contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

lundi 31 mai 2010

2010 : La pire saison des ouragans


Huit à quatorze cyclones prévus par les météorologistes américains pourraient aggraver la marée noire dans le golfe du Mexique et le sort des sinistrés du séisme en Haïti. Entre quatorze à vingt-trois tempêtes, d’une puissance suffisamment importante pour que leur soit donné un nom, sont prévues au cours de la saison qui commence le 1er juin et se termine le 30 novembre. L’Agence américaine océanique et atmosphérique (Noaa) sera capable cette année d’émettre des avertissements d’ouragans douze heures plus tôt que par le passé.
L'Humanité

dimanche 30 mai 2010

Rama Yade en visite à Port-au-Prince

La secrétaire d'Etat française chargée des sports, Rama Yade, a débuté ce samedi une visite de 48 heures en Haïti. Mme Yade a eu des entretiens avec plusieurs officiels haïtiens dont le ministre haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique, Evans Lescouflair.

Au cours de sa deuxième visite en 3 ans, Mme Yade signera un accord cadre de coopération en présence des représentants des principales fédérations sportives françaises. De plus elle inaugura une bibliothèque itinérante dans un camp de personnes déplacées et remettra à de jeunes lauréats haïtiens le prix francophone du concours « Sédard Senghor ». Avant la fin de son sejour Mme Yade aura des entretiens avec le chef de l'Etat haïtien René Préval. Au cours de la semaine écoulée des sportifs français dont l'ex champion du monde de football Emmanuel Petit (football) avaient séjourné en Haïti. D'autres sportifs tels Fisher Laurence (Karaté), Diagana Stéphane (Athlétisme) et Dacoury Richard (Basket) devront séjourner à Port-au-Prince dans les prochaines semaines. Dans le cadre de la coopération franco-haïtienne, le ministère haïtien de la Jeunesse, des Sports et de l'Action Civique et le Centre opérationnel des médias de Reporters sans frontières accueillent depuis une semaine une équipe de Canal France International (CFI) qui anime deux séminaires de formation à l'intention des Journalistes de différents médias de Port-au-Prince.

samedi 29 mai 2010

La Banque mondiale annule la dette d'Haïti


La Banque mondiale a annoncé vendredi qu'elle annulait les 36 millions de dollars (29 millions d'euros) de dette d'Haïti afin d'aider à sa reconstruction.

Dévasté par un tremblement de terre meurtrier le 12 janvier, Haïti est le pays le plus pauvre du continent américain. Il ne doit maintenant plus d'argent à la Banque mondiale. L'institution financière basée à Washington a expliqué qu'elle avait pu effacer cette dette grâce à des contributions du Japon, du Canada et de 11 pays européens.

vendredi 28 mai 2010

Les difficultés des rescapés


En Haïti, la saison des pluies rend encore plus difficiles les conditions de vie des rescapés du séisme.

Ecouter le reportage de Danny Braün sur Radio Canada

jeudi 27 mai 2010

Le séisme inspire de nombreux auteurs

Près d'une dizaine d'ouvrages sont parus sur le séisme de Haïti depuis le tremblement de terre, rapporte mercredi le site d'Haiti press network. La catastrophe a en effet engendré la production d'œuvres d'auteurs haïtiens ou d'origine haïtienne. Parmi eux figurent La catastrophe n’était pas naturelle de Myrtha Gilbert, Haïti n’est pas maudite, le 12 janvier n’est pas une punition d'Osner Fevry ou encore Le bal des vautours d'Himmler Rébu.

mercredi 26 mai 2010

Manifestations réclamant la démission du président

Des centaines de manifestants ont défilé mardi devant le palais présidentiel haïtien pour exiger la démission du président René Préval. La manifestation s'est déroulée sans incident dans plusieurs quartiers de la capitale haïtienne à l'appel des partis et organisations de l'opposition qui accusent le chef de l'Etat de vouloir rester au pouvoir au-delà de son mandat qui prend fin le 7 février 2011.

mardi 25 mai 2010

Des policiers haïtiens auraient exécuté des détenus aux Cayes


Le carnage, qui concernerait une quinzaine de personnes incarcérées dans la prison civile de la troisième ville du pays, aurait été commis quelques jours après le séisme, indique une enquête du New York Times s’appuyant sur des témoignages et un rapport confidentiel de l’ONU

Des détenus de la prison civile des Cayes (196 km au sud de Port-au-Prince) ont été exécutés par la police le 19 janvier, une semaine après le violent séisme ayant dévasté Haïti, lors d’une tuerie qui aurait été attribuée à tort à un chef de gang en cavale, informe le New York Times dans une enquête publiée dimanche. Les cadavres ont été pour la plupart jetés dans des fosses communes creusées un peu partout après la tragédie pour accueillir les victimes estimées entre 250 000 et 300 000. Selon le quotidien américain citant plusieurs témoins et anciens détenus, les familles des disparus, la police et un rapport confidentiel de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH) sur le drame, la genèse de ce carnage remonte au soir du 12 janvier peu après la secousse sismique qui a été à l’origine d’une panique générale dans la troisième ville du pays. Au cours d’une tentative d’évasion générale, "Ti Mousson" ainsi connu, un chef de gang, avait pu prendre la fuite sous le regard de tous. Il devait pourtant être accusé par la Police Nationale d’avoir tué "des dizaines" de détenus dont le nombre n’a pu être encore déterminé avec précision. La PNH prétend que des agents de l’ordre ont découvert les corps des victimes dans la cour de la prison civile des Cayes. Une affirmation démentie par deux cuisinières du centre d’incarcération et présentes lorsque s’est produite la mutinerie, confie le New York Times. Les deux femmes précisent n’avoir vu aucun corps dans la cour de la prison quand les incidents ont éclaté. "Ils (les policiers) ont tiré sur tout le monde, j’avais plein de sang sur moi (...) même quand les gens n’essayaient pas de s’échapper, ils étaient nerveux et ils tiraient", a pour sa part révélé un ancien détenu. "Depuis quatre mois, les américains et l’ONU n’ont pas commenté publiquement les meurtres dans la prison des Cayes, affirmant que c’était aux autorités haïtiennes de prendre l’enquête en charge", souligne le journal américain. En conclusion, il affirme que le chef de la Mission de stabilisation de l’ONU (MINUSTAH), Edmond Mulet, avait finalement décidé de faire diligenter une enquête sur ce scandale qui éclabousse les forces de sécurité haïtiennes. Les responsables du ministère de la justice et de la Police Nationale n’avaient pas encore réagi officiellement lundi à ces révélations qui, si elles se confirment, constitueront un nouveau cas de violation flagrante des droits humains de la part de ceux-là mêmes qui sont chargés de les protéger.
Radio Kiskeya

Situation alarmante dans les prisons d'Haïti, selon des ONG

Deux organisations non gouvernementales de défense des droits de l'homme ont dénoncé lundi des conditions de détention de plus en plus dégradantes dans une prison de Port-au-Prince, où deux prisonniers, selon elles, sont morts il y a près de 15 jours.

Les deux prisonniers morts en détention ont été victimes de conflits entre détenus qui souvent se battent pour leur survie, a indiqué l'une des ONG, le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH). "La situation est très alarmante au pénitencier national, le plus grand centre de détention d'Haïti, où les détenus entassés dans des cellules trop étroites attrapent des maladies et ne reçoivent aucun soin médical", a déclaré à l'AFP Marie-Yolaine Gilles porte-parole du RNDDH. "Le pénitencier est un enfer, les gens dorment debout ou dans des bouts de tissu", a renchéri Jean-Claude Bajeux, responsable du Centre œcuménique des droits humains. Selon lui, 80 détenus sont morts en prison en Haïti au cours des deux dernières années, faute de soins. "C'est effrayant ce qui se passe dans les prisons qui sont surpeuplées en Haïti, les détenus ne sont pas considérés comme des humains", regrette M. Bajeux, qui exige l'ouverture d'autres centres pour décongestionner ceux qui débordent de prisonniers. A la faveur du séisme du 12 janvier, plus de 5 000 détenus se sont évadés des prisons du pays, et des mutineries ont été enregistrées dans les jours ayant suivi la catastrophe, entraînant la mort par balles de nombreux détenus. Dans la prison des Cayes, troisième ville d'Haïti, 10 détenus ont été tués par la police le 19 janvier, une semaine après le tremblement de terre, et un chef de gang en fuite a été à tort accusé des meurtres, a révélé une enquête du quotidien américain New York Times publiée dimanche. "Nous sommes au courant de cette affaire, un rapport dressé par l'inspection générale de la police nationale est jusqu'à présent resté sans suite", a commenté la porte-parole du RNDDH. Selon Mme Gilles, cinq centres de détention ont été détruits par le séisme et sur plus de 5 000 détenus évadés, quelques centaines ont été rattrapés par la police.

lundi 24 mai 2010

Défi


Haïti sous abris. Quatre mois et des poussières après le tremblement de terre, c’est sous les tentes que les Haïtiens ont réappris le quotidien, comme le montre le reportage à Pétionville. L’urgence prévaut toujours, face à un traumatisme qui n’a évidemment pas disparu. La bonne nouvelle, c’est que la planète a su s’organiser pour que commence la reconstruction de l’île meurtrie. Certaines infrastructures fonctionnent à nouveau et, peu à peu, la vie reprend racine, avec son lot d’espoirs et de d’inquiétudes. Mais le défi d’Haïti va bien au-delà de la remise sur pied des maisons, des écoles et des hôpitaux : il est celui de la création d’une nouvelle nation. Longtemps abandonnée à ses dérives, entre dictatures à répétition et corruption galopante, Haïti doit saisir ce moment pour se bâtir un Etat, garant d’une autre société, plus juste et moins violente. Une véritable démocratie en quelque sorte, où la politique regagne ses droits et les citoyens les leurs. La communauté internationale se doit d’accompagner le pays, tout en l’associant pleinement à un nouveau modèle de développement pour éviter une mise sous tutelle qui serait contre-productive. C’est au prix de cet engagement à long terme que se fera la renaissance d’Haïti.
Fabrice Rousselot Libération

Des détenus haïtiens tués par la police


Des détenus de la prison des Cayes, troisième ville d'Haïti, ont été tués par la police le 19 janvier, une semaine après le puissant tremblement de terre et un chef de gang en fuite a été à tort accusé des meurtres, selon une enquête du New York Times publiée ce dimanche 23 mai. Selon le quotidien, qui cite entre autre la police et un rapport confidentiel des Nations Unies sur le drame, tout a commencé le soir du 12 janvier, où la terre a tremblé aux Cayes.
Europe 1

dimanche 23 mai 2010

Des orphelins avec les gangs

Ils ont abandonné les bancs de l'école et appris à manier des pistolets. Hold-up, cambriolages, vente de drogue : les orphelins du séisme tentent comme ils peuvent de gagner de quoi manger. Et à défaut de parents, c'est auprès des gangs du bidonville Cité Soleil que ces petits Haïtiens cherchent protection.
Suivi d'une nuée de gamins et de membres de son groupe, « Toutou Soleil 19 » slalome entre les ruines du 12 janvier, les cases de fortune et les cordes à linge qui jalonnent les allées crasseuses du plus grand bidonville d'Haïti. Ce chef de gang, qui a officiellement déposé les fusils en 2006 mais avoue posséder encore « des armes blanches », traverse un égout et désigne une cabane de tôles sise sur des tas d'immondices, en bord de mer. « Ici, huit à neuf orphelins dorment depuis le séisme »

samedi 22 mai 2010

L'ONU s'interroge sur la mort de prisonniers en Haïti


Les Nations Unies enquêtent sur la mort de dizaines de détenus abattus pendant une émeute après le séisme en Haïti, a indiqué un porte-parole des soldats de la paix.

Le responsable a réagi à une information du New York Times selon laquelle la police aurait pu à la faveur du soulèvement abattre des prisonniers, dans la ville de Les Cayes. "De notre point de vue, il y a eu de graves violations des droits humains dans cette prison" a indiqué le porte-parole de l'ONU David Wimhurst. L'article mentionne une émeute qui est passée largement inaperçue dans le contexte du tremblement de terre, le 19 janvier, une semaine après le séisme responsable de la mort de 230 000 à 300 000 personnes à Port-au-Prince et dans les environs. Douze à 19 prisonniers auraient été tués par balles, et une quarantaine blessés. La prison était surpeuplée et les 467 prisonniers, terrorisés pour certains par les répliques du séisme, ont commencé à se rebeller. La police haïtienne a cerné la prison avec des Casques bleus sénégalais, pour éviter les évasions en masse qui s'étaient produites auparavant dans la capitale. A un moment, la police haïtienne est rentrée dans le bâtiment et a tiré. les Casques bleus ont vu dix corps, mais plus de gens auraient été tués ou blessés, selon Wimhurst. L'enquête a été retardée par l'effondrement des bâtiments de l'ONU sur place, qui a provoqué des pertes importantes parmi les 9 000 soldats de l'organisation.

vendredi 21 mai 2010

Après la pluie : Les épidémies ?


Quatre mois après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, les conditions de vie dans les camps de déplacés rendent l'environnement propice à la propagation de maladies. Les déchets qu'on trouve partout, l'eau stagnante, les latrines de fortune et le fait que la nappe phréatique est très haute dans certains quartiers rendent la situation particulièrement risquée.


Dans le camp improvisé de la place Saint-Pierre, à Pétionville, une femme âgée lave un chaudron dans une eau brune et nauséabonde. Les mouches bourdonnent autour des fruits et des légumes, et les pluies torrentielles des dernières soirées ont laissé quelques coulées de boue. Quatre mois après le tremblement de terre qui a dévasté Haïti, le 12 janvier dernier, les conditions de vie dans les quelque 850 camps de déplacés de la capitale, Port-au-Prince, rendent l'environnement propice à la propagation de maladies. Les déchets qu'on trouve partout, l'eau stagnante, les latrines de fortune et le fait que la nappe phréatique est très haute dans certains quartiers rendent la situation particulièrement risquée.


«Toutes les conditions sont réunies pour qu'il y ait des épidémies», explique le Dr Marc Forget, médecin québécois qui a atterri le 20 février au centre hospitalier Sainte-Catherine-Labouré (Choscal), à Cité-Soleil, le plus grand bidonville d'Haïti, où Médecins sans frontières a ouvert une clinique au lendemain du séisme. «Mais la situation n'est pas aussi désastreuse que ce à quoi on aurait pu s'attendre, s'étonne le Dr Forget. À Cité-Soleil, les gens vivent dans des conditions épouvantables, mais on n'a pas vu de grandes épidémies jusqu'à maintenant, même quatre mois après le séisme.» À l'aube de la saison des pluies, les médecins voient de plus en plus de patients atteints de malaria et de diarrhée, mais c'est le cas chaque année.

Boire de l'eau traitée

«Il est clair que les gens vivent dans des conditions plus précaires qu'avant le tremblement de terre. La promiscuité est plus grande, donc le risque d'augmentation des maladies liées aux conditions sanitaires - gastroentérite, infection respiratoire, diarrhée - est beaucoup plus élevé», explique Stefano Zannini, chef de mission pour la division belge de Médecins sans frontières. L'organisme a noté, dans la première moitié du mois d'avril, une recrudescence notable des cas de fièvre typhoïde, infection habituellement liée à l'eau contaminée. Les cas ont été traités et la situation est revenue à la normale. Au début du mois de mai, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a confirmé la mort d'un adolescent de 15 ans atteint de diphtérie. Alors qu'on parlait d'un cas isolé, les autorités de la santé haïtiennes ont fait état, cette semaine, d'un deuxième cas: un enfant de 7 ans est mort de la même maladie. L'OMS a appelé à la prudence, mais sans pour autant juger la situation critique. Le Dr Forget s'explique difficilement le fait qu'il n'y ait pas encore eu d'épidémie. «Peut-être parce que les gens ne boivent pas l'eau souillée. Ici, il y a toujours une solution de rechange pour trouver de l'eau. Les gens peuvent en acheter, il y a des points de distribution. Ils se lavent dans des endroits complètement insalubres, mais ils boivent toujours de l'eau traitée.»

La situation pourrait toutefois basculer rapidement.

«Tant que les populations ne sont pas logées de façon correcte, tant qu'elles sont dans des camps où il n'y a pas le minimum d'hygiène, d'eau potable, on peut toujours craindre les épidémies», soutient Jean Soro, coordonnateur médical au Choscal, transformé en hôpital général après la première phase de soins d'urgence. La saison des pluies, qui devrait s'intensifier en juin et juillet, ne fera que fragiliser la situation et augmenter les risques d'épidémie. «Il y aura des inondations. Il y a beaucoup de canaux bouchés, notamment dans Cité-Soleil. Il y a des déchets, des latrines à ciel ouvert, prévient Stefano Zannini, de MSF. Le risque direct est l'augmentation des cas de fièvre, de malaria, la contamination de l'eau, donc la fièvre typhoïde, un air plus humide, donc des infections respiratoires. Ce sont les enfants qui sont le plus exposés.» En prévision de la recrudescence des pluies, les zones les plus à risque de deux camps ont été évacuées. On a relogé entre 7 000 et 9 000 personnes dans des camps plus salubres, en bordure de la ville. Mais là encore, le temps presse. «Il a fallu quatre mois pour arriver à reloger 9 000 personnes. Combien de temps faudra-t-il pour en replacer 1 million?» s'interroge le chef de mission de Médecins sans frontières. Mais dans un pays où les soins médicaux sont difficilement accessibles pour la majorité de la population, ce sont surtout les perspectives à long terme qui font sourciller les médecins étrangers sur le terrain. «Le problème, c'est que, aujourd'hui, plusieurs ONG répondent de manière ponctuelle à plusieurs problèmes, explique M. Zannini. Au fur et à mesure que ces acteurs vont se retirer, est-ce que tous ces services - vidange de latrines, offre d'eau potable, douches... - seront assurés par quelqu'un ?»
Malorie Beauchemin, envoyée spéciale La Presse Photo David Boily

jeudi 20 mai 2010

La souffrance des petits grands brûlés

Le séisme a fait plus de 250 000 morts en Haïti, selon l'ONU. En outre, plus de 1,5 million de personnes vivent dans des camps depuis plus de quatre mois, dans la promiscuité et les pénuries de toutes sortes.

La petite Magnolita, 18 mois, conservera pour toujours des séquelles du tremblement de terre du 12 janvier. Sur son visage, sa tête et un de ses bras. Elle n'a pas été blessée lors du séisme. Ce sont les conditions de vie qui en ont résulté, pour elle comme pour des centaines de milliers d'Haïtiens, qui l'ont conduite à la clinique des grands brûlés du Centre Saint-Louis, gérée par Médecins sans frontières.Dans un geste quotidien, presque banal, sa maman faisait bouillir de l'eau pour préparer à manger. Sauf que la famille habite maintenant une tente, dans un camp de déplacés de Port-au-Prince. Inconsciente du danger, la petite a fait un geste de trop, et l'eau bouillante s'est renversée sur elle. «La tente est trop petite», raconte candidement la maman, Béatrice Esteval, croisée à la clinique pour grands brûlés où elle berçait la petite Magnolita, qui avait la tête couverte de pansements. 


Le séisme a fait plus de 250 000 morts, selon l'ONU. En outre, plus de 1,5 million de personnes vivent dans des camps depuis plus de quatre mois, dans la promiscuité et les pénuries de toutes sortes. La destruction d'une partie des maisons et des immeubles de Port-au-Prince a aussi laissé des câbles et des fils électriques qui traînent encore autour des structures à moitié démolies, dans la rue, sur les terrains. Là où les enfants ont, depuis, recommencé à jouer.

Clinique temporaire

Les cas de brûlures causées par l'électrocution, le feu ou l'eau bouillante sont en hausse depuis la catastrophe. Tellement que Médecins sans frontières a ouvert, début avril, une clinique temporaire exclusivement pour les grands brûlés, une première au pays. «La majorité des cas sont des accidents domestiques», explique Michèle Beck, responsable terrain au Centre Saint-Louis, immense hôpital fait de tentes gonflables stérilisées et de structures semi-permanentes, installées sur le terrain de soccer d'une école secondaire chrétienne de Port-au-Prince. La clinique des grands brûlés, qui comptait 7 lits au début, peut maintenant, un mois après son ouverture, accueillir 27 patients. «On a une majorité d'enfants. Et qui dit enfants dit prise en charge de la douleur, souligne Mme Beck. On a installé un bloc opératoire où on peut faire les pansements sous anesthésie.» Un chirurgien-plasticien s'occupe des greffes de peau, et un kinésithérapeute de la réadaptation. Avec un peu de chance et beaucoup de travail, Magnolita et les autres petites victimes de l'aile pédiatrique, remplie à craquer, ne garderont peut-être pas de séquelles autres que la décoloration de leur peau à certains endroits.

Risques de rétraction

«Là où il faut faire très attention, surtout avec les tout-petits, c'est avec les risques de rétraction», explique Michèle Beck, infirmière de formation. Les enfants blessés ont le réflexe de garder immobile la partie du corps où ils ont mal, ce qui peut entraîner des conséquences à moyen et à long terme pour la peau, qui perd de son élasticité après une brûlure, et pour les muscles qui ne seront pas sollicités et qui risquent de s'atrophier, précise-t-elle. D'où l'importance du travail réalisé par le kinésithérapeute. Dans les pays occidentaux, les traitements de réadaptation pour les grands brûlés peuvent s'étendre jusqu'à l'âge de 18 ans, parce que les enfants poursuivent leur croissance et que leurs blessures doivent s'adapter. En Haïti, où 40 % de la population n'avait déjà pas accès à des soins médicaux avant le séisme, c'est souvent sur les organisations humanitaires internationales que repose le fardeau. Si Médecins sans frontières est engagé pour le long terme en Haïti, reste à voir combien de temps ses installations temporaires du Centre Saint-Louis resteront en place.
Malorie Beauchemin, envoyée spéciale La Presse Photo Esteban Félix

mercredi 19 mai 2010

Au sud d'Haïti l'île à Vache attend les touristes

Pas de Casques bleus, pas de routes, des villages pittoresques et des plages paradisiaques : l'île à Vache constitue une exception en Haïti. À tel point qu'un tourisme de luxe avait commencé à s'y développer. Mais depuis le séisme, les clients ont disparu.

Comme tout le sud-ouest du pays, ce territoire de 50 km2, situé à une demi-heure de bateau de la ville des Cayes, a été totalement épargné par le tremblement de terre du 12 janvier. Les enfants n'ont jamais arrêté l'école, les cultures n'ont pas été perdues et les plages de sable blanc n'ont connu aucun débarquement de sinistrés fuyant le chaos de Port-au-Prince. Et les 15 000 habitants, descendants d'esclaves ou de Noirs américains venus s'installer au XIXe siècle à l'initiative du président Abraham Lincoln, ont continué à vivre au rythme des couchers de soleil sur la mer des Caraïbes, des combats de coqs et des chants de mainates. Mais cette île idyllique, présentée comme la dernière totalement vierge des Antilles, a malgré tout été une victime indirecte de la catastrophe qui a fait entre 250 000 et 300 000 morts selon l'ONU.

«Aucun touriste n'est venu pendant les deux mois qui ont suivi le séisme. On a perdu 47 000 dollars», raconte Didier Boulard, un Français qui a ouvert il y a neuf ans un hôtel de 20 chambres construit sur les hauteurs d'une petite baie qui servait de refuge aux pirates aux XVIe et XVIIe siècles. Avec une cinquantaine d'associés, ce natif du Mans a investi 2,8 millions de dollars pour ouvrir le premier établissement touristique de l'île. Pour entretenir la longue piscine à l'eau de mer et les chambres luxueuses installées dans des cases créoles, le complexe emploie d'ordinaire 40 personnes. Ils ne sont désormais plus que 25. «Avant le tremblement de terre, on commençait à équilibrer le budget. Pour la première fois l'année dernière on a fait un petit bénéfice», poursuit-il. Le dernier week-end d'avril, il n'a reçu que huit personnes : cadres de l'ONU, travailleurs humanitaires ou journalistes. «Ça reprend un peu», se console M. Boulard. Symbole de ce redémarrage timide, l'hôtel accueille pendant une semaine une «vraie» touriste : une retraitée venue de la banlieue de Montréal après avoir vu un reportage de la télévision publique Radio-Canada. «C'est du tourisme solidaire. Je suis venue ici pour dépenser mes devises étrangères dans un pays qui en a bien besoin», confie Francine Leclerc, avouant que tous ses proches voient d'un très mauvais œil son séjour en Haïti.

Avec ses coups d'État à répétitions et ses catastrophes naturelles, le pays le plus pauvre des Amériques souffrait déjà d'une bien mauvaise presse et seuls de rares guides de voyage lui consacraient quelques pages. Alors avec le séisme, tous les efforts pour en faire la promotion ont été anéantis. Pourtant, se persuade M. Boulard, «le potentiel du tourisme en Haïti est colossal : les pays voisins accueillent 10 millions de touristes chaque année. (...) 40 000 chambres pourraient être construites dans le pays, c'est le chantier du siècle !». Mais toutes les infrastructures font défaut. A commencer, pour l'île à Vache, la présence d'un aéroport international aux Cayes. Dans l'immédiat, l'homme d'affaires lorgne la manne financière que représentent les milliers d'expatriés envoyés en Haïti par l'ONU et les ONG après le séisme. 


Mais en raison des règles de sécurité leur interdisant de prendre leurs semaines de repos en Haïti, ils vont dépenser leurs devises dans les îles voisines, telles la République dominicaine, la Guadeloupe ou la Martinique.
Clément Sabourin

mardi 18 mai 2010

La fête du drapeau national

Ce mardi, Haïti a célébré la fête du drapeau national, emblème créé en 1803 quelques mois avant l’indépendance de la première République noire. Quatre mois après le séisme meurtrier, le pays vit toujours en état d’urgence avec le début de la saison des pluies. De plus en plus contesté dans le pays, le président de la République, René Préval a été acclamé par un public de partisans.

lundi 17 mai 2010

Manifestation contre le président Préval en Haïti

Des milliers de personnes ont défilé pour le deuxième lundi consécutif jusqu'aux ruines du palais national de Port-au-Prince, pour protester contre le président René Préval, accusé de ne pas remettre le pays dans le droit chemin après le séisme du 12 janvier.

Les manifestants ont parcouru le centre de la capitale dévastée sous l'œil de la police et des responsables des Nations unies. La couleur gronde à Port-au-Prince car les manifestants accusent Préval de ne pas aider les quelque 1,3 million d'Haïtiens sinistrés et de vouloir repousser de trois mois les élections prévues fin novembre. De nombreux manifestants ont exigé le retour au pouvoir de l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, actuellement en exil. Un manifestant serait mort lors de la manifestation mais il n'est pas encore certain que son décès ait eu lieu dans le cadre de la marche de protestation. La semaine passée, des milliers d'Haïtiens avaient participé à la manifestation organisée pour les mêmes motifs. Une autre marche de protestation, qui s'annonce plus importante, est attendue demain, mardi 18 mai, à l'occasion du "jour du drapeau".

dimanche 16 mai 2010

Des milliers d'Haïtiens menacés du pire

Le tremblement de terre a eu des conséquences dramatiques pour les organismes de micro-crédit qui aident 2 millions d'Haïtiens à vivre. Arnaud Poissonnier, fondateur du site de micro-crédit Babyloan, revient d'un voyage en Haïti. Il lance un appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils aident les organismes de micro-crédit, les banquiers des pauvres.

Quatre mois après le tremblement de terre qui a provoqué entre 250 000 et 300 000 morts sur une population de 8 millions d'habitants, les Haïtiens continuent de souffrir. Malgré les centaines de millions d'euros de financements internationaux qui vont permettre de reconstruire le pays dans les prochaines années et la présence de près de 1 000 organisations non gouvernementales, le timide début de reprise de la vie économique est menacé. Le secteur privé est au bord de l'asphyxie. Les petits commerçants qui sont parmi les premiers bénéficiaires du micro-crédit, sont durement touchés. « La micro finance haïtienne qui est essentielle à la vie économique du pays, est au bord du gouffre », affirme Arnaud Poissonnier, président fondateur de Babyloan qui rentre d'un voyage en Haïti. Premier site français de micro-crédit, Babyloan permet à des internautes de financer des entrepreneurs installés dans les pays du Sud.

Prêts à 800 000 Haïtiens

Les 70 sociétés de micro-crédit jouaient un rôle clé avant les événements du 12 janvier. Elles prêtaient de petites sommes à environ 800 000 Haïtiens. Elles apportaient ainsi leur soutien à environ 2 millions de personnes. Le tremblement de terre les a mises à terre. «Nombre des sociétés de micro-crédit ont subi des pertes humaines. Des sièges sociaux ont été détruits. Ces pertes peuvent être estimées à une quinzaine de millions de dollars», explique Arnaud Poissonnier. L'asphyxie financière les guette. Un de ces organismes va devoir réduire ses activités s'il ne trouve pas d'argent entre juillet et septembre. Quatre sont au bord du gouffre. D'autres pourraient faire faillite. «Le constat est simple. Les sociétés de micro-crédit ont dû presque totalement stopper leurs activités sur les zones sinistrées. Elles ne peuvent plus pratiquer de recouvrements ou débloquer de nouveaux micro-crédits puisque les gens sont morts, ont perdu leur emploi ou leur logement. Elles connaissent également des difficultés dans les régions moins touchées. Cette déflagration met à mal l'économie tout entière. C'est le pire des scénarios alors que le pays doit se relancer. Il est donc essentiel que l'Etat haïtien, la conférence des Etats donateurs et les bailleurs institutionnels prennent en urgence conscience de l'urgence du problème et s'en emparent au plus vite», témoigne Arnaud Poissonnier.

La BID va lancer un fonds de 12 millions de dollars

Premier signe d'espoir, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) a annoncé il y a deux mois le lancement d'un fonds doté de 12 millions de dollars qui va racheter une partie des créances douteuses de certaines sociétés haïtiennes de micro-crédit. « Son tour de table n'est pas encore totalement bouclé. Il est ouvert aux bailleurs qui souhaitent s'y greffer. Il faut promouvoir cette initiative», affirme Arnaud Poissonnier. Malgré des moyens limités, Babyloan a décidé de s'engager à aider quelques organismes de micro-crédit en espérant que «des bailleurs de fonds internationaux se mobiliseront également pour cette cause».
Le Figaro Yann Le Galès

samedi 15 mai 2010

A Haïti, les défis humanitaires sont encore à relever

Quatre mois après le violent séisme qui a secoué Haïti, le 12 janvier dernier, le pays est encore en état d’urgence. Pour la population, il est encore difficile de manger et de se loger. Le pays doit aussi faire face à de nombreuses manifestations organisées dans plusieurs villes. Les habitants sont en colère à cause de la misère. Ils critiquent la manière dont le gouvernement a géré l’après séisme.

Les destructions sont évaluées à 120 % du PIB de ce pays déjà parmi les plus pauvres de la planète. Plus d’1,3 million de personnes sont encore sans abris à Haïti. Les camps de fortune, qui devaient être temporaires, ont poussé comme des champignons. On en compte 1 300, dont 900 à Port-au-Prince.La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) Josette Sheeran a appelé le monde à maintenir la solidarité avec le peuple haïtien. “Il nous faut maintenir l’attention du monde sur Haïti.


Haïti n’est pas encore sorti de la période de crise, nous devons nous préparer pour la saison des pluies et les ouragans”, a déclaré Josette Sheeran au terme d’une visite dans le pays. Le Programme alimentaire mondial prévoit de nourrir près de 2,5 millions de personnes en Haïti à travers ses différents programmes. Josette Sheeran a fait part des difficultés rencontrées sur le terrain par les agences humanitaires pour apporter de l’aide aux victimes. “Nous avons réalisé que les urgences aujourd’hui sont très complexes, en fait les plus complexes que nous ayons jamais expérimentées”, a-t-elle déclaré. “Cette catastrophe est pire que le tsunami qui avait frappé sept pays d’Asie et tué 200 000 personnes en 2004. Ici, le séisme a dévasté un seul pays et a causé plus de morts et il est difficile de parvenir aux sinistrés en raison de la forte concentration urbaine”, a encore dit la directrice générale du PAM.






France Info

vendredi 14 mai 2010

Deux humanitaires enlevés

Deux travailleurs humanitaires ont été enlevés en début de semaine en Haïti par des inconnus, a annoncé hier la mission des Nations unies pour la stabilisation d'Haïti (Minustah). "Il s'agit bien de deux étrangers qui travaillent pour une organisation humanitaire qui ont été enlevés", a déclaré Jean-François Vézina, de la police de l'ONU, refusant de révéler l'identité des personnes.

Les deux étrangers ont été enlevés dans la banlieue de Pétion-ville à l'est de Port-au-Prince. On ignorait si les ravisseurs avaient réclamé des rançons pour libérer leurs otages, comme c'est généralement le cas. "Ce que je peux vous dire, c'est que nous (l'ONU) enquêtons sur cette affaire. Une enquête est également conduite par la police nationale d'Haïti (PNH)", a encore indiqué le porte-parole de la police de l'ONU en Haïti.

jeudi 13 mai 2010

Haïti a encore besoin du monde entier estime la directrice du PAM

La directrice du Programme alimentaire mondial (PAM) Josette Sheeran a appelé mercredi le monde a maintenir la solidarité avec le peuple haïtien, quatre mois après le séisme du 12 janvier qui a fait près de 300 000 morts et jeté 1,3 million de personnes à la rue.

«Il nous faut maintenir l'attention du monde sur Haïti. Haïti n'est pas encore sorti de la période de crise, nous devons nous préparer pour la saison des pluies et les ouragans», a déclaré M. Sheeran au terme d'une visite dans le pays. Elle a indiqué que l'organisation onusienne avait prépositionné de la nourriture et du matériel d'urgence dans le but de venir en aide aux Haïtiens les plus exposés aux catastrophes naturelles. Le PAM prévoit de nourrir près de 2,5 millions de personnes en Haïti à travers ses différents programmes. Mme Sheeran a fait part des difficultés rencontrées sur le terrain par les agences humanitaires pour apporter de l'aide aux victimes. «Nous avons réalisé que les urgences aujourd'hui sont très complexes, en fait les plus complexes que nous ayons jamais expérimentées», a-t-elle déclaré en anglais lors d'une conférence de la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah). 


«Cette catastrophe est pire que le tsunami qui avait frappé sept pays d'Asie et tué 200 000 personnes en 2004. Ici, le séisme a dévasté un seul pays et a causé plus de morts et il est difficile de parvenir aux sinistrés en raison de la forte concentration urbaine», a encore dit la directrice générale du PAM. «C'est difficile pour le monde de comprendre le niveau de traumatisme provoqué par ce désastre», a ajouté Mme Sheeran qui souhaite maintenir l'attention sur Haïti. Elle s'est réjouie de l'intérêt manifesté par des dirigeants politiques «du Brésil aux USA» pour maintenir Haïti dans leur agenda.

Plusieurs manifestations en vue à Haïti

Des manifestations sont prévues ce jeudi 13 mai et le 18 mai prochain à Haïti, pour protester contre le gouvernement en place, rapportait mardi le site haitipressnetwork.com. Déjà lundi, des rassemblements avaient eu lieu dans les rues de Port-au-Prince. Les manifestants réclamaient le départ du président René Préval et dénonçaient l’adoption par le parlement de la prolongation pour 18 mois de la loi d’urgence.

mercredi 12 mai 2010

Monsanto va aider Haïti !

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a fait des heureux. La multinationale Monsanto va «offrir» aux paysans haïtiens un cadeau empoisonné : 475 tonnes de semences OGM, sans compter leurs engrais et pesticides, qui seront distribuées gratuitement par le projet Winner, soutenu par l'ambassade américaine. On croit rêver.

1. Les Haïtiens savent-ils que c'est Monsanto qui fabriquait le défoliant, dit «agent orange», utilisé par les bombardiers américains pendant la guerre du Vietnam, et qui a empoisonné tant de soldats américains et de civils vietnamiens ?

2. Les Haïtiens savent-ils que ces semences sont rejetées comme dangereuses dans beaucoup de pays ? Elles viennent souvent en «kit» où les semences sont accompagnées d'un herbicide de Monsanto appelé «Roundup», qui contient du glyphosate. Dans ma Bretagne natale, ce produit chimique est dénoncé comme polluant les nappes phréatiques. Comble d'imposture, Monsanto présente le «Roundup» comme biodégradable. Ce qui lui vaut un procès intenté par le Service de répression des fraudes de Lyon.

3. Aux États-Unis, une agence fédérale veille sur les questions d'environnement: l'EPA (Environmental Protection Agency). Or, une ancienne dirigeante de Monsanto, Linda Fischer, vient d'être nommée directrice de l'EPA. C'est comme si on mettait une chatte pour veiller sur la santé des souris!

4. Monsanto a déjà commencé à distribuer des semences OGM de maïs dans les régions de Gonaïves, Kenscoff, Pétion-Ville, Cabaret, Arcahaie, Croix-des-Bouquets et Mirebalais. Bientôt, il n'y aura plus que des semences Monsanto en Haïti. Adieu l'indépendance agricole ! Au Brésil, Monsanto vient d'investir 550 millions de dollars pour fabriquer sur place son dangereux herbicide Roundup, dans le nord-est de l'État de Bahia. Heureusement, ce pays semble résister à la multinationale.

5. Monsanto présente ce «don» aux paysans haïtiens comme une aide généreuse. Mais, pour avoir le droit de resemer après, il faudra payer chaque fois des droits à Monsanto. Signalons que le directeur des opérations en Haïti n'est nul autre que Jean-Robert Estimé, un ancien ministre des Affaires étrangères de Duvalier. Monsanto + Duvalier : un beau duo !

Père Jean-Yves Urfié - Ancien professeur de chimie au collège Saint-Martial de Port-au-Prince , Rennes, le 10 mai 2010 12 mai 2010 Actualités internationales

Rectificatif
Le Père spiritain Jean-Yves Urfié, rectifie la dénonciation qu’il a faite de l’introduction de semences transgéniques en Haiti suite à une offre de la multinationale Monsanto.
« Je dois honnêtement rectifier ma dénonciation, car d’après un agronome digne de foi, il y aurait eu une offre réelle de 400 tonnes de semences OGM (Organismes génétiquement modifiés), mais le Ministre (de l’agriculture, Joanas) Gué, personnellement, a rejeté cette offre », reconnait-il dans une lettre en date du 13 mai dont copie est parvenue à AlterPresse
Auparavant, dans une conférence de presse le 12 mai, le ministre de l’agriculture a démenti l’introduction d’intrants OGM en Haiti et a déclaré que l’offre faite au gouvernement par la Mosanto ne contient pas d’éléments transgéniques.
Le gouvernement a pris « toutes les précautions avant d’accepter l’offre de la multinationale Mosanto de faire un don de 475 947 kg de semences de maïs hybride, ainsi que de 2067 kg de semences de légumes », a affirmé le ministre.
Le Père Urfié, ancien professeur de chimie au Collège Saint Martial à Port-au-Prince, avait considéré l’offre de Monsanto comme « un cadeau empoisonné ».
« L’honnêteté m’oblige à rectifier », écrit -il dans sa lettre du 13 mai

Installer des potagers


Trois questions à Philippe Limard, habitant de la commune de Bouchemaine, qui part prochainement en mission à Haïti.

Quel est le but de cette mission ?

Je pars, en lien avec l'Hamap (Halte aux mines antipersonnel), association qui intervient également dans le cadre de la sécurité alimentaire dans divers pays du monde. Notre objectif est d'apporter une aide, sur le terrain, à la réalisation de jardins potagers en s'appuyant sur des méthodes adaptées au climat tropical qui permettent d'obtenir des cultures potagères diversifiées, sans utilisation de produits phytosanitaires, avec des rendements importants, tout en limitant la consommation d'eau.

Quels produits, matériels emportez-vous et avec quels financements ?

Nous avons réalisé des kits de semences adaptées au milieu tropical et acheminons des outils de jardinage qui, pour certains ont été adaptés aux méthodes de travail des sols de ces régions. Le financement de tous ces produits et matériels a pu être assuré grâce à des fonds provenant de mécènes privés, dont ceux collectés lors du concert de la chorale Chantemaine, et de bailleurs nationaux non institutionnalisés.

Comment envisagez-vous de pérenniser ces actions ?

Notre objectif est d'initier sur place des Haïtiens à ces pratiques de cultures et d'en faire des formateurs, en lien avec le maire de la commune des Abricots qui est agronome. Ce sont eux qui seront chargés de transmettre ce savoir-faire et d'être ainsi les garants de la pérennité de ce projet. Cela devrait aider à la diversification de la consommation alimentaire, à la lutte contre le chômage, permettre à certaines familles d'avoir des activités génératrices de revenus en vendant le surplus de leur production et de fixer les populations.
Ouest-France

mardi 11 mai 2010

En Haïti : « On mange la forêt »

Sur l’île des Caraïbes, la forêt tropicale a été transformée en charbon de bois par l’homme, entraînant la désertification et l’épuisement des sols. Les programmes de reboisement se heurtent à la pauvreté et à la faiblesse de l’État

Entre Haïti et la République dominicaine, pas besoin de postes de douane pour matérialiser la frontière. L’État haïtien commence là où la forêt tropicale s’arrête. Vu d’avion, cela donne des paysages verts d’un côté, et bruns de l’autre. La coupure est nette. Brutale. Elle témoigne de l’action de l’homme sur son environnement et non pas de considérations climatiques ou géologiques. Car les conditions naturelles sont les mêmes des deux côtés de la frontière. « Mon pays se meurt, observe le sociologue et agronome haïtien Jean-Baptiste Chenet. En Haïti, on mange la forêt. » Sur ce petit bout de terre densément peuplé, les Haïtiens coupent les arbres pour se nourrir. Les branches, le tronc, la souche sont transformés en charbon de bois vendu au bord des routes. Le combustible sert à la cuisine de tous les jours, que l’on habite la campagne ou Port-au-Prince. Il est même utilisé par les blanchisseurs. « Le charbon de bois demeure la seule source d’énergie pour les deux tiers des Haïtiens », selon les Nations unies. À force de grignoter la végétation sans planter de nouvelles pousses, il ne reste pourtant plus grand-chose à brûler. La forêt tropicale a d’abord cédé du terrain devant les plantations de canne à sucre développées par les colons, avant d’être ponctionnée de ses essences rares au cours du XIXe siècle pour payer le tribut à la France en échange de l’indépendance. Elle couvrait encore 60% du territoire en 1920, contre moins de 2 % aujourd’hui.

Il n’existe pas de service de protection digne de ce nom

La disparition de la forêt a des conséquences spectaculaires sur l’environnement. Les sols s’érodent. Les terrains en pente s’effondrent. La sécheresse augmente. Entre Port-au-Prince et la ville de Saint-Marc, la route côtière serpente entre des paysages lunaires. Des nuages de poussières soulevés par le vent blanchissent les buissons d’épineux qui résistent à la désertification. Dans les collines pelées de Saint-Marc, les agriculteurs sont passés de deux récoltes par an à une tous les deux ans. Pas le choix : les sols sont épuisés, estime Jean-François Richard, ingénieur de l’AFD chargé de piloter des projets sur l’île depuis 1985. « Les Haïtiens vivent dans l’instant, la misère, la survie, poursuit-il. L’État n’a pas davantage de vision à long terme. » Comment enrayer la prédation ? L’abattage sauvage des arbres est théoriquement passible d’une amende, comme en République dominicaine. La comparaison s’arrête là. Au quotidien, les lois ne sont pas appliquées par des autorités dépassées. « La corruption règne à tous les niveaux, il n’existe pas de service de protection digne de ce nom », témoigne Gilles Mille, spécialiste des questions environnement et société au Cirad, l’organisme de recherche agronomique pour le développement.

Les agriculteurs connaissent l’importance de la couverture végétale

Ce bon connaisseur d’Haïti coordonnait à la fin des années 1980 un projet de protection de la Forêt des Pins, à la frontière de la République dominicaine. Pour s’être opposé à une scierie sauvage aux mains des militaires, il a été gravement blessé d’une balle dans la tête. La Banque mondiale a stoppé ses financements. « Après cela, les bailleurs de fonds ont renoncé aux grands projets, laissant le champ libre aux initiatives à petite échelle des ONG, poursuit Gilles Mille. Mieux vaut travailler directement avec les agriculteurs que verser l’argent aux autorités. » Remettre les paysans au centre des programmes de reboisement : le sociologue haïtien Jean-Baptiste Chenet plaide depuis des années en ce sens, sans avoir le sentiment d’être entendu. Il est responsable d’un syndicat paysan, Iteca, soutenu par le CCFD-Terre solidaire. « Les agriculteurs connaissent l’importance de la couverture végétale, assure-t-il. Le problème, c’est qu’ils sont rarement propriétaires de la terre, qui appartient à quelques grandes familles. Ils n’ont pas intérêt à valoriser leurs exploitations, sinon ils risquent l’expulsion. »

La déforestation a accéléré l’exode rural vers la capitale

Les protecteurs de l’environnement appellent aussi à changer les modes de consommation énergétique, pour réduire la dépendance au charbon de bois. « La République dominicaine a mis en place un système de distribution de réchauds à gaz, fait remarquer Jean-Baptiste Chenet. On peut envisager de construire une usine capable de produire de l’énergie avec les tonnes de déchets qui s’accumulent sur l’île, par exemple. » Le reboisement ou la recherche d’énergies alternatives ne figurent pourtant pas dans le Plan d’action pour le relèvement et le développement national d’Haïti, présenté à la communauté internationale en avril dernier. Dans l’urgence de la reconstruction, les autorités haïtiennes se sont fixé d’autres priorités, axées sur l’éducation, la santé, les infrastructures, l’agriculture… Par ricochet, la déforestation a accéléré l’exode rural vers la capitale, Port-au-Prince, qui regroupait, avant le séisme du 12 janvier, un tiers de la population totale du pays. « Les paysans, chassés par la chute de productivité de leurs terres, viennent grossir les rangs des marginaux dans les grands centres urbains, détaillait en 2006 un rapport du Programme national de réhabilitation de l’environnement. Ils s’installent anarchiquement dans les zones les plus vulnérables… »

De multiples programmes sans résultats probants

La déforestation accentue les effets des caprices météorologiques en Haïti. À la saison des pluies, l’eau ruisselle des montagnes et se transforme en torrents. En 2008, les inondations et les coulées de boue consécutives au passage des tempêtes tropicales Fay, Hanna, Gustav et Ike avaient provoqué la mort de plusieurs centaines de personnes. « Tant que l’on n’aura pas reboisé, la même chose se reproduira », avait déjà déclaré l’ancien premier ministre Gérard Latortue, après le cyclone Jeanne en 2004, responsable de la mort de 3 000 habitants. Reboiser Haïti, beaucoup en parlent. L’an dernier, les autorités de la commune des Gonaïves, dans le nord, ont donné le coup d’envoi d’une opération à grande échelle. Objectif, habiller d’arbres le massif pelé pour lutter contre les inondations. Les travaux doivent s’achever en 2015. Reste que de multiples programmes financés par la communauté internationale ont été lancés en ce sens, par le passé, sans résultats probants. Les arbres étaient coupés avant d’arriver à maturité. Découragés, de nombreux bailleurs de fonds ont jeté l’éponge pour concentrer leurs efforts sur l’agriculture. C’est le cas de l’Agence française de développement (AFD) qui soutient la culture d’arbres fruitiers et l’irrigation des campagnes. « Vouloir construire des îlots forestiers dans un désert de dénuement est aujourd’hui une gageure »,
Olivier Talles La Croix

lundi 10 mai 2010

Manifestation violente contre le pouvoir

La police haïtienne a dispersé ce lundi des manifestants réclamant la démission du président René Préval, qu'ils accusent d'incompétence dans la gestion de l'après-tremblement de terre.

Les forces de l'ordre ont dû faire usage de grenades lacrymogènes pour repousser les contestataires qui s'étaient rassemblés devant le Palais national, certains agressant des passants et tentant de forcer les barrages de sécurité. Le séisme du 12 janvier, qui a fait jusqu'à 300 000 morts, a eu également des conséquences catastrophiques sur l'économie haïtienne. Les destructions sont évaluées à 120 % du PIB de ce pays déjà parmi les plus pauvres de la planète. Lundi, un millier de manifestants sont descendus dans les rues, accusant l'administration Préval de vendre le pays aux puissances étrangères. Le mouvement de contestation était appuyé par une quarantaine de partis politiques et d'associations d'opposition.



En mars, une conférence des pays donateurs a permis de recueillir 10 milliards de dollars de promesses de dons pour participer à la reconstruction d'Haïti. Les projets seront examinés et approuvés par une commission provisoire que co-président le Premier ministre haïtien, Jean-Max Bellerive, et Bill Clinton, l'ancien président américain nommé représentant spécial de l'Onu pour Haïti. La commission est composée à parts égales d'Haïtiens et de représentants de pays étrangers. Certains Haïtiens y voient une violation de la constitution et de la souveraineté de leur pays. "Préval devrait quitter le pouvoir et être arrêté", a dit l'un des manifestants, Maxime Geffrard. "C'est un traître qui veut vendre le pays aux étrangers", ajoute-t-il. L'autre cause de la colère réside dans la résolution votée lundi par le Parlement et qui autorise le président Préval, dont le mandat expire le 7 février 2011, à se maintenir au pouvoir jusqu'au 14 mai 2011 si des élections ne peuvent se tenir à temps.
Henri-Pierre André Le Point

dimanche 9 mai 2010

Le nombre de sans-abri forcés ne cesse d’augmenter

Malgré l’afflux d’aide internationale, le nombre de sans-abri forcés ne cesse d’augmenter en Haïti, comme a pu le constater le journaliste de TVA Nouvelles Félix Séguin.

Quatre mois après le séisme dévastateur, presque rien n’a été reconstruit et rares sont les débris qui ont été ramassés. Entre-temps, les camps de fortune, qui devaient s’avérer temporaires, se sont multipliés comme des champignons, leur nombre s’élevant maintenant à 1300, dont 900 à Port-au-Prince. L’ONU évalue que près de 250 000 Haïtiens résident dans des «campements improvisés». Uniquement devant les ruines du Palais national, près de 50 000 nouveaux sans-abri ont établi leurs tentes. Ces camps sont loin d’être du plus grand confort. Dans la plupart des cas, on n’y trouve ni latrines, ni nourriture. Les gens confient être sans le sou et être incapables de trouver du travail. Certains d’entre eux ne bénéficient même pas de tentes, et s’en sont fabriqués avec ce qui leur est tombé sous la main. En cette période de pluie, où la température descend rarement sous les 35 degrés Celsius, cette situation est difficile pour les réfugiés. 



«Nous demandons au gouvernement de nous donner des tentes, de la nourriture, une école», explique un d’entre eux. Des demandes qui risquent de rester sans réponse tant les autorités sont débordées par les multiples demandes d’aide. Le directeur du Centre d’études et de coopération internationale (CECI) en Haïti, Walker Dauphin, reconnaît que les besoins sont énormes. «Il y a toujours urgence en Haïti, explique-t-il. On espère qu’à la longue le gouvernement, la population et la société civile vont travailler main dans la main pour mettre fin à cet état d’urgence permanent.» Le CECI a reçu 11 millions de dollars de la part des Québécois après le séisme. L’organisme s’attaque présentement à un travail colossal : construire de toutes pièces un village pour accueillir des milliers de sans-abri. 



Le porte-parole de l’organisme, Luck Mervil, se trouve en Haïti depuis peu. Passant ses nuits dans des camps de réfugiés, le chanteur s’applique à développer des liens de confiance avec les sans-abri, de façon à mieux pouvoir les aider. «Ils finissent par me parler, il y a une confiance qui s’établit.» 

S’il reconnaît que ce ne sont pas tous les organismes qui remplissent adéquatement leur mission, Luck Mervil croit tout de même au rôle des ONG en Haïti. «Une chose est sûre, il y a des besoins ici», résume-t-il.

samedi 8 mai 2010

Le nombre de militaires américains en baisse

Alors que 22 000 soldats américains étaient présents en Haïti deux semaines après le séisme du 12 janvier, ils ne sont désormais plus que 1 300 aujourd'hui.

Les milliers de soldats de l'opération "réponse unifiée" ont contribué à maintenir la paix, à distribuer des aliments et à donner une sensation de sécurité aux rescapés du séisme qui a causé la mort de 220 000 personnes. Les ingénieurs de l'armée nord-américaine resteront cependant en Haïti pour prêter main forte aux 1 300 000 réfugiés qui risquent de souffrir des inondations.

vendredi 7 mai 2010

Aucun désir de garder le pouvoir

Le président René Préval a fait savoir hier, le 6 mai, qu’il ne souhaite pas garder le pouvoir, mais seulement s’assurer d’une transmission régulière des responsabilités d’État, alors que des incertitudes pèsent sur la tenue des élections présidentielles à la fin de l’année.

« Je ne vais pas proroger mon mandat », déclare René Préval lors d’une conférence de presse dans les jardins du palais présidentiel en ruines, au lendemain du dépôt au parlement d’un projet de loi prévoyant qu’il reste au pouvoir au-delà du 7 février au cas où les élections n’ont pas lieu. Préval, qui a prêté serment le 14 mai 2006, martèle que le mandat présidentiel dure 5 ans, selon la constitution. Celle-ci prévoit également que l’entrée en fonction du nouveau président a lieu le 7 février. « Le tremblement de terre a changé les données », soutient Préval, et on ne pouvait ni prévoir le cataclysme, ni prédire que les élections législatives programmées pour février dernier ne se tiendraient pas. « Je prendrai toutes les dispositions pour la réalisation des élections » à la fin de l’année, promet le chef de l’État. « Si les compétitions se déroulent et un président est proclamé avant ou après le 7 février (…) je m’en vais », lance-t-il. Mais, « je ne peux pas partir et laisser un processus en cours sans le terminer », prévient-il, et selon lui, ce serait « irresponsable » de sa part.

Préval écarte cependant toute possibilité de continuer à remplir ses fonctions après le 14 mai, « puisque la constitution dit que le mandat (présidentiel) est de 5 ans ». La constitution établit le 7 février comme date de début et de fin de mandat des présidents. En raison de la crise de 2004, suite à la chute de l’ex-président Jean Bertrand Aristide le 29 février, un gouvernement provisoire est resté au pouvoir jusqu’à mai 2006, lorsque Préval est entré en fonction pour un second mandat. La même disposition de prolongation de mandat a été prise en faveur des députés qui conservent leurs sièges jusqu’au deuxième lundi de mai, tandis que, selon la constitution, leur mandat de 4 ans devait prendre fin le deuxième lundi de janvier. A plusieurs reprises, Préval a fait savoir qu’il allait coute que coute laissé le pouvoir le 7 février prochain, ce pourquoi les élections de la fin de l’année lui paraissaient indispensables. Des secteurs d’opposition condamnent les démarches de l’exécutif et soupçonnent le président de vouloir renforcer son « pouvoir personnel ». « Préval démontre qu’il a un agenda personnel qui n’a rien voir avec l’intérêt du pays », déplore Evans Paul de la plate-forme Alternative pour la Démocratie et le Progrès. Il appelle les citoyens à « combattre le système de dictature » que Préval tenterait d’instaurer dans le pays.

jeudi 6 mai 2010

Nouvel engagement du Canada pour Haïti

Le ministre canadien des Affaires étrangères, Lawrence Cannon, se rend aujourd'hui dans l'île d'Hispaniola, où il annoncera de nouveaux engagements du Canada envers Haïti.

Près de quatre mois après le séisme qui a dévasté la capitale, Port-au-Prince, le ministre Cannon annoncera que le Canada contribuera à la réforme du système de justice et du système carcéral. L'établissement d'institutions démocratiques est l'une des priorités désignées lors de la conférence internationale des donateurs pour un nouvel avenir en Haïti qui s'est déroulée à New York au mois de mars.

Les investissements proviendront en partie de l'enveloppe de 555 millions de dollars déjà prévue par le gouvernement canadien pour l'aide à Haïti de 2006 à 2011. Mais le ministre annoncera aussi de l'argent frais, explique-t-on à son bureau. «On ne peut pas attendre qu'Haïti soit rebâti pour avoir certaines infrastructures», a souligné la directrice des communications du ministre Cannon, Catherine Loubier. Le gouvernement canadien contribuera au financement de l'équipement, de la formation et des infrastructures, certaines temporaires, pour la transition, et d'autres pour le long terme. Même avant le tremblement de terre du 12 janvier, Haïti se trouvait au deuxième rang des bénéficiaires de l'aide internationale canadienne, après l'Afghanistan. À la conférence de New York, le gouvernement canadien avait annoncé une contribution de 400 millions au soutien des activités humanitaires et de reconstruction. Cette somme s'ajoutait à celles consenties dans les premiers jours qui avaient suivi le désastre et aux 220 millions promis pour égaler les dons des particuliers au fonds d'aide aux victimes du séisme.

Première visite

Le ministre Cannon, dont ce sera la première visite en Haïti, rencontrera le président René Préval, le premier ministre Jean-Max Bellerive, des représentants de l'ONU à Port-au-Prince et des représentants d'organismes canadiens à l'oeuvre sur le terrain. Il se rendra dans les villes de Jacmel et Léogâne, lourdement touchées par le séisme, où l'armée canadienne avait fourni une aide d'urgence dans les premières semaines après la catastrophe. Il fera aussi une annonce vendredi, à Croix-des-Bouquets. Lawrence Cannon a présidé la conférence ministérielle préparatoire sur Haïti, à Montréal, le 25 janvier 2010, et participé à la conférence de New York. Sa visite de trois jours suit celle de plusieurs hauts responsables canadiens. Le premier ministre Stephen Harper s'y était rendu en février, un mois après le tremblement de terre, pour constater le travail des quelque 2 000 militaires canadiens dépêchés sur place. La ministre de la Coopération internationale, Bev Oda, y est allée à quelques reprises, de même que le ministre de la Défense nationale, Peter MacKay, et la gouverneure générale, Michaëlle Jean, elle-même née en Haïti.

mercredi 5 mai 2010

René Préval pense allonger son mandat

Le président haïtien René Préval a déclaré mercredi qu'il envisageait de rester au pouvoir jusqu'à trois mois après l'échéance de son mandat, si des élections ne peuvent pas être organisées comme prévu.

Cette prolongation est nécessaire, selon son conseiller, pour éviter le chaos au cas où le scrutin serait reporté dans un pays ravagé par un séisme meurtrier en janvier dernier. Cette annonce a déclenché de vives critiques chez les députés de l'opposition, qui la jugent inconstitutionnelle et comparé Préval aux dictateurs du passé. Le mandat de cinq ans devrait prendre fin le 7 février dernier, mais des responsables électoraux ont des difficultés à organiser le scrutin alors que leurs bureaux et dossiers ont été détruits et près de 1,6 million d'électeurs déplacés ou décédés.
Dans un décret daté de mardi, le président âgé de 67 ans explique que si l'élection n'est pas organisé avant le 28 novembre, il pourrait rester au pouvoir trois mois supplémentaires, jusqu'au 14 mai 2011. "Si le président Préval quittait ses fonctions le 7 février, alors qu'un nouveau président n'a pas été élu, nous nous retrouverions dans une situation impossible", a jugé le secrétaire général de la présidence Fritz Longchamp. Le Premier ministre Jean-Max Bellerive et le gouvernement qui ont signé ce décret "veulent s'assurer que le pays ne va pas basculer dans le chaos".

mardi 4 mai 2010

Ils dorment dans la boue


Miratson, 13 ans, vit aujourd’hui au sein du camp temporaire Sainte-Thérèse, dans le quartier de Pétionville. Perché sur le tas de débris qui était sa maison familiale avant le séisme, le garçon raconte la catastrophe. « Je revenais de l'école et ma famille préparait le repas, explique-t-il. Lorsque le tremblement de terre a commencé, mon frère est passé sous un mur, le mur s'est écroulé sur sa tête et il est mort. Moi, je me suis précipité de l'autre côté de la maison. C'est comme ça que j'ai survécu. »

Miratson montre du doigt l'endroit où son frère a perdu la vie. Éparpillés parmi les décombres, des vêtements, des jouets cassés qui lui appartenaient.

Le meilleur ami de Miratson s’appelle Ricardo, il a 12 ans. Leurs histoires se ressemblent. « Le jour du tremblement de terre, j'étais en dehors de la maison et ma mère était sous le porche extérieur, alors nous n'avons pas été blessés, se souvient-il. Mais mon frère de sept ans était à l'école et il a été tué. »


« Je suis malheureux… »

Dans le camp temporaire, Miratson partage une petite tente avec cinq autres membres de sa famille. Il n'y a qu'un lit étroit, installé tant bien que mal à même le sol. « Je suis malheureux parfois parce que nous sommes dans ce camp. Lorsqu'il pleut pendant la nuit, il faut monter sur quelque chose pour rester au sec. Le sol devient de la boue. » La nourriture et le matériel de survie commencent à manquer. Ricardo s'habitue à ne faire qu'un repas par jour. « Parfois, il n'y a rien à manger. Ma mère a encore son travail, mais son salaire a été coupé en deux. »

Devenir Président

Les deux amis gardent bon espoir pour l'avenir, malgré leur situation difficile. Ricardo parle de devenir Président un jour, et Miratson aimerait bien être médecin. Mais dans le camp improvisé, le quotidien continue de prendre le pas sur tout projet d'avenir. « Tout ce que je veux, c'est une maison où dormir, de quoi manger, de l'eau à boire, une place à l'école et une cour pour jouer, explique Miratson. Voilà ce qu'il me faudrait pour être à nouveau heureux. »

lundi 3 mai 2010

Les jours d'après

Nous étions tous rivés sur nos écrans lorsque cette tragédie est intervenue, le "12.01", "The Big One" Haîtien ! Ce tremblement du siècle a touché une population déjà considérée comme l'une des plus démunies de la planète. l'avant ressemble à un paradi à coté de sa situation d'aujourd'hui. C'est accueillis chez ACTED à Port aux Prince que nous vous adressons ces quelques notes.

L'arrivée sur Port au Prince ne trompe pas, les colines alentours, déboisées nous renvoient avant toute question de soucousse au désatre écologique capialisé par ce pays depuis des années. la différence cette fois c'est que l'approhe par les airs révèle à présent une mutlitude de petites tâches bleus ou grises qui pullulent sur tout le territoire visible : les camps. Au sol, le désatre inqualifiable ; une maison sur deux n'est plus viable, les autres ne valent guère mieux. On vit dehors par peur de repliques ou par insalubrité de l'habitat. 
Les maisons ont été marquées d'un label de salubrité : rouge à démolir, jaune à réparer, vert viable, sans doute un tiers de chaque sur PAP, le sobriquet de Port au Prince, 80 % de rouge sur Léogane, l'épicentre su séisme. 


Entre 2 500 000 et 3 000 000 de personnes habitent Port au Prince et l'on estime à 1 600 000 personnes qui n'ont plus accès à leur logis, vivant en camps ou parties vivre plus loin, chez des proches ou des partents. Le nombre de morts n'a cessé de monter depuis ce jour tragique. les chiffres de 250 à 300 000 morts circulent partout. En ce jour de Coupe de France, l'équivalent de trois Stade de France bien remplis. Mais les chiffres et les images ont-ils encore du sens...



Ici, ce qui impressionne au delà des innombrables immeubles ecrasés, ce sont les pierres et les gravas, PAP comme les autres villes touchées est constellée de tas de pierre et de monticules de gravas. Il y en a partout, poussière, beton et ferraille font office de trottoirs et les premières pluies ont transformé les rues en torrents de boues..la circulation de la region bat au rythme des gravas, les eviter sans cesse, les contourner ou les froller, ils sont partout. 
Le cimetière à ciel ouvert n'est pas encore refermé. Les cimetières d'ailleurs se sont effondrés eux aussi. Les batis écroulés font progressivement l'objet de déblayages, il en est tant que la mission parait impossible et les emplacements nettoyés si dérisoires. 


Les quelques maisons en cours de deblayement dévoilent parfois encore les macabres restes de leur occupants de l'époque, surpris comme tant d'autres et comme au jour du Tsunami par un événement qu'ils n'imaginaient pas possible chez eux, beaucoup ne sont pas sortis ne sachant ce dont ils s'agissait.



Traumatisme psychologique ou réelle impossibilité, la grande majorité de la population de PAP s'est relogée sous tentes et sous bâches, il en est partout, devant les bâtisses lézardées, sur les places de marché, sur la place du palais présidentiel aplati ou sur les stades de foot, le moindre espace disponible, le moindre recoin en est occupé. 
Oserait-on dire que les populations des campagnes sont privilégiées, sans doute, leurs camps sont plus aérés, accessibles et moins sales... Les habitants des bidonvilles ont eux aussi - et pour une fois - moins soufferts, on ne meurt pas d'une tôle ondulée reçue sur le tête. On découvre aussi les camps fantômes, par effet d'opportunité certains habitants ont crée de faux camps de tentes ou plusieurs tentes dans leur camp pour profiter des distributions opérés par les ONG à chacunes des tentes, le drame est tel, comment les en blamer ? 


Sur le terrain les ONG sont là, indispensables, près de 1 000 semble t-il venues du monde entier, leur staffs épuisés sillonnent villes et campagnes, gérent les camps, l'assitance médicale, le "cash for work", les distributions... La solidarité internationnale est à la fois si impressionnante et si dérisoire au regard des besoins. La vie reprend difficilement son rythme à PAP, et le deuil n'est pas encore fait de cette catasptrophe. Partout, dans les rues, sur les voitures des fresques et des slogans historiques à la gloire de Dieu et de Jesus, depuis peu des tags d'appel à l'aide sur les murs...