Pour une cinquième année consécutive, l'exposition du World Press Photo (WPP) présente du 3 septembre au 3 octobre, les meilleures photos de presse de l'année 2009 à Montréal mais cette année, l'événement est marqué par Haïti à vif, une sélection d'une centaine de photos saisissantes prises à la suite du tremblement de terre survenu en Haïti le 12 janvier dernier. Comme cette scène de vie croquée par Martin Chamberland, photographe de La Presse, peu après le séisme.
Compte tenu des impératifs de date du WPP, ces photos d'Haïti ne pouvaient faire partie du concours. Le délai pour être sélectionné est survenu... la veille du drame haïtien. Mais le photographe indépendant Normand Blouin, qui connaît bien Haïti (il a adopté un petit Haïtien il y a cinq ans) et s'y est rendu à la suite du séisme, a fait en sorte que l'organisme tienne compte du travail réalisé par des photographes du Québec sur ce qui restera sans doute comme l'événement médiatique de l'année 2010. « J'ai été marqué par ce que j'ai vu, dit-il. C'est une exposition qui vient du cœur, grâce aussi à l'appui moral et financier de la Ville de Montréal, du CECI, du ministère de la Culture, de la FTQ et de la Gazette. Haïti à vif va voyager, être présentée partout pour récolter des sous pour Haïti et combattre l'oubli. »
Emmanuel Gallant, le commissaire de l'exposition, a créé une installation sobre et efficace, avec des toiles blanches rappelant les tentes des infortunés Haïtiens. Les photos d'Ivanoh Demers, de La presse, qui a vécu le tremblement de terre, montrent la désolation et l'ampleur du désastre, tout comme celles du photojournaliste Roger Lemoyne. Allen McInnis, de la Gazette, présente de superbes plans d'ensemble des rues dévastées et des camps.
Martin Chamberland, de La Presse, expose des photos prises en janvier et en juillet, montrant le peu de réparations effectués sur place en six mois. Mais Martin Bouffard, de RueFrontenac.com, qui était en Haïti il y a deux semaines à peine, présente, tout comme Normand Blouin, des photos qui redonnent espoir. « Il y a plus d'ONG sur le terrain qu'avant, moins de tensions et plus de joie de vivre, dit-il. On voit beaucoup de gens avec des t-shirts de fondations qui ont lancé des programmes de reconstruction ou d'aide humanitaire. On sent les choses avancer. Les gens sont impatients en dehors d'Haïti mais ça avance. J'ai vu les changements par rapport à janvier. »
Certaines photos de Patrick Sansfaçon, de La Presse, de Phil Carpenter (The Gazette) ou de Natasha Fillion (pigiste) sont très dures : cadavres dans les rues, corps dépassant d'un plafond effondré, pillages, jeune homme manchot ou enfant brûlé dans les bras de sa mère. Mais bien des clichés montrent l'effort sur place des Haïtiens (photos de Benoît Aquin) ou l'ampleur des secours (photos de François Pesant et Renaud Philippe ou de David Boily, de La Presse)




