contact@timounhaiti.org

Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

mardi 27 avril 2010

Des lycéens contre des sans-abri

Des centaines de lycéens ont manifesté ce jour pour la deuxième journée consécutive en Haïti pour réclamer le départ des sans-abri qui occupent leurs établissements depuis le séisme du 12 janvier.

De nombreux lycéens en uniforme ont manifesté à Port-au-Prince devant le ministère de l'Education et lancé des pierres contre le bâtiment détruit lors du séisme qui a fait 1,3 million de sans-abri. "Nous exigeons la reprise des cours", scandaient les manifestants Lundi, la police a fait usage de gaz lacrymogènes et de tirs d'intimidation pour disperser une manifestation de lycéens, faisant des blessés légers. Mardi, le ministre de l'Education Joël Desrosiers Jean-Pierre a appelé les étudiants au calme. "Nous sommes en train de travailler pour trouver des alternatives au problème des lycées qui servent d'abri pour les sinistrés, nous prions les écoliers d'éviter les violences", a-t-il déclaré.

Plus de trois mois après le séisme qui a ravagé Haïti, de nombreux établissements scolaires détruits ou endommagés servent encore d'abri à des dizaines de milliers de réfugiés qui ont monté des milliers de tentes. Les activités scolaires ont repris progressivement depuis début avril avec l'aide d'organisations internationales qui ont permis la construction de bâtiments scolaires en bois recouverts de tôle pour accueillir les écoliers. L'année scolaire pourrait être prolongée jusqu'en août pour rattraper les cours perdus, a indiqué un responsable éducatif.

Le tremblement de terre, qui a fait plus de 250 000 morts dans le pays, a tué environ 38 000 écoliers et étudiants, ainsi que quelque 1 300 enseignants et personnels éducatifs. Quatre mille écoles ont été détruites.

dimanche 25 avril 2010

La Banque mondiale nomme un représentant spécial pour Haïti

Le portuguais Alexandre Abrantes est chargé du dossier de la reconstruction post-séisme qui a entraîné la création d’un fonds spécial dont la gestion sera assurée par la Banque mondiale.

La Banque mondiale a annoncé samedi avoir fait choix du portuguais Alexandre Abrantes comme envoyé spécial pour Haïti, un poste tout à fait nouveau créé en prévision de la mise en place de la Commission mixte intérimaire chargée de la reconstruction du pays profondément touché par le séisme du 12 janvier. Dans un communiqué rendu public à Washington, la représentante de l’institution multilatérale dans la Caraïbe, Yvonne Tsikata, précise que M. Abrantes a été désigné le 15 avril et s’apprête à occuper ses nouvelles fonctions. Elle en a profité pour indiquer que le Fonds de reconstruction d’Haïti a déjà reçu le soutien d’une dizaine de pays, l’Espagne, le Brésil, le Canada, l’Estonie, la Norvège, l’Australie, l’Arabie Saoudite, la Suède et les Etats-Unis. La Banque mondiale, qui s’est vu confier le rôle "d’agent fiscal" au sein de la CIRH dans le plan de pilotage du processus de reconstruction, s’occupera de la gestion des dons accordés à Haïti à travers ce fonds. L’initiative vise à accompagner les différentes étapes de la reconstrucction, favoriser le remplacement des infrastructures détruites et le rétablissement des opérations financières importantes dans les institutions publiques. L’Exécutif haïtien vient de promulguer la nouvelle loi instaurant l’état d’urgence pour une période de 18 mois et consacrant la création de la CIRH, un peu plus d’une semaine après le vote du Parlement qui a suscité de vives critiques dans la classe politique et la société civile. Plusieurs villes de province ont été ces derniers jours le théâtre de manifestations à participation populaire très limitée contre la toute-puissance contestée de la CIRH et l’orientation "anti-nationale" de la politique du Président René Préval.

samedi 24 avril 2010

Nouvelle mission humanitaire US

L'armée américaine va envoyer une nouvelle opération d'aide humanitaire en Haïti, concentrée sur les besoins en médicaments de la population, a annoncé le Commandement Sud américain (Southcom) dont le siège se trouve à Miami (Floride, est). Pendant quatre mois, de juin à septembre, l'opération "Nouveaux horizons" va chercher à se rendre dans des villes éloignées de la capitale haïtienne, comme les Gonaïves, pour soigner quelque 700 personnes par jour et mener des projets de reconstruction d'écoles.

vendredi 23 avril 2010

Un nouveau bilan du séisme du 12 janvier approche les 300 000 morts

Le violent séisme du 12 janvier en Haïti a fait entre "250 000 et 300 000 morts", a indiqué le chef de la mission des Nations unies dans le pays (Minustah), Edmond Mulet, lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince.

La protection civile haïtienne évoquait jusqu'à présent le chiffre de plus de 220 000 morts. La journée d'"hier a marqué le centième jour après le séisme dévastateur qui a fait entre 250 000 et 300 000 morts, plus de 300.000 blessés et plus de un million de sans-abri", a déclaré M. Mulet, représentant spécial de l'ONU en Haïti, lors d'une conférence de presse consacrée aux 100 jours du séisme. Evoquant le processus de reconstruction du pays, il a estimé qu'"Haïti se trouve sur la bonne voie" mais qu'il fallait "faire preuve d'un optimisme prudent". Il a ainsi appelé à ne pas "sous-estimer l'ampleur de la tâche et des défis auxquels est confronté Haïti", soulignant que "la reconstruction doit être dirigée par les Haïtiens".

Hausse des cas de typhoïdes dans les camps de Cité Soleil

Les camps de sinistrés installés dans l'immense bidonville de Cité Soleil connaissent une hausse de fièvres typhoïdes depuis deux semaines et le début de la saison des pluies, ont indiqué jeudi à l'AFP des personnels de MSF travaillant dans ce quartier de Port-au-Prince.

"On assiste à de plus en plus de cas de diarrhées et de fièvres typhoïdes depuis deux semaines, on est en train de faire des surveillances épidémiologiques très strictes", a déclaré Ilaria Piorta, coordonnatrice médicale de l'Hôpital Sainte-Catherine Laboure, un établissement de 100 lits cogéré par Médecins sans frontières (MSF) et les autorités haïtiennes. "On a vu une augmentation depuis les deux dernières semaines, il n'y a pas un quartier spécifique, c'est un petit peu éparpillé partout à Cité Soleil", poursuit cette Italienne travaillant pour MSF-Belgique, notant que pour le moment aucun décès lié à la typhoïde n'était à déplorer. "Avec la pluie qui a démarré, les conditions de vie (dans les camps et le bidonville) sont difficiles", abonde Karel Janssens, responsable de l'établissement, notant beaucoup de cas de "fièvres typhoïdes, diarrhées, paludisme et infections respiratoires". Et comme ce bastion des gangs, qui s'y sont violemment affrontés entre 2004 et 2007, se trouve au bord du littoral et parfois sous le niveau de la mer, car une partie du terrain s'est affaissé lors du séisme du 12 janvier, les inondations menacent. "On a toujours eu ici des inondations. On est à 100 mètres de la mer et la nappe phréatique monte très vite avec la pluie, alors on a des travaux à faire car la moitié de l'hôpital est inondée une heure après la pluie", indique M. Janssens.

jeudi 22 avril 2010

Gel de l'évacuation des camps

Le gouvernement haïtien a décidé hier un moratoire de trois semaines des évacuations forcées des camps de sinistrés du séisme établis sur des terrains privés, écoles ou autres, en raison des "tensions" que cela engendre, a indiqué un responsable de l'ONU dans le pays.

Depuis près de deux semaines, les autorités ou des propriétaires avaient intimé à des milliers de personnes de quitter les terrains où elles avaient trouvé refuge après le séisme du 12 janvier. Quelque 7 300 personnes qui s'étaient installées dans le stade de Port-au-Prince avaient notamment été évacuées il y a dix jours et la semaine dernière les 10 000 Haïtiens vivant dans une école de la capitale avaient reçu l'ordre de quitter les lieux rapidement. "On en a discuté avec le gouvernement ce matin et un moratoire de trois semaines" a été décidé "car il y a beaucoup de tensions", a déclaré le chef de la Mission de l'ONU en Haïti (Minustah), Edmond Mulet, lors d'une conférence de presse consacrée aux 100 jours après le séisme. "Il y a les élèves qui veulent rentrer dans leurs écoles pour continuer leurs études, il y a les déplacés qui sont installés dans les écoles. Alors au lieu d'avoir des affrontements, un moratoire a été établi", a-t-il ajouté, précisant que des "groupes de travail" seraient créés pour trouver des solutions. Le représentant spécial de l'ONU en Haïti a souligné la nécessité d'"aider les personnes qui sont dans les écoles" car "il y a une raison pour laquelle elles ont cherché une solution pour se sauver et sauver leurs familles". L'ONU a déjà ouvert deux camps en périphérie de Port-au-Prince afin d'accueillir les 10 000 déplacés en grand danger avec la saison des pluies et celle des cyclones et elle "est en train d'accélérer la préparation d'autres terrains", a poursuivi M. Mulet.
Le séisme a fait entre 250 000 et 300 000 morts et plus d'un million de déplacés, selon un nouveau bilan donné par M. Mulet.

mercredi 21 avril 2010

Haiti-Reconstruction : Empathie versus sympathie !

La Banque Interaméricaine de développement vient d’annoncer l’ouverture d’un compte spécial pour Haïti qui sera alimenté par des pays de l’UNASUR. L’Union économique Sud-Américaine, l’équivalent pour la région, de l’Union Européenne tient à donner l’exemple du suivi dans ses engagements. L’UE confirme aussi une aide de 1.5 milliard de dollars à notre pays.

Pendant ce temps à Washington, le Congrès des Etats-Unis vote à l’unanimité l’allègement de la dette extérieure d’Haïti. Certains observateurs croient que pour une fois, certaines promesses faites pourraient être suivies d’effet…compte tenu de l’impact de la tragédie haïtienne sur les opinions publiques du monde et d’une mobilisation certaine de la « société civile internationale ». Il n’y a qu’à voir le ballet des femmes et hommes d’Etat qui visitent la capitale haïtienne dévastée. Le pays haïtien meurtri devient un lieu de pèlerinage pour des politiques à la recherche d’une nouvelle humanité capable de redonner un certain idéal humaniste à une politique internationale qui se perd trop souvent dans le fleuve boueux des intérêts parfois sordides. Il y a aussi, la quête de visibilité qui est la chose du monde la mieux partagée par les politiques de tous bords. Toute chose qui contribue à maintenir le dossier haïtien à flot et qui provoque ici et là quelques remous sur les échecs d’une certaine forme de coopération. Sous les lambris du building des Nations-Unis à Manhattan et sous les tentes ou fonctionnent à Port-au-Prince moult experts onusiens souffle le vent de la réforme tant souhaité dans les rapports entre bailleurs et récipiendaires. 


Un article paru dans le tabloïd américain Huttington News, le 16 avril dernier, s’est fait copieusement l’écho de ces préoccupations, au moment ou une certaine aide qui se veut massive se met en place en faveur d’Haïti. L’article au titre provocateur « les Haïtiens ne méritent pas notre sympathie » est une sorte de plaidoirie pour son auteur Michael Fairbanks, expert coutumier des choses haïtiennes, en faveur d’une approche plus constructive de l’aide. Les « Haïtiens ne méritent pas notre sympathie » a eu l’effet d’une petite « bombe syntaxique » balisant le champ miné d’une certaine coopération laxiste et bureaucratique. Citant des économistes qui abondent dans le même sens, Fairbanks développe son argumentation en établissant une vérité déjà énoncée ici et ailleurs que l’aide ne fait pas sortir de la pauvreté. Il a aussi souligné à l’encre forte, le caractère léonin des procédures de décaissement et la routine séculaire des « fonctionnaires » du « développement » qui ne font que maintenir sous perfusion certains Etats noyés dans la dépendance. Cette « bouche à bouche » artificielle n’a jamais réanimé aucune société malade du sous-développement. Le sous-développement est un genre de pathologie qui provoque une sorte d’accoutumance vis-à-vis de l’aide et installe la dépendance. Selon le vieil adage chinois du poisson que l’on pêche soi-même au lieu d’en recevoir en cadeau ; Michael Fairbanks préfère à l’idée quelque peu caritative de « sympathie » celle « d’empathie ». Une empathie qui verrait l’aide encourager les initiatives économiques haïtiennes…libérer un entreprenariat qui languit dans les chaines du « mal-développement » et du tarissement du crédit. Le développement d’un secteur des affaires élargi et résolument moderne qui tirerait de la débrouille la « ruche » bourdonnante et active du secteur informel est aussi l’idée défendue à New York par le président des chambres de commerce d’Haïti, le Dr Réginald Boulos, largement cité dans cet article de Fairbanks. Réginald Boulos contemple désormais l’horizon d’une nouvelle classe des affaires enrichi d’éléments de la classe moyenne. 


Il reste pour que tout cela soit viable, « sustainable », pour utiliser le langage à la mode des experts : la participation citoyenne, le renforcement du rôle des femmes, une éducation de qualité constituve de nouvelles élites compétentes et responsables sont des priorités que l’aide annoncée et tant médiatisée pourrait contribuer à mettre en place. Le ministre des finances Ronald Baudin a annoncé la restructuration du micro-crédit destiné à « favoriser la production et la création d’emplois sur le long terme ». Ce qui a fait dire à l’ambassadeur de France « Beaucoup de jeunes qui sortent des écoles secondaires et professionnelles voulant ouvrir leurs propres entreprises ne disposent pas de crédit. Une telle structure doit favoriser cette catégorie de la société ». Le secteur privé, L’Etat et l’International semblent se faire ainsi écho sur une question cruciale pour l’avenir d’Haïti. Il me semble que c’est agréablement nouveau ! Pourvu que les bonnes volontés ne se perdent pas dans les labyrinthes de la politicaillerie et les détestations stériles qui ruinent les meilleures volontés.

Par Roody Edmé, éducateur, éditorialiste - Exclusif pour AlterPresse

mardi 20 avril 2010

Les troupes américaines quitteront Haïti le 1er juin

Les États-Unis s'apprêtent à clore le 1er juin la mission des soldats américains venus participer aux opérations humanitaires en Haïti après le séisme meurtrier du 12 janvier, a indiqué un haut-gradé américain lors d'une conférence de presse lundi.

Selon le général Ken Keen, quelque 2 200 soldats américains sont toujours sur place, contre 22 000 en février, au plus fort des opérations internationales d'aide humanitaire déclenchées dans le pays caribéen après le tremblement de terre qui a fait plus de 220 000 morts et 1,3 million de sans-abri. «Nous devrions conclure les opérations de la Joint Task Force aux alentours du 1er juin», a affirmé le vice-commandant américain chargé des opérations militaires dans la zone (Southcom). 


Seuls quelque 500 gardes nationaux et réservistes américains seront sur le sol haïtien après cette date, dans le cadre d'une opération d'assistance humanitaire.

lundi 19 avril 2010

L’île s’agite sans cesse

Des mouvements sismiques sont enregistrés des deux cotés de l’ile d’Haïti, occupée par la République Dominicaine et celle d’Haïti, suivant les dernières informations disponibles.

Un tremblement de terre de magnitude 5.2 a secoué dans l’après-midi du 18 avril la région Est de Santo Domingo, la capitale, et Santiago, deuxième ville au Nord de la République Dominicaine, indique l’Institut de Sismologie de l’Université Autonome de Santo Domingo. Aucun dégât n’a été rapporté, selon l’agence dominicaine Espacinsular, partenaire d’AlterPresse. L’épicentre du phénomène s’est situé dans le Canal de la Mona à quelque 48 km au Sud-ouest de la Province d’Altagracia, à l’Est de la République Dominicaine. Parallèlement, en Haïti, les répliques se poursuivent après le séisme dévastateur du 12 janvier, qui a fait 300 000 morts, selon le président René Préval. 23 répliques ont été enregistrées entre le 13 et le 16 avril sur la faille Sud, informe un bulletin de l’Observatoire National de l’Environnement et de la Vulnérabilité (ONEV, Ministère de l’environnement) cité par la station privée Radio Kiskeya. La section de Léogane de la faille Sud continue toujours à libérer de l’énergie, selon l’ONEV, qui invite les populations des régions avoisinantes à ne pas réoccuper les immeubles sévèrement endommagés.

dimanche 18 avril 2010

L'UNESCO participe à la définition d'un programme scolaire d'urgence

Alors que la rentrée des classes a débuté dans certaines zones en Haïti, l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) apporte son soutien à la mise en place d'un programme scolaire spécial défini par les autorités haïtiennes qui inclut une aide psychosociale aux enfants et aux enseignants traumatisés par le séisme meurtrier du 12 janvier.

« Il s'agit de mettre d'avantage l'accent sur des objectifs essentiels », explique le directeur de l'enseignement secondaire au ministère haïtien de l'éducation, Jackson Pleteau. « Pour cela, nous avons défini un socle de connaissances que les enfants doivent maîtriser pour passer d'une classe à l'autre. Nous envisageons aussi d'introduire certaines parties de l'enseignement l'année prochaine en classe supérieure ». Ce programme concernera 600 000 élèves des niveaux primaire et secondaire. L'instruction reprendra par étapes en commençant par des activités « psychosociales », telles que le chant, la danse et l'expression créative pour aider les enfants à faire face à la tension extrême qu'ils ont subie à la suite du tremblement de terre. Ils recevront un enseignement sur le phénomène des séismes, avant de reprendre l'apprentissage classique. Le ministère prévoit un programme condensé en 18 semaines afin de valider l'année scolaire qui s'achèvera en août. Ce programme adapté sera mis en ligne par l'UNESCO afin qu'il soit disponible pour tous les enseignants en Haïti. Cette rentrée ne concerne cependant qu'un nombre limité d'établissements et seulement un petit nombre d'enfants ont effectivement repris le chemin de l'école.

La plupart des établissements qui se sont effondrés nécessitent encore d'importants travaux de déblaiement et l'installation de tentes avant de pouvoir accueillir leurs élèves en toute sécurité. « Nous comptons reprendre les activités de l'école au cours du mois d'avril parce que le déblaiement va commencer dans deux jours », explique Astrid Rouchon, directrice de l'école Thérèse-Rouchon qui a été complètement détruite. « Il va être effectué par le ministère de l'Education nationale qui va aussi nous fournir du matériel et installer des tentes ». D'autres écoles ont déjà bénéficiés d'un déblaiement rapide et pourront rapidement reprendre l'enseignement. C'est le cas de l'institution Sainte-Marie-des-Anges. Afin de pouvoir accueillir ses élèves le premier jour de la rentrée, le directeur, le pasteur Franck Petit, a fait bâtir un grand hangar sous lequel ont été installées les classes.

La rentrée ne s'est pas faite sans difficultés, reconnaît pourtant le directeur : « Les enfants ont eu des réactions différentes, certains étaient en pleurs et ne voulaient pas entrer car ils avaient peur de mourir sous le béton. Il a fallu leur expliquer patiemment que nous avions des classes en bois ». « Pendant que nous faisions la montée du drapeau ce matin, plusieurs pleuraient, peut-être la mort d'un parent, d'une mère, d'une sœur, nous ne savons pas. C'est très dur, à la fois pour les élèves et pour les professeurs », a dit le directeur de l'école.

samedi 17 avril 2010

Création d'une commission pour superviser la reconstruction

Le parlement haïtien a approuvé la création d'une commission co-présidée par l'ancien président américain Bill Clinton qui sera chargée de superviser les milliards d'aide à la reconstruction du pays après le séisme du 12 janvier, a annoncé vendredi le ministère haïtien de la Communication.

Le vote était très attendu par les donateurs internationaux qui souhaitent qu'une stricte supervision s'exerce sur les 5.3 milliards de dollars (environ 4 milliards d'euros) promis pour 2010-2011 lors de la conférence des Nations unies du 31 mars. Treize sénateurs haïtiens ont approuvé jeudi un paquet de mesures législatives sur la reconstruction, a précisé la ministre de la Communication Marie-Laurence Jocelyn Lassègue. Un sénateur a voté contre, deux se sont abstenus et onze autres étaient absents. Ce paquet de mesures avait été précédemment approuvé par la chambre basse du Parlement et devrait entrer en vigueur après approbation du président René Préval. Le vote étend l'Etat d'urgence décrété après le séisme en Haïti de 18 mois supplémentaires. L'aide accordée pendant cette période sera supervisée par la Commission intérimaire de reconstruction d'Haïti co-présidée par Bill Clinton, émissaire spécial des Nations unies en Haïti, et par le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive. Le président haïtien dispose du droit de veto sur les décisions de la commission. La commission sera également composée de parlementaires haïtiens, de représentants des syndicats et du patronat, ainsi que de délégués des Etats-Unis, du Canada, du Brésil, de France, du Venezuela, de l'Union européenne, de la Banque de développement interaméricaine, de la Banque mondiale, des Nations unies et de la Communauté des Caraïbes. Dans un récent rapport, le département d'Etat américain a affirmé que la corruption et la mauvaise gestion étaient "sévères (...) dans toutes les branches du gouvernement" haïtien. Un sondage réalisé cette semaine auprès de plus de 1 700 Haïtiens par l'organisation humanitaire internationale Oxfam a montré que moins de 7 % des personnes interrogées souhaitaient que leur gouvernement gère seul la reconstruction, tandis que 25 % ont estimé qu'il pourrait le faire en partenariat avec les autorités locales et les organisations communautaires. Près de 40 % des personnes interrogées ont dit souhaiter que le contrôle revienne à un gouvernement étranger. La législature de l'actuel Parlement haïtien arrive à son terme le mois prochain. Les élections législatives, initialement prévues en février, ont été annulées du fait du séisme

vendredi 16 avril 2010

L'état d'urgence est prolongé de 18 mois

Le Sénat haïtien a adopté la loi prorogeant de 18 mois l'état d'urgence décrété après le séisme et créant la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH), prévue par la conférence des donateurs de New York, a-t-on appris vendredi.

Après la Chambre des députés la semaine dernière, le Sénat a approuvé le texte dans la nuit de jeudi à vendredi par 13 voix pour, une contre et une abstention, a indiqué à l'AFP le sénateur Michel Clérier. "Cette loi confirme la création de la CIRH ainsi que la prolongation de l'état d'urgence demandée par le président de la République", René Préval, s'est-il félicité, en précisant que le texte avait d'ores et déjà été transmis au chef de l'Etat pour promulgation. Tel que prévu lors de la conférence internationale tenue à New York fin mars, la CIRH va piloter la reconstruction du pays en partie dévasté par le séisme du 12 janvier. Créée pour une durée de 18 mois renouvelables, la Commission sera co-présidée par l'ex-président américain Bill Clinton et le Premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive. A la fin de son mandat, la CIRH transmettra ses responsabilités à une nouvelle Régie pour le développement d'Haïti (RDH). "Par ce vote, le pays a gagné mais aussi la communauté internationale", s'est félicité le sénateur Hector Amacacis.

A New York, 138 Etats et plusieurs organisations internationales s'étaient engagés à verser à Haïti 5,3 milliards de dollars sur les deux prochaines années, et 9,9 milliards au total pour les trois prochaines années et au-delà. "Maintenant, la communauté internationale doit honorer ses promesses faites à la conférence de New York", a estimé M. Amacacis. La loi augmente les prérogatives de la présidence haïtienne, notamment en matières budgétaire et foncière, l'autorisant à réquisitionner des terrains privés pour y établir des camps, mais aussi à en décider l'évacuation. Plusieurs voix hostiles au texte se sont élevées dans la société haïtienne, certains accusant le président René Préval de "profiter" de la catastrophe pour s'arroger plus de pouvoir, d'autres estimant qu'il met en danger la souveraineté de l'Etat le plus pauvre des Amériques. Et face au risque de voir le Sénat rejetter le projet de loi, une réunion a été convoquée avant le vote dans une ambassade occidentale "pour pousser les parlementaires à voter la loi", a affirmé le sénateur Amacacis. "Les étrangers ont mis tout leur poids dans la balance pour faire adopter la loi", a-t-il déclaré. Le séisme de magnitude 7, qui a ravagé Port-au-Prince le 12 janvier, a fait des dégâts estimés à près de huit milliards de dollars, l'équivalent de 120 % du PIB d'Haïti. La catastrophe a tué au moins 220 000 personnes et fait 1,3 million de sans-abri.

jeudi 15 avril 2010

Trois mois après le séisme

Trois mois après le tremblement de terre qui a ravagé Haïti, affectant plus d'un million d'enfants, l'UNICEF rapporte aujourd'hui que l'intervention humanitaire sans précédent menée dans le pays a permis d'éviter une crise encore plus grave pour les enfants.

L'organisation rappelle cependant qu'il reste beaucoup à faire, d'autant plus que la saison des pluies approche. Dans son résumé des activités entreprises suite au tremblement de terre du 12 janvier - Les enfants d'Haïti : trois mois après le tremblement de terre - l'UNICEF fait valoir qu'en dépit des destructions massives et du chaos dans lequel ont été plongés les services de base, il n'y a pas eu de flambée significative de maladies ni d'augmentation des taux de malnutrition. L'UNICEF note également que plus d'un million de personnes affectées par la catastrophe reçoivent de l'eau potable et plus de 200 000 femmes et enfants bénéficient de programmes d'alimentation sélective. De vastes campagnes de vaccination ont en outre permis d'atteindre plus de 100 000 enfants jusqu'à présent. Des établissements résidentiels pour enfants, accueillant plus de 25 000 enfants, ont été évalués et ont reçu d'urgence des produits alimentaires et des médicaments pour assurer le bien-être des enfants et les écoles ont commencé à ouvrir dans des conditions provisoires, grâce à la distribution de milliers de tentes et de centaines de kits d'apprentissage et de matériel pédagogique. Le rapport souligne toutefois qu'il reste des défis importants à relever, notamment dans des domaines comme l'assainissement, les risques de violence à l'encontre des femmes et des filles vivant dans des camps pour personnes déplacées, et la question plus vaste des capacités nettement amoindries du gouvernement et de la société civile. De nombreux ministères et départements du gouvernement ont perdu des bâtiments, du personnel et des données d'importance capitale.

Pour l'UNICEF, les priorités urgentes sont les suivantes : offrir de toute urgence de meilleurs abris aux familles déplacées, augmenter les prestations des services de base et renforcer la protection des femmes et des enfants. L'UNICEF collabore déjà avec d'autres organisations pour faire déménager en toute sécurité les familles vivant dans les camps les plus vulnérables dans des endroits plus sûrs avant la saison des pluies. Le rapport demande également que l'on soutienne le « programme de transformation » pour les enfants d'Haïti, programme qui place les enfants d'Haïti au centre des efforts de relèvement et de reconstruction. L'UNICEF privilégie en particulier la lutte contre la malnutrition chronique, la mise en place d'un environnement protecteur pour les enfants et une éducation pour tous les enfants du pays, priorités cruciales pour le développement futur du pays.
Christiane Berthiaume, Porte-parole de l'UNICEF à Genève ; propos recueillis par Alpha Diallo

mercredi 14 avril 2010

L'insécurité reste un problème préoccupant

Trois mois après le séisme qui a dévasté Port-au-Prince, la sécurité reste menacée dans la capitale, alors que des organisations non gouvernementales craignent qu'une grande part de l'aide promise par la communauté internationale ne soit en fait consacrée exclusivement à la lutte anticriminalité.

Les craintes de voir la situation dégénérer dans le chaos de l'après-séisme ont conduit le gouvernement américain à investir des millions de dollars dans la stabilisation et la sécurité de la capitale haïtienne, afin de protéger les programmes de développement. Les habitants des bidonvilles sont reconnaissants des efforts menés pour lutter contre les violences. Mais ils se plaignent aussi d'une multiplication des fusillades entre bandes rivales depuis le séisme.


Soupçons de corruption 


Et alors que la criminalité augmente, la sécurité prend un rôle de plus en plus central dans la reconstruction. La situation préoccupe des ONG, inquiètes que les fonds promis ne soient utilisés contre le crime, notamment avec le recrutement de sociétés de sécurité privées. En attendant, c'est aux forces de sécurité locales de faire respecter la loi. Et si la police tente d'améliorer son image avec notamment des patrouilles renforcées et en embauchant dans les quartiers, les soupçons de corruption et de connivence se multiplient. Une enquête est ainsi en cours pour déterminer la raison pour laquelle 4 300 prisonniers ont réussi à s'évader de prison pendant le séisme. « Je ne veux pas anticiper les résultats, mais cela me semble très suspect », note le chef de la police nationale, Mario Andersol.
La Voix du Nord

Voyage en solo pour Michelle Obama

La First lady s'est rendue à Port-au-Prince dans un centre d'accueil qui aide les enfants à exorciser le traumatisme du séisme. L'épouse du président américain, qui s'implique rarement dans les dossiers politiques, a ensuite rejoint le Mexique, où elle doit évoquer des sujets comme l'éducation et l'obésité.


Sans mari ni enfants, Michelle Obama a commencé, mardi, son tout premier voyage à l'étranger de First Lady par une étape surprise en Haïti. Accompagnée de Jill Biden, l'épouse du vice-président Joe Biden, Michelle Obama a survolé en hélicoptère Port-au-Prince, où la «désolation » après le séisme du 12 janvier est «frappante», a-t-elle dit. L'appareil s'est posé dans le jardin du Palais national, où Mme Obama a été accueillie par le président René Préval et son épouse, avant de se rendre dans un hôpital de la capitale.

La vie dans les camps

mardi 13 avril 2010

Port-au-Prince en panne de carburant

De longues files de véhicules et de gens munis de récipients de toute sorte sont visibles devant la plupart des pompes à essence de la capitale haïtienne, où la pénurie se fait sentir depuis le week-end écoulé.

Intervenant sur les ondes de Radio Métropole, le président de l'Association nationale des distributeurs de produits pétroliers (ANADIPP) Randolph Rameau, a indiqué qu'un retard dans l'approvisionnement est à l' origine de cette rareté d'essence sur le marché local. Selon le président de l'ANADIPP le stock disponible est suffisant pour 3 jours. Cependant vu la complexité de la situation des mesures de rationnement vont être adoptées afin de faire durer les stocks, jusqu'à l'arrivée du prochain bateau dans 10 jours. Monsieur Rameau a fait remarquer qu'une importante réunion entre membres du gouvernement et distributeurs doit avoir lieu ce mardi, à propos de ce dossier sensible. Il a également précisé que le petit tanker qui doit arriver sous peu à Port-au-Prince ne dispose pas d'une grande quantité d'or noir. Sur le terrain, la situation se complique, les prix de certains circuits ont doublés, ce qui a provoqué des bagarres entre passagers et chauffeurs. Des échauffourées sont déjà recensées dans certaines stations de service.

lundi 12 avril 2010

L'ONU ouvre son premier camp pour les déplacés du séisme

Les Nations unies ont ouvert, samedi, à 20 km de Port-au-Prince, leur premier camp destiné à accueillir les victimes du séisme. Aménagé avec l'aide de l'armée américaine, le site doit accueillir 8 000 personnes dans l'immédiat.

Assises sous une tente militaire, elles contemplent inquiètes le terrain sablonneux. "Y'a plein de poussière, y'a rien", dit Johanna, en découvrant avec sa mère et ses deux sœurs le premier camp de déplacés ouvert samedi par l'ONU en Haïti. Leur nouveau domicile. De leur cabane de bâches, elles ont apporté un barbecue, deux sacs de jutes pleins de vêtements, des bananes, deux bidons et un baluchon arrangé avec une couverture. Sans oublier la lampe à pétrole qu'Yphessante, la chef de famille, a placée précieusement dans son sac à main. C'est tout ce qu'elles ont pu sauver de leur maison détruite par le tremblement de terre du 12 janvier. Réfugiée depuis la catastrophe au golf de Pétion-Ville, sur les hauteurs de Port-au-Prince, la famille Archiles était en danger, comme environ 7 500 personnes de ce camp de quelque 50 000 sinistrés, l'un des sept de la capitale dévastée jugés à hauts-risques par l'ONU. 


Leur abri de fortune avait été érigé dans une zone susceptible d'être emportée par des coulées de boues ou de subir un glissement de terrain. N'ayant nulle part où aller, elles ont accepté de partir à 20 km au nord de la ville, là où les Nations unies et l'armée américaine viennent d'aménager un camp capable d'accueillir 8 000 personnes dans l'immédiat, 250 000 si besoin. Mais à leur descente du bus, les Haïtiennes sont inquiètes. "C'est la première fois que des gens vont vivre ici. Comment va-t-on travailler ?", s'interroge la fille aînée, Eunite Pierre-Paul, 23 ans, esthéticienne avant le séisme. Sa mère elle est marchande de légumes. Mis à part le nom du camp, "Corail", rien n'est coloré sur le site. Hormis quelque abris de fortunes installés par des familles ayant fui le bidonville de Cité-Soleil, les environs sont déserts. Aucun arbre. Et un sol recouvert de sable. "C'est pourquoi des engins sont en train de compacter la poussière", explique le Président haïtien René Préval, en pointant des bulldozers et des rouleaux compresseurs en train de déposer et tasser du remblais. Le chef de l'Etat l'assure : des rues et des infrastructures seront construites. "Une vraie communauté", déclare-t-il. Pour le moment, seules quelques douches, des latrines et une vingtaine de longues tentes blanches ont été installées. L'école est en travaux. Dès dimanche, plusieurs centaines de sinistrés du golf, volontaires au départ, rejoindront le site, et ainsi de suite pendant dix jours, dit le major brésilien Yvon Werneck, qui planche sur ce projet depuis un mois.

Tous ceux qui resteront deux semaines recevront 50 dollars

Venu inspecter les travaux, le général Ken Keen, qui dirige les troupes américaines en Haïti, est interpellé par un habitant du camp faisant face à "Corail". "Vous devez faire la même chose pour nous. J'ai sept enfants, mais rien pour les nourrir ni pour les envoyer à l'école", dit-t-il au haut-gradé, par l'intermédiaire d'un officier de l'US Navy parlant créole. "C'est tout à fait légitime. Il faut en parler aux autorités locales. Mais vous devez comprendre que l'on essaie de trouver des solutions pour ceux dont la vie est en danger à Port-au-Prince", explique le général. Non loin de là des gens prient dans la tente jouxtant celle des Archilles, qui, après avoir découvert leur domicile, ont retrouvé le sourire. "Bienvenu chez nous!", lance Johanna, 18 ans, pendant que sa petite soeur de 8 ans se cache dans la chambre de l'abri de toile. "Je dois retourner à Delmas (un quartier de la capitale), pour amener des vêtements qui se trouvent dans la maison" écroulée, dit la lycéenne. L'aînée, elle, attend avec l'impatience la distribution de nourriture. "J'ai faim", répète-t-elle en se tenant le ventre.

dimanche 11 avril 2010

Beau succès de l'opération " Des livres pour Haïti "

L'initiative est venue d'une des libraires du rayon littérature du Furet du Nord, à Lille, au lendemain du séisme, sur une idée simple d'apparence : Participer à une œuvre humanitaire tout en faisant découvrir des écrivains de là-bas. Ainsi est née l'opération « Un livre pour Haïti » proposée aux familiers de la librairie de la Grand-Place de Lille - les magasins de Roubaix, Villeneuve-d'Ascq et ceux du site internet s'y sont associés - jusqu'à la fin du mois de mars : Sur un certain nombre de titres et grâce à l'appui de plusieurs maisons d'édition - Grasset, Le Serpent à plumes, Folio, Actes Sud -, la moitié du prix (la marge de l'éditeur, celle du magasin) serait reversée au bénéfice de ce pays ravagé.

« On en a profité pour mettre en avant des écrivains comme René Depestre, Dany Laferrière ou Lyonel Trouillot », explique Stéphanie, la jeune libraire. En tête des ventes : L'Œillet ensorcelé et autres nouvelles du premier, le célèbre Comment faire l'amour avec un nègre sans se fatiguer du deuxième, sans oublier le méconnu mais excellent (selon les libraires) Yanvalou pour Charlie du troisième. « Une opération sans tape à l'œil - ce n'est pas le genre de la maison -, qui n'est pas du marketing, mais qui prend ici toute sa cohérence », souligne Pierre Coursières, président du directoire du Furet du Nord.

Au total, quelque 250 livres ont ainsi été vendus, rapportant la somme de 1 091 €, remise vendredi matin aux responsables de l'association Timoun d'Haïti. Implantée depuis une quinzaine d'années dans le pays, engagée spécifiquement auprès des enfants, l'association (qui a son siège à Villeneuve d'Ascq) va consacrer cette somme à l'achat de matériel scolaire pour la rentrée. Revenu il y a quelques jours de Port-au-Prince - « C'est aujourd'hui encore une ville morte » -, Michel Debarge, président de Timoun, témoigne des immenses besoins des populations.
La Voix du Nord J.-M. D.

En situation de péril constant

Haïti est en "situation de péril constant" trois mois après le séisme qui a fait au moins 220 000 morts et 1,3 million de sans-abri, et alors que la saison des pluies commence, a déclaré samedi le président haïtien René Préval. Il s'exprimait alors qu'il visitait un camp ouvert par l'ONU à 20 km de la capitale haïtienne et destiné aux 8 000 sinistrés du séisme jugés à "haut risque" car vivant dans des endroits susceptibles d'être balayés par des coulées de boues ou de subir des glissements de terrain.

samedi 10 avril 2010

Un beau chèque pour Timoun d'Haïti

1 091,75 € : C'est la somme versée hier par le Furet du Nord à l'association villeneuvoise Timoun d'Haïti, fruit d'une opération qui a permis de récolter des fonds pour ce pays ravagé par un terrible séisme en janvier, et de mettre en avant une littérature de qualité, peu connue.


La décision a été prise illico. Dès que les premières images du chaos en Haïti ont commencé à faire le tour de la planète. Le 12 janvier dernier, l'un des pays les plus pauvres du monde est frappé par un violent séisme d'une magnitude de 7,3 sur l'échelle de Richter, qui fera des milliers de morts. Les magasins du Furet du Nord veulent eux aussi participer à l'élan de solidarité, mais pas de n'importe quelle façon. « On n'est pas une enseigne qui multiplie les grandes causes, les actions tape à l'oeil, utilisées comme outil marketing, souligne Pierre Coursières, le président du directoire du Furet du Nord. Ce n'est pas dans notre ADN ».

L'école « épargnée » D'autres gèrent l'urgence très bien, le libraire veut, lui, s'inscrire dans une action à long terme. Et justement, dans le vaisseau amiral du Furet, la grande boutique arrimée sur la Grand-Place de Lille, Stéphanie, qui travaille au rayon littérature, a sa petite idée. Mettre en avant des auteurs haïtiens, où à chaque fois qu'un livre sera vendu, la moitié du prix sera reversé à une association. Ce qui représente la marge, et de l'éditeur, et du libraire. « L'objectif n'était pas de proposer un panorama complet de la littérature haïtienne vu sa richesse », commente Stéphanie. En dix jours, les accords sont conclus avec des fleurons dans le domaine de l'édition, à l'instar de Folio, Grasset ou les éditions du Rocher. Ne reste plus qu'à choisir l'association à qui reverser les dons. « Après le séisme, on a entendu parler dans la presse de l'association Timoun d'Haïti, on a vu son travail sur le terrain, c'était le meilleur des choix », assure Jean-François Callens, responsable communication au Furet du Nord.


À Villeneuve d'Ascq, Michel Debarge, son président, est au chevet d'Haïti depuis 15 ans. Il s'est impliqué pour aider le pays à sortir de la dictature des Duvalier, et avec son équipe, ils ont pu financer un jardin d'enfant dans le sud du pays, un centre de santé, et plus récemment, le 12 septembre, ils inauguraient une école de 140 élèves dans le village de Dumontreuil, à 100 km de Port-au-Prince. « Par chance, elle a été épargnée, il n'y a eu aucun dégât », indique cet homme qui est tombé amoureux du pays.

Des ventes multipliées par 20

Dès fin janvier, l'opération « Des livres pour aider Haïti » est mise en place dans les trois magasins de la métropole : au centre commercial V2, à Lille et à Roubaix. La clientèle est fidèle au rendez-vous. Jusqu'au 31 mars, ce sont 252 ouvrages qui ont été achetés, signés d'auteurs phares comme Lyonel Trouillot, René Depestre, Louis Dalembert ou Dany Laferrière. Montant total des dons : 1 091,75 €. « C'est peu, concède le président du directoire du Furet du Nord. Mais on a vendu beaucoup de livres au format poche, dont les prix ne sont pas très élevés. Et puis la littérature haïtienne est assez confidentielle, pointue même. Mais pour nous, en terme de vente, c'est vingt fois plus qu'en temps normal. » Le plus important pour les deux partenaires, c'est d'avoir mis en lumière Timoun, « maintenant les gens qui connaissent peuvent prendre contact avec nous s'ils le souhaitent, faire des dons », expliquent-ils. Quant à Michel Debarge, il sait déjà quoi faire du chèque qui lui a été remis hier : « acheter des kits d'éducation ». Ils serviront aux écoliers haïtiens.
morad.belkadi@nordeclair.fr

vendredi 9 avril 2010

Le palais national est démoli

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Deux bulldozers ont entamé la démolition du Palais national haïtien, le siège de la présidence, qui s'est effondré lors du séisme du 12 janvier. Les engins jaunes, arrivés jeudi soir, ont commencé à s'attaquer à la coupole centrale du bâtiment blanc qui s'est écroulé sous la force de la secousse de magnitude 7.

L'échéancier des travaux "n'est pas encore défini", a déclaré à l'AFP le chef de la garde présidentielle, Bernard Elie, expliquant que les bulldozers étaient "en train de stabiliser les parties dangereuses". "Le reste, on ne sait pas encore", a-t-il ajouté.
Groupés derrière les grilles vertes du bâtiment, des dizaines de sinistrés du Champ-de-Mars, l'esplanade située en face de la présidence, assistaient à la scène. "On va le refaire plus fort, plus beau", dit en créole Pierre John, qui assiste avec des amis au lever du drapeau haïtien au son de la fanfare de la garde présidentielle. "Après la reconstruction (du palais), il faudra donner de l'argent pour les écoles et aussi pour qu'on ait un travail", souligne de son côté Hector-Jean Hardy. Fierté des Haïtiens et symbole de l'indépendance du premier Etat noir, le palais construit entre 1914 et 1921 par l'architecte haïtien Georges Baussan avait "résisté à un bombardement, des assauts armés et un important incendie", rappelle vendredi le quotidien Le Nouvelliste.

La démolition du Palais National

jeudi 8 avril 2010

Haïti 3 mois après

Ils sont environ 20 000 sans abris sur la place du Champ de Mars, face au Palais Présidentiel. Chaque jour, la rumeur va et vient. Bientôt un prochain déménagement vers un camp à la périphérie de la ville ? Car ici ce sont des tentes, mais surtout des bâches, sous lesquelles vivent ces rescapés du 12 janvier. Elles ne protègeront pas des pluies diluviennes, ni des assauts des ouragans à venir. Les conditions de vie et d’hygiène y sont sommaires. Les enfants sont sensés reprendre progressivement l’école. Beaucoup sont à côté de leurs mères, préparant à manger ou devant des étals de marchandises diverses et variées.

La colère toujours là

Embouteillages, klaxons de 4X4, taxis collectifs et motos qui slaloment entre les tas de gravas. La capitale a retrouvé son ambiance assourdissante. La vie trépidante de Port-au-Prince semble avoir repris, au milieu de bâtiments effondrés, ou qui penchent dangereusement au-dessus de la chaussée. Mais les habitants sont unanimes. Ils tardent à ressentir le changement et les effets concrets de l’aide internationale. Tous réclament du travail, pour faire face à une augmentation de 20 à 25 % du coût des denrées de base. Le gouvernement n’est pas en odeur de sainteté. Sur les murs, dans les petits cortèges de mécontents, le slogan le plus en vogue est : "A bas Préval !".

mercredi 7 avril 2010

Les grands brûlés, victimes collatérales du séisme

Electrocutés par les câbles électriques qui traînent depuis le séisme, blessés dans l'incendie de leur tente de fortune, de plus en plus d'Haïtiens sont soignés au service des grands brûlés de l'hôpital que MSF a installé en urgence à Port-au-Prince.

Face à l'augmentation de ces cas, Médecins sans frontières (MSF) a récemment ouvert une aile spéciale dans son hôpital de campagne de Delmas, un quartier populaire de la capitale haïtienne où de nombreux bâtiments se sont écroulés comme des châteaux de cartes lors du tremblement de terre du 12 janvier. Et le service, l'unique du pays, ne désemplit pas. Les 19 lits sont constamment occupés. "C'est une nouvelle pathologie qui est une conséquence du mode de vie très précaire", que connaissent les quelques 1,3 million d'Haïtiens vivant dans des camps après avoir perdu leurs maison, déclare à l'AFP le Dr Rémy Zilliox.


 "Ils sont sous la tente depuis trois mois et font de moins en moins attention" aux accidents domestiques, explique le chirurgien plasticien de MSF. Avec la lenteur des déblaiements des rues de la capitale surpeuplée et la pérennisation des camps de sinistrés, cette tendance semble être là pour s'installer. "Toutes les familles vivent dans des tentes. Il y a une bougie ou une lampe à pétrole qui se renverse, et c'est une tente, deux, trois tentes qui flambent", résume le médecin, en train de faire le tour de ses patients. "Les femmes font la cuisine dans des conditions difficiles, avec de l'eau bouillante, de l'huile. La gamelle se renverse, ça vous donne ça", dit-il en pointant une femme défigurée. En attente d'une greffe de peau, elle est assise sur son lit d'hôpital, gémissant de douleur malgré la pommade qui a été passée sur son visage. "Vous avez une bassine d'eau chaude pour la toilette, ça donne les bébés qui sont là-bas. Ebouillantés", ajoute le Dr Zilliox en montrant une demi-douzaine de bambins, la peau de leur corps noir rosée par la brûlure. 


"J'ai un patient, il était en vélo quand un câble électrique s'est enroulé autour de sa roue avant. Comme son vélo était en métal, il a pris le courant dans les pattes", raconte l'humanitaire. Dans un autre coin de la tente, derrière un rideau, un homme qui avait pris dans ses mains un câble laissé à l'abandon. Electrocuté, il a été amputé des deux bras. Pour l'accompagner dans ce traumatisme, une psychologue de MSF est venue discuter avec lui. "Les câbles d'électricité traînent dans toute la ville, n'importe où, n'importe comment, des gamins ramassent les câbles. Et avec l'effondrement d'une bonne partie du réseau de santé haïtien, dont beaucoup d'hôpitaux ont été anéantis par la secousse, le centre de MSF paraît être là pour durer. 


Installé dans le stade d'une école détruite, devenue un immense camp de sinistrés, l'hôpital d'urgence ne cesse de prendre de l'ampleur. Constitué de structures gonflables, l'établissement de 4 500 m2 dispose de 200 lits et de tous les services d'un hôpital moderne: banque de sang, radiographie, orthopédie, psychiatrie, etc. "Et on envisage de créer une cantine hospitalière qui fournirait 1 200 repas par jour", précise Anne Chateaulain, la coordonnatrice du projet. Mais tout cela n'est censé qu'être temporaire. "L'école va reprendre un jour", souligne le Dr Zilliox. La suite ? "Je ne la vois pas, souffle-t-il. Une mission d'urgence et de précarité n'est pas appelée à être pérenne. Il faut qu'un jour ou l'autre les Etats se prennent en chargent et gèrent leurs problèmes sanitaires."

mardi 6 avril 2010

Au milieu des bulldozers, les Haïtiens découvrent leurs nouvelles classes

Après trois mois d'absence, les costumes roses sont de retour à l'Ecole du Sacré-Cœur. Et qu'importe le bulldozer qui termine de niveler la cour, les jeunes Haïtiennes forment un rang impeccable, excitées de découvrir leurs nouvelles classes : des tentes élevées à la hâte.

De cette institution centenaire, qui avant le séisme du 12 janvier accueillait 1 500 élèves de la maternelle au lycée, il ne reste plus qu'une partie du toit du gymnase. Salle de théâtre, chapelle, classes, tous les autres bâtiments se sont écroulés, comme beaucoup de maisons de la "red zone", une partie de Port-au-Prince où la plupart des bâtiments encore debout portent l'inscription "à démolir". Et en ce mardi décrété par le gouvernement haïtien jour de reprise progressive des cours dans la capitale dévastée, des panaches de poussière flottent dans l'ancienne salle de sport : avec empressement, des employés nettoient les objets scolaires qui ont pu être sauvés. Le tableau, avec son poème "La petite écolière, Maintenant je vais à l'école", attendra: la vingtaine de tentes installées par l'Unicef ne prévoit rien pour le suspendre. 


"On a travaillé toute la nuit pour arriver à ce que les tentes soient montées aujourd'hui. A chaque fois qu'ils nivelaient une partie du terrain, l'autre équipe arrivait pour monter une tente, on a terminé vers 5h du matin", raconte Ferouz Tork, employé de l'organisation onusienne. "C'est une grande journée pour les enfants. Pour eux, c'est sortir un peu des gravats, d'un quotidien assez sinistre", ajoute celui qui travaille depuis six semaines à faire redémarrer le système éducatif haïtien.

Le tremblement de terre a tué environ 38 000 écoliers et étudiants, ainsi que quelque 1 300 enseignants et personnels éducatifs, en plus de détruire 4 000 écoles et le siège du ministère de l'Education nationale. "Dans les jours à venir, dans les semaines à venir, toutes les écoles de Port-au-Prince vont rouvrir. Principalement dans des tentes", indique M. Tork. En tout, l'Unicef a fourni 3 000 tentes pour servir de classes, ainsi que du matériel de cours aux écoliers et aux professeurs. Et dans la cour de l'école du Sacré-Cœur, des cartons pleins de stylos, calepins, ballons de foot, attendent les élèves, en train de reprendre contact avec leurs enseignants. "Ca fait bizarre. Ca me manquait, les amis me manquaient beaucoup", dit timidement Hermione Rocher, 13 ans. Depuis le séisme, qui a fait au moins 220 000 morts, "on était à la maison, j'étudiais parfois, et puis j'attendais", raconte Mélissa Gentil, élève de seconde qui veut devenir pédiatre, avant de louvoyer avec ses camarades entre les tentes et rejoindre leur nouvelle classe. 


A quelques mètres de là, assises à des pupitres bleus flambant neufs, des fillettes habillées de robes roses impeccables chantent en chœur : "Si tu as de la joie au cœur tape dans tes mains..." Aucune des religieuses qui gèrent cet établissement ne souhaite s'exprimer. "Elles sont trop émues et encore choquées", confie Wilmine Raymond Saint-Pierre, présidente de l'association des anciens élèves de l'école. Trois des sœurs ont été bloquées sous les gravats après la catastrophe, avant d'être dégagées par des collègues. Aujourd'hui, toutes vivent dans des tentes installées sur l'emplacement de l'école maternelle, ouverte en septembre dernier. Les anciens élèves ont organisé une collecte de fond pour rebâtir l'établissement et les plans sont déjà prêts, dit Mme Raymond Saint-Pierre: "Ca va coûter énormément d'argent... Ce sera quatre bâtiments préfabriqués et antisismiques".
Clément Sabourin - AFP

De plus en plus d'Haïtiens tentent de rentrer illégalement aux États-Unis

Une source policière a déclaré à l'AFP que 114 Haïtiens ont été arrêtés récemment dans de telles circonstances chez nos voisins du sud.

« Depuis le 21 janvier, 114 Haïtiens ont été appréhendés dans le Vermont et un à New York », a déclaré Mark Henry, porte-parole de la police des frontières du Vermont. Les autorités américaines refusent toutefois de tisser des liens entre cette vague d'immigration illégale et la récente catastrophe en Haïti. Selon la police, ces Haïtiens ne venaient pas de l'île dévastée par le tremblement de terre de janvier dernier. Il s'agit plutôt d'immigrants ayant vécu illégalement aux États-Unis pendant des années, puis expulsés vers le Canada où ils ont demandé l'asile, sans succès. Le tremblement de terre ayant secoué Haïti le 12 janvier a fait quelque 220 000 morts et 1,3 million de sans-abri.

vendredi 2 avril 2010

Plusieurs écoles vont réouvrir

Des dizaines d'écoles vont rouvrir leurs portes lundi en Haïti où des tentes ont été dressées dans des camps pour accueillir les écoliers, a annoncé hier l'Unicef, indiquant que cela s'inscrivait dans un plan visant à scolariser 700 000 enfants d'ici deux mois.

"Ce n'est pas une réouverture générale des écoles", a toutefois souligné à l'AFP une porte-parole de l'organisation onusienne, Jennifer Bakody. "Dans certains endroits, beaucoup d'écoles ont été endommagées ou se sont effondrées. Egalement, plusieurs ont déjà recommencé à fonctionner, par exemple à Jacmel (sud) où beaucoup d'écoles fonctionnent depuis le 8 mars", a-t-elle ajouté. 


L'année scolaire va être prolongée jusqu'en août


Afin de permettre un rattrapage aux quelque trois millions d'écoliers qui, avec le séisme du 12 janvier, ont subi une interruption de cours ou un arrêt total de leur scolarité, l'année scolaire va être prolongée jusqu'en août, a précisé le gouvernement haïtien, cité dans un communiqué de l'Unicef. En tout, l'Unicef a fourni 3 000 tentes pour servir de classes, ainsi que du matériel de cours aux écoliers et aux professeurs. Des volontaires à l'enseignement ont également reçu des cours d'initiation à la pédagogie, de même qu'une rapide formation au soutien psycho-social.

Une Université a rebâtir


Présente en Haïti depuis quinze ans, l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) travaille aujourd'hui à la reconstruction du système universitaire haïtien, avec une certitude : rebâtir l'enseignement supérieur de l'île est primordial pour son redressement à long terme.



Plein cap sur l'avenir, quand le présent est loin d'être assuré. Voilà ce à quoi l'Agence universitaire de la francophonie (AUF) travaille depuis le mois de janvier, en essayant de reconstruire dès à présent le système universitaire haïtien. Déjà bien malade des maux traditionnels qui gangrènent l'éducation dans les pays pauvres - manque de personnel, sous-qualification des professeurs - l'enseignement supérieur de l'île a été quasiment réduit à néant par le séisme de janvier. L'Ecole normale supérieure d'Haïti a été durement touchée, l'Université d'Etat a été détruite, la faculté de linguistique s'est effondrée sur le recteur et plus de 300 étudiants.

Cours sous la tente

L'AUF, financée par des fonds publics, a donc mis en place toute une série de dispositifs pour redonner un accès au savoir aux étudiants haïtiens. Avec le soutien de nombreuses universités françaises, des cours en visioconférence ont ainsi été dispensés dès la semaine qui a suivi le séisme. Sous une tente, pour l'instant. Leur contenu était de circonstance: la tectonique des plaques. Mais l'action de l'AUF ne sarrête pas à ce soutien ponctuel. Elle travaille à la mise en place dune université virtuelle accessible aux étudiants haïtiens.

"Nous avons créé une délégation pour l'enseignement supérieur en Haïti, qui a pour but de coordonner l'aide que peuvent apporter les 278 universités francophones de notre réseau. L'objectif, c'est de créer un point d'entrée numérique à partir duquel les étudiants haïtiens auront accès à des cours", explique Jean-Marie Théodat, responsable de la délégation Caraïbes de l'AUF. Sur place, l'association travaille également à la mise en place de cours, qui devraient démarrer mi-avril. Pour les assurer, la Confédération des présidents d'universités, l'Agence inter-établissement de recherche pour le développement, ou encore le CNRS, tout comme de nombreuses facultés francophones étrangères, ont d'ores et déjà proposé de mettre à disposition certains de leurs enseignants.

Les jeunes, acteurs de la relève

Si ces actions sont entreprises dans l'urgence, l'objectif de l'AUF vise pourtant le long terme. "Nous voulons rebâtir lenseignement supérieur haïtien sur de nouvelles bases", affirme Jean-Marie Théodat. "La formation supérieure, c'est primordial pour l'avenir d'Haïti, pour que les jeunes deviennent des acteurs engagés dans la relève du pays. Il faut que le pays soit en mesure de former des élites, et de les garder."

L'ambition de l'AUF est d'ailleurs la création d'un vrai campus universitaire en Haïti. Dans cette optique, l'association avait créé l'Institut Aimé Césaire, une faculté de gestion ayant pour but de former les futurs cadres de l'île. Détruite en janvier, elle est aujourd'hui hébergée par l'université des Antilles-Guyane à Fort-de-France, en Martinique.

jeudi 1 avril 2010

Des familles refusent de reprendre leurs enfants éloignés par le séisme

Les associations qui œuvrent à retrouver les familles des enfants que le tremblement de terre a isolés en Haïti sont souvent confrontées à des proches qui ne veulent pas reprendre ces petits faute d'argent pour les faire vivre.

Elles ont déjà trouvé 700 enfants qui ont été séparés de leur famille par le séisme du 12 janvier. Retrouver les parents est ardu, surtout pour les plus jeunes enfants qui ne peuvent donner de numéro de téléphone ou d'adresse. D'autant que les secousses meurtrières ont déplacé des centaines de milliers d'habitants, qui survivent maintenant dans des camps de fortune. Souvent, le travail pour retrouver la trace des parents ou des tuteurs ne débouche pas sur les joyeuses retrouvailles espérées. L'ONG américaine World Vision, l'une des cinq organisations internationales qui remplissent cette mission, a retrouvé les familles de 12 des 300 enfants dont elle s'occupe. Cinq ont repris leur petit mais les sept autres ont refusé. "Nous voyons bien que les conditions de vie des parents sont loin d'être idéales. Mais nous avons été choqués d'apprendre que les parents ne les avaient pas recherchés ou qu'ils ne s'attendaient pas à ce qu'ils reviennent", confie Noah Ochola, qui dirige le programme Enfants en situations d'urgence à World Vision.

Lundi, une équipe a découvert Ana, une fillette de neuf ans, dans un orphelinat en partie effondré à Tabarre, à la périphérie nord de Port-au-Prince. Elle a un érythème sur le visage et le corps, qui n'est pas traité, et elle dort avec 17 autres enfants sous une tente fabriquée à partir de draps. La fillette a expliqué à Mario Marcellus, un travailleur social haïtien employé par World Vision, qu'elle voulait retourner vivre avec sa demi-soeur adulte. Le problème, souligne la directrice de l'orphelinat, Idalia Suprême, c'est que c'est cette soeur qui l'a déposée là. "Elle l'a amenée ici parce que les temps sont durs", dit-elle en montrant les maisons en ruines alentour. La mère d'Ana est morte quand elle était petite. Son père, qui n'habite pas loin, est venu lui rendre visite et s'est plaint que sa fille n'avait pas sa place dans un orphelinat mais il n'a proposé aucune autre solution, rapport Mme Suprême. Mario Marcellus a retrouvé la demi-soeur dans un bidonville où elle tente d'élever ses deux propres enfants. La convaincre de reprendre Ana? "Ca va être difficile", soupire le travailleur social.

Le tremblement de terre n'a fait qu'amplifier un phénomène préexistant. Avant le séisme déjà, la plupart des 50 000 enfants vivant dans des orphelinats haïtiens avaient encore au moins un parent en vie, selon Andy Brooks, chef de la protection de l'enfance à l'UNICEF. Jusqu'à 250 000 autres étaient des "restaveks" (reste avec, en créole), des enfants envoyés dans des familles plus aisées pour travailler en l'échange du gîte et du couvert - et parfois d'une scolarisation. Quasi-esclaves, ils subissent souvent des mauvais traitements. Même dans les situations catastrophiques engendrées par le séisme, les organisations humanitaires estiment que la meilleure protection pour les enfants consiste à rester au sein de leur famille. S'en tenant à ce principe immuable, elles ont mis au point des stratégies pour convaincre les tuteurs récalcitrants. Elles exhortent les parents à postuler au programme "travail contre nourriture" de l'ONU. Pour que les enfants soient moins perçus comme une charge, elles les renvoient chez eux avec des sacs de riz, des sandales, du dentifrice et de l'huile. World Vision verse aussi entre 60 et 150 dollars en liquide (entre 45 et 110 euros), en fonction du nombre d'enfants dans la famille. "Ca leur donne le temps de réfléchir", explique Noah Ochola.

Parfois, la plus petite aide peut faire la différence.

Ramsey Ben-Achour, qui dirige la branche haïtienne de Heartland Alliance, l'une des cinq organisations qui travaille sous l'égide de l'UNICEF, se souvient d'un père de quatre enfants. Son épouse était morte dans le tremblement de terre et leur maison s'était effondrée. Deux de ses enfants étaient soignés dans un hôpital de campagne et au début, il ne voulait pas les reprendre. "Il pensait leur donner une vie meilleure en les laissant là", se rappelle M. Ben-Achour. "Mais ce qui se passe en réalité, c'est qu'ils deviennent des enfants des rues, essayant de laver des voitures, rejoignant des gangs ou étant exploités sexuellement". Lorsque l'association lui a donné deux matelas, des toiles de tente et des rations alimentaires, le père a accepté de reprendre ses enfants.
Mike Melia - The Canadian Press