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lundi 16 août 2010

Bill Clinton : « Sous peu, vous allez voir des progrès en Haïti »

L'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti, Bill Clinton, a effectué une visite de 48 heures dans le pays. L'occasion pour l'ancien président américain de lancer à Léogane, siège de l'épicentre du séisme du 12 janvier, la construction d'une école qui devrait servir de modèle et de s'entretenir avec le secteur privé haïtien ainsi qu'avec les autorités haïtiennes.

L'un des temps fort de cette visite a été la rencontre, le jeudi 5 août, entre le secteur privé et les deux dirigeants de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti (CIRH). Bill Clinton étant en effet, avec le premier ministre haïtien Jean-Max Bellerive, les deux coprésidents de cette institution. Le secteur privé est, dans le processus de reconstruction, l'un des plus importants partenaires. Et l'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies avait souhaité le rencontrer pour diverses raisons. Tout d'abord, il peut, à l'instar d'autres secteurs, présenter directement des projets au CIRH en vue de la recherche du financement. Bill Clinton voulait aussi être renseigné sur la vision des hommes d'affaires haïtiens sur le futur des investissements privés dans le pays. Bref, il voulait entendre ces partenaires, avoir leurs avis sur le processus lui-même et recevoir des critiques et suggestions pouvant aider à aller plus vite.

« Je sais qu'il y a beaucoup de frustrations mais je peux vous assurer que le secteur privé sera très fortement impliqué dans le processus. Je vous encourage à nous faire part de vos critiques, de vos suggestions et recommandations et je vous assure qu'elles seront prises au sérieux », rassure l'ex-président. Il les a par ailleurs exhorté à ne pas se laisser distraire par le processus électoral en cours car, fait-t-il remarquer, « il y a urgence »Par rapport à leur préoccupation relative à la lenteur du processus, Bill Clinton les a aussi rassurés. Il a en effet, il a annoncé que dans deux à trois mois, des projets concrets vont démarrer dans le pays. Au cours de cette première journée de travail, le coprésident de la Commission intérimaire pour la Reconstruction d'Haïti a aussi eu des échanges avec le chef de l'Etat haïtien René Préval et les membres du gouvernement. Il s'est également entretenu avec d'autres secteurs du pays ainsi qu'avec les dirigeants de la MINUSTAH.

Un modèle à reproduire

Autre point important dans l'agenda de M. Clinton est le déplacement à Léogane, une ville qui a été fortement dévastée par le séisme du 12 janvier. Et sa visite, le 6 août, a vu le lancement de la construction de l'école communautaire Ste Thérèse dans la localité de Darbonne. Il s'agit de quatre modules préfabriqués qui non seulement hébergeront des élèves mais serviront aussi d'abris provisoires. A en croire l'Envoyé spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour Haïti, ces modules pourront héberger plusieurs centaines de personnes en cas de catastrophe. « Ces bâtiments sont des abris sûrs. Ils sont résistants aux cyclones et aux tremblements de terre. Les gens vivant sous les tentes peuvent s'y refugier rapidement en cas de graves intempéries », fait-il remarquer. Le financement provient des fonds mobilisés par la Fondation Clinton. Et ce site est le premier à en bénéficier. D'autres vont suivre sous peu. La Fondation a en effet octroyé un montant s'élevant à un million de dollars américains. Des fonds qui permettront de construire au total une vingtaine de modules.

Ces constructions, selon Clinton, doivent servir de modèles. « L'ampleur de la catastrophe est telle que nous prendrons du temps pour tout rebâtir. Nous devons donc construire des modèles ». Et ceux-ci pourront aider le gouvernement à présenter des projets à la CIRH ». Un point de vue partagé par le ministre de l'Intérieur et des Collectivités territoriales, Paul Antoine Bien-Aimé, qui a mis l'accent sur l'importance de ce modèle. Ce modèle de constructions permet des usages multiples et pour cause, selon M. Clinton, il doit être dupliqué. « Au temps que possible, nous reproduirons ce modèle. Car, nous avons besoin d'abris pour loger les gens lors des catastrophes. Et ces abris peuvent aussi servir de centres de jeunesse surtout pour les jeunes qui n'avaient pas pu avoir une formation professionnelle », fait-il observer. En outre, poursuit l'ancien président américain: « beaucoup de bâtiments scolaires s'étaient effondrés lors du séisme et beaucoup d'enfants ne sont pas encore retournés à l'école. Ces abris peuvent servir de salles de classe de manière à permettre à des enfants de suivre des cours dans un environnement propice à l'apprentissage ». L'ancien locataire de la maison blanche souhaite aussi utiliser ces modèles pour mobiliser au sein du CIRH de nouveaux fonds pour construire, dans d'autres villes également, des modules du même type destinés à remplir des fonctions identiques.

L'école communautaire Ste Thérèse de Darbonne devrait être prête dans deux mois. Une durée qui est valable pour toute construction réalisée sur ce modèle. Car l'entreprise chargée de produire les modules peut les fabriquer et les acheminer en Haïti dans un maximum de six semaines. Et le montage, sur place, devrait durer deux semaines. Le co-président de CIRH a d'ailleurs précisé : « Si ce modèle est retenu par le gouvernement haïtien, l'entreprise de fabrication pourra déménager dans le pays, ce qui permettrait de réduire les délais ». A Léogane, M. Clinton a visité l'usine sucrière de Darbonne. Il s'est entretenu avec les responsables de cette usine sur la possibilité de trouver des investisseurs pouvant aider à augmenter la production de la canne à sucre. Ce qui permettra non seulement d'accroitre la production sucrière mais aussi de « donner plus de travail aux fermiers ». La matière première pourra aussi être transformée en énergie susceptible de consommation sur place et, le cas échéant, être exportée, sans droit de douane, sur le marché américain. Lors de sa visite à Léogane, le co-président de la CIRH était accompagné du ministre de l'intérieur, Paul Antoine Bien Aime et du Représentant de la Banque interaméricaine de Développement (BID) en Haïti, Edouardo Almeida. Deux représentants respectivement de la Croix Rouge américaine et de la Banque mondiale avaient aussi fait le déplacement.

L'ancien président américain a informé qu'il y aura en octobre une importante exposition. Et chaque constructeur pourra présenter son propre modèle, sont coût et les avantages qu'il présente. Mais, il a précisé que les travaux qui seront réalisés doivent être de source d'emplois pour les Haïtiens et les compagnies engagées devront avoir des partenaires haïtiens.
Faustin Caille