sur cette demande de terrain]. Il est difficile de croire que Diakonie, dont la réputation internationale n’est plus à faire, n’ai pas parlé de ce projet à la mairie (puisque le maire dit en avoir eu connaissance par des riverains) et qu’aucune demande de terrain n’ait été formulé. Pour quelle raison les responsables de Diakonie lors de cette réunion hebdomadaire du Cluster Abris/NFI, ou les intervenants font part de l’avancement et des problèmes rencontrés, auraient-ils affirmés que la mairie n’avait pas encore rendu disponible 3 carreaux de terre si une telle demande n’avait pas été formulé ?

(1) Les Clusters sont des comités de coordination de réseaux et de ressources humanitaires, de partenaires privés, d’agences internationales ou gouvernementales (locales et nationale) qui se réunissent autant de fois que la situation l’exige. Chaque comité est spécialisé dans un domaine (santé, alimentation, eau, environnement, camps, éducations, transport etc...). Les clusters traitent les informations en provenance des intervenants sur le terrains, (concernant leur mission) et acheminent les demandes aux instances concernées afin de répondre aux besoins et trouver des solutions aux problèmes de la population, il assure le suivi indispensable aux opérations d’aides. Des réunions inter Cluster permettent la coordination d’aspects diversifiés qu’implique certaines situations.

dimanche 29 août 2010

Forte progression en un mois de la construction d'abris provisoires

Les constructions d’abris transitoires sont en hausse de 57 %, en effet 11 425 abris provisoires ont été construits et plus de mille autres qui sont en cours de construction. De plus, le matériel nécessaire à la construction de 15 454 abris provisoires est entreposé sur le territoire haïtien, les agences sont en attente de l'identification et de la préparation de terrains pour leur installation. Enfin, du matériel pour 32 235 nouveaux abris est en cours d'acheminement vers les ports haïtiens et donc non encore parvenu en Haïti.

La semaine a été marquée par un progrès important dans la construction d’abris provisoires sur le site de Corail-Cesselesse. Suite à une autorisation gouvernementale pour la restructuration du site, les organisations OIM et World Vision ont pu avancer d’une manière importante dans l’installation d’abris provisoires sur leurs sites.
* Secteur 3 : L’Organisation Internationale de Migration (OIM / IOM) a progressé cette semaine dans la construction d’abris provisoires dans le secteur 3 du camp de Corail-Cesselesse. La semaine dernière, seuls 12 abris avaient été terminés ; nous en comptons aujourd’hui 27 comme achevés. Le premier bloque de 107 abris devrait être terminé et transféré aux bénéficiaires dans un délai de deux semaines.
* Secteur 4 : Suite à l’approbation du représentant du Gouvernement Haïtien, Mme Salomon, pour le déplacement de 70 familles sur la rive opposée du canal de drainage, World Vision a pu lancer la construction d’abris provisoires dans le secteur 4. L’entrepreneur choisi par World Vision pour la construction de ces abris est entrain de préparer un terrain d’assemblage qui servira de base pour la construction des abris. Le plan de travail de l’organisation prévoit 20 abris provisoires pour le vendredi 3 septembre, et la continuation de la construction d’abris jusqu’à l’atteinte d’un total de 1 310 abris construits.

Le dernier rapport en date du 3 août dernier faisait état de la construction de 7 242 abris transitoires construit. Le dernier relevé en date du 23 août 2010 fait état de 11 425 abris transitoires construit soit une hausse d’un peu plus de 57 %.

samedi 28 août 2010

Pas de carte blanche aux donateurs

Jean Max Bellerive (en photo ci-dessous), le premier Ministre haïtien à partagé quelques réflexions sur la reconstruction devant la presse, à Santo Domingo en République Dominicaine en marge d’une réunion sur un vaste plan d’investissements privés pouvant atteindre 1 milliard de dollars. « La reconstruction avance lentement mais sûrement » à déclaré le Premier Ministre.

 Il précise que la préoccupation de son gouvernement aux conférences des différents donateurs ces derniers mois « n'était pas de quantifier les contributions, mais d’éviter de répéter ce qu'on avait fait dans son pays au cours des trente dernières années [...] Nous souhaitions avoir une vision claire de ce que nous voulions, préparer un plan et des projets, rechercher des fonds pour les mettre en œuvre, et non pas faire ce que voulait chacun des donateurs et notre position a été acceptée et soutenue par la communauté internationale ».
 Bellerive a ajouté que « désormais la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH) présente désormais des programmes et des projets de ce plan [...] il ne s’agit plus de promesses, mais d'argent disponible pour financer des projets spécifiques présentés par le gouvernement haïtien : dans les routes, l'agriculture, l'électricité, l'éducation et la santé publique. Nous savons qui va financer et dans certains cas, ces projets ont déjà commencé ».

« En ce qui concerne la situation dans le pays aujourd'hui 300 000 personnes ont été retirés de la rue, mais l'autre 700 000 sont toujours là, de sorte que chaque jour, nous devons fournir la nourriture et l’eau, toutes des tâches qui demandent beaucoup d'argent » Il a fait remarquer que reloger 300 000 personnes était une tâche à laquelle aucun pays au monde n’avaient dû faire face [avant Haïti] citant l’exemple des États Unis et l’ouragan Katrina affirmant qu’aujourd’hui encore, des gens vivent sous les tentes. Il a rappelé que « l'important pour le gouvernement haïtien n'est pas le montant des dons reçus de la communauté internationale, mais les bénéfices réels pour la population d’Haïti » Rappelant que ce que construit actuellement Haïti avec la CIRH, c’est un système qui permet d’intégrer tout ce qui est fait en Haïti. L’argent placé dans le fonds de reconstruction ou donné directement au gouvernement, qui est très peu, l’argent qui est donné aux ONG, qui est beaucoup, et ce qui est engagé directement par des entreprises privées, que nous savons plus ou moins. Mais ce n’est pas les montants qui sont important, mais comment nous allons rendre tout ceci cohérent pour savoir ce qui se fait ».

vendredi 27 août 2010

Le taux de mortalité maternelle est à la hausse en Haïti

Le représentant du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), Igor Bosc a révélé que le taux de mortalité maternelle en Haïti, est en nette augmentation.

Lors d'un atelier de deux jours qui a débuté ce mercredi, Igor Bosc a fait remarquer que pour 100 mille naissances, environ 630 mères décèdent durant l'accouchement. Selon l'ONU, c'est le taux de mortalité maternelle le plus élevé dans la Caraïbe. Monsieur Bosc, annonce toutefois que 5 stratégies seront mises en place afin de réduire le taux de mortalité maternelle dans le pays, notamment, la promotion du planning familial. Le responsable du FNUAP a fait remarquer que des dispositions nécessaires seront adoptées afin de faire face à ce phénomène. Toutefois Igor Bosc reconnait que les objectifs fixés par le FNUAP n'ont pas été atteints. Mais, il se dit confiant quant à la capacité d'Haïti à réduire ce taux de mortalité, car bon nombre de pays qui se trouvaient dans la même situation y sont parvenus.
EJ/Radio Métropole Haïti

Danielle est devenu un ouragan majeur


L'ouragan Danielle s'est renforcé et est devenu vendredi un ouragan majeur au-dessus de l'Atlantique avec des vents de 195 km/h, a annoncé le centre américain des ouragans (NHC).

jeudi 26 août 2010

Esprits haïtiens

Pour une partie des habitants de Port-au-Prince, le séisme du 12 janvier dernier a une signification divine. «Ségné, vin sové nou. » C'est le cri d'un peuple épuisé après le séisme qui a frappé Port-au-Prince le 12 janvier dernier : « Seigneur, viens nous sauver. » Dès le lendemain de la catastrophe, les invocations du vaudou se mêlent aux chants catholiques et protestants.

Plus de six mois après le tremblement de terre, « Enquêtes spéciales » revient en Haïti, une île où la religiosité fait partie intégrante de la culture locale. Et d'autant plus depuis le drame, qui fait remonter les croyances à la surface : le séisme serait une punition divine. Dès le lendemain de la catastrophe, un déluge d'organismes sectaires et de prédicateurs sont d'ailleurs venus prêcher la bonne parole.

Coupable vaudou

En l'absence de véritables statistiques, on considère qu'il y a 60 % de catholiques, 40 % de protestants et… 90 % de vaudouisants en Haïti. Mais le vaudou est désormais rendu coupable du désastre, en particulier par les pentecôtistes les plus radicaux. C'est dans leur temple qu'a trouvé refuge la jeune Tamara. Hagarde, sans famille, elle a désormais un lieu pour dormir, se nourrir mais aussi et surtout soigner et éloigner les mauvais esprits qui la « possèdent », en procédant régulièrement à des séances d'exorcisme … 
Une manière surtout, pour cette société qui a la religiosité à fleur de peau, de soigner le traumatisme psychologique et de donner peut-être un sens à la catastrophe.



Sur France 2, ce soir à 20 h 35. Photo : une séance d'exorcisme pour éloigner les mauvais esprits « responsables » du séisme meurtrier de janvier. 

mercredi 25 août 2010

Rumeurs, désinformations et stupidités

Haïti : les Etats-Unis auraient provoqué le séisme !

Le 12 janvier dernier, la terre tremble. La secousse, qui dure une minute, détruit Haïti. Les habitants pensent être victimes de la fin du monde. Autour du tremblement de terre, c’est l’idée d’un complot américain. Les Etats-Unis auraient provoqué la catastrophe. Hugo Chavez évoque le projet "HAARP", une arme secrète et ultime des Etats-Unis. Elle serait notamment capable de provoquer des tremblements de terre.

Décidément on nage en plein délire. L'ennui de ce genre de rumeurs c'est qu'il y a toujours des imbéciles pour les propager. On voit fleurir régulièrement les théories du complot (comme au sujet des attentats du 11 septembre, du tsunami en Asie  ou du dernier en date concernant la grippe H1N1). Un peu de bon sens. Depuis la nuit des temps notre planète subit des événements naturels ... Ce n'est pas la terre qui déraille mais plutôt certains de ses habitants, complètement aveuglés, qui ont perdu toute lucidité.

mardi 24 août 2010

Manifestations à Cap-Haïtien

Quelques centaines de jeunes manifestants personnes sont descendu dans les rues de Cap-Haïtien cette fin de semaine pour réclamer le départ des casques bleus qu’ils rendent responsable de la mort d’un jeune haïtien retrouvé pendu la semaine dernière dans l’enceinte du camp de l’Unité de Police Constituée. Les manifestants réclamaient justice pour une mort que certains esprits échauffés n’hésitaient pas à qualifier d’assassinat.

La Minustah, suite à la découverte du jeune haïtien pendu, avait sollicité du commissaire de gouvernement d’ordonner une autopsie médicolégale afin de déterminer les circonstances exactes du décès. Une équipe d’enquêteurs de la Police des Nations Unies (UNPol) et de l’Unité des Enquêtes spéciales de la Minustah avait été dépêchée sur place pour les besoins de l’enquête préliminaire en attendant de plus amples instructions du Bureau des Services de Contrôle Interne (OIOS). La Minustah travaille sur cette affaire en étroite coordination avec les autorités nationales.

Le rappeur Jean Wyclef a dénoncé lundi " les tricheries "

Wyclef Jean a annoncé dimanche sur Twitter qu'il faisait appel du rejet de sa candidature prononcé par le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP). Lundi, dans un enregistrement audio en créole remis aux médias haïtiens, l'ancien rappeur des Fugees estime que le CEP a "violé la Constitution" pour lui barrer la route. " Ils (le CEP est composé de 9 membres) ont violé la Constitution au profit de leurs familles et leurs amis qui continuent de vivre avec l'argent du peuple (...). Est-ce que vous allez continuer à supporter des gens qui ne respectent pas la Loi fondamentale du pays ? ", lance le chanteur dans cet enregistrement.

Le conseil électoral provisoire (CEP) d'Haïti avait annoncé vendredi soir que la star internationale du hip-hop ne pourrait pas se présenter à l'élection présidentielle d'Haïti prévue le 28 novembre. Le CEP n'avait pas justifié cettte décision mais Wyclef avait précisé que le Conseil avait estimé qu'il n'était pas un résident d'Haïti.

Wyclef va faire appel de la décision du CEP

Très populaire auprès des jeunes du pays, Wyclef Jean avait indiqué dans un premier temps vendredi qu'il acceptait son sort et appelé ses partisans au calme. Mais dimanche il a écrit sur son compte Twitter: " Demain, nos avocats vont faire appel de la décision du CEP. Nous avons rempli tous les critères fixés par les lois. Et la loi doit être respectée ", concluait l'ancien chanteur des Fugees qui devait quitter Haïti dimanche soir. Le rappeur âgé 37 ans, est né en Haïti mais est installé aux Etats-Unis depuis l'âge de 9 ans. Selon la constitution haïtienne, un candidat doit avoir résidé en Haïti au moins les 5 dernières années précédent le scrutin. Mais Wyclef Jean estime que sa qualité d'ambassadeur itinérant depuis 2007 l'en exonère.

L'exclusion du rappeur fait craindre des débordements

L'exclusion de M. Jean a fait craindre des débordements dans la capitale surpeuplée où les sinistrés du tremblement de terre s'impatientent de la lenteur de la reconstruction. Samedi matin, la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah) avait appelé dans un communiqué " les candidats et partis politiques participants aux élections présidentielles et législatives à respecter (...) la Loi électorale ". La Minustah, qui dispose de quelque 13 000 soldats et policiers, assistés de 2 000 civils, avait appelé en outre candidats et partis à " promouvoir auprès de leurs membres (...) la plus grande sérénité et le respect des électeurs " durant la période électorale qui commence.

Wyclef a essuyé critiques et menaces de mort

Wyclef Jean avait rencontré jeudi le président Préval à son invitation dans la résidence privée du chef de l'Etat dans les hauteurs de Port-au-Prince. Les deux hommes ont évoqué " les menaces de mort " reçues ces derniers jours par le chanteur, selon l'entourage de M. Jean. 


Des rumeurs accusent le pouvoir de chercher à évincer Wyclef Jean pour non respect de certains critères légaux et des questions relatives au fisc américain. Il fait par ailleurs face à des critiques reprises dans les médias haïtiens sur la gestion douteuse de sa Fondation " Yélé Haïti ", mise sur pied pour venir en aide à ses compatriotes frappés ces dernières années par de nombreuses catastrophes naturelles.


19 candidats retenus sur 34

Outre Wyclef Jean, 33 autres personnalités étaient sur les rangs pour succéder à l'actuel président René Préval. Le Conseil électoral provisoire n'en a retenu que 19. L'ambassadeur d'Haïti à Washington, Raymond Joseph, ne pourra pas non plus se présenter au scrutin. En revanche, le candidat du parti Unité, le parti au pouvoir, Jude Célestin a été retenu par le Conseil, selon la liste lue par M. Dumel, tout comme l'ancien Premier ministre, Jacques-Edouard Alexis, qui avait dû renoncer à son poste suite aux émeutes de la faim de 2008. Un autre chanteur populaire en Haïti, Michel Martelly a également été retenu. Le scrutin pour élire le prochain président d'Haïti, ravagé par le séisme du 12 janvier, est prévu le 28 novembre mais des doutes persistent sur la capacité des autorités à maintenir cette échéance.

lundi 23 août 2010

L'ONU n'a pas les fonds pour les projets

Rebeca Grynspan, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et du développement (PNUD) Administrateur associé, qui a représenté l'ONU lors de la réunion de la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) a déclaré au sortir de cette Commission « La réunion a été un succès remarquable ». La CIRH a approuvé entre autres 5 projets importants pour l'ONU pour un montant de 220 millions de dollars.

* Projet 1 - Alimentation scolaire, couvrir les besoins de 1,5 million d'enfants qui vont à l'école dès la rentrée.
* Projet 2 - Le second a été dans le domaine de la santé, un programme très important proposé par le FNUAP.
* Projet 3 - Le troisième présenté par la FAO pour la dépendance alimentaire des petits agriculteurs en Haïti.
* Projet 4 - La création d'emplois (cash for work) un programme conjoint du PNUD, l'OIM, et le PAM.
* Projet 5 - L'enlèvement des gravats dans les quartiers qui est très important et a reçu beaucoup d'attention.

Mais comment croire ce « succès remarquable » dont ont nous parle alors que sur la table concernant ces 220 millions de projets important, seulement 7,7 % de ce montant existe réellement. Approuver des projets sans argent n’est sans doute qu’un étape, mais lorsque l’on sait que le financement de ces projets important rdépend des promesses des pays donateurs et compte tenu du peu d’engagements (décaissements) confirmés depuis 7 mois, on est en droit de se demander si le financement de tels projets par des promesses, aboutira finalement à des réalités au delà des effets d’annonces. Concernant la réalité de ces 220 millions de dollars La Sous-secrétaire à déclarée « nous avons besoin pour la prochaine année pour mettre en œuvre ces projets. De ces 220 millions, seulement 17 millions de dollars (7,7 %) sont en place, nous devons aller mobiliser les ressources pour le reste. Nous espérons qu’avec le soutien de la Commission [...] nous serons en mesure de mobiliser des donateurs qui se sont engagé le 31 Mars pour la reconstruction d'Haïti ».

Pour être précis voici la situation réelle au sortir de la CIRH (17 août dernier) sur ces 220 millions, au delà des effets d’annonces :

Projet 1 - Il manque 73 % des fonds
Projet 2 - Il manque 52 % des fonds
Projet 3 - Il manque 100 % des fonds
Projet 4 - Il manque 100 % des fonds
Projet 5 - Il manque 100 % des fonds

Total : 17 millions réel, plus de 200 millions qui reste à trouver.

Les donateurs devant éventuellement combler ces projets ne sont pas identifiés. Il reste beaucoup à faire pour qu’au delà des belles annonces, ces projet présenté par l’ONU deviennent une réalité. Ce n’est certainement pas avec des promesses que l’on va reconstruire Haïti, comme ce n’est pas en nous faisant croire que la reconstruction avance alors que les fonds ne sont pas là, que cela va nous rassurer sur le sérieux de la communauté internationale.

dimanche 22 août 2010

DIx neuf candidats à la présidentielle

Le Conseil électoral haïtien a rendu son verdict sur les candidatures au poste de président. En tout, ce sont donc 19 candidatures à la présidentielle du 28 novembre 2010 qui ont été validées. La liste des candidatures validées reste donc longue et représentative de la classe politique traditionnelle du pays. Quinze autres candidatures n'ont pas été retenues. C’est le cas de celle du chanteur Wyclef Jean.

" L'Union fait la force " tel est la mention qui figure sur le drapeau haïtien. Un pays qui effectivement aurait bien besoin de mettre en prtaique cette devise.
Parmi les candidats admis à concourir figurent d'abord deux anciens Premiers ministres, Yvon Neptune, chef du gouvernement sous le président déchu Aristide et Jacques-Edouard Alexis qui joua le même rôle auprès de l'actuel président Préval jusqu'à ce que les émeutes de la faim l'obligent à s'effacer. La liste compte aussi des ministres en exercice, tel Yves Cristalin le titulaire des Affaires sociales, ou des membres d'anciens gouvernement comme Leslie Voltaire et Josette Bijou. On y trouve aussi un sénateur Jean-Hector Anacacis, et l'ancienne sénatrice Mirlande Manigat, ex-Première dame et personnalité très respectée de l'opposition. 


De même que, dans un registre plus société civile, l'entrepreneur Charles-Henri Baker qui, déjà candidat en 2006 n'avait pas fait le poids face à René Préval. Et on n'oublie pas bien sûr Jude Celestin le candidat officiel d'Unité, le parti au pouvoir. Il y a tout de même dans ce tableau politique plutôt lisse, et familier des électeurs haïtiens, quelques personnages plus insolites comme le musicien populaire Michel Martelly. Celui qu'on surnomme Sweet Micky avait en fait un profil un peu comparable à celui de Wyclef Jean. Il était d'ailleurs contesté sur les mêmes bases : résidence haïtienne insuffisante. Ce qui ne l’empêche pas au final d’être sur la liste des retenus.

Eviction sans suprise de Wyclef Jean

Personne n'ignorait que le célèbre chanteur hip-hop vit en fait beaucoup plus aux Etats-Unis, où il a suivi sa famille enfant, qu'en Haïti. Et le rejet de sa candidature était un secret de Polichinelle dans les dernières heures. Malgré la déception, Wyclef Jean a réagi très dignement, en appelant au calme et en prononçant des paroles émouvantes : « La maison, c'est là où se trouve votre cœur et mon cœur a toujours été et sera toujours en Haïti ». Si les griefs retenus contre sa candidature peuvent apparaître comme fondés, on peut remarquer que ce n'est pas la première fois que sont écartés des candidats populaires, capables d'entraîner la jeunesse, ou les campagnes. Une éviction qui pourrait jouer sur le taux de participation.

samedi 21 août 2010

Pas de star à la présidentielle

La star internationale du hip-hop Wyclef Jean (ex- Fugees) ne pourra pas se présenter à l’élection présidentielle d’Haïti en novembre. Le Conseil électoral provisoire a estimé qu’il n’était pas résident de l’île. Une des conditions à remplir pour briguer la présidence est d’y habiter depuis cinq ans. L’ex-chanteur a appelé ses partisans au calme et dit « accepter respectueusement la décision finale de la commission ».

vendredi 20 août 2010

L'ONU rend hommage à ceux qui sont morts sous sa bannière

Dans le cadre de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, et le secrétaire général adjoint pour les affaires humanitaires, John Holmes, ont rendu hommage jeudi matin au siège des Nations Unies à New York au 22 employés de l'ONU tués le 19 août 2003 dans un attentat suicide à Bagdad, dont l'ancien représentant de l'ONU en Irak, Sergio Vieira de Mello.

Entouré d'employés de l'ONU, Ban Ki-moon a déposé une gerbe de fleur devant la plaque qui porte les noms des victimes de l'attaque contre le quartier général de l'ONU à Bagdad, avant d'observer une minute de silence. « Nous avons rendu hommage à nos collègues tombés il y a sept ans à Bagdad. Malheureusement, ils ne sont pas les seuls. Nous avons perdu tant de collègues, tant de travailleurs humanitaires. Nos pensées vont à ces gens héroïques qui ont donné leurs vies pour la cause de l'humanité », a déclaré ensuite le secrétaire général dans une allocution. Le chef de l'ONU a aussi rappelé les dangers auxquels étaient exposés les humanitaires. « Souvent, ils s'aventurent dans les endroits les plus périlleux de la planète. Souvent, ils payent le prix fort : harcèlement, intimidation, enlèvement et même meurtre », a-t-il souligné.



Rappelant ensuite les inondations actuelles au Pakistan, l'assassinat d'humanitaires en Afghanistan il y a quelques jours ou encore le tremblement de terre en Haïti en janvier, Ban Ki-moon a rendu hommage aux millions de personnes qui vivent dans des conditions difficiles et qui ont besoin des humanitaires pour leur venir en aide. « Rendons aussi hommage à ceux qui leur ont porté secours et leur portent encore secours. Ils sont une armée de la paix, brandissant la torche de l'espoir. Ce sont des héros méconnus, qui travaillent jour après jour à construire un monde meilleur », a encore ajouté le chef de l'ONU. Sous le thème « Nous sommes des travailleurs humanitaires», cette deuxième Journée mondiale de l'aide humanitaire doit être l'occasion de mieux faire connaître au grand public le travail des milliers d'hommes et de femmes qui sont sur le terrain pour sauver des vies et d'honorer la mémoire de ceux et celles qui sont morts pour cette cause. Comme en 2009, elle est célébrée au travers d'évènements organisés partout sur la planète. A New York, au siège de l'ONU, une exposition de photos sur le travail humanitaire en Haïti a été inaugurée et un film compilant des témoignages d'humanitaires du monde entier intitulé « Je suis un humanitaire » et préparé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), a été diffusé.

Selon l'ONU, en 2009, 278 travailleurs humanitaires ont été victimes de graves incidents de sécurité (agressions, attentats, attaques de véhicules). 102 ont été tués, 92 autres enlevés.

jeudi 19 août 2010

Reconstruction d’Haïti : des propositions de projets pour 1,6 milliard de $

La Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) a tenu, le 17 août à Port-au-Prince, sa deuxième réunion. L’occasion pour le gouvernement de réaffirmer ses priorités pour le court et moyen termes ainsi que pour la Commission d’approuver un total de 29 projets pour un montant de 1,6 milliard de dollars.

Les 29 projets soumis à l’approbation de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti couvrent des domaines divers tels qu’agriculture, eau et assainissement, éducation et santé, logement, infrastructure, création d’emplois et renforcement institutionnel. Le coût total de ces projets s’élève à 1,6 milliard de dollars. « Le nombre et les domaines variés des projets présentés à la Commission me remplissent d’espoir pour le futur d’Haïti. Et je suis heureux que pour plusieurs d’entre eux nous puissions aller de l’avant », a fait remarquer Bill Clinton qui copréside, avec le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, la CIRH. Quant au Premier ministre, il se félicite de l’appui des partenaires internationaux. « Nous sommes satisfaits du soutien et de l’engagement que nous continuons de recevoir de la part de la communauté internationale pour la reconstruction d’Haïti. Ce long et constant effort requiert une collaboration de tous les acteurs impliqués dans le processus », a-t-il déclaré.

Les projets sont soumis par divers acteurs comme le gouvernement haïtien, des organisations humanitaires, des agences des Nations Unies et des membres de la communauté internationale. Et pour qu’ils soient retenus, ils doivent s’inscrire dans le cadre du plan d’action du gouvernement présenté aux bailleurs de fonds et refléter les priorités du gouvernement entre autres. Des priorités qui se déclinent en ramassage de débris et construction d’abris provisoires, actions contre le désastre, accès à l’éducation à tous les enfants, réparation des structures de production, renforcement des capacités du système sanitaire et soutien à la décentralisation. Les 29 projets soumis n’ont pas tous obtenu de financement. A date, le montant du financement disponible est de l’ordre 905 millions de dollars. 


Aussi, un total de 11 projets pour un montant de 635 millions de dollars ont-ils déjà eu leur financement complet. Quant aux 18 projets restant, ils sont partiellement financés ou n’ont encore reçu aucun financement. A titre d’exemple, seulement 2.5 millions de dollars sont actuellement disponibles sur les 191 millions nécessaires à la construction d’un barrage hydroélectrique d’une puissance de 32 mégawats. Celui-ci devrait fournir de l’énergie à 213 000 ménages totalisant un million de personnes environ. De même, un projet de ramassage et de recyclage de débris susceptibles d’être utilisés dans la construction n’a reçu à date aucun financement. Ce projet de 17 millions de dollars a été présenté par un consortium d’agences des Nations Unies, dont le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) et Un-Habitat. 


Un projet de 80 millions de dollars dans le domaine de l’éducation n’a non plus reçu de financement. Si les coprésidents de la Commission se félicitent de la disponibilité de divers projets, certains participants à la réunion relèvent néanmoins quelques lacunes. Aussi déplore-t-on l’absence de projets relatifs au reboisement et aux bassins versants alors que le pays est dans une situation de dégradation environnementale accélérée, à la formation professionnelle ou destinés à faciliter l’octroi de crédits aux gens des classes moyennes qui ont perdu leurs maisons et qui désireraient reconstruire. La deuxième réunion de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti a eu le mérite de lever le voile sur la disponibilité de fonds pour le financement de projets et dissiper le doute quant aux promesses non tenues par les bailleurs. 


Toutefois, pour l’instant, aucune date n’est prévue pour le démarrage des projets qui ont bénéficié de financement complet.
Rédaction : Faustin Caille

mercredi 18 août 2010

Report de la publication de la liste des candidats à l'élection présidentielle

Le Conseil électoral haïtien a décidé de reporter au 20 août la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle, selon un communiqué publié mardi soir. " En raison des contestations déposées contre certains candidats et tenant compte des recours exercés par les concernés, le CEP a décidé de reporter au 20 août la publication de la liste définitive des candidats à la présidentielle ", lit-on dans le communiqué de l'institution électorale.


Le Conseil avait promis de publier le 17 août la liste définitive des candidats admis à entrer dans la course à la succession du président René Préval lors du scrutin du 28 novembre. Plusieurs candidatures dont celle de la star internationale du hip-hop Wyclef Jean font l'objet de contestations devant le bureau électoral haïtien, a-t-on indiqué au siège du CEP gardé par des détachements de policiers haïtiens et internationaux. 34 personnalités se sont inscrites pour obtenir le droit d'entrer dans la course à la présidence d'Haïti. Neuf de ces candidatures, dont celle de Wyclef Jean, sont contestées devant un tribunal électoral, a-t-on appris auprès des autorités. La candidature du chanteur a notamment été contestée pour des raisons de déclarations fiscales aux Etats-Unis et la question de sa résidence en Haïti. " Nous avons prouvé que M. Jean possédait une résidence en Haïti où il est en plus actionnaire majoritaire d'une chaîne de télévision. Ses déclarations fiscales aux USA ne peuvent pas être traitées en Haïti ", a soutenu Me Joël Petit-Homme, un des avocats de la star. Mardi des rumeurs circulaient à Port-au-Prince sur l'éviction, exigée par le pouvoir en place, de la vedette de la course et des réactions violentes qu'une telle décision auraient provoqué de la part de ses partisans. Revenu en Haïti en début de semaine, Wyclef Jean s'est retiré dans son fief de la Croix de Bouquets au nord de Port-au-Prince se refusant à toute déclaration à la presse. " Je déments catégoriquement les informations faisant croire que le CEP travaille sous la dictée du pouvoir ", a déclaré le président du conseil électoral Gaillot Dorsinvil. " Nous travaillons en toute indépendance, le Conseil veut une fois de plus donner la garantie au peuple haïtien qu'il va organiser des élections transparentes et démocratiques. Le vote de l'électorat sera respecté ", a encore déclaré M. Dorsinvil.

Plusieurs partis d'opposition ont refusé de participer aux élections, réclamant à coup de manifestations et d'appels à la grève l'arrêt du processus électoral et le renvoi du CEP. Les scrutins (législatifs et présidentiels) prévus le 28 novembre, dont le coût est évalué à 29 millions de dollars, seront financés majoritairement par la communauté internationale qui a promis 10 milliards de dollars sur cinq ans à Haïti pour sa reconstruction.

mardi 17 août 2010

Du cinéma pour lutter contre le stress post-traumatique

La tournée « food for souls » (nourriture pour l’âme), inaugurée, en février 2010, par la fondation « MWEM », s’est poursuivie, le week-end écoulé, à Jacmel, ville située à 86 km au sud-est de Port-au-Prince, la capitale d’Haïti.

Dédiée aux populations frappées par le séisme du 12 janvier 2010, « food for souls » propose un menu de 260 films (documentaires et fictions), pendant un total de dix-sept semaines, dans 52 quartiers. L’objectif est de permettre aux gens de gérer leur stress post traumatique. Outre le visionnement de films, les participants ont la possibilité de suivre des ateliers interactifs autour de thèmes, relatifs, notamment, à la manière d’affronter le traumatisme, au planning familial et à l’habitat. La tournée « food for souls » s’inscrit dans le cadre de « Sinema anba zetwal », une caravane de films lancée en Haïti en 2003, à l’initiative de la Fondation « MWEM », dans le but de « donner à toutes et tous, en particulier aux plus défavorisés, un accès gratuit à des films de qualité qu’ils n’auraient sans doute pas l’occasion de voir autrement et qui pourtant les concernent ». Après le tremblement de terre du 12 janvier 2010, l’événement s’est transformé, grâce surtout au soutien de l’organisation non gouvernementale américaine Mercy Corps qui a mis, à la disposition de la fondation MWEM, des animatrices et animateurs spécialisés en gestion du stress post-traumatique.

lundi 16 août 2010

Bill Clinton : « Sous peu, vous allez voir des progrès en Haïti »

L'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti, Bill Clinton, a effectué une visite de 48 heures dans le pays. L'occasion pour l'ancien président américain de lancer à Léogane, siège de l'épicentre du séisme du 12 janvier, la construction d'une école qui devrait servir de modèle et de s'entretenir avec le secteur privé haïtien ainsi qu'avec les autorités haïtiennes.

L'un des temps fort de cette visite a été la rencontre, le jeudi 5 août, entre le secteur privé et les deux dirigeants de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH). Bill Clinton étant en effet, avec le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, les deux coprésidents de cette institution. Le secteur privé est, dans le processus de reconstruction, l'un des plus importants partenaires. Et l'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies avait souhaité le rencontrer pour diverses raisons. Tout d'abord, il peut, à l'instar d'autres secteurs, présenter directement des projets au CIRH en vue de la recherche du financement. Bill Clinton voulait aussi être renseigné sur la vision des hommes d'affaires haïtiens sur le futur des investissements privés dans le pays. Bref, il voulait entendre ces partenaires, avoir leurs avis sur le processus lui-même et recevoir des critiques et suggestions pouvant aider à aller plus vite.

« Je sais qu'il y a beaucoup de frustrations mais je peux vous assurer que le secteur privé sera très fortement impliqué dans le processus. Je vous encourage à nous faire part de vos critiques, de vos suggestions et recommandations et je vous assure qu'elles seront prises au sérieux », rassure l'ex-président. Il les a par ailleurs exhorté à ne pas se laisser distraire par le processus électoral en cours car, fait-t-il remarquer, « il y a urgence »Par rapport à leur préoccupation relative à la lenteur du processus, Bill Clinton les a aussi rassurés. Il a en effet, il a annoncé que dans deux à trois mois, des projets concrets vont démarrer dans le pays. Au cours de cette première journée de travail, le coprésident de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti a aussi eu des échanges avec le chef de l'Etat haïtien René Préval et les membres du gouvernement. Il s'est également entretenu avec d'autres secteurs du pays ainsi qu'avec les dirigeants de la MINUSTAH.

Un modèle à reproduire

Autre point important dans l'agenda de M. Clinton est le déplacement à Léogane, une ville qui a été fortement dévastée par le séisme du 12 janvier. Et sa visite, le 6 août, a vu le lancement de la construction de l'école communautaire Ste Thérèse dans la localité de Darbonne. Il s'agit de quatre modules préfabriqués qui non seulement hébergeront des élèves mais serviront aussi d'abris provisoires. A en croire l'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti, ces modules pourront héberger plusieurs centaines de personnes en cas de catastrophe. « Ces bâtiments sont des abris sûrs. Ils sont résistants aux cyclones et aux tremblements de terre. Les gens vivant sous les tentes peuvent s'y refugier rapidement en cas de graves intempéries », fait-il remarquer. Le financement provient des fonds mobilisés par la Fondation Clinton. Et ce site est le premier à en bénéficier. D'autres vont suivre sous peu. La Fondation a en effet octroyé un montant s'élevant à un million de dollars américains. Des fonds qui permettront de construire au total une vingtaine de modules.

Ces constructions, selon Clinton, doivent servir de modèles. « L'ampleur de la catastrophe est telle que nous prendrons du temps pour tout rebâtir. Nous devons donc construire des modèles ». Et ceux-ci pourront aider le gouvernement à présenter des projets à la CIRH ». Un point de vue partagé par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, qui a mis l'accent sur l'importance de ce modèle. Ce modèle de constructions permet des usages multiples et pour cause, selon M. Clinton, il doit être dupliqué. « Au temps que possible, nous reproduirons ce modèle. Car, nous avons besoin d'abris pour loger les gens lors des catastrophes. Et ces abris peuvent aussi servir de centres de jeunesse surtout pour les jeunes qui n'avaient pas pu avoir une formation professionnelle », fait-il observer. En outre, poursuit l'ancien président américain: « beaucoup de bâtiments scolaires s'étaient effondrés lors du séisme et beaucoup d'enfants ne sont pas encore retournés à l'école. Ces abris peuvent servir de salles de classe de manière à permettre à des enfants de suivre des cours dans un environnement propice à l'apprentissage ». L'ancien locataire de la maison blanche souhaite aussi utiliser ces modèles pour mobiliser au sein du CIRH de nouveaux fonds pour construire, dans d'autres villes également, des modules du même type destinés à remplir des fonctions identiques.

L'école communautaire Ste Thérèse de Darbonne devrait être prête dans deux mois. Une durée qui est valable pour toute construction réalisée sur ce modèle. Car l'entreprise chargée de produire les modules peut les fabriquer et les acheminer en Haïti dans un maximum de six semaines. Et le montage, sur place, devrait durer deux semaines. Le co-président de CIRH a d'ailleurs précisé : « Si ce modèle est retenu par le gouvernement haïtien, l'entreprise de fabrication pourra déménager dans le pays, ce qui permettrait de réduire les délais ». A Léogane, M. Clinton a visité l'usine sucrière de Darbonne. Il s'est entretenu avec les responsables de cette usine sur la possibilité de trouver des investisseurs pouvant aider à augmenter la production de la canne à sucre. Ce qui permettra non seulement d'accroitre la production sucrière mais aussi de « donner plus de travail aux fermiers ». La matière première pourra aussi être transformée en énergie susceptible de consommation sur place et, le cas échéant, être exportée, sans droit de douane, sur le marché américain. Lors de sa visite à Léogane, le co-président de la CIRH était accompagné du ministre de l'intérieur, Paul Antoine Bien Aime et du Représentant de la Banque interaméricaine de Développement (BID) en Haïti, Edouardo Almeida. Deux représentants respectivement de la Croix Rouge américaine et de la Banque mondiale avaient aussi fait le déplacement.

L'ancien président américain a informé qu'il y aura en octobre une importante exposition. Et chaque constructeur pourra présenter son propre modèle, sont coût et les avantages qu'il présente. Mais, il a précisé que les travaux qui seront réalisés doivent être de source d'emplois pour les Haïtiens et les compagnies engagées devront avoir des partenaires haïtiens.
Faustin Caille

dimanche 15 août 2010

Les pharmaciens survivent dans le désastre haïtien

Les pharmacies, dont 85 % étaient situées à Port-au-Prince, se relèvent difficilement après le séisme. La plupart des bâtiments sont à terre et les officines doivent faire face à la pénurie des fournisseurs et à la concurrence d’un marché noir plus florissant que jamais. Rencontres.

La pharmacie de Reynald Rema fait figure de miraculée dans le paysage des officines haïtiennes. D’abord parce qu’elle est encore debout, ce qui est loin d’être une évidence dans la capitale ravagée par le séisme, ensuite car les secousses n’ont causées aucun dommage au bâtiment. « Ici, seules les bouteilles de médicaments ont explosé, raconte le pharmacien de 32 ans. Nous avons eu beaucoup de chance ». Il faut dire que la pharmacie de Reynald est située à Pétion ville, un quartier résidentiel dans les hauteurs de la capitale et donc moins touché par le tremblement de terre. D’autres ont eu moins de chance : « De nombreux confrères sont morts ou blessés, d’autres ont tout perdu, leurs proches, leur officine et leur maison, constate tristement le pharmacien. C’est pour cela que la plupart n’ont pu reprendre leur activité ».

Et pourtant, malgré sa situation privilégiée, les affaires de Reynald, n’ont jamais été si mauvaises. « Depuis le séisme, j’ouvre moins longtemps, car il y a moins de clients » (de 10h à 20h contre 8h à 22h, avant le 12 janvier). C’est un paradoxe, il y a beaucoup plus de malades, mais plus personne n’a les moyens. Les clients n’achètent donc plus ou en très faible quantité ». Comme pour faire écho au propos du praticien, un jeune homme fait son entrée dans le carillon de la porte. Alors qu’il tend son ordonnance, il demande à Reynald de ne lui fournir qu’une partie de la prescription. A l’aide d’un ciseau, le pharmacien découpe deux gélules sur la plaquette d’anti-inflammatoires. Le client repartira donc avec ses deux comprimés, dans un grand sac en papier.

La baisse du nombre de clients n’est pas le seul problème auquel est confronté le pharmacien : « aujourd’hui, le plus difficile est de se fournir », explique Reynald. En effet, la plupart des entrepôts des fournisseurs, situés aux abords de la capitale, n’ont pas résisté au tremblement de terre. « Nous essayons de nous procurer la marchandise à l’étranger, mais c’est beaucoup plus cher », se plaint-il. Du coup, les étagères de l’officine de Reynald, comme celles de la plupart des pharmacies rescapées, font peine à voir : « une seule unité ou presque par médicament », avoue le pharmacien haïtien. Les patients, quant à eux, semblent s’habituer à cette pénurie. Ainsi, Laura, 22 ans, qui sort de l’officine, s’est rendue dans trois pharmacies avant de réussir à se procurer sa prescription. « Les médecins nous donnent 5 ordonnances différentes avec des médicaments équivalents, pour être sûr que nous puissions en trouver au moins un », explique la jeune femme.

« Les employés se transforment en psychologues »

A plusieurs kilomètres de là, dans un quartier plus populaire, la pharmacie de Lupercio Duversedeau (ci-contre), ne désemplie pas. Son officine fait également partie de ces « miraculées » du séisme. Pour lui aussi, la période est noire : « mes bénéfices ont fondus de 60%, explique-t-il. Nous avons dû baisser les prix, car les patients sont devenus encore plus pauvres qu’avant ». Aussi, à cause de la pénurie, le pharmacien a de plus en plus de mal à répondre aux besoins croissants des patients. « Les gens sont très choqués, angoissés par leurs conditions de vie dans les camps de réfugiés, il y a donc une forte demande d’antidépresseurs, de calmants et d’antidouleurs, qui sont très cher et difficiles à se procurer ».



En outre, « les prix des médicaments explosent et les fournisseurs ne font plus crédit », la situation de la pharmacie familiale est « de plus en plus dure ». Un homme qui a perdu sa femme et sa fille passe tous les jours à la pharmacie, pour parler, raconte le gérant. Toutefois, Lupercio considère que ces problèmes de pénurie sont provisoires. En revanche ce qui l’est moins, c’est la nouvelle concurrence à laquelle les officines rescapées sont confrontées : « des milliers d’ONG distribuent des médicaments dans tous les sens ! s’indigne Lupercio. Il faut aider les gens, mais comme il ya peu de coordination, leurs dons se retrouvent sur les étals des vendeurs illégaux ». Et de s’énerver encore : « avant le séisme ce n’était déjà pas facile de rivaliser avec le marché noir, aujourd’hui comment voulez-vous que nous résistions à une telle concurrence ? ».

Le commerce illicite, n’est pas un problème nouveau dans le pays : en 2004, selon la Direction du médicament du ministère de la Santé, il représentait déjà 30 % du marché du médicament. Dans les rues, les nombreux vendeurs avec leurs bassines de médicaments ne se cachent même pas pour vendre leur marchandise illicite sur les étals des marchés. Malheureusement, aucun d’entres-eux n’aura voulu nous dire s’ils se procurent leur marchandise auprès des ONG. En tout cas, Lupercio en est convaincu, aux médicaments périmés, interdits à la vente, sous dosés ou sans principe actifs, viennent désormais s’ajouter, les dons des ONG. « C’est un vrai problème de santé publique, conclut Lupercio. Les vendeurs ne sont pas formés, ils vendent n’importe quoi, c’est moins grave quand les médicaments ne sont plus actifs, mais les produits des ONG, eux, sont efficaces ».

« On reçoit des médicaments, par avions entiers »

A Port-au-Prince, il est impossible de passer à côté des milliers d’ONG médicales arrivées au lendemain du séisme. Elles sont partout, dans les rues, les camps de réfugiés, dans les hôpitaux de campagnes. Dans leurs équipes, souvent, un ou deux, voir une dizaine de pharmaciens volontaires. C’est le cas de Médecins Sans Frontières, une des plus importantes organisations présente dans le pays. Depuis trois mois MSF a même installé un « hôpital gonflable » au cœur de la capitale. Ici, la pénurie n’a pas cours, c’est au contraire un service médical de pointe que l’ONG offre aux sinistrés. Côté pharmacie, l’hôpital n’a presque rien à envier aux structures hospitalières modernes : 3 tentes énormes regorgent de médicaments et sont gérées par une dizaine de pharmaciens internationaux et haïtiens.

Sous une des tente-pharmacies, Céline Mounier pharmacienne salariée de MSF depuis 5 ans, s’active entre les étagères. « Il y a beaucoup de travail, on reçoit des avions entiers de médicaments, et il faut tout mettre aux standards MSF », souffle-t-elle. En plus de la gestion logistique de la pharmacie de l’hôpital, Céline doit aussi s’occuper de la formation des pharmaciens haïtiens. C’est ainsi que Dupré Aristroupt, 32 ans, pharmacien hospitalier avant le séisme, assiste Céline au quotidien. « Je dois m’adapter à la culture MSF, s’enthousiasme Dupré. C’est passionnant, je découvre des médicaments et du matériel que je ne connaissais pas ». Il y a quelques semaines le jeune praticien à équipé le service de « l’ostéosynthèse », une pratique médicale dont il n’avait jamais entendu parler. Pour autant, Dupré n’envisage pas son avenir dans les équipes internationales de MSF : « si j’apprends tout cela c’est bien pour en faire profiter les Haïtiens, parce que les pharmaciens français, eux, n’ont pas vraiment besoin d’aide ! »
Leila Minano/Youpress et Corentin Fohlen/fedephotos

samedi 14 août 2010

Un agent de change abattu près d'un commissariat

Vendredi dans la soirée, des bandits armés en motos ont dépouillé, sous la menace de leurs armes, plusieurs agents de change à quelques mètres d’un commissariat de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et à proximité du quartier général de la Compagnie d'Intervention et de Maintien de l'Ordre (CIMO) à Port-au-Prince.

Au dire des témoins, l’un des agents de change a voulu opposer de la résistance face à l’un es agresseurs, qui l’aurait alors froidement abattu d’une balle dans la tête avant de s’emparer de l’argent et de s’enfuir avec ses complices en motos en tirant des coups de feu en l’air sans être importuné par les forces de l’ordre pourtant à proximité. La PNH est arrivée quelques minutes après sur les lieux du drame. Les habitants du quartier se disent révoltés devant l’inaction de la PNH qui n’est pas intervenue au moment de ce crime crapuleux et s’est montrée incapable de rattraper ces dangereux criminels.

vendredi 13 août 2010

La police arrête une bande de kidnappeurs

À Tabarre, dans la soirée de jeudi 12 août, vers 8 heures, une jeune femme sur le chemin du retour de sa résidence est tombée dans une embuscade. Plusieurs hommes armés l’ont kidnappé en prenant place dans son véhicule ou se trouvait deux très jeunes enfants sur le siège arrière. Le véhicule de la victime, abandonné par les malfaiteurs a été retrouvé ce vendredi matin avec les deux enfants sain et sauf, près du pont de la Croix des Missions.

Suite aux témoignages recueillit, dans l’après-midi du vendredi 13, la Police Nationale d’Haïti (PNH) à conduite une vaste opération policière en vue de délivrer la jeune femme sur la route principale de Santo. Lors de cette opération, une fusillade a éclatée entre les forces de l’ordre et les malfaiteurs surpris par cette présence policière. Durant cette intervention, un policier à été blessé tandis qu’un des kidnappeur à été grièvement blessé et deux autres complices ont été arrêté. La jeune femme enlevée a été retrouvé saine et sauve enfermée dans une voiture à l’intérieur d’un garage sur les lieux du raid de la PNH.

François Dossous, le Commissaire, responsable de la cellule contre les enlèvements a déclaré qu’il s’agissait là, d’un important coup de filet. L’endroit ou se trouvait la victime ayant déjà fait l’objet de description par d’autres victimes d’enlèvements. D’après les premières informations de l’enquête, il semble que ce groupe de malfaiteurs soit à l’origine de plusieurs kidnapping dans la région, dont peut-être celui de l'ancien commissaire du Gouvernement de Port-au-Prince, Me Mazard Fortil kidnappé récemment, l’enquête le dira. Les succès de la PNH sont assez rare dans ces opérations de kidnapping pour souligner cette fois-ci leur efficacité tant pour la libération de la victime que pour la capture de ces dangereux malfaiteurs

jeudi 12 août 2010

Reconstruction des cités en réseau

Le plan de reconstruction d’Haïti qui a servi de document de référence aux bailleurs de fonds internationaux a été élaboré à partir d’objectifs et de stratégies territoriales en vue de la reconstruction définies par le Comité Interministériel d'Aménagement du Territoire (CIAT). Ce sont certains de ces objectifs et stratégies territoriales du gouvernement haïtien que nous vous proposons de découvrir dans une série d’articles.

Des temporalités différentes :

Un fait nouveau transforme maintenant la vision que l’on peut avoir de ces objectifs : 600 000 personnes sont parties de la capitale après le séisme et Port-au-Prince a perdu 800 000 habitants. Cette situation dramatique est aussi une opportunité pour l’avenir si l’on sait articuler entre elles des temporalités différentes qu’il faudra conjuguer. Quatre temps peuvent être considérés : Le temps de l’urgence vitale, le temps transitionnel, le temps des projets structurants et le temps de la transformation sociale. Le temps de la transformation sociale s’étend sur une échelle « générationnelle». Un tel projet va se construire sur 20 ans et va se situer au croisement d’une autre mutation : celle de l’avènement des sociétés mondialisées. L’intrusion rapide du téléphone portable, détachée d’une sélection par le niveau de vie, en est une expression actuelle. Haïti, par sa diaspora, est aussi une société mondialisée avant l’heure et cette particularité est un atout pour l’avenir.

Le temps des projets structurants, qui commence par les grandes infrastructures, peut s’imaginer sur une période de 10 ans. Cet horizon rejoint aussi l’échéance de la loi Hope II et les objectifs de la communauté internationale. Le temps « transitionnel » est le plus délicat à prendre en compte. C’est dans les deux ans à venir que va se jouer la transformation du pays autour de la question du comportement des populations déplacées. C’est un mouvement de population considérable qui s’est engagé. Donner le choix à ces populations de concevoir un autre plan de vie en participant dans les régions à la reconstruction nationale est maintenant un enjeu essentiel. Leur offrir un logement et un travail est un premier cadre de réponse. Il faudra pour cela organiser de façon spécifique des chantiers à haute intensité de main d’œuvre dans les domaines des routes, de l’assainissement et de l’environnement.

Les cités en réseau :

Le développement du réseau routier va progressivement réduire les temps de parcours et les rendre plus fiables. Cette maîtrise du temps autorisera une répartition plus rationnelle des fonctions urbaines sur le territoire. Elle permettra aussi de générer des modèles urbains sortant de la logique de prolifération des villes à partir de leur centre. Ce processus a progressivement asphyxié Port-au-Prince en multipliant les problèmes sociaux et sanitaires. L’assainissement, l’espace public, les services et les équipements n’ont pu suivre cette extension anarchique de la population.

Le développement de la mobilité associé au développement rapide des moyens de communication virtuels vont changer les comportements des habitants. Les villes en réseau sont un modèle contemporain intéressant quand les territoires s’y prêtent. La « boucle » du Centre et de l’Artibonite peut être pensée sur un tel modèle à l’image d’une sorte de « Randstat haïtienne ». En Hollande, à une échelle comparable, plus de 7 millions d’habitants sont disposés le long de cette cité linéaire presque continue entourant une grande plaine agricole. Autour des plaines du Centre et de l’Artibonite, des ensembles habités pourraient être conçus à partir des villes existantes, en bénéficiant d’un réseau d’équipements et de services hiérarchisés et répartis dans les différents secteurs urbains.

L’ouverture sur la mer aux Gonaïves, à Cap-Haïtien et à Saint Marc, les universités à proximité de Mirebalais et Saint Michel de l’Attalaye, les marchés et les gares routières répartis sur les nœuds d’échanges principaux et tous les autres équipements (santé, adminis- tration, écoles, etc.) seraient mutualisés à une échelle permettant leur optimisation. Un transport collectif fiable et cadencé circulerait sur cette boucle dans les deux sens selon une vitesse commerciale garantie, en faisant le lien avec les transports traditionnels mieux structurés dans chaque ensemble urbain.

Sur cette base d’équipements communs, on peut imaginer cinq conurbations développées sur des distances de 30 km environ (tous les services seraient à moins d’une demi-heure des lieux résidentiels). Ces ensembles seront conçus à partir des villes existantes : Les Gonaïves, en allant vers Marchand Dessalines serait le premier ensemble. Sa réalisation permettrait de dynamiser les Gonaïves et d’aborder autrement la question de la vulnérabilité de la ville ; Saint Marc, Pont Sondé et Petite Rivière formeraient le deuxième ensemble urbain ; Mirebalais et La Chapelle auront un rôle particulier en contact direct avec Port-au-Prince et sur la route menant à Santo Domingo. Cette localisation et la présence d’une nouvelle université en feront un secteur particulièrement attractif. Hinche et Pignon formeront les cités de la plaine centrale. Saint Michel de l’Attalaye et Saint Raphaël au Nord complèteront ce dispositif qui intègrerait une seconde université. La boucle, connectée par deux grands axes au Cap Haïtien, est de nature à donner à la capitale du Nord une véritable dimension caribéenne. Les plaines du Centre et de l’Artibonite sont les grandes régions agricoles et d’élevage d’Haïti. Un dispositif urbain nouveau, reposant sur une route connectée aux ports de conteneurs des Gonaïves, de Cap Haïtien et de Port-au-Prince (quand ce dernier sera déplacé vers l’Ouest) rejoignant facilement la République Dominicaine, permettrait de créer des zones attractives destinées aux industries de transformation. Disposer ensuite un ensemble de zones franches le long de ce parcours accélèrerait son développement.

Historiquement, l’agriculture et les activités urbaines ont été dissociées en occasionnant un sous-équipement des plaines agricoles au profit des villes. Partout dans le monde, on cherche maintenant à mixer les économies industrielles et urbaines pour offrir aux populations un cadre de vie agréable et un même niveau d’équipement. C’est le pari que l’on peut faire en Haïti pour développer les industries de transformation, moder- niser et redynamiser l’agriculture tout en offrant un autre choix de vie aux populations qui se sont concentrées dans les villes, avec pour conséquence la création de grandes zones de pauvreté. Après le séisme, les départements de l’Artibonite et du Centre atteignent une population de 2,6 millions d’habitants. Cette boucle de 300 km (en passant par Saint Michel de l’Attalaye) offre une grande marge de développement tout en restant proche de la nature et en évitant les grandes concentrations urbaines.

mercredi 11 août 2010

Une faille inconnue serait responsable du tremblement de terre

Les rapports préliminaires post-tremblement de terre laissaient penser que la faille d'Enriquillo qui traverse Haïti (le long de la frontière des plaques des Caraïbes et de l'Amérique du Nord) était responsable du séisme qui a ravagé Haïti en janvier dernier. Cela était basé sur des observations préliminaires et des études antérieures suggérant que cette faille était prête pour une rupture. Depuis le tremblement de terre, plusieurs équipes de géophysiciens ont déployé des instruments dans la région pour fournir une vision détaillée de la façon dont le sol a bougé pendant le séisme. Les chercheurs ont analysé les résultats des instruments, étudié des images satellite, investigué en haute mer et ont fait des évaluations sur le terrain dans les régions touchées par le séisme.

« Notre équipe de chercheurs a constaté cependant, que quelques unes des failles dans la zone s’étaient déplacées dans des directions inattendues. La faille Enriquillo est ce qu'on appelle une faille verticale, mais les nouvelles données suggèrent que le séisme ne s'est pas produit sur une faille verticale » a déclaré le professeur Eric Calais, géophysicien à l'Université Purdue lors du « American Geophysical Union's Meeting » qui c'est tenu ce mardi au Brésil.

Les tremblements de terre se produisent généralement le long de failles, de fissures dans les plaques rocheuses de la croûte terrestre. Lors du séisme il y a a eu une rupture de 40 kilomètres le long d’un segment de faille. Les plaques qui composent la croûte terrestre se déplacent l'une par rapport à l'autre en moyenne de 1 à 10 cm par an. Dans le cas du tremblement de terre en Haïti, les plaques des Caraïbes et de l'Amérique du Nord ont glissés l'une sur l'autre dans une direction est-ouest horizontalement et non verticalement.

La faille d'Enriquillo a rapidement été mise en cause mais à la lecture des nouvelles données, la situation s’est avérée plus complexe. « La faille responsable du tremblement de terre n'était pas la faille Enriquillo, mais une nouvelle faille non-cartographiée » à déclaré le professeur Calais. « Ce fut une telle surprise que nous avons pensé alors que tous nos calculs étaient mauvais »La zone de faille Enriquillo-Plantain Garden (EPGFZ) n'a pas produit de tremblement de terre majeur dans les dernières décennies. Le EPGFZ est est la source probable de grands tremblements de terre historique en 1860, 1770 et 1751, mais aucun n'a été confirmé récemment comme étant associés à cette faille. Les scientifiques ne savent pas aujourd’hui la dangerosité de cette faille inconnue non-cartographiée. Il est possible que cette faille fasse partie d'un système de failles qui n'était pas connue avant. Des recherches sont en cours pour en savoir plus « Nous avons besoin de ces informations pour évaluer les risques » a déclaré le géophysicien « Cette information est essentielle pour l’avenir ».