L'histoire de Timoun, c'est un peu celle de son président fondateur Michel Debarge. Un homme qui déborde d'altruisme mais sans angélisme. Son amour du prochain ne semble guère s'être amenuisé depuis ses années de militantisme à la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). Après une première expérience au Chili, l'ancien ajusteur devenu professeur technique auprès des mineurs délinquants pose ses valises pleines de bons sentiments et de bonne volonté en Haïti. « Un premier partenariat m'a incité à me pencher sur le sort des "enfants domestiques", se souvient Michel Debarge. À l'époque, une école a été construite puis démolie par un cyclone. » Déjà. En 1995, de retour en France après un énième séjour sur l'île, il crée Timoun d'Haïti. « Mon but était d'œuvrer durablement, surtout en direction des enfants. » Des propos qui n'ont rien de théoriques, le Villeneuvois a lui-même adopté deux enfants.
Quinze ans plus tard, Michel Debarge n'a pas à rougir de son action, même si l'association ne fait pas partie des grandes ONG de référence. L'école Demontreuil, un des premiers projets d'envergure, n'attend plus que les derniers coups de pinceaux. 210 enfants y sont scolarisés, malgré l'absence d'électricité. La cantine est financée par l'association à raison de 50 € par élève et par an. Le jardin d'enfants, sis à Port-au-Prince, devrait bénéficier dès janvier 2011 d'un abri en dur, estimé à 12 000 €. « Les deux tentes qui abritaient les deux classes ne sont pas pérennes, Dès 9h, la chaleur est insupportable », at-il constaté en octobre. Timoun supportera le loyer et envisage d'offrir une bouteille de lait chaque semaine à 50 enfants.
www.timounhaiti.org
Nord Eclair Marig Doucy
Quel regard portez-vous sur la situation actuelle de Haïti ?
Malgré toute la médiatisation et les campagne de mobilisation, les gens risquent d'être déçus. Les décombres sont encore là. Les actions menées depuis 10 mois, suite au séisme, n'ont pas été suffisantes, c'est désepérant. On se demande parfois où est parti l'argent...
De quelle façon l'épidémie de choléra a-t-elle aggravé le sort des habitants ?
Les associations au contact de la population font de leur mieux pour endiguer l'épidémie. Nous expliquons aux gens que le choléra peut être évité et soigné. Des conseils leur sont prodigués, nous espérons qu'ils en tiennent compte. En revanche, si la maladie est déclarée, il ne faut pas perdre de temps...
Que vous demandent prioritairement les 40 personnes que vous recevez quotidiennement ?
Malheureusement, c'est la nourriture... Les habitants ne mangent pas à leur faim. Certains peuvent passer deux jours sans faire de repas. Les soins viennent ensuite. Sans argent, il est bien plus difficile d'être pris en charge. C'est une spirale : la personne est pauvre, parfois illettrée, est dénutrie et accède difficilement aux soins...
Quels sont les moyens d'action d'Oimavi ?
Grâce à Timoun d'Haïti qui finance la plupart de nos projets, nous faisons vivre le centre de santé André-Thenor, installé dans le quartier défavorisé de Bel Air à Port-au-Prince. Trois salariés et des bénévoles y travaillent. Un point d'eau potable y a été installé. Nous espérons lancer en 2011 une session d'alphabétisation et une campagne de vaccination. En décembre, des travaux pour construire un abri de deux salles seront effectués afin d'héberger le jardin d'enfants. Quant à l'école Demontreuil, elle devrait bientôt être terminée. Nous envisageons d'y scolariser des adolescents et jeunes adultes qui pourraient y apprendre un « petit métier ».


