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Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

lundi 15 novembre 2010

Le choléra atteint le Nord du pays

Le choléra gagne rapidement du terrain à Haïti alors que l’épidémie a pris d’assaut la deuxième ville en importance au pays, Cap-Haïtien, une zone nordique relativement épargnée depuis le début du fléau. Porte-parole pour Oxfam, Julie Schindall précise que la situation s’aggrave dangereusement dans ce secteur.

« Nous ne connaissons pas les chiffres officiels, précise-t-elle. Les autorités gouvernementales parlent de plusieurs centaines de cas et d’autres organismes ont qualifié la situation de très sérieuse là-bas ». À l’échelle nationale, les dernières statistiques divulguées dimanche faisaient état de 917 cas et de plus de 14 000 hospitalisations.

Sans explications

L’intervenante pour Oxfam s’explique mal la rapidité avec laquelle la maladie a franchi les 100 km de chaîne de montagnes qui la séparent du foyer d’infection, en Artibonite, avant de toucher la ville de Cap-Haïtien où vivent 250 000 personnes. « Il y a deux possibilités. Peut-être que ce sont des voyageurs de province qui sont venus du centre du pays ou bien c’est l’eau qui est maintenant contaminée, et dans ce cas, on ne sait pas comment c’est arrivé ». L’infection a aussi traversé le canal de Saint-Marc pour se répandre sur l’île de la Gonâve, tout comme elle prend de l’ampleur dans le sud, à Léogâne.



Pas de panique

La vitesse avec laquelle le choléra tue inquiète autant les autorités d’Haïti que les organismes à pied d’œuvre dans le secteur, mais plusieurs soutiennent que la situation est généralement sous contrôle. « Les cas augmentent, oui, mais c’est stable à Port-au-Prince, où on compte 30 % de toute la population d’Haïti. On attend de voir ce qui arrivera là précisément », relativise Stefano Zannini, chef de mission pour Médecins sans frontières. Quant au chiffre alarmant de 200 000 personnes infectées d’ici un an, nombre avancé par l’Organisation mondiale de la santé, le chef de mission préfère attendre avant de se prononcer. « C’est très difficile d’arrêter un chiffre puisque le pays n’a pas d’histoire du choléra. On pense cependant qu’on n’a pas atteint le sommet ».