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Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

jeudi 29 juillet 2010

Le bilan de l'Unicef 6 mois après le séisme

Le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (Unicef) vient de présenter un bilan de ses réalisations en Haïti au cours des six mois ayant suivi le séisme du 12 janvier. Une évaluation qui lève aussi le voile sur les défis auxquels l’agence onusienne aura à faire face dans le cadre de l’accompagnement qu’elle compte offrir au gouvernement haïtien dans le processus de reconstruction.

Au centre des activités de l’Unicef, les enfants vivant dans les zones directement affectées par le séisme. Ils sont quelque 800 000 sur les 1.6 millions de personnes vivant dans les camps. Mais ils ne sont pas les seuls. L’intervention de l’agence touche aussi ceux qui sont indirectement affectés. En effet, s’ils ne se trouvent pas dans les zones touchées, avec l’arrivée massive dans leur zone, pour la plupart pauvre, des personnes fuyant la capitale, ils en subissent le contrecoup. D’ailleurs, avant le 12 janvier, leur situation s’était déjà caractérisée par « une très grande vulnérabilité ». Et avec le tremblement de terre, elle s’est aggravée. « Le 12 janvier, en 35 secondes, la situation de beaucoup de ces enfants a basculé », a fait remarquer la représentante de l’Unicef en Haïti, Françoise Gruloos-Ackermans.


Le bilan des activités de l’Unicef ne se concentre pas seulement sur ce qui a été concrètement fait mais aussi sur « ce qui n’est pas arrivé », car cela peut démontrer une intervention positive. Et l’une des appréhensions de l’Unicef qui ne s’est pas traduite dans les faits, ce sont les risques d’épidémie. « On a évité le pire », dit-elle. Car selon la Représentante, l’agence est parvenue à stabiliser la situation de vulnérabilité des enfants, l’un de ses objectifs sur les 6 derniers mois.

Des interventions dans divers domaines

Ces résultats, l’Unicef le doit aux efforts consentis dans divers secteurs qui ont eu à faire face à des besoins énormes. L’un de ces secteurs très vulnérables est la santé. Aussi, de concert avec le Ministère de la Santé publique et de la Population, l’OMS ainsi que d’autres partenaires, d’importantes campagnes de vaccination ont été menées. Et sur les six mois, l’Unicef a vacciné 275 000 enfants contre divers types de maladies immunocontrôlables. Ses interventions ont aussi été cruciales au niveau du secteur « eau et assainissement », un autre secteur très vulnérables. Sur les 1,2 millions de personnes qui reçoivent de l’eau quotidiennement, l’agence en a fourni à 330 000. Des gens qui en reçoivent chacun au moins 5 litres par jour. 




Si dans le secteur de l’assainissement, la situation s’est révélée assez compliquée en raison du fait que les camps sont installés sur des terrains privés sur lesquels on ne peut pas installer des latrines, l’Unicef a joué un rôle considérable dans l’installation de toilettes portables. Sur les 11 000 toilettes portables installées dans les camps, 9 000 l’ont été par l’Unicef. Il est par ailleurs en train de planifier l’installation de 4 000 autres. Tout cela a aussi été accompagné d’une campagne d’information relative à l’hygiène.


Autre urgence, c’était la réouverture des écoles et le retour en classe car ceci permet à l’enfant de « retrouver un semblant de normalité ». Mais le grand défi, c’est qu’il fallait déblayer avant d’installer les tentes. L’Unicef a fourni de grandes tentes à 120 écoles publiques et privées, avec une moyenne de 8 tentes par écoles. De même, du matériel scolaire a aussi été distribué à de nombreuses écoles partenaires et non partenaires de l’Unicef. Par ailleurs ont été créés, dans de nombreux camps, des « espaces-timoune » (espaces pour des enfants). Sous des tentes mises en place spécifiquement à cet effet, peuvent se réfugier des enfants plus jeunes pour « jouer, se détendre, rire, récupérer et être en paix et en sécurité pendant quelques heures ». Une initiative qui a nécessité la formation d’animateurs.

Le secteur de la nutrition, selon l’agence, fait aussi partie de ceux qui nécessitaient des interventions urgentes car « les enfants sont très vulnerables au manque de nourriture ». Et dans ce domaine, l’Unicef, de concert avec d’autres partenaires, dont le programme alimentaire mondial (PAM), agissait sur deux plans. Il s’agissait d’abord des interventions en faveur des mamans qui allaitent. Aussi, l’agence a-t-elle aidé à mettre en place dans de nombreux camps, des tentes servant d’espaces pour allaiter et où les mamans pouvaient aussi recevoir des conseils sur la façon de réactiver l’allaitement. Pour les enfants qui ne bénéficiaient pas de l’allaitement maternel, existait un service qui fournissait du lait prêt à la consommation. A cela s’ajoutent les soins aux enfants mal nourris, ce qui suppose un système de détection, d’appui et de soutien aux enfants dans divers types de centres.

L’Unicef est aussi intervenu dans le domaine de la protection de l’enfant. Après le 12 janvier, de concert avec l’Institut du Bien-être social et de recherche (IBESR), l’institution étatique en charge des enfants, et d’autres partenaires internationaux, l’Unicef a visité 365 centres résidentiels qui accueillent des enfants orphelins ou abandonnés. Une initiative qui a permis d’entamer un processus d’enregistrement de tous les enfants gardés dans ces centres.

Cap sur la reconstruction

Si en raison de la situation prévalant dans le pays, l’action humanitaire, 6 mois après le séisme, parait incontournable, elle ne saurait capter toute l’énergie. A en croire la Représentante, l’accent doit être parallèlement mis sur la reconstruction. Et celle-ci doit se faire à deux niveaux : la reconstruction physique et la reconstruction de systèmes. A titre d’exemples, 13 Ministères sur 16 ont été détruits et 150 cadres ont succombé sous les décombres. Aussi, dans le cadre du soutien immédiat aux Ministères, l’Unicef a fourni des préfabriqués et des ordinateurs au Ministère de l’Education nationale, à l’IBESR et à la Direction de la Nutrition du ministère de la Santé publique. Mais pour le Fond des Nations Unies pour l’Enfance, la reconstruction physique renvoie à la reconstruction d’écoles. 


Et l’octroi des tentes à 120 écoles constitue déjà des actions de reconstruction. En outre, il a entrepris un processus de constructions semi-permanentes. L’objectif poursuivi dans cette optique est d’aller vite pour que les enfants puissent retourner à l’école. L’Unicef travaille aussi à la reconstruction du système national d’éducation. « Il y avait une stratégie, tout était prêt » mais il faut redynamiser et faire en sorte que tous les enfants y soient inclus. Une initiative qui suppose entre autres la formation de maitres, l’élaboration de curriculum, l’appui psycho-social. L’Unicef a déjà aidé à former des maitres, il faut continuer. Aussi quelque 120 ONG ont été formées dans la prise en charge au niveau psychosocial afin qu’elles puissent suivre les normes édictées par le gouvernement. 


Une situation identique dans le domaine de la santé. Car le pays est habitué à faire des campagnes de vaccination, il faut maintenant une routine, que les mamans sachent qu’il faut vacciner. Là où les systèmes n’existaient pas, il faut aider à les mettre en place comme c’est le cas pour le Ministère des Affaires sociales dans la mise en place d’un système de Sécurité sociale. Pour l’Unicef comme pour le Ministère de l’Education nationale, aller à l’école ne doit pas concerner uniquement ceux qui étaient déjà scolarisés. Il faut que « tous les enfants aillent à l’école ». Et l’agence, dans cette optique, s’est engagé à construire 200 écoles semi-permanentes dotées de tout le matériel nécessaire.
Edition et Rédaction de Faustin Caille