L'épidémie de choléra qui a tué au moins 135 personnes ces derniers jours dans le nord d'Haïti constitue " le pire scénario " que pouvait connaître le pays caribéen après le séisme de janvier, s'est inquiétée vendredi Mirlande Manigat, favorite à la succession de René Préval.
" C'est le pire scénario. (...) C'est le scénario catastrophe. On ne sait pas quelle est la cause " de l'apparition de la forme la plus virulente de cette maladie, a déclaré à la télévision publique Radio-Canada la candidate à l'élection présidentielle de novembre, de passage à Montréal. La souche de la maladie a été localisée dans le département de l'Artibonite et dans le fleuve du même nom qui traverse cette région qui a connu un afflux de réfugiés, vivant dans des conditions d'hygiène précaires, après le séisme dévastateur du 12 janvier. En plus de faire au moins 135 morts, l'épidémie a entraîné l'hospitalisation d'au moins 1 500 personnes. " Sans être très férue d'épidémiologie, je sais que s'il s'agit de choléra, la propagation est très rapide. Autrement dit, est-ce qu'on va arriver à colmater, à circonscrire? ", a-t-elle poursuivi. Ancienne première dame d'Haïti, Mme Manigat, 69 ans, est donnée favorite de la course à la présidence par deux récents sondages, au coude-à-coude avec Jude Célestin, présenté comme le dauphin de René Préval. Bien qu'en voyage au Canada, elle a dit suivre la situation de près en restant en contact avec son équipe du Rassemblement des démocrates nationaux progressistes (RDNP). " Or, nous n'avons pas d'équipement qui nous permette de donner l'assistance sous forme de sérum à des adultes et le sérum oral aux enfants ", a-t-elle déploré. " Ce que je crains, ce que je redoute, c'est la rapidité de la propagation ", a conclu l'épouse de Leslie Manigat, ancien président qui avait été renversé en 1988 par un coup d'Etat militaire après quelques mois de pouvoir. Lors de la présidentielle de 2006, Leslie Manigat était arrivé deuxième, derrière M. Préval, dont il avait contesté les conditions d'élection.
