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Certaines images ont pu vous choquer, mais c'était malheureusement la triste réalité
Heureusement de nombreuses actions positives sont conduites sur place, notamment grâce à Timoun d'Haïti

mercredi 29 juin 2011

Un nouvel élan

Haïti vient de tourner une page avec l'élection d'un nouveau président. La complexité de la situation politique reste une habitude dans ce beau pays. Nous pensons qu'il faut maintenant tourner une page et nous recentrer sur les actions positives sur place. Si les sinistrés du séisme et les malades du choléra ne font plus la une des médias, de nombreuses associations continuent leur travail débuté bien avant ces catastrophes. Nous vous évoquerons désormais ce qui se construit au quotidien et en particulier les actions de Timoun d'Haïti. Bien sûr sans naïveté ni complaisance. Il a fallu malheureusement un séisme pour faire connaître la situation de cet île des Caraïbes. Beaucoup l'on découvert et nous on rejoint. Continuons et construisons ensemble. Merci de votre soutien.

mercredi 22 juin 2011

Timoun d'Haïti : une équipe renforcée

De gauche à droite le nouveau conseil d'administration de Timoun d'Haïti avec Emmanuel Buteau (secrétaire), Michel Debarge (président), Marie-Claude Gabillard, Marie-Véronique Deforge, Claudine Caron, Jean Daumas, Alain Cosson, Jean-Paul Licour (trésorier) et Jacques Desbarbieux (vice-président).

samedi 21 mai 2011

L'entrepreneur Daniel-Gérard Rouzier nommé Premier ministre

Le nouveau président haïtien Michel Martelly a nommé vendredi l'entrepreneur Daniel-Gérard Rouzier, 51 ans, au poste de Premier ministre, a indiqué à l'AFP le président de la Chambre des députés Saurel Jacynthe.

" C'est bien M. Rouzier qui a été désigné " Premier ministre, a confirmé M. Jacynthe interrogé par téléphone. " Le président Martelly a écrit aux présidents des deux chambres du Parlement pour leur faire part du choix de M. Rouzier comme Premier ministre ", avait indiqué auparavant un membre du cabinet de M. Martelly sous couvert d'anonymat. L'annonce est intervenue après une série de rencontres entre le nouveau chef de l'Etat et les responsables du Parlement. Pour que la nomination du Premier ministre soit ratifiée, celui-ci doit obtenir un vote favorable dans chacune des deux chambres, toutes deux dominées par le parti Inité (Unité, en créole) de l'ancien président René Préval. M. Martelly ne dispose que de 3 parlementaires de son parti à la Chambre. Le Premier ministre sortant Jean-Max Bellerive a remis vendredi dernier la démission de son gouvernement mais il continue à gérer les affaires courantes en attendant la désignation de son remplaçant. Daniel-Gérard Rouzier est un homme d'affaires à succès à la tête de plusieurs sociétés en Haïti. Proche de M. Martelly, il a étudié aux Etats-Unis et est détenteur d'un master en sciences comptables. Ecrivain, il a publié trois ouvrages dont " le pouvoir des idées "(2002) et " Croire, Aimer et Espérer " (2006). Sa biographie le présente comme étant propriétaire d'une des bibliothèques les plus complètes d'Haïti et comme un collectionneur avide d'art haïtien et d'albums de bandes dessinées françaises du 20e siècle. Il est marié et père de 3 enfants.

mercredi 18 mai 2011

Choix du premier ministre

24 heures après son investiture, le nouveau Président d'Haïti, Michel Martelly souhaite se tourner vers un chef d'entreprise respecté, pour le poste de Premier Ministre. Thierry Mayard-Paul, le Chef de cabinet du Président Martelly, a expliqué que le Président avait porté son choix sur Mr. Daniel Rouzier en raison de son passé d'entrepreneur accompli « son curriculum vitae parle pour lui-même [...] Nous pensons qu'il peut être très efficace à la gestion du gouvernement. »

Malgré ses références, la ratification de ce choix pourrait rencontrer de l’opposition au Parlement « Nous croyons qu'il y aura un peu de résistance » à précisé le Chef de Cabinet de Martelly « Mais nous croyons aussi, et le Président Martelly estime, que nous pouvons démontrer que c’est le bon choix. » Ce choix, sera probablement la première bataille entre le Président Martelly et un Parlement où les législateurs (INITE) fidèle à Préval, jouissent d'une confortable majorité. 


Ces derniers jours, les rumeurs du choix de Daniel Rouzier, avaient déjà provoqué, avant l’heure, des tensions et des réactions négatives de certains parlementaires en raison de son manque d’expérience politique. Des sources proches des dirigeants du parti INITE, avaient alors fait savoir que le choix de Rouzier comme Premier Ministre, n’avait aucune chance d'être confirmé par le parlement, comme l'exige la Constitution. Rappelons, que selon la Constitution haïtienne, le choix du Premier Ministre se fait en concertation avec les présidents des deux chambres (Députés et Sénateurs) au cas où le parti du Président de la République n’a pas la majorité au parlement [ce qui est le cas, le parti de Michel Martelly «Respons Peyizan» ne détient que 3 sièges à la chambre basse et aucun au Sénat].

M. Rouzier est Directeur Général de la Sun Auto, un important concessionnaire automobile, il est également le Président de la centrale électrique E-Power, premier projet de production d’énergie électrique réalisé par le secteur privé en Haïti. Il a fait se études en gestion et comptabilité, diplômé de l'Ivy League de Dartmouth et de la Georgetown University, Rouzier est profondément religieux. Auteur du livre « Believe, Love and Hope » au travers duquel il explique sa relation intime avec le Christ, sa femme et ses enfants, et de deux essais « The Power of Ideas » et « Vision or Illusion » dans lesquels il aborde des questions importantes comme : la conjoncture économique, la politique économique et le gouvernement politique, la sociologie. Daniel Rouzier a une forte présence dans l'environnement politique et a développé une bonne relation avec la classe politique haïtienne.

dimanche 15 mai 2011

Investiture du nouveau président

Haïti ouvre officiellement un nouveau chapitre de son histoire avec l’investiture du chanteur populaire Michel Martelly en tant que président. L’ex-chef de la Maison blanche Bill Clinton qui est émissaire spécial de l’Onu en Haïti a assisté à la cérémonie. Une cérémonie marquée par une panne d’électricité. La France, elle, était représentée par son ministre des Affaires étrangères, Alain Juppé.

« Oui, main dans la main, épaule contre épaule, nous allons changer Haïti, a déclaré Michel Martelly. Nous allons reconstruire ce pays. Nous allons remodeler son visage, le rendre plus fort. Ma présidence est votre présidence », a ajouté Martelly qui a promis de travailler dur pour obtenir des résultats concrets. 

L’espoir qu’a soulevé le nouveau président est immense. Des centaines de milliers de survivants du séisme de janvier 2010 attendent toujours des logements décents et du travail. « Je n’ai jamais été impliqué dans la politique. J’ai les mains propres », clame Michel Martelly qui se veut le Président de la rupture. Rejetant les critiques qui soulignent son inexpérience en politique, il réclame une place pour une nouvelle génération au pouvoir. Il a conquis les quartiers pauvres de la capitale, Port-au-Prince, en revendiquant du travail pour les jeunes. « Un jeune Haïtien doit pouvoir travailler, s’acheter une voiture et vivre décemment », avait-il soutenu lors de la campagne du premier tour en novembre dernier. Dans son programme, Michel Martelly assure vouloir mettre en place « un module de sortie de crise post-séisme ». Le nouveau chef de l‘état doit faire face à un parlement dominé par les députés et sénateurs du président sortant.

samedi 7 mai 2011

Amendement de la Constitution : Malaise parmi les parlementaires

L’opération d’amendement constitutionnel à la va-vite jette le malaise au parlement et des groupes de parlementaires appartenant soit à l’opposition soit au parti qui s’apprête à remettre le pouvoir le 14 mai prochain ont des difficultés à trouver un terrain d’entente.

« Je sens un malaise. La version (du projet d’amendement) votée par les membres de la 48e législature et celle publiée au journal (officiel) Le Moniteur ne sont pas les mêmes », déclare à AlterPresse, la Sénatrice Edmonde Supplice Bauzile, de la plateforme Alternative. « C’est comme un faux. Il y a des articles qui ont été ajoutés et d’autres qui ont été modifiés », ajoute l’élue, qui estime avoir été « manipulée »La sénatrice est aux nombres des parlementaires qui ont travaillé à l’élaboration du projet d’amendement. Cette démarche d’amendement a été initiée officiellement par l’exécutif en 2009. La 48e législature, qui n’existe plus, l’avait votée en septembre 2009. Le député réélu Acluche Louis Jeune, membre également de la plateforme Alternative, abonde dans le même sens que la sénatrice. Il affirme que cela constitue « un problème à résoudre »Louis jeune souhaite que la « modification » effectuée par la présidence du texte voté par les membres de la 48e législature ait été faite « en accord avec les présidents des 2 chambres (sénat et chambre des députés) »Le parlementaire estime que cet amendement est susceptible de « mettre beaucoup plus de problèmes dans la société »Le Sénateur, Jean Baptiste Bien-aimé, élu au second des dernières élections législatives sous la bannière du parti au pouvoir « INITE » (Unité) pour le Nord-Est, qualifie « d'irresponsable » l’attitude de ces élus qui ont attendu tout ce temps pour parler de ces « modifications ». « Ils n’avaient jamais lu Le Moniteur ? », s’interroge le sénateur du parti majoritaire au parlement. Toutefois, les sénateurs restent d’accord sur la nécessité d’un amendement de la constitution du 29 mars 1987, même quand Bauzile propose « une mise à jour » de la déclaration d’amendement. Une proposition qui ne sera sans doute pas prise en compte, vu que le parlement haïtien n’a que jusqu’à ce lundi 9 mai pour statuer sur le dossier. Il faut un quorum de 2/3 dans chacune des chambres, soit 20 sénateurs sur 30 et 66 députés sur 99 pour permettre l’amendement de la loi-mère. Entretemps, 11 sénateurs et 23 députés décident de ne pas participer aux différentes séances. Ils réclament l’intégration de 19 élus des législatives du 20 mars dernier, dont les dossiers restent encore pendants au Conseil Électoral Provisoire (CEP).

vendredi 6 mai 2011

Michel Martelly crie au complot

En Haïti, la crise électorale ne trouve pas d'issue. Plus de deux semaines après l'annonce des résultats définitifs, le Conseil électoral provisoire n'a toujours pas pris de mesures pour réviser les 19 élections douteuses dénoncées par la communauté internationale. Le futur président de la République Michel Martelly crie au « complot » pour l'empêcher de faire venir dans le pays les investissements étrangers nécessaires au développement. Michel Martelly n'est pas encore président mais il tient à mettre en garde ceux qui iraient à l'encontre de sa « croisade pour l'instauration d'un état de droit ». Le Conseil électoral provisoire en première cible. Le futur chef d'Etat appelle l'institution à ne pas valider l'élection des 19 parlementaires contestés.

« Ce sont tous les efforts que j'ai commencé, lors de mes voyages à l'étranger, par mes prises de contacts avec l'international, avec les institutions financières, avec les investisseurs étrangers qui vont apporter des emplois, qui viennent construire des usines, monter des hôtels, que ces Messieurs dames du CEP veulent écraser. Jusqu'à aujourd'hui, ils méprisent la justice. L'état de droit que le peuple veut, que le peuple attend, ils ne veulent pas nous aider à l'établir. Si le CEP veut rester dans le système ancien, c'est son choix et la justice fera son devoir. Pas un homme ni une institution n'est au dessus de la justice ».

En réponse aux précédentes déclarations de Michel Martelly, le président du Conseil électoral provisoire avait suggéré la mise en place d'un tribunal exceptionnel pour réviser les résultats contestés, mais aucune décision formelle n'a encore été prise pour concrétiser ce projet.

jeudi 5 mai 2011

Les malentendus seront-ils levés avant l’arrivée de la nouvelle administration ?

Rien n’est encore clair à dix jours de l’investiture, annoncée pour le 14 mai prochain, du président du 20 mars 2011, Michel Joseph Martelly.

La plateforme politique “Inite” (Unité) du président sortant, René Garcia Préval, affirme s’en tenir aux résultats dits définitifs du 20 avril 2011, qui donnent ses candidats “vainqueurs” de législatives pour le moins controversées. Paradoxalement, "Inite" a déjà entamé, le 4 mai 2011, une action en justice (en référé) en faveur de ses 19 candidats contestés et contre l’État haïtien, qui n’a pas publié les noms de ses candidats au journal officiel de la république, en dépit de certificats de réussite "délivrés" par l’organisme électoral. En divers endroits, comme à Grand-Goâve (Ouest), les partisans de ce regroupement clament leur intention de manifester violemment si les résultats dits définitifs ne sont pas maintenus ni publiés au journal officiel “Le Moniteur” de la république. Suite à la publication des résultats dits définitifs des législatives, tard dans la soirée du mercredi 20 avril 2011, à Grand-Goâve et sur l’ile de la Gonave, les activités scolaires n’ont pas encore repris, malgré la fin de la trêve pascale le 24 avril. Résultats contestés par diverses couches de la population, des organisations de défense de droits humains et la mission d’observation électorale conjointe (Moec) de l’organisation des États américains et des pays des Caraïbes (Oea-Caricom). Sur demande du gouvernement, la Moec / Oea-Caricom dresse un rapport accablant pour le conseil électoral provisoire (Cep) au sujet de 19 postes législatifs, dont 17 à la chambre des députés et 2 au sénat, après avoir analysé les décisions du bureau du contentieux électoral national (Bcen), prises en violation de la loi électorale et d’autres dispositions relatives aux listes électorales partielles (Lep) et au centre de tabulation des votes (Ctv).

Des sénateurs ont formé une commission afin d’enquêter sur les 19 cas de contestation signalés.

Au regard du rapport de la Moec Oea-Caricom, les décisions du Bcen paraissent sans fondement. Ce qui jette du discrédit sur le processus électoral conduit à date par le Cep, qui a bénéficié (en premier lieu) du support de la communauté internationale. Pour essayer de sortir de la crise post-électorale, qu’il a engendrée, le (président du) Cep évoque la possibilité de mettre sur pied un Bcen spécial pour rejuger les 19 cas contestés. Et dire que cette même structure d’organisme électoral décrié a planifié la tenue d’élections complémentaires pour la fin de mai 2011 dans quelques circonscriptions ! Des observateurs n’hésitent pas à mettre en question l’ensemble du processus électoral, apparemment vicié depuis le début des opérations en 2010. Comme en l’année 2000, une crise post-électorale, qui a commencé depuis le 20 avril 2011, risque de plonger Haïti dans de nouveaux bouleversements politiques, susceptibles d’avoir des incidences fâcheuses sur l’ordre public avec les barricades enflammées et les actes d’agression sur les routes à l’encontre de voyageurs par des partisans de candidats contestés. Sans y prendre garde, les tenants du pouvoir sortant ont couru au plus pressé en faisant installer une partie des parlementaires élus dans les dernières législatives et en laissant en suspens les “élus contestés”. Leur priorité consiste à parer au plus pressé pour faire passer, coûte que coûte, leur projet d’amendement de la Constitution du 29 mars 1987, dans un contexte inapproprié et d’absence de sérénité requise. En l’absence des 2/3 du parlement, une commission bicamérale est formée pour étudier la proposition de révision de la Constitution.

Le reste importe peu, pour eux. Les menaces d’aggravation de la situation alimentaire, les effets de la hausse des prix des produits pétroliers sur le marché national depuis le 23 mars 2011, l’approche de la saison cyclonique (à partir de juin 2011), les conséquences des fortes averses en divers points du territoire national (inondations et des milliers de sinistrés cette semaine après les premières pluies de début mai) sont des dossiers négligeables, à leurs yeux. Martelly envisage, après son entrée en fonction, de créer une commission d’investigation sur le même dossier des résultats des législatives contestées pour environ 19 postes. Ce qui laisse augurer des semaines, voire des mois de tergiversation et d’approfondissement d’un malaise politique en Haïti. Excepté, si les auteurs de l’imposture et de la manipulation électorales acceptent de jouer cartes sur table, sans donner dans la corruption ni les magouilles

mercredi 4 mai 2011

Origine de l'épidémie du choléra

Le rapport du Groupe d'experts indépendant chargé d'enquêter sur l'origine de l'épidémie de choléra en Haïti, publié ce mercredi, conclut que cette épidémie a été causée par la confluence de plusieurs circonstances et n'était pas la faute, ou n'était due à l'action délibérée d'un groupe ou d'un individu.

La première hospitalisation liée au choléra à Mirebalais, dans la région en amont du fleuve Artibonite, a eu lieu dans la soirée du 17 octobre 2010 et le premier cas de choléra en Haïti en près d'un siècle a été confirmé le 22 octobre 2010, rappelle le rapport. Depuis, l'épidémie a causé la mort de plus de 4 500 personnes et affecté près de 300 000 autres, et continue de causer des infections et des morts en Haïti. « Le calendrier suggère que l'épidémie s'est propagée le long du fleuve Artibonite », souligne le rapport. S'agissant des sources potentielles de contamination qui pourraient avoir déclenché cette épidémie, les experts notent que les conditions sanitaires au camp de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) à Mirebalais n'étaient « pas suffisantes » pour éviter une contamination fécale de la rivière Meye, un affluent du fleuve Artibonite. En outre, les conclusions de chercheurs indépendants sur la bactérie responsable de l'épidémie indiquent que les souches de l'épidémie en Haïti « sont génétiquement identiques, indiquant une source unique pour l'épidémie en Haïti » et que la bactérie est « très similaire mais pas identique aux souches du choléra de l'Asie du Sud actuellement en circulation en Asie, confirmant que la bactérie du choléra en Haïti n'émanait pas d'Haïti ». La contamination de la rivière Meye a entraîné une épidémie explosive de choléra dans le delta du fleuve Artibonite et ensuite à travers Haïti. « Cette diffusion explosive était due à plusieurs facteurs, dont l'usage répandu de l'eau de la rivière pour faire la lessive, se baigner, boire et s'amuser ; l'exposition régulière des travailleurs agricoles à l'eau d'irrigation du fleuve Artibonite ; le degré de salinité du delta de l'Artibonite qui a fourni des conditions optimales pour une prolifération rapide de vibrio cholerae ; l'absence d'immunité de la population haïtienne au choléra ; les mauvaises conditions en matière d'eau et d'assainissement en Haïti ; la migration d'individus infectés vers des communautés résidentielles et des centres de traitement ; le fait que la souche vibrio cholerae de type sud-asiatique qui a causé l'épidémie cause une diarrhée plus sévère en raison de la production plus importante de la toxine du choléra de type classique la plus puissante ; et les conditions dans lesquelles les malades du choléra étaient initialement traités dans les installations médicales qui n'ont pas empêché la propagation de la maladie à d'autres patients ou au personnel soignant », explique le rapport. « L'introduction de cette souche du choléra en raison de la contamination environnementale avec les matières fécales n'aurait pas pu être la source d'une telle épidémie sans les déficiences simultanées du système d'adduction d'eau, d'assainissement et de soins de santé », affirment les experts, qui concluent que « l'épidémie de choléra a été causée par la confluence de circonstances décrites ci-dessus et n'était pas la faute, ou due à l'action délibérée, d'un groupe ou d'un individu ». Les experts recommandent que les secouristes et le personnel des Nations Unies venant de zones où le choléra est endémique reçoivent une dose prophylactique d'antibiotiques avant leur départ ou soient testés pour confirmer qu'ils ne portent pas le virus du choléra. Ils recommandent aussi que tous les employés des Nations Unies et les secouristes se rendant dans des zones d'urgence reçoivent des antibiotiques, soient immunisés contre le choléra afin qu'ils soient protégés et protègent la santé des autres. Pour prévenir l'introduction d'une contamination de l'environnement local, les installations des Nations Unies à travers le monde devraient traiter les matières fécales en utilisant des systèmes qui inactivent les bactéries pathogènes avant l'élimination des ces matières fécales. S'agissant plus spécifiquement d'Haïti, les experts suggèrent aux Nations Unies et au gouvernement haïtien d'investir dans un réseau d'adduction d'eau potable et un meilleur système d'assainissement dans le pays. Le rapport a été présenté au Secrétaire général de l'ONU le 3 mai et le Représentant spécial du Secrétaire général en Haïti a transmis plus tôt mercredi, une copie de ce rapport au gouvernement d'Haïti. « Le Secrétaire général remercie le Groupe d'experts indépendant pour ses efforts et examinera attentivement ses conclusions et recommandations. À cette fin, le Secrétaire général a l'intention de mettre sur pied un groupe de travail au sein du système des Nations Unies, afin d'étudier les conclusions et les recommandations formulées par le Groupe d'experts indépendant et d'en assurer un suivi rapide et approprié », a dit son porte-parole dans un communiqué. « L'épidémie de choléra a causé d'importantes pertes en vies humaines et s'est répandue dans tout le pays. Au nom de la famille des Nations Unies, le Secrétaire général réitère sa profonde sympathie aux victimes de l'épidémie et à leurs proches », a-t-il ajouté. « Le Secrétaire général réaffirme l'engagement continu des Nations Unies à se tenir aux côtés du Gouvernement et du peuple d'Haïti dans la lutte en cours contre l'épidémie de choléra et exprime sa gratitude aux nombreux pays et organisations qui ont contribué à lutter contre la maladie. » Le panel était présidé par le Docteur Alejandro Craviolo du Mexique travaillant auprès du Centre international de recherche pour la diarrhée au Bangladesh. Le panel était également composé de trois autres membres, le Docteur Claudio Lanata du Pérou de l'Institut d'enquête nutritionnelle du Pérou, le Docteur Daniele Lantagne des Etats-Unis travaillant à l'Université d'Harvard et le Docteur Balakrish Nair d'Inde de l'Institut national du choléra et des maladies entériques.

mardi 3 mai 2011

La Suisse confisque des fonds Duvalier

Le gouvernement suisse a annoncé lundi avoir ouvert une action en confiscation des avoirs de l'ex-président haïtien Jean-Claude Duvalier bloqués en Suisse depuis 25 ans.

Le Département fédéral des finances a ouvert une procédure le 29 avril devant le Tribunal administratif fédéral visant à restituer les avoirs Duvalier à Haïti, selon les modalités prévues par une nouvelle loi sur la restitution des avoirs illicites, selon un communiqué. "En cas d'admission de l'action en confiscation, la Confédération suisse restituera les avoirs Duvalier à Haïti selon les modalités prévues par la loi sur la restitution des avoirs illicites," indique le texte. Le montant de ces avoirs confisqués avoisine les 6 millions de francs (4,5 millions d'euros, 6,7 millions de dollars). Le gouvernement suisse avait franchi en février dernier une étape décisive vers une restitution des avoirs de l'ancien dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier en lançant formellement une demande de confiscation auprès de son ministère des Finances. La nouvelle loi baptisée "Lex Duvalier" est entrée en vigueur pour palier à un manque apparu dans la longue bataille judiciaire sur la restitution au peuple haïtien des millions déposés par la famille Duvalier sur des comptes suisses. Haïti estime que plus de 100 millions de dollars ont été détournés sous le couvert d'oeuvres sociales avant la chute du dictateur, qui avait succédé en 1971 à son père François. Après son retour en Haïti en janvier, M. Duvalier a été inculpé de corruption, détournements de fonds publics et association de malfaiteurs et plusieurs plaintes ont été déposées contre lui pour violations des droits de l'homme et crimes contre l'humanité. Toutefois le futur président haïtien Michael Martelly a déclaré récemment dans une interview qu'il "pourrait penser" à une amnistie pour ses prédécesseurs Jean-Claude Duvalier et Jean-Bertrand Aristide, évoquant "la nécessité" de promouvoir la réconciliation dans le pays.

lundi 2 mai 2011

Les USA accentuent la pression au sujet des fraudes

Plus de dix jours après les premières contestations de la communauté internationale, suite aux élections douteuses de 18 députés et sénateurs, les Etats-Unis font s'accroitre la pression sur les autorités électorales haïtiennes. Un sénateur, Patrick Leahy (en photo) demande aujourd'hui à la secrétaire d'Etat Hillary Clinton de songer à annuler les visas américains de personnalités politiques et de membres de leurs familles. Parmi les cinquante noms se trouve celui de l'actuel président de la République, René Préval.

dimanche 1 mai 2011

Les gros mangeurs de Préval

Halte aux gros mangeurs de Préval !!!

Timoun d’Haïti s’élève vivement contre les prétentions de certains préposés aux douanes de Port-au-Prince ! Un donateur américain, offre pour soutenir les actions humanitaires bénévoles de l'association une génératrice toute neuve. Celle-ci est destinée à électrifier l’école communautaire que nous avons construite à Demontreuil (Jacmel) et l’on prétend nous demander 16 000 $US pour la dédouaner. Devant l’énormité de la somme vous comprendrez que nous nous passerons de courant électrique, au détriment des avantages que cela aurait pu procurer pour nos 220 élèves.
Triste Haïti où les intérêts particuliers passent avant ceux de la collectivité.
Timoun d’Haïti et ses partenaires haïtiens sont pleins de colère et dépités de voir leurs efforts pour offrir un meilleur avenir aux enfants réduits à rien par la faute des gros mangeurs.

samedi 30 avril 2011

Rencontre entre Martelly et Mulet

Le mercredi 27 avril 2011, le Président élu Michel Joseph Martelly a rencontré dans les locaux de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haiti (Minustah) à Pacot, le représentant du Secrétaire Général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Monsieur Edmond Mulet ainsi que d'autres membres importants de la Minustah.

L'objectif de cette rencontre était pour le Président Martelly d'avoir une meilleure compréhension de la mission des Nations Unies en Haïti et d'entamer les débats pour la restructuration et la préparation du départ de la Minustah du pays. Le Président Martelly a aussi profité de cette rencontre pour partager les feuilles de route du gouvernement concernant le renforcement de l'Etat de Droit et de la sécurité, particulièrement le renforcement des capacités de la Police Nationale d'Haïti (PNH) et l'instauration d'une force armée haïtienne. D'autres points importants soulevés furent la relance de l'économie et la situation politique actuelle, particulièrement la question des élus contestés du 2ème tour, les prochaines élections législatives, les élections locales de 2011 et l'amendement constitutionnel en cours. Le Président Martelly a également discuté de l'importance de la relocalisation des personnes vivant sous les tentes. Mr. Mulet a, de son côté, rappelé la mission principale de la Minustah qui est d'aider à garantir un certain niveau de stabilité et de sécurité dans le pays et l'importance d'une telle mission dans l'établissement de conditions sécuritaires propices pour attirer les investissements internationaux dans le pays, établir un état de droit et corriger les faiblesses institutionnelles, entre autres. Cette réunion initiale a permis aux deux parties d'avoir une meilleure compréhension des travaux déjà en cours et a permis au Président Martelly de clairement signifier les priorités de son gouvernement au représentant de l'ONU. Dès l'annonce des résultats préliminaires du 4 avril, annonçant sa victoire, le Président élu Michel Joseph Martelly s'est rapidement mis à l'œuvre et a initié une série de rencontres avec des membres influents des communautés nationales et internationales. Cette rencontre avec la Minustah fait suite à une tournée de 3 jours à Washington où le Président Michel Joseph Martelly a rencontré le Président du Fonds Monétaire International, celui de la Banque Mondiale, la direction de la Banque Interaméricaine de Développement (BID), la secrétaire d'état Hillary Clinton et des membres influents de la presse américaine.

vendredi 29 avril 2011

Deuxième journée d'échec au Sénat

Après l’échec ce mercredi, de la nomination des membres du nouveau bureau du Sénat, la session reportée à jeudi s’est conclue à nouveau sur un échec, faute de consensus. Malgré des heures de négociations agitées, le groupe majoritaire (INITE) et les Sénateurs minoritaires, ont été incapable de s’entendre sur l’ensemble des nomination du nouveau bureau.

Si Rodolphe Joazile à la Présidence, Francky Excius, premier secrétaire et Mélius Hyppolite, deuxième secrétaire sont majoritairement « accepté », c’est maintenant le poste de Vice-Président qui pose problème. Convoité par le Sénateur Andrys Riché (Alternative), Joseph Lambert, coordonnateur national de INITE et chef de la majorité, s’y oppose affirmant que son collègue, le Sénateur Jean Hector Anacacis a été désigné pour être le numéro deux du nouveau bureau. Le Sénateur Riché a dénoncé vigoureusement la volonté des représentants du parti au pouvoir, de vouloir continuer à « diriger le Sénat à leur profit personnel ». De plus, il a qualifié de « coup fourré intelligent » la décision d’INITE de soutenir la candidature à la questure du Sénateur Evallière Beauplan, en instance de dissidence du groupe minoritaire. Néanmoins, à l’issu de cette deuxième journée de négociations sans solution, le Sénateur Lambert a annoncé confiant, l’élection pour ce vendredi du nouveau bureau, qui sera suivi de la réunion des deux Chambres en Assemblée Nationale, en vue de l’ouverture de la première session ordinaire de la 49e législature, telle que prévue au calendrier parlementaire...

jeudi 28 avril 2011

19 élus soupçonnés de fraude

Une mission d'experts électoraux internationaux a recommandé ce jeudi aux autorités haïtiennes d'annuler la victoire lors des législatives de 19 candidats proches du parti au pouvoir, a indiqué une source diplomatique.

Sous couvert d'anonymat, une source diplomatique a révélé que le rapport de la mission d'experts de l'Organisation des États américains (OEA) et des pays du Marché commun de la Caraïbe (CARICOM) suggérait au Conseil électoral provisoire (CEP) d'annuler l'élection de 19 candidats soupçonnés d'avoir bénéficié de fraudes électorales. Dans 19 circonscriptions, les résultats ont été changés entre l'annonce des résultats préliminaires et la publication des résultats finaux, à chaque fois en faveur des candidats proches du président sortant René Préval et de son parti, Inité. Le rapport propose de s'en tenir aux résultats préliminaires dans ces 19 circonscriptions. « Nous avons remis le rapport ce matin au premier ministre Jean-Max Bellerive qui le remettra au Conseil électoral provisoire », a indiqué Colin Granderson, chef de la mission, en refusant de révéler le contenu du rapport. « Ce sera aux autorités haïtiennes d'en parler », a-t-il déclaré. Selon une source parlementaire, le Conseil électoral ne serait pas enclin à suivre les conclusions du rapport de l'OEA et du CARICOM et souhaiterait s'en tenir aux décisions qu'il a prises entre la diffusion des résultats préliminaires et finaux, favorables à Inité. Cette décision a été dénoncée par le président élu Michel Martelly qui a réclamé l'envoi d'une mission internationale d'évaluation. M. Martelly a également souhaité que la justice haïtienne puisse enquêter sur les allégations de pots-de-vin qui auraient été versés à des membres du CEP pour favoriser la victoire des candidats du pouvoir. Une conseillère électorale a démissionné lundi en dénonçant des changements apportés aux résultats préliminaires par le tribunal électoral favorisant des candidats du parti du pouvoir.

mercredi 27 avril 2011

Michel Martelly va taxer la diaspora pour financer l'éducation

Michel Martelly va devenir le 56e président de la République d’Haïti, succédant à René Préval, le 14 mai prochain. Mais avant de prendre le pouvoir, il veut déjà prouver à ses détracteurs qu'il n'a pas fait de promesses populistes pour se faire élire. Pour financer la scolarisation massive, Martelly souhaite taxer les plus aisés, par le biais des appels téléphoniques et des transferts d'argent.

Dans le pays où plus de la moitié des enfants ne sont pas scolarisés, le futur président de la République affirme pouvoir rendre l'école gratuite. Via des prélèvements obligatoires sur les appels internationaux et les transferts d'argent, Michel Martelly assure pouvoir trouver 8 millions et demi de dollars chaque mois : « Au niveau des compagnies téléphoniques, les personnes qui appellent Haïti depuis l'étranger, sur ces appels seront prélevés 5 centimes par minute. En faisant le calcul du nombre de minutes qu'Haïti reçoit par mois cela fait 3,5 millions de dollars que nous pouvons générer chaque mois pour l'éducation. Pour les compagnies de transfert, pour que nous puissions envoyer nos petits gratuitement à l'école, nous pensons que c'est un droit que nous avons de leur proposer que pour chaque transfert elles nous reversent un dollar. Ce dollar, poursuit Michel Martelly, si vous le multipliez par le nombre moyen de transfert qui est effectué chaque mois, cela peut générer 5 millions de dollars. S'il n'y a pas de loi qui est adoptée en ce sens, je crois qu'avec un arrêté présidentiel c'est possible. Je vais utiliser tout le pouvoir que j'ai en tant que chef suprême de la nation pour le bien-être du peuple ». Remplir au plus vite les caisses de l'Etat, Michel Martelly veut agir rapidement. Mais il pourrait trouver face à lui l'Assemblée et le Sénat, où la majorité est détenue par le parti de l'actuel président René Préval.
Amélie Baron correspondante à Port-au-Prince RFI.

mardi 26 avril 2011

La rentrée parlementaire a finalement eu lieu

La validation des pouvoirs et la prestation de serment des parlementaires, qui avait été annoncée comme reportée à finalement eu lieu. Le Gouvernement a publié lundi dans le journal officiel, « Le Moniteur » une liste d'élus issus du second tour des élections législatives, dont été provisoirement écartés, 19 parlementaires (17 députés et 2 sénateurs), suite aux victoires suspectes constatées dans les résultats définitifs du second tour des législatives, en attendant les résultats des investigations de la Mission conjointe OEA/CARICOM (MOEC) qui devrait, en principe, rendre ses conclusions aujourd’hui, mardi 26 avril 2011.

La 49e législature a donc tenue, lundi soir, sa séance inaugurale. Par groupe de six, les 79 Députés, ont prêté serment sous la présidence provisoire du député de Carrefour, Élie Blaise, le doyen d’âge [membre d’INITE]. Une cérémonie qui ouvre la voie à la convocation de la première Assemblée Nationale, prévue au calendrier parlementaire pour le 27 avril et qui devrait permettre, dans la période allant jusqu’au 9 mai 2011, la ratification de l'amendement de la constitution, qui concerne 50 articles, devant être votés séparément.  

La publication tardive dans le journal officiel des résultats définitifs, a nécessité le report à aujourd’hui de la validation des pouvoirs et la prestation de serment des 9 nouveaux Sénateurs, a confirmé Ariel Joseph, Secrétaire Général. Toutefois, la décision de publié une liste partielle, a permis l'entrée en fonction dès lundi soir des parlementaires de la chambre basse, pour les Sénateurs ce sera mardi a fait savoir Kély Bastien. Mardi, la Chambre des Députés tout comme le Sénat, vont élire leur premier bureau, qui devrait sans surprise, revenir à INITE qui, avec ses alliés, pourrait réunir au moins 17 Sénateurs et une cinquantaine de Députés. La session de la 49e législature, qui aurait dû débuter le deuxième lundi de janvier, s’ouvre finalement avec plus de 4 mois de retard. D’une durée initiale de 5 mois, cette législature, dans un délai très court, va devoir se pencher sur la proposition d’amendement de la constitution, laissée par la précédente législature et devra obligatoirement conclure, avant la fin de la session, soit le 9 mai prochain. La cérémonie de validation de ce 25 avril a été précédée de violentes manifestations près du Parlement où des manifestants ont incendiés quatre véhicules. La journée a également été particulièrement mouvementée dans le haut Plateau Central où la circulation automobile, a été paralysé à hauteur de la ville frontalière de Belladère et de Maïssade.

lundi 25 avril 2011

Irrégularités et fraudes


Suite aux allégations de fraudes, aux décisions surprenantes du Bureau du Contentieux Électoral National (BCEN), l'instance de dernier recours dans le cadre des contestations électorales et à diverses irrégularités constatées tant au niveau du BCEN que du Conseil Électorale Provisoire (CEP), Ginette Chérubin, Conseillère électorale au CEP, a refusé de parapher les résultats. Elle explique sa décision dans un communiqué et rapporte quelques unes des irrégularités et fraudes justifiant sa position.

« Suite à la réunion extraordinaire du Conseil Electoral Provisoire tenue, le 20 mars 2011, en préalable à la publication des résultats des élections présidentielles et législatives (2010-2011), je tiens à signaler d’entrée de jeu, que je désapprouve le caractère informel et hâtif de ladite séance. Je ne désavouerai pas la totalité des résultats publiés puisque, dès la publication des préliminaires du second tour des élections, certains candidats avaient réussi sans qu’aucun recours ne soit exercé contre eux et que certains jugements ont été rendus en toute équité. Cependant, en dépit de ma volonté de respecter la décision majoritaire par observance des principes démocratiques, il ne m’a pas été possible de parapher les résultats pour les raisons suivantes :

• L’absence d’un rapporteur pour la rédaction du procès-verbal de séance, en dépit de mon insistance
• Le principe d’endos des résultats sans connaissance des jugements qui n’ont pas été présentés en séance
• Le constat fait au niveau d’un échantillon de jugements rendus (manque d’équité pour usage arbitraire et fantaisiste des critères d’analyse - absence de motifs ou incohérence dans certains dispositifs de jugement)
• Des procès-verbaux mis à l’écart pour les présidentielles et (ou) les sénatoriales ont été comptabilisés, selon les intérêts, par le BCEN. Dans un cas relaté, les membres d’un Bureau de Vote ont également signé pour d’autres Bureaux de Votes et les Procès-verbaux correspondants ont tous été comptabilisés
• Des duplicata dûment signés présentés au BCEN en vue de prouver l’erreur d’une mise à l’écart commise par Centre de Tabulation de Votes (CTV) pour prétendue insuffisance de signatures – selon données postées sur le site du CEP - ont été rejetés, d’un revers de main, par des Juges électoraux, sans vérification au Centre de Tabulation par avant-dire droit (Article 174.1 alinea 2 et 190)
• Des cas non considérés au CTV pour absence de Liste Électorale Partielle (LEP), faux numéros de cartes d'identification nationale ou remplissage avéré – le nombre de votants étant supérieur au nombre de signatures enregistrées sur la feuille d’émargement - ont été comptabilisés au niveau du BCEN. D’autres cas pourraient être relevés.

Enfin, compte tenu de la satisfaction quasi générale manifestée par les électeurs après les résultats préliminaires, il est impensable que le BCEN ait conduit à des changements aussi significatifs qu’il apparait dans le tableau des résultats. Ceci revient purement et simplement à désavouer le travail du Centre de Tabulation dont la rigueur obtenue à partir des recommandations de la Commission de l’OEA - sollicitée au premier tour des élections - et d’autres améliorations apportées par le CEP lui-même (Responsable du CTV assisté d’autres techniciens) a été reconnue et saluée, publiquement, par la plupart des concernés : partis politiques, candidats, électeurs, observateurs nationaux et internationaux. Ceci, au point que même la crédibilité du CEP si entachée depuis 2009, en a bénéficié et est entrée dans un processus de réhabilitation.

Pour toutes ces raisons, ma conscience citoyenne interpellée m’oblige à émettre les présentes réserves pour servir et valoir ce que de droit, au nom de la République. »

Ginette Chérubin, Arch. Membre du CEP


dimanche 24 avril 2011

Crise en vue avant l'entrée en fonctions des nouveaux élus

Un groupe de douze parlementaires de l'opposition au président sortant d'Haïti René Préval ont exigé samedi que les résultats des élections législatives déjà contestés par le président élu Michel Martelly ne soient pas officiellement publiés.

Nous condamnons fermement le détournement de la volonté du peuple et nous exigeons que les résultats de cette manipulation ne soient pas portés au journal officiel, écrivent les 12 sénateurs alors que les nouveaux élus doivent prêter serment lundi avant d'entrer en fonction. Selon des chiffres publiés par le Conseil électoral provisoire (CEP), le parti Inité de M. Préval a amélioré de moitié sa présence à la Chambre des députés, remportant 46 sièges sur 99, et 17 au Sénat, sur 30. Dénonçant ces résultats jugés " inadmissibles et ne reflétant pas la volonté populaire ", Michel Martelly a réclamé l'envoi en Haïti d'une mission internationale de vérification. Nous appuyons aussi l'exigence du président nouvellement élu d'une commission d'enquête indépendante constituée d'Haïtiens, poursuit le groupe de 12 sénateurs de l'opposition. Les résultats définitifs ont (...) suscité des doutes sérieux par rapport à la transparence et la légitimité du processus qui a abouti à leur publication, dénoncent pour leur part les Nations unies et les principaux bailleurs de fonds d'Haïti (Brésil, Canada, Espagne, Etats-Unis, France et Union européenne) dans un texte publié vendredi. Samedi, le département d'Etat a exprimé sa préoccupation concernant les résultats ainsi que les allégations de fraudes à l'encontre du Conseil électoral haïtien. Après avoir revu les résultats et les documents fournis par le CEP, nous n'avons pas trouvé d'explication au renversement de tendance concernant 18 sièges dans les résultats définitifs, écrit le département d'Etat. D'un autre coté, le parti au pouvoir Inité a présenté samedi après-midi 70 députés et 16 sénateurs composant le Groupe parlementaire du renouveau (GPR), comme la nouvelle force politique du Parlement haïtien. Nous sommes prêts à travailler avec l'exécutif pour faire avancer le pays, a promis le sénateur Joseph Lambert, coordonateur national du parti Inité. Les parlementaires haïtiens issus des élections devraient entrer en fonction lundi avant l'intronisation du président élu le 14 mai.

samedi 23 avril 2011

Martelly demande la non reconnaissance du résultat des législatives

Après avoir exigé une enquête sur de possibles fraudes lors des législatives, le nouveau président haïtien Michel Martelly a demandé officiellement ce vendredi soir à la communauté internationale de « ne pas reconnaître les résultats des législatives ».

Le camp de M. Martelly constate que ces résultats ont été « étrangement manipulés », estimant que des sénateurs et députés élus qui étaient largement en tête au premier tour sont « systématiquement écartés »Les Nations unies et les principaux bailleurs de fonds en Haïti ont exprimé dans la même journée de sérieux doutes sur les résultats des législatives et appellent à la transparence. « Les résultats définitifs ont (...) suscité des doutes sérieux par rapport à la transparence et la légitimité du processus qui a abouti à leur publication », ont dénoncé l'ONU et les principaux bailleurs de fonds d'Haïti (Brésil, Canada, Espagne, États-Unis, France et Union européenne) dans un texte publié vendredi. 


Les États-Unis, un des pays donateurs, se sont inquiétés des informations faisant état de fraudes lors des élections législatives et demandent aux autorités haïtiennes de fournir des explications sur le changement de résultats « non expliqué » dans 18 circonscriptions. « Les États-Unis appellent le gouvernement d'Haïti et le CEP [Conseil électoral provisoire] à fournir une explication publique et approfondie à ce changement de résultat », a indiqué le département d'État. C'est le parti Inité, de l'ex-président René Préval, qui est mis en cause. Selon des sources diplomatiques, la formation politique de René Préval aurait exercé d'importantes pressions sur le Conseil électoral provisoire pour modifier les résultats des élections législatives, dévoilés dans la nuit de mercredi à jeudi. Les mêmes sources estiment que ces manœuvres visaient à obliger le nouveau président Michel Martelly à composer avec le parti de Préval.

Le parti de Préval majoritaire au Parlement

Selon les résultats, le parti Inité apparaît comme le grand gagnant des législatives avec une majorité d'élus, en raflant 13 sièges à la Chambre basse au premier tour et 33 sièges au second tour. Cela lui donne un total de 46 députés sur 99. Ces résultats font du parti de Préval la première force au Parlement. Le président Michel Martelly, élu avec 67,57 % des votes, ne détient pour sa part que 3 sièges à la Chambre.

Tension

Sur le terrain, les Casques bleus sont en alerte maximale après les affrontements qui ont suivi la publication des résultats. Au moins un homme a perdu la vie jeudi. Vendredi, un manifestant mécontent de la défaite de son candidat a ouvert le feu sur la foule dans le centre du pays, blessant quatre personnes, selon une porte-parole de la mission de l'ONU en Haïti (Minustah), Sylvie Van Den Wildenberg. Dans d'autres zones rurales, des routes ont été bloquées par des barrages de pneus enflammés. Des maisons ont été brûlées jeudi et un hôpital envahi par la foule en colère.

vendredi 22 avril 2011

Demande d'une enquête au sujet des fraudes aux législatives

Le nouveau président haïtien, Michel Martelly, a exigé jeudi soir la tenue d'une enquête indépendante pour faire la lumière sur les allégations de fraudes électorales lors des législatives.

« Les résultats de la présidentielle correspondent à la volonté du peuple. Mais les résultats pour la chambre des députés et le sénat semblent mauvais. Le vote du peuple ne semble pas respecté, parce que le peuple a manifesté partout », a déclaré M. Martelly dans un discours diffusé sur Facebook et les radios locales.
 

Manipulation du scrutin
 

Grand gagnant des législatives Haïtiennes avec une majorité d'élus, le parti Inité de René Préval a été accusé jeudi par des élus locaux et des diplomates étrangers d'avoir manipulé le résultat du scrutin afin de contrôler le président Martelly. « Il y a au moins 17 députés qui étaient en première position (lors des résultats préliminaires diffusés il y a deux semaines) qui ont finalement perdu, 17 députés qui devaient passer, mais qui ne sont pas passés », a ainsi accusé le nouveau président. 

D'après ces résultats, Inité a raflé 13 sièges à la Chambre basse au premier tour et 33 sièges au second tour, lui donnant un total de 46 députés sur 99 (contre une trentaine dans la précédente législature). Ce score fait ainsi d'Inité la première force de cette assemblée. Au Sénat, le parti de l'ex-président Préval dispose désormais de 17 élus (14 auparavant), sur un total de 30. Des manifestations violentes ont secoué le pays jeudi, faisant au moins un mort. Face à ces troubles, le nouveau président a lancé un appel au calme à ses concitoyens : « La victoire finale sera celle du peuple. La justice va faire la lumière sur ce qu'il s'est passé dans le pays, pour la démocratie ». Michel Martelly, ancien chanteur populaire, doit prendre ses fonctions le 14 mai.
Radio-Canada

Violences après les résultats des élections

L'annonce des résultats électoraux a suscité des violences dans plusieurs villes hier en Haïti. Le porte-parole de la police de l'ONU a fait état de maisons et de véhicules incendiés par des jeunes contestant les résultats des législatives qui ont vu triompher le parti du président sortant René Préval. Les radios locales ont annoncé hier deux morts et plusieurs blessés. La capitale a été épargnée par les violences.

Le parti de Préval accusé de fraudes

Des sources diplomatiques concordantes ont affirmé que le parti Inité du président sortant René Préval avait exercé d'importantes pressions pour modifier à son profit le résultat des élections législatives haïtiennes et accroître sa représentation au Parlement.

" Il n'y a pas photo, il y a eu beaucoup de pressions " sur le Conseil électoral provisoire (CEP) qui a dévoilé dans la nuit de mercredi à jeudi les résultats des élections présidentielle et législatives, a dit une source européenne. " On imagine que ça a pu être le dernier combat (d'Inité) pour limiter la casse et obliger (le président-élu) Michel Martelly à composer ", a ajouté cette source, tout en soulignant qu'après avoir réuni sur son nom 67,5 % des suffrages, l'ex-chanteur est protégé par " le fort soutien des électeurs ".

Le nouveau président élu Michel Martelly n'a fait élire que trois députés de sa formation au Parlement. Le parti au pouvoir a par contre augmenté de moitié le nombre de députés, passant d'une trentaine à 46, sur 99 en tout, ce qui le place en position de force face au président-élu. " La communauté internationale est surprise de la différence entre les résultats préliminaires et ceux dévoilés hier ", a dit jeudi un autre observateur proche du dossier. Les résultats de 18 circonscriptions de députés " ont été renversés " par rapport aux résultats provisoires, et surtout à l'avantage du parti au pouvoir, a dénoncé cette source diplomatique. La publication des résultats finaux a été accompagnée de violents incidents en province, faisant au moins un mort. Une porte-parole de l'Organisation des Etats Américains (OEA) a indiqué en outre qu'un communiqué de presse serait diffusé dans la soirée " à propos des résultats des législatives ". Pour le diplomate européen, " tout cela est fâcheux, car on aurait pu avoir quelque chose de beaucoup plus propre, mais en même temps ce n'est pas dramatique car il y a eu recomposition ".

Les sources interrogées ont par ailleurs salué " la sagesse " de Michel Martelly dont l'équipe s'est abstenue de tout commentaire pour le moment, ce qui, selon elles, démontre son souhait de ne pas mettre davantage le feu au poudre dans un pays sous tension. Cela témoigne également de " son respect des institutions ", ont-elles souligné. Toute la journée, de nombreuses voix ont dénoncé sur les radios locales ces fraudes. Le leader de la plate-forme Alternative (deuxième parti au Parlement), Serge Gilles, a notamment parlé sur les ondes de la station Quisqueya " d'assassinat politique " mené par " des anti-nationaux " en vue de replonger Haïti dans le chaos.

jeudi 21 avril 2011

La victoire de Michel Martelly désormais officielle

Le long épisode électoral en Haïti est terminé. La commission électorale a enfin communiqué ce jeudi 21 avril 2011 les résultats officiels et définitifs de l'élection présidentielle et des législatives. La victoire à la présidentielle de l'ex-chanteur populaire Michel Martelly est désormais officielle.

Michel Joseph Martelly va devenir le 56e président de la république d’Haïti. Il prendra la succession de René Préval le 14 mai prochain. Cette annonce n’est pas une surprise. Sa victoire sans appel avec 67,57 % des suffrages n’avait pas été contestée par sa concurrente Mirlande Manigat. Michel Martelly a d’ailleurs déjà endossé la fonction présidentielle. Depuis mardi, il est en visite officielle à Washington où il a rencontré les présidents de la Banque mondiale et du FMI, ainsi que la secrétaire d’Etat Hillary Clinton.

L'heure est au rassemblement

L’ancien chanteur populaire a désormais pour tâche la formation de son gouvernement. Il devra composer avec le parlement qui vient d’être renouvelé et où le parti de Michel Martelly, Repons peyizan, est loin de disposer d’une majorité. 


Mais cela ne devrait pas poser problème car les principales formations politiques lui ont déjà assuré leur plein soutien. Le terme « opposition » est en effet pour l’heure banni du vocabulaire des responsables politiques d’Haïti. L’heure est au rassemblement car les défis sont immenses, avec en priorité le relogement des centaines de milliers de sinistrés du séisme de janvier 2010.

mercredi 20 avril 2011

Nouveaux foyers de choléra

De nouveaux foyers de choléra ont été identifiés dans des zones rurales haïtiennes, a indiqué mercredi le directeur-général de la Santé publique du pays, Gabriel Timothé, soulignant toutefois que l'épidémie apparue il y a six mois continuait à reculer. "Des foyers résiduels" sont apparus dans quelques régions, comme le Nord, le Plateau-central et le sud-est, "mais ils ne constituent pas un pic de la maladie", comme le laissent entendre des médias locaux, a déclaré Gabriel Timothé.

" Ce sont des foyers résiduels pour lesquels nous devons mener des activités ponctuelles ", a-t-il dit, insistant sur le fait que " la tendance est à la diminution ". Les derniers chiffres publiés par les autorités haïtiennes font état de 4 856 décès depuis l'apparition de cette maladie liée à la pauvreté, qui avait été éradiquée du pays il y a un siècle. Pour marquer les six mois de lutte contre l'épidémie, le président sortant René Préval a reçu au palais national en fin de journée les différents acteurs impliqués - locaux, internationaux et non-gouvernementaux - pour les remercier. A moins d'un mois de la fin de son mandat, il a exhorté ses concitoyens à ne pas baisser la garde et à continuer à suivre les consignes d'hygiènes.

mardi 19 avril 2011

Premier déplacement à l'étranger du président élu Michel Martelly

Le président élu d'Haïti, Michel Martelly, effectue son premier déplacement à l'étranger en se rendant mardi aux USA où il doit s'entretenir avec la secrétaire d'état Hillary Clinton, a-t-on appris lundi soir dans la capitale haïtienne.

Au cours de ce voyage de trois jours, M. Martelly, dont la proclamation officielle de la victoire aux urnes sera annoncée mercredi par le conseil électoral, aura également des entretiens avec des représentants des institutions internationales, a indiqué son bureau de communication. Il rencontrera notamment le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick, et le président du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn. 


" Durant ces rencontres le Président discutera de la coopération existant entre ces institutions financières et Haïti, ainsi que de sa vision pour la coopération future entre ces dernières et Haïti, axée sur la création d'emplois, l'éducation, la sécurité, la reconstruction du pays et la santé ", lit-on dans un communiqué du bureau de M. Martelly. 


" Ce séjour permettra aussi au président élu Michel Joseph Martelly de réitérer le message que son gouvernement focalisera ses efforts et son énergie à la reconstruction du pays, à la relance de l'économie et à assurer qu'un maximum d'enfants haïtiens aura accès à une éducation de base ", poursuit le communiqué. Il interviendra aussi au National Press Club à Washington. Michel Martelly, un chanteur populaire de 50 ans a remporté l'élection présidentielle en Haïti avec 67,57 % des suffrages au second tour face à son rival l'ex-Première dame Mirlande Manigat. Il devrait entrer en fonction le 14 mai prochain.

lundi 18 avril 2011

Apprendre la magistrature en France pour aider à la reconstruction d’Haïti

Péguy Cinord est un avocat haïtien, en stage à Belfort comme auditeur de justice. Il est venu apprendre le métier de magistrat, afin de contribuer à la reconstruction de son pays.

Après le séisme de janvier 2010 à Haïti, la communauté internationale s’est mobilisée pour aider les Haïtiens à reconstruire leur île. Avec la participation du gouvernement français, l’École nationale de la magistrature haïtienne a organisé un concours à travers le pays pour recruter des futurs magistrats. Péguy Cinord a passé le concours et fait partie des 20 Haïtiens qui suivent une formation de 10 mois en France. En septembre dernier, il a intégré la promotion 2010 de l’École nationale de la magistrature à Bordeaux, pour cinq mois de cours théoriques. Il est ensuite venu à Belfort début février afin de poursuivre sa formation, sous forme de stage au tribunal de grande instance.

Le manque de rigueur dans les institutions

« Intégrer la promotion bordelaise, composée de plus d’une centaine de Français n’était pas facile, raconte Péguy Cinord. Il m’a fallu quelque temps pour m’adapter, notamment à la méthodologie et aux façons de faire françaises. » L’homme de 32 ans s’est senti plus à l’aise dans le cadre de son stage. « Les gens sont très agréables à Belfort, et la pratique permet de comprendre plus rapidement les choses. En une heure de débat au tribunal, j’ai compris des choses que j’avais étudiées pendant un mois dans les livres. » Péguy Cinord a choisi de venir à Belfort car un de ses proches vit à Besançon. Ce descendant de, Toussaint Louverture voulait également voir où était mort un de ses ancêtres. « J’aime aussi l’enseignement et si je finis professeur un jour, je pourrais dire à mes élèves que je suis venu ici et que j’ai vu ! » Outre le froid hivernal qu’on ne retrouve pas à Haïti, Péguy Cinord a été marqué par le développement des infrastructures en France : « En Haïti, nous avons beaucoup moins de routes, les bâtiments sont plus petits, moins perfectionnés, avec moins de technologies. C’est très différent d’ici. » Ce manque d’infrastructures est une des raisons des problèmes du pays, selon l’auditeur de justice. « Il y a des choses qui manquent de rigueur et d’organisation, comme par exemple l’état civil. Certaines personnes sont inscrites plusieurs années après leur naissance et donnent des informations approximatives. Des choses comme cela nuisent à l’efficacité des mesures sociales. »

Avec de l’organisation, les choses peuvent s’arranger à Haïti

Péguy Cinord évoque aussi les problèmes de corruption, d’inégalité, ou la barrière de la langue : alors que la majorité de la population parle créole, tout ce qui s’écrit l’est en français, une langue que les créolophones ne comprennent pas forcément : « Cela empêche notamment la population de connaître les lois, et de les appliquer ». De plus, la justice haïtienne a beaucoup souffert du séisme, avec la destruction de plusieurs tribunaux et la disparition de nombreux magistrats. L’avocat souhaite « donner un souffle de développement au pays », grâce à ce qu’il aura appris en France. « Si on arrive à faire la part des choses, à organiser et planifier, la situation peut s’arranger. » Ainsi la formation qu’il reçoit n’est pas seulement théorique. Même s’il observe beaucoup auprès du procureur, du tribunal pour enfant, du juge d’instruction, ou encore à la police, Péguy Cinord prend également part à la pratique, grâce à une circulaire qui donne les mêmes droits aux 20 stagiaires haïtiens qu’aux auditeurs de justice français. 


Péguy Cinord a même prêté serment. « Je prends quelques dossiers, je fais des réquisitions. J’ai des tâches à accomplir auxquelles je donne beaucoup d’importance. » Le Haïtien profite également de sa présence en France pour entamer une réflexion sur la justice : « Comprendre ce qu’est le justiciable, les droits, le respect de la personne humaine, etc. Ce sont des points fondamentaux pour administrer la justice. » Les différences entre les deux pays permettent « de prendre du recul pour voir ce qu’il manquait à Haïti, et quelles mesures on peut mettre en place pour y remédier. »

Péguy Cinord retournera à Bordeaux fin juin pour une cérémonie et afin de remettre aux professeurs son rapport de stage. Il retournera ensuite à Haïti suivre six mois de formation spécifique à la justice de son pays. Après cela, il débutera officiellement dans ses fonctions de magistrat. Péguy Cinord, passionné par son pays, souhaite incarner une vitrine de l’île haïtienne : « Je veux montrer qu’Haïti n’est pas seulement une terre de désolation comme on l’a vu dans les médias au lendemain du séisme. C’était la plus riche des colonies françaises », tient à rappeler Péguy Cinord. Comme preuve, l’auditeur de justice cite plusieurs joyaux de l’île des Caraïbes, de la richesse de la peinture ou de la poésie haïtienne, aux plages de sable fin et de palmiers.

dimanche 17 avril 2011

Environnement : Remplacer le charbon de bois par du méthane

Dans un pays où la population haïtienne cuisine quasi exclusivement en se servant de charbon de bois, remplacer ce mode de combustion par du méthane, où la déforestation massive dû à l’utilisation de ce combustible traditionnel, atteint 98 % du territoire est un véritable défi.

L'idée n’est pas nouvelle et a déjà fait ses preuves en Chine et en Amérique centrale mais commence juste à être développée en Haïti : il s’agit de produire du gaz méthane servant à la cuisine, en recyclant les excréments humains. Appelée « biodigesteur », cette invention requiert peu d'infrastructures : des toilettes, sèches ou non, raccordées à un puit hermétique fait de briques, lui-même relié à un bassin. Sans air, les bactéries contenues dans les déchets humains décomposent naturellement 85 % de ceux-ci, en produisant du gaz méthane, explique l’hydrologue Martin Wartchow qui travaille pour l’ONG brésilienne Viva Rio « Les 15 % restants de déchets organiques sont rejetés avec de l'eau dans une zone végétale où ils seront dégradés [...] l'eau recueillie est totalement propre [...] On peu même élever des poissons dedans » précise l’hydrologue. « Les Nations unies ont payée de nombreuses d’études pour trouver des solutions pour remplacer le charbon de bois, alors qu’il suffisait d'aller voir au Nicaragua ou en Chine » commente avec ironie Martin Wartchow qui rappelle que « 70 000 biodigesteurs ont été construits en Amérique centrale... et mille fois plus en Chine ! » En Haïti, seulement 70 biodigesteurs ont été construits par Viva Rio et autant de projets sont en cours de réalisation. Mais une fois construit, tout n'est pas gagné, comme le montre l'exemple du camp de Santos 17, en banlieue de Port-au-Prince où des biodigesteurs ont été installés en février dernier aux côtés des nouveaux abris transitoires. Une sinistrée désignant un réchaud au méthane installé dans son abri avoue ne pas très bien comprendre l’utilité de « la chose » d’autant comme elle le déclare « moi je cuisine avec du charbon...» Pour que ce projet soit un succès en Haïti, il faudra bien plus que du méthane, il faudra simultanément éduquer la population et la conscientiser au respect de l’environnement, pour qu’elle abandonne le charbon de bois traditionnel au profit d’un gaz bon marché et inépuisable.

samedi 16 avril 2011

Le résultat des élections une nouvelle fois reportée

L'annonce des résultats définitifs des élections présidentielle et législatives en Haïti prévue lundi a été reportée samedi, une nouvelle fois, à mercredi, repoussant d'autant le sacre annoncé de l'ex-chanteur populaire Michel Martelly à la tête de l'Etat caribéen.

" Compte tenu du nombre élevé de contestations à traiter, le Conseil électoral provisoire est amené à reporter au mercredi 20 avril 2011 la proclamation des résultats définitifs ", a indiqué le Conseil électoral provisoire haïtien (CEP). Initialement prévue samedi, l'annonce des résultats avait été une première fois reportée à lundi. Selon les résultats préliminaires des élections publiés le 4 avril, Michel Martelly, dit " Sweet Micky ", a remporté la présidentielle avec 67,57 % des suffrages, loin devant sa rivale Mirlande Manigat avec 31,74 %. La victoire de M. Martelly n'est pas contestée par Mme Manigat, qui a toutefois dénoncé un " hold-up politique ".

Les législatives ont en revanche donné lieu à de nombreuses contestations dans plusieurs régions où des partisans de candidats manifestent chaque jour pour réclamer la victoire. Vendredi, le président sortant René Préval a reçu dans sa résidence privée, dans les hauteurs de Port-au-Prince, Michel Martelly pour le premier entretien entre les deux hommes depuis le lancement du processus électoral. Rien n'a filtré de la rencontre, mais un proche du président élu a confié que la formation des équipes de transition pour préparer la passation du pouvoir était en cours. Arrivé troisième du premier tour du 28 novembre, M. Martelly a pu affronter le 20 mars Mirlande Manigat grâce à l'éviction du candidat du pouvoir Jude Célestin. La qualification de ce dernier avait été en effet accompagnée de fraudes électorales, qui avaient déclenché une vague de violences. 


La véritable surprise des résultats définitifs qui seront annoncés mercredi résidera dans l'ampleur des fraudes, mais surtout dans la composition du Parlement.


Une source onusienne a indiqué que " les législatives sont très serrées ". " Les résultats peuvent avoir pour conséquence une majorité d'Inité (le parti du président sortant) au Parlement, ce qui compliquerait le choix de M. Martelly pour son Premier ministre et ses ministres stratégiques ", observe Jean-Robert Simonise, professeur au Centre d'études diplomatiques et internationales de Port-au-Prince. " Des informations laissent croire que cela va être le cas ", note le politologue. Parmi les noms qui circulent, celui du Premier ministre Jean-Max Bellerive revient régulièrement. Une telle éventualité, soulignent les observateurs, assurerait une continuité dans la reconstruction du pays, frappé par un séisme dévastateur le 12 janvier 2010. Quoi qu'il en soit, ce choix pose à l'ex-chanteur, plébiscité entre autres car ne sortant pas de l'establishment haïtien, son premier défi présidentiel. " Les promesses de rupture avec le passé, de changement et d'obligation de résultats ne constitueront-ils pas un handicap pour Michel Martelly dans le choix du tout nouveau Premier ministre ? ", soulignait mercredi le quotidien de Port-au-Prince Le Nouvelliste. Si M. Martelly fait face à un parlement dominé par Inité, il pourrait être gêné dans la rupture promise, pense M. Simonise : " La population attend la lumière sur les dépenses des fonds d'urgences, entourées d'opacité, et certains ne veulent pas que de nouveaux arrivants s'y intéressent "La transition doit s'achever au plus tard le 14 mai. M. Martelly s'installera alors dans des tentes jouxtant le palais présidentiel en ruines, face à un immense camp où des milliers d'Haïtiens s'entassent depuis le séisme.

vendredi 15 avril 2011

Des victimes de la dictature déterminées à juger Duvalier

Des victimes du régime de l'ex-dictateur haïtien Jean-Claude Duvalier, dont la journaliste Michèle Montas, ancienne porte-parole de l'ONU, ont de nouveau appelé jeudi la justice du pays à organiser le procès de l'ancien président de retour d'exil.

Organiser un procès contre Duvalier, ce serait un signe de la fin de l'impunité en Haïti. Reconstruire Haïti, c'est reconstruire l'Etat donc un système judiciaire équitable ", a déclaré Michèle Montas, expulsée d'Haïti sous Duvalier, lors d'une conférence de presse organisée à Port-au-Prince par Human Rights Watch (HRW). L'organisation de défense des droits de l'homme apporte un soutien technique dans la perspective de l'organisation d'un éventuel procès contre Duvalier. " On est encore loin d'un procès, beaucoup de choses restent à faire, mais nous avançons ", a estimé l'avocat international Reed Brody de HRW qui a commencé à réunir des preuves montrant la responsabilité personnelle de M. Duvalier dans les crimes commis sous son régime. Une vingtaine de plaintes pour arrestations illégales, emprisonnements et tortures ont été déposées contre l'ex-dictateur également poursuivi pour crimes contre l'humanité, détournements de fonds et corruption. 


En photo : L'ancien président haïtien, Jean-Claude Duvalier, le 29 mars 2011 à Port-au-Prince. L'ancien dictateur est rentré en Haïti en janvier après 25 ans d'exil en France.


" Notre démarche va au-delà de la vingtaine de plaintes déposées, c'est toute la société qui doit dire qu'elle ne veut plus vivre dans un système pareil ", a lancé Robert Duval incarcéré sous le régime. " Aujourd'hui encore, je ne peux pas dépasser ce qui m'est arrivé sous Duvalier. J'ai vu 180 personnes mourir dans la cellule où j'étais enfermé pendant 17 mois ", a-t-il témoigné, estimant qu'il n'était pas trop tard pour juger l'ancien président. Le juge chargé du dossier de M. Duvalier a récemment émis contre lui une ordonnance d'assignation à résidence limitant ses déplacements et ses visites, mais ses avocats ont fait appel de cette décision. " Duvalier continue de circuler librement dans le pays, c'est une insulte contre toutes les victimes de son régime et de celui de son père ", s'est insurgé Michèle Montas.